samedi 8 mai 2010

ni tout à fait le même...

Chaque soir, juste après le maquillage, j'avais mis en place un petit rituel ; je me prenais en photo (mais à chaque fois j'avais enlevé la photo du jour précédent pour ne pas avoir de point de comparaison) voici donc ces quatre self-portraits...

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(28 avril)
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(29 avril)
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(30 avril)
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(1er mai)

Pfou lalah! Déjà une semaine... Me reviennent des bribes de phrases, comme des échos assourdis... Seuls entre les créatures... Alors c'est toi le monstre... Tu viens de quelle planète... et gentiment lui loger une balle dans la tête... enfant je te nomme mien... fuis, cache-toi dans les ruines... Au lit, sa chaleur... Je suis du deuxième choix.. T'sors avec moi ce soir ? Il y aura des dissensions... Ca n'absorbe pas... construire votre maison avec des briques qui avaient déjà pris feu...l'écureuil roussi... Je vois mon père au coin de la rue... MADAME ALISON!

"La vie comme dit l'autre a repris tous ses droits..." (comme chantait G.B), mais, comme au moment du salut, j'ai souvent envie de juste me retourner, et de vous regarder par-dessus mon épaule...

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tuyau(x)

LE JARDIN
de (et avec) Jean-Paul Lefeuvre et Didier André

Oh la merveille de spectacle que voilà!
A Besançon, c'était tellement complet qu'ils ont même rajouté un soir supplémentaire!
Pourtant d'habitude le mot "cirque" me fait fuir,alors que là, non non non!
De ces deux compères, j'avais vu le "Bricolage érotique" en ouverture de saison dernière, et j'avais craqué pour leur univers (et peut-être le sous-texte que j'en avais) : deux hommes, donc, deux corps plutôt (l'étroit et le large, le sec et le trapu, le nerveux et l'indolent) et des objets. Sans un mot ni un sourire (mais ce n'était pas nécessaire de l'afficher, ce sourire, tant il était  omniprésent) mais avec une inventivité et une fantaisie délicieuses.
Je suis donc venu voir Le jardin avec impatience et curiosité. Il s'agit en réalité d'un spectacle antérieur, qui avait déjà été présenté ici il y a quelques années, et dont le succès ne s'est toujours pas démenti puisqu'ils venaient donc le re-présenter.
Un lieu (une serre) (ça débute en ombres chinoises avec la chanson "Petit homme c'est l'heure de faire dodo...") avec une fermeture-éclair, nos deux bonhommes (dont on ne verra qu'un dans un premier temps), et tout un tas d'objets auxquels ils vont successivement s'affronter (un magnétophone à cassettes, une brouette, un pavé, un seau et un tuyau d'arrosage, des cagettes, une part de gâteau, un journal...) dans un spectacle d'une drôlerie, d'une simplicité, d'une force tendre  qui ne se démentent jamais. Ils s'affrontent aux objets, mais aussi l'un à l'autre, dans un rapport de rivalité perpétuelle, d'autant plus exacerbé que parfaitement muet..
Celui qui commande et celui qui exécute, celui qui mange et celui qui le regarde, celui qui est vêtu et celui qui est nu, celui qui fait et celui qui se repose, le spectacle joue successivement sur ces rapports d'affrontement, avec un message, finalement, aussi politique que sa forme est poétique. Jusqu'à un étonnant numéro de magie avec interversion des deux personnages quasiment à vue (je n'en suis toujours pas revenu...) où les rôles donc soudain s'inversent l'espace d'un instant , le temps d'un numéro (l'humilié devenant l'humiliateur -j'ai trouvé le numéro dit "du journal" absolument merveilleux) mais le temps de la revanche ne dure qu'un temps et tout rentre dans l'ordre...
Un spectacle chiadé dans ses moindres détails (jusqu'au point sur le i du mot fin, par exemple), avec des numéros millimétrés (jonglages, acrobaties) et des effets calculés au millimètre. On est partagé entre le rire et l'émerveillement.
Deux clowns tristes qui sans cesse s'épient, se défient, s'affrontent mais parfois aussi unissent leurs effort pour notre plus grand bonheur. Le seul moment où ils se touchent est un rapide numéro de trapèze, hop, comme ça, mine de rien, dont le trapu, une fois de plus, tentera de récupérer les honneurs.
Un bijou.

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vendredi 7 mai 2010

ensemble, les gars, ensemble!

