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LE MUSÉE DES MERVEILLES
de Todd Haynes

Il était normalement programmé sur la semaine (en principe 6 fois) mais voilà que ce sont les vacances de Noyel à compter de ce soir! Arghhh! Il faut être sûr que les clients spectateurs puissent ne voir que des merdes pendants les vacs, et donc il fut programmé -imbécilement- deux fois hier et deux fois aujourd'hui (dont deux séances à 13h45!) et donc circulez cochons de payants y a plus rien à voir, et je voulais juste râler et dire combien tout ça m'exaspère... Alors je fais comme dans l'histoire du Roi Midas, je fais un petit trou dans la terre le ouaibe, je dis dedans ce que j'ai à dire et je rebouche le trou...

Respirons à fond, faisons za-zen et revenons-en au beau film de Todd Haynes qui ne mérite pas tant de colère. Je l'avais raté à Besac, malgré le vif enthousiasme de Jean-Luc, et donc je l'attendais, comme on dit, de pied ferme, Todd Haynes étant à mes yeux un cinéaste plaisant dont Julianne Moore fut plusieurs fois la muse...
Donc, on a, au départ, deux films pour le prix d'un, le premier, en noir et blanc, est l'histoire d'une petite fille sourde (jouée par Millicent Simmonds, une gamine archi-bluffante), qui fugue à New-York pour aller retrouver une actrice dont on apprend qu'elle est sa mère, qui l'a visiblement laissée en dépot à la campagne et ne s'en soucie guère, le second est en couleurs, se passe dans les années 70 et raconte l'histoire d'un jeune garçon (Oakes Fegley, qui mérite presque autant d'éloges que la fillette) devenu subitement sourd à cause de la foudre, et qui fait lui aussi une fugue à New-York, pour y retrouver un père qu'il n'a jamais connu, mais sur lequel il possède de vagues indices (une publicité pour une librairie). Le film est ainsi construit en strates alternées, les deux histoires filent en parallèle, la mise en scène (et la musique) permettant des chevauchements et transitions diverses (et heureuses).
Todd Haynes n'est pas un plaisantin, et il a soigné autant ses deux histoires, aux petits oignons, on y voit vivre le cinéma des années 20 et celui des années 70, la reconstitution frôle la perfection (et qui dit parfait n'est pas loin de dire maniaque), et tout ça, comment le dire autrement, est  absolument magnifique.
Le spectateur mu (juste après lambda) se dit qu'il y a bien une raison à cette alternance d'histoires, qu'il y a forcément un rapport, un point commun, il note les années, il calcule sur ses petits doigts (ou dans sa tête) et il finit par trouver (j'avais deviné avant que le réalisateur ne finisse par nous mettre les points sur les i, mais bon ce n'était pas très difficile) ce qui s'est joué (et c'est hihi Julianne Moore la clé de l'histoire...).
(mine de rien je rédige ce post après une semaine de vacances et d'agapes, et des choses se sont évaporées, forcément).
New-York d'avant-hier et d'hier, des histoires de famille, de surdité aussi (les gens qui pratiquent la LSF auraient pu en profiter, je les y ai invités, enfin, certains, -n'est-ce pas Pépinou ?- mais, visiblement, en vain tant pis pour eux) , des enfants, des musées, des maquettes, des loups (ouh ouh!), des retrouvailles et de la musique, de la musique, de la musique (qui est comme le quatrième mur du récit), tout pour faire des heureux dans les salles obscures en cette fin d'année (s'ils ont pu, bien sûr choper au vol une des quatre malheureuses séances... bon j'arrête je me fais du mal)

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