BELLAMY
de Claude Chabrol

Ca commençait plutôt bien. Depardieu en mode mineur, à mots mesurés et voix posée, joue un commissaire en vacances. Un commissaire célèbre (le Bellamy du titre) et physiquement très impressionnant : cet homme-là est devenu un véritable éléphant. Il déborde de partout, et ce pif mon dieu ce pif! quand il est filmé de face, je ne pouvais en détacher mon regard tellement il est phallique et démesuré.
Il est en vacances avec son épouse, jeune, charmante, solaire, radieuse (Marie Bunel, excellente).Il somnole un peu devant la télé, fait ses mots croisés, libidine un peu avec sa moitié... Débarquent chez lui coup sur coup un homme mystérieux (Monsieur Gentil, joué par Jacques Gamblin, que d'ordinaire j'adore mais qui là m'a laissé un peu coi) qui recherche sa protection (et attire son attention), et son jeune frère (à Depardieu, pas à Gamblin) un "petite frappe" mal rasée (mmhh) et alcoolo (Clovis Cornillac, plutôt pas mal)...
Bellamy va plus ou moins mollement mener l'enquête (d'après une histoire réelle d'arnaque à l'assurance) et tenter de régler les problèmes avec son jeune et gueulard frérot. Mollement, très mollement. Pas désagréablement, certes (c'est un Chabrol plus doux, moins acide que d'habitude...praradoxalement, je trouve que c'est plutôt mieux filmé que d'hab', qu'il y a plus de matière...) mais sans véritable intérêt. (Claude ne se foule pas plus que Gérard). Chabrol se réclamait de Simenon, on serait plus proche de Derrick... Au terme d'une heure cinquante d'assoupissement progressif, tout est rentré dans l'ordre : l'arnaque est réglée, l'histoire avec le frangin est close, Gamblin a remisé tous ses postiches (il joue trois rôles) et Bellamy a toujours un nez aussi faramineux.
Une seule question reste en suspens pour Tyranosaurus Gégé : est-ce que sa (délicieuse) femme l'a trompé ou pas ? Question dont on n'aura hélas jamais la réponse (sauf en cas de Bellamy 2 huhuhu...)

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