LA REGATE
de Bernard Bellefroid

(Chronologiquement vu la veille de Eastern plays, mais chroniqué après)
Le genre de film "stressant", dans la mesure où il laisse pendant toute sa projection dans un état de tension perpétuelle, vous chope dès le début et ne vous lâche plus...
Un ado qui fait de la compétition (un sport très physique, l'aviron), son père qui le cogne régulièrement, et son entraîneur qui ne s'en rend pas compte.
Variations sur la relation duelle, qu'elle soit familiale, affective, pédagogique, sportive, compétitive, physique (avec cette très belle métaphore du couple de rameurs en train de galérer ensemble sur la mer pour rentrer à bon port)...
Un film solide, fort, porté par des comédiens à la hauteur (le jeune Joffrey Verbruggen est très impressionnant, comme l'est Thierry Hancisse dans un rôle pas facile, et ce gros doudou de Sergi Lopez pour mettre de l'huile dans les rouages grippés de cette relation tordue).
Car il y a de l'amour entre ce fils et son père. Même si.
Pendant le film, m'en sont venus à l'esprit deux autres : Douches froides (pour le personnage d'ado et la compétition) et L'un contre l'autre (pour la violence familiale.) On pourrait avoir de pires références...

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jeudi 6 mai 2010

pour le poulet périmé et pour finir ta bière

EASTERN PLAYS
de Kamen Kalev

On connaissait déjà au cinéma la Roumanie et son désespoir au quotidien, (heureusement!) tempéré par un certain humour noir, il faudra compter désormais avec la Bulgarie, où c'est quasiment la même chose mais sans humour du tout. Encore mieux! Que du désespoir, garanti 100% authentiquement désespéré.
Certainement pas le bon film pour le bon soir (hier soir). Je suis comme qui dirait passé à côté.
Deux frères à Sofia, aujourd'hui, un ex-drogué en désintox qui a viré alcoolo et un jeune crâne rasé qui fricote avec les néo-nazis du cru. Leur père, la nouvelle amie du père, les fachos, une ex pleurnicharde...  Mieux qu'une génération, c'est tout un pays qui semble -selon l'expression consacrée- ici avoir été sacrifié (c'est vrai qu'ici, on ne parle jamais de ni ne montre la Bulgarie. Et son cinéma alors ?).
Une caméra le plus souvent portée les accompagne, et le parti-pris du réalisateur semblerait quasiment le même que ceux de la Pivellina : une narration minimale, pour une vision documentaire et réaliste à peine fictionnarisée (tout de même à peine plus ici que dans le film italien).
Oui, le désespoir la tristesse le manque de fric la solitude l'incompréhension le racisme et la violence (le nationalisme) au quotidien, la politique... pas grand chose de positif à quoi se raccrocher.
J'ai donc un peu sombré.

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(Bon, il y a bien cette minusculissime et tremblotante lueur de peut-être espoir tout à la fin, mais voilà...)

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dimanche 2 mai 2010

dernière

voilà,
on a fini

et ce matin on se sentirait un peu comme ça :

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("ça passera...")

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vendredi 30 avril 2010

première

Il y a finalement dans la vie assez peu de situations où l'on est à même de ressentir une légitime fierté, surtout ensemble.
Hier soir en faisait partie.

Merci à Nicolas, Florence, Pascal, Isabelle, Yvain, Dominique, Fran...
Merci à Pépin,  sans doute l'âme de ce corps dont nous sommes les membres
Merci à Adèle et Johanna pour avoir encore exhaussé et nos corps et l'espace de ce lieu

Difficile de s'endormir, hier soir, après ça...
Heureusement il nous en reste deux, encore
(et pour demain -ce soir!- on attend plus de 100 personnes!)

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jeudi 29 avril 2010

roulottes (2)

