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020 (à 10h, salle 2)
DAKINI
de Dechen Roder (sortie juin 2018)

Waouh! Un polar bouthanais! C'est vraiment rare qu'on puisse voir un film de ce pays (on avait passé La Coupe,une jolie comédie, il y a... un certain temps) et, ce qui est encore plus rare, par une réalisatrice. Le film nous a été présenté par son enthousiaste distributeur, le monsieur de Jupiter Films (ce monsieur-là est véritablement passionné par ce qu'il fait). Un polar, dites-vous ? Il faut un certain temps pour en être convaincu (au début ça ressemble plutôt à une histoire d'amour, entre un policier qui mène l'enquête sur la mort d'una abbesse à laquelle serait mêlée une très belle jeune fille, en fuite, et donc soupçonnée de meurtre. Ca se passe au Bouthan, et c'est forcément dépaysant (et oui, les paysages sont grandioses, allez osons le mot "mêêêrveilleux" qu'on entend si souvent accolé à celui de "paysages"dans les couloirs du Ficâââ, et qui finit par me faire penser que la majorité des spectateurs ne viennent là que pour ça, et donc pas forcément pour voir un film, ni encore moins forcément un bon film fermons la parenthèse). Dakini est un film magnifique, et le rythme qu'il adpote (je l'ai qualifié pendant que le le regardais de "joliment languissant") fait intégralement partie de la couleur locale. Une belle fuyarde, un policier en civil qui voyage avec elle -coaché au téléphone par son chef- pour être sûre qu'elle est vraiment coupable et de quelle façon, une abbesse morte, et, plus l'histoire progresse (à pas lent dans la première partie), plus les choses se compliquent (la deuxième partie du film va faire cavaler notre policier de rebondissement en rebondissement, de révélations en questionnements, et on finit par craindre que, comme l'horizon, le dénouement de son enquête ne cesse de reculer au loin, de plus en plus loin. S'autant plus que la réalisatrice inclut dans son récit, régulièrement) (trop?) des scènes de rêves mettant en scène, justement, la mystérieuse et belle jeune fille - et c'est vrai qu'elle est très belle-) qui hachent le récit, avec le dessein d'égarer un peu plus le spectateur). Le film fait 2h10, tout de même, et le spectateur est content que toute la lumière soit faite sur cette ténébreuse affaire dont le fin mot (en hors-champ) serait "corps de lumière"... Vous y voyez plus clair ? En tout cas, régalez-vous!

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021 (à 14h, salle 2)
LES DESTINÉES D'ASHER
de Matan Yair (sortie 28 mars 2018)

Et nous voilà en Israel pour un film beaucoup plus... couillu (et testostéroné) centré sur un lycéen de terminale, Asher (dont la particularité est qu'il s'agit d'un personnage réel et qu'il est joué par lui-même), dans une classe de grands gaillards (il s'agit des Terminale 3, mais ils ont l'air d'avoir 10 ans de plus que leurs homologues français, tous poils barbes et muscles dehors, on se croirait presque dans un film gay, si si. On pencherait plutôt pour les "Fins d'étude", ceux qui ont redoublé assez de fois pour qu'on ne puisse plus les compter, et qui n'attendent que d'avoir passé le bac pour quitter le système scolaire sans regret.)
Asher a un père (divorcé) vieillissant, qui compte bien que son grand gaillard de fils va très bientôt reprendre les échafaudages (c'est le titre original du film, Scaffoldings, plus fort je trouve que le mièvre titre fransouze) et la direction de l'entreprise paternelle, dans laquelle il (le fils) travaille déjà d'ailleurs très régulièrement. On peut dire qu'Asher se partage entre les échafaudages et le lycée, ou plus précisément les cours du prof de littérature, Rami, avec qui il va nouer une relation particulière (non non non on n'est pas dans un film gay, arrière bandes de hyènes lubriques) qui lui fait découvrir autre chose que le goût du ciment et le poids des planches.
Même s'il a le défaut (le jeune Asher) d'être trop hérissé (c'est son prof qui le lui dira) et de péter les plombs pour un oui pour un non, testostérone quand tu nous tiens. Bon je dois avouer que j'ai adoré ça (et hmmm peut-être pas vraiment tout à fait pour les bonnes raisons -smiley avec les joues rouges et qui baisse les yeux-, mais bon il faut le reconnaître, ce jeune homme-là, est, je ne peux le dire autrement, bandant, et ça joue dans hmmm l'appréciation d'un film). Asher est un bourrin, un beau bourrin à qui soudain une imperceptible fissure dans son bloc de certitudes (un beau bloc, je le redis) fait entrevoir autre chose. Le film est réalisé par un prof, qui dit avoir vécu ce genre de situation et avoir souhaité en parler, et, en tant qu'enseignant (même retraité), on ne peut qu'être touché... Cercle des poètes disparus, tout ça... (ici c'est Antigone qui va mettre le feu aux poudres...).
(Et j'étais trop heureux de pouvoir voir enfin ce film qu'on avait raté à Belfort à cause de la neige...)

