BANCS PUBLICS
de Bruno Podalydès

Sentiment un peu mitigé, en sortant de ce film, qui constituait en quelque sorte ma "rentrée" ciné (l'escapade bretonne bretonnante tenant lieu si l'on peut dire de "vacance"). Surtout pour un film depuis si longtemps en chantier (ça fait tout de même plus d'un an qu'on attendait sa sortie, qui était sans cesse repoussée à une date ultérieure. Un problème au montage ?)
Le film est en trois parties ("le bureau", "le square", "le magasin de brico" plus ou moins lâchement rattachées entre elles) et m'a fait, bien que je ne l'aie pas (re)vu depuis longtemps, assez penser au Riens du tout de Cédric Klapish. Mais peut-être me trompé-je ? On suit une demoiselle pendant le générique (qui aligne plus de 80 noms !) qui se rend au travail, et aperçoit, par la fenêtre du bureau, suspendue à une fenêtre de l'immeuble en face une banderole "HOMME SEUL". Effervescence parmi les collègues (la brune désabusée et la blonde célibataire et nunuchette) puis qui va gagner tout l'étage (chef de service, collègues, patron, etc.) dans un mouvement de contamination assez sympathique. La vision de la vie de bureau est drôle, acide ce qu'il faut, et plutôt bien vue.
On retrouve la même demoiselle pendant sa pause de midi, dans un square voisin où on était arrivé en suivant un autre personnage, qui travaille dans un magasin de bricolage voisin (comme c'est Denis Podalydès, on se dit -à juste titre- qu'il doit avoir un certain rôle dans cette histoire), et on va donc se désintéresser un peu de la "première" (histoire), pour en aborder une foultitude de micro(histoires) :imaginez un peu tout ce qu'on peut croiser dans un square, de mères de de famille, d'enfants, de célibataires, de papys, de flics, de ronchons, de désabusés, de complices, de malheureux, de dragueurs, et bien, ils y sont (presque) tous, dans des saynettes de durée (et d'intérêt) variable. Comme qui dirait, tout ça se relâche un tantinet, avec des hauts et des bas, mais bon, on est toujours là, on sourit même. Pas tout le temps, mais on sourit.
Fin de la pause-repas, et on retourne au magasin de bricolage, qui, sur le même principe de pullulement des intriguettes, va nous livrer un catalogue de toute l'humanité qui couraille entre ses rayons, qu'elle soit client(e) ou employé(e) : là j'avoue que j'ai commencé à trouver ça un peu longuet (avec certaines choses même pas drôles, n'est ce pas Catherine ? n'est-ce pas Benoît ?) jusqu'à ce que soudain le réalisateur semble-t-il se resaisisse, et, retombant sur ses pattes,  nous fignole in extremis un re-tricotage de l'intrigue pour un happy-end attendrissant.
Le capital de sympathie dont jouit Bruno Podalydès devrait nous pousser à être plus indulgent envers ce récit un peu lâche (ou, justement, plus critique envers cette chose un peu fadasse ?) Toujours est-il que, voilà, on est partagé... (et bon, il faut l'avouer, un peu déçu quand même, non ?)

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