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DEAR WHITE PEOPLE
de Justin Simien

Une comédie "SpikeLeeesque", qui, pour l'apprécier pleinement, implique qu'on soit a) américain, b) étudiant, et c) accessoirement, black. (si vous n'êtes aucun des trois, il faudra être attentif). Le portrait croisé de plusieurs étudiant(e)s (black or white or métis, avec toute la gamme chromatique des épidermes certes mais des sentiments y afférant) qui dorment dans certaines résidences et/ou mangent dans d'autres, se rencontrent, se cherchent, s'aiment, se détestent, se battent, se jalousent, se disputent, se méprennent, se réconcilient, deux d'entre eux ayant aussi la particularité d'être chacun le fils d'un des "doyens" (un black, et l'autre white). Un personnage gay et black (celui qui est sur l'affiche, avec une coupe afro) sert un peu de fil blanc (!) entre chacune des chicanes. un film agréable, qui prête à sourire, voire même à éclater de rire (ils ne mâchent pas leurs mots).

 

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LE LABYRINTHE DU SILENCE
de  Giulio Ricciarelli

Contrairement aux apparences, un film allemand. En allemand. Qui raconte l'histoire d'un jeune procureur -allemand- au début des années 60, qui se trouve, de fil en aiguille, amené à organiser le procès de tous les SS qui sont intervenus à Auschwitz. Un film judiciare, un film de procès (enfin, qui s'arrête juste à l'ouverture des portes le jour du procès en question), un film d'époque aussi (cette époque particulière où la jeune génération ignore complètement ce que l'autre (la "vieille" génération) tente de toutes ses forces d'oublier, de faire désespérément comme si rien ne s'était passé, entre 1939 et 1945), avec en filigrane une histoire d'amour (très joliment représentée à la fin comme une veste déchirée). Un film qui sait éviter le voyeurisme malsain (toujours périlleux lorsqu'on évoque la Shoah au cinéma) mais est malheureusement souvent un peu submergé par sa musique mélodramatique un peu chargée.

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BEYOND CLUELESS
de Charlie Lyne

J'étais tout seul dans la salle, au Lucernaire. Un film que j'avais vraiment envie de voir. Un documentaire sur les teen-movies (un genre spécifiquement américain), dont la réalisation a nécessité le visionnage de près de 300 des films en question. Plusieurs chapitres et un épilogue, chacun sur un thème précis (plus ou moins explicite dans son titre), avec la même démarche à chaque fois : on raconte en ouverture la trame d'un film précis (qui est nommé), et on y adjoint beaucoup d'extraits de beaucoup de films qui parlent de la même chose (parfois juste quelques images) (mais tous seront finalement nommés dans le très long générique de fin.) Curieux, sympathique, mais...

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BLIND
de Eskil Vogt

Surprenant. un film où on ne sait jamais exactement de quoi il retourne. Une dame aveugle (une dame qui est devenue aveugle) reste dans on appartement. Un monsieur un peu fort avec une queue de cheval observe la voisine d'en face. Peut-être que la dame aveugle habite avec lui. Ah non, elle habite avec un autre monsieur. Qui a peut-être une maîtresse. Qui est peut-être la voisine d'en face. Qui devient peut-être aveugle. A moins que... Labyrinthique,  Blind l'est, et se complexifie de plus en plus au fil de sa progression. Histoire(s) rêvées, souvenues, imaginées, racontées. Ou bien... ou bien... jusqu'à ce que, à un certain moment, le réalisateur nous laisse en plan. comme s'il avait tellement emberlificoté tous ses fils narratifs qu'il ne sait plus trop où aller. Et qu'il tranche. Couic! "Film pour public averti" dirait Pépin (quelques scènes de pénétrations furtives sur internet) mais pas de quoi fouetter un aveugle un chat. Regret que, finalement, la cécité ne soit ici pas grand-chose de plus qu'un gimmick (ai repensé à Double vue , de Mark Peploe, sur un thème -un peu- voisin, avec Fanny Ardant en mère aveugle).

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TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE
d'Arnaud Desplechin

Vu dans la 6 de l'UGC Les Halles, que je n'aime pas car elle est très pentue. Vertige. C'est un peu le sentiment que procure le film, mais surtout plutôt Desplechin, pour qui j'éprouve des sentiments mélangés depuis que j'ai fini par lire Mauvais génie où Marianne Denicourt épanche toute la bile qu'elle peut ressentir à son égard. je ne peux m'empêcher de repenser -et de retrouver- l'Arnold Duplancher qu'elle y évoque. Gros battage médiatico-cinéphilique (je parle du film), unanimité laudative critique, trompettes, couronnes de lauriers, courbettes, applaudissements. J'y suis allé dès que possible. Récit en trois parties et un épilogue (comme le fait remarquer Arnaud D. la première évoque La vie des morts, la seconde La sentinelle, et la troisième Comment je me suis disputé...) on est donc en terrain connu. Le petit jeune qui joue Paul Dédalus (donc, Mathieu Amalric jeune) est impeccablement bien, idem pour la jeunette qui est la jeune Emmanuelle Devos. Mais tous les autres aussi... La dernière partie, est, toutefois, un peu longuette...

 

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L'ARMEE DES OMBRES
de Jean-Pierre Melville

Une belle surprise, une resortie en copie neuve (impeccable!) de ce film que je pensais avoir déjà vu 356 à la télé, mais non, rien du tout, j'ai du juste rajouter une unité à chaque fois qu'il était programmé, mais je ne l'avais jamais vu. On ressort ces temps-ci du Melville à foison. Celui-là vaut vraiment le déplacement (et le mouillage d'yeux). Centré autour de Lino Ventura (comme diraient Libé ou les irocks, "au-delà des superlatifs" tellement il est bien), une, ou plutôt des histoire(s) de la Résistance : Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel , Christian Barbier (L'homme du Picardie, par la suite, ce fut lui), Paul Crauchet, Paul Meurisse, Claude Mann... Du beau monde, indiscutablement, c'est prestigieux, c'est impérial. Presque 2h30 qui filent à toute berzingue : opérations clandestines, arrestations, sauvetages, tortures, trahisons, solidarité, amitié virile... le grand jeu. Et j'y ai découvert que c'était de là que venait la musique des Dossiers de l'écran (Tsink! Pom Tsink! Pom Lilalilalallala... pour les plus vieux d'entre nous...). Inratable (comme dirait Hervé).