LA PIVELLINA
de Tizza Covi et Rainer Frimmel

La même semaine que Liberté, un film voisin. Proche, et en même temps diamétralement opposé. Une dame aux cheveux rouges et son compagnon, qui (sur)vivent "en marge" dans des caravanes, à la périphérie d'une grande ville italienne, en faisant fonctionner tant bien que mal un petit cirque (oui oui, un peu comme celui de Fred) trouvent un jour dans un square une petit fille de deux ans, abandonnée par sa mère...
Enfin c'est plutôt la dame (Patrizia) qui la trouve, et la ramène à la maison, et s'en occupe, et s'y attache (comme le font visiblement tous les spectateurs dans la salle -moi y compris-, et gazou-gazou, et arheu-arheu... sourire attendri) en attendant que sa mère se manifeste, ou, comme le souhaite son compagnon qui bougonne un peu, d'aller la rapporter à la police...
C'est une chronique du quotidien, pas rose rose mais jamais non plus tout noir que les deux réalisateurs (une italienne et un allemand, tiens tiens, comme les protagonistes justement) nous présentent, en plans-séquences et sans effets, celle de la vie ordinaire de gens ordinaires (ou extra-, tout dépend comme on les regarde). Scènes simples d'une vie pas si simple.
Il y a aussi un beau portrait d'adolescent (Tairo, le petit voisin), et on s'aperçoit au générique de fin que chacun des personnages principaux interprète son propre rôle, et qu'on serait donc quasi face à un documentaire (la vie de ces gens) légèrement fictionné (l'arrivée de la fillette).
C'est déroutant de naturel, et terriblement touchant, attachant, émouvant, sans qu'on puisse vraiment s'expliquer pourquoi. (Oui oui, Hervé, encore une fois, tu avais raison...)

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mercredi 28 avril 2010

générale

Ce soir c'est la générale...
Après deux ans de travail, de gestation, d'élaboration, de tâtonnements, d'hésitations, de peaufinages, de cent fois sur le métier..., il semble que ce serait l'heure.
Oui le moment est arrivé, le moment tant attendu (et un peu redouté aussi), où tout va prendre vie, "vraiment", devant un public en vrai, en live, et sans filet.
Ce sentiment délicieux et insupportable d'excitation, d'impatience, et de trouille aussi. On voudrait à la fois déjà y être et ne jamais y être.
Ce à quoi on va donner vie est l'œuvre d'un groupe, d'une troupe, d'une unité qui est aussi une somme d'individualités...
On est fier, pour les autres, on aurait envie de l'être pour soi aussi.
Oui, tout ce temps de labeur, et, au bout trois (plus une) représentations. Et "Rouge noir et ignorant" repartira dans les limbes, ceux de la mémoire individuelle (et ceux des cartes des appareils-photo).
Ce que j'adore c'est qu'en ces derniers instants tout devient plus fort : la cohésion du groupe, les sensations, les sentiments, les attentions, les intentions...
Ce soir, on lance notre bouteille à la mer pour son premier voyage...

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tiens, et pour rester dans les clichés, on se sentirait un peu comme ça :

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mardi 27 avril 2010

roulottes

LIBERTÉ
de Tony Gatlif

Bon, certes, je suis réceptif, mais au bout de dix secondes de générique, j'avais déjà les larmes aux yeux... et à la fin du générique de fin (étonnant, musicalement, puisqu'à une chanson de Catherine Ringer succède une superbe création sonore dont j'ai vainement cherché l'auteur dans le -justement- susdit générique), je les avais toujours (même si mes yeux ne l'avaient pas été continuellement pendant le film -mouillés-, ça vous donne une idée...)
J'avoue que d'ordinaire le cinéma de Gatlif ne m'attire pas spécialement (c'est comme ces musiques-là, je l'avoue, assez vite ça me saoule...) Et là, je ne sais pas pourquoi, je me suis lancé...
Premier effet pervers : après Mammuth et son image grave-cracra, Liberté prendrait presque, dans un premier temps   des airs de film hyper-léché : plans composés, lumière superbe, image parfaite, cadrages soignés, on se dit, "c'est trop joli" mais non, on se dit juste après, c'est juste du "vrai" bon cinéma, fait avec les tripes et le coeur.
Et du coeur, il en a à revendre Tony Gatlif. Il nous parle de ce qu'il connaît, de ceux qu'il aime, les Roms, les tziganes, les bohémiens, les voleurs de poules, les non-sédentarisés (ça dépend de ceux qui en parlent). D'une famille de Roms, donc, en 1944, de ses démêlés avec la police française, les officiers allemands, les collabos, les autochtones, et deux personnages de "justes" : le maire et l'institutrice de la commune  où ils débarquent au début du film.
Il  y a deux axes narratifs,ce qui fait donc un peu bringuebaler la carriole du récit. A hue et à dia comme on dit. Autant la partie "rom" est flamboyante, tonitruante, échevelée, baroque, superbe, autant, par comparaison celle qui parle des "français" semble un peu raide, compassée, bien repassée, didactique, appliquée, quoi.
La "liberté" du titre semblerait bien ne s'appliquer qu'à une moitié du récit, la seconde l'étant sans conteste beaucoup moins. Les gentils le sont vraiment trop, et les méchants aussi, et même l'histoire d'amour (le maire et l'institutrice) y semble bien plus empesée que celle, symétrique, qui lui répond (Taloche et l'institutrice).