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DE CHAQUE INSTANT
de Nicolas Philibert

Nicolas Philibert, on l'aime. et on le connaît depuis longtemps, il était venu, il y a très longtemps justement, pour présenter La moindre des choses dans le vieueueux cinéma, et il était reparti très fâché parce qu'il trouvait que l'écran de la 2 était tout pourri (et il avait bien raison) (et d'ailleurs l'écran en question, coïncidence, avait été rapidement changé suite à sa visite...).
Voici donc son nouvel opus, après La maison de la radio, et il est ici question des infirmier(e)s, de leur formation, de leur leurs stages et de leur évaluation. Simplement, comme ça. Trois parties, donc, avec de jolis titres (que je n'ai pas retenus), attentives, filmées tout près des gens, on le connaît, on le sait. Les films de Philibert sont des documentaires doux, sensibles.
Le réalisateur se pose en observateur, pas en attaquant ni en polémiste. Comme chez Depardon ou Wiseman (que j'aime tout autant), la caméra permet au spectateur d'assister à ce qui se passe : la théorie et l'apprentissage (comment se laver les mains, comment faire une piqûre), la mise en pratique (les réalités de la vie hospitalière et le contact avec les "vrais" patients) et le bilan (le faceà-face avec le/la responsable).
Avec, comme très souvent chez Nicolas Philibert, des plans de coupe le plus souvent bucoliques (un petit tour à l'extérieur, un coup de vent, une averse, bref une respiration)  aussi apaisants que bienvenus.
Et ce film-ci résonnait tout particulièrement pour moi, venant comme prolonger la lecture du magnifique livre de Philippe Lançon, Le lambeau, que je venais juste de terminer et qui m'a ô combien bouleversé...)
Le cinéma de Philibert est toujours aussi humain, aussi touchant, aussi efficace.

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