(là j'ai carrément pris la 'oiture pour aller à Besac, car je savais que sinon je n'aurais pas pu voir le troisième film (que je n'étais même pas sur a priori de voir tellement les horaires étaient ric-rac) à cause de l'horaire du bus de retour...)
les hasards de la programmation ont fait que j'ai, consécutivement, trois films que je pourrais qualifier de "à dispositif"...
POUR L'ÉTERNITÉ (1h12)
de Roy Andersson
Ah, Roy Andersson... J'avais adoré l'avant-dernier (Nous les Vivants) et beaucoup moins le dernier (Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence) et donc là je me demandais sur quel pied j'allais donc danser... Comme a dit plus tard Emma (qui est sortie à la moitié) "J'ai aimé et j'ai pas aimé..." Oui, je pourrais quasiment en dire autant. C'est vrai que ce qui fascine la première fois quand on découvre Roy Andersson, ne présente plus, au troisième film, les mêmes vertus de fascination, et pourrait même être qualifié de "procédé". Histoires courtes, plans fixes, couleurs désaturées, personnages lugubres, dialogues répétitifs, décors minimalistes, tout y est. Sauf que j'ai trouvé ça parfaitement (l'adverbe est pesé) démoralisant. (Et je pourrais carrément recopier ce que j'avais écrit pour le précédent (là).
Et pourtant... L'effet d'entassement provoque une certaine sidération (et ce que semble vouloir (faire) dire le réalisateur du genre humain rejoint tout à fait ce que personnellement j'en pense. Heureusement qu'il est court : 1h12 au compteur, mais beaucoup plus en "temps subjectif). Et la "nouveauté" du film (une voix-off féminine qui redonde à chaque fois ce qu'on voit à l'écran) alourdit, me semble-t-il, encore le propos. Restent certaines images magnifiques (celle de l'affiche, qu'on verra d'ailleurs par deux fois dans le film) et certaines situations qui font plus mouche que les autres (le dentiste)... Mais bon il est légitime de sortir de là avec un peu le moral dans les chaussettes (et quand les chaussettes en question sont dites "de contention" -même avec du coton et les orteils dégagés-, je ne vous dis pas l'état du moral en question...) Dérangeant.

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JOURNAL DE TÛOA (1h38)
de Maureen Fazendeiro et Miguel Gomes
Après une pause pour changer d'air et d'ambiance (et boire un pot au Commerce), nous voilà partis au Portugal, et j'ai cru bon de prévenir Dominique, qui se plaignait un peu du manque de... tonicité des films de ce mini-cycle européen, que je craignais que le film que nous allions voir risquait de ne pas l'être beaucoup plus. (J'aime bien Miguel Gomès mais je me suis quand même pas mal ennuyé à ses Mille et une nuits, voilà, c'est dit...). Là il co-réalise avec Maureen Fazendeiro -dont je pense qu'elle est sa copine- une drôle d'histoire dont je ne peux pas vraiment dire grand-chose sans vous en gâcher le plaisir de la découverte, sinon qu'il s'agit dun "journal filmé" et qu'il dure 22 jours. Et qu'il y a trois personnages principaux (une femme et deux hommes) du début à la fin (suivant la façon dont on regarde les choses...)
Et j'ai trouvé ça délicieux, même si le démarrage est un peu confus et que la façon même de réaliser (de conduire le récit) fait qu'on se pose régulièrement pas mal de questions... Mais oui, délicieux. (Et c'est le premier film, à ma connaissance, qui aborde "frontalement" la problématique du virus des masques et des gestes-barrières...)

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THE SPARKS BROTHERS (2h15)
d'Edgar Wright
Et là j'avais une minute maxi (allez, deux) pour changer de salle. Dans le hall était assise ma copine Mimi que je n'avais pas vue depuis pfouh! un bail, et qui a illico changé de billet (elle allait voir FÉVRIER) pour m'accompagner.
Encore un autre dispositif, dans ce vrai film de fan(s) : l'histoire des Sparks via la chronologie pure et simple , d'album en album, depuis le premier (sous le nom de Halfnelson) en 1971, jusqu'au dernier, A steady drip, drip, drip (2020). Vingt-cinq albums chroniqués sur (presque) cinquante ans, dont je me suis aperçu que, si je connaissais beaucoup de pochettes (au moins les premières), à part This town ain't be enough for the both of us, je connaissais très peu d'autres morceaux... Le survol de la carrière des Sparks montre une succession de tentatives, d'échecs, de nouvelles tentatives, de nouveaux échecs, de nouvelles nouvelles tentatives, etc., de la part de ce groupe pourtant américain qu'on s'est acharné depuis toujours à croire britannique (et des allers/retours de production d'albums entre ces deux pays). Pendant toutes ces années ils ont toujours fait ce qu'ils ont voulu, composé et chanté leur(s) folie(s), chiadé les pochettes, accumulé les idées folles, sans jamais rien perdre de leur folie fondamentale...
Le film est léger, drôle, pop, enthousiaste, alternant les témoignages énamourés et/ou attendris (un vrai film de fans vous dis-je) avec des extraits de concerts, des interventions très drôles des deux frères Mael themselves, des mises en scène rigolotes, et tient assez aisément la distance de ses 2h15 (allocinoche m'apprend qu'Edgar Wright est le réalisateur de la trilogie Shaun of the deads / Hot Fuzz / Le dernier pub avant la fin du monde, avec les chers Simon Pegg et Nick Frost, et je comprends mieux du coup l'immédiate sympathie que le film inspire...)
Bref, de quoi couronner dignement et en grande pompe -champagne!- cette déjà plaisante journée cinématographique. Le film est construit dans ce sens, mais je vous jure, j'avais carrément envie d'applaudir à la fin... Un film qui fait du bien!

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