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022 (à 16h, salle 4)
LA CAMÉRA DE CLAIRE
de Hong Sangsoo (sortie 7 mars 2018)

Et on a terminé cette journée (dite "du prix des explotants") non pas en Corée (Hong Sangsoo oblige) comme on aurait pu le croire, mais dans les rues de Cannes (hors-champ du Festival), avec Isabelle Huppert (à qui appartient la camera du titre, qui est d'ailleurs plutôt, en fait, soyons rigoureux, un appareil-photo) et la belle Min-Hee Kim, la jeune et belle nouvelle copine du réalisateur, avec qui il n'arrête plus de tourner depuis Un jour avec, un jour sans (quatre films, quand même, depuis 2015!). A part le fait qu'on est à Cannes (et donc que le soju y coule moins à flot qu'à Séoul)), le spectateur habituel de Hongchounet ne sera pas déboussolé : un réalisateur en goguette au festival (il s'appelle So Wan Soo! hihihi) est pris en tenaille entre sa productrice (qui en est amoureuse) et l'employée de celle-ci (avec laquelle il a couché). Celle-ci a été licenciée par celle-là au début du film pour malhonnêteté, sans comprendre vraiment de quoi il retournait. Elle aurait du rentrer à Séoul mais est restée à Cannes "parce qu'elle n'a pas pu changer son billet pourri". Et donc ça marivaude, ça rohmérise et bien sûr ça boit. Isabelle Huppert joue la quatrième roue du quadrille, en prenant les photos elle "change les gens" et modifie donc, me semble-t-il, peut-être, d'une certaine façon, le cours des choses, ou pas. Le dossier de presse évoque aussi le rôle du tunnel de la plage (sans que je puisse formellement dire que j'avais compris qu'il avait raison).
C'est très ... plaisant (j'avoue, j'adore Hong Sang-Soo, et c'est surtout pour ce film-là que j'étais venu passer la journée) mais bon "c'est un peu court, jeune homme..." Ok le film a été tourné en quelques jours, à l'arrache, improvisé dans les rues de Cannes, mais bon. Il fait à peine 1h06, et c'est dommage.... c'est comme pour le short de Min-Hee Kim, à propos duquel So Wan-Soo lui fait des reproches, on est en droit de lui dire, que, oui oui, on trouve ça vraiment vraiment trop court.
On est frustré, on voudrait en voir un peu plus, en avoir un peu plus pour ses sous...
Reste à attendre Seule sur la plage la nuit, du même réalisateur, avec la même belle jeunette (mais sans Isabelle H.) que nous passerons dans le bôô cinéma d'ici quelques semaines (la séance était complète -dans la salle 4 pourtant- et je dois dire que je me prépare d'ores et déjà à pleurer de rire  (nerveusement) devant les x pelés et les y tondus qui clairsèmeront l'assistance lorsque nous le passerons, "hors- festivâââl" (tout ces gens qui disparaissent dans leur trou jusqu'au Ficâââ suivant je dois reconnaître que ça m'agace un peu...) oui, je suis prèt à prendre les paris...) et dont j'attends beaucoup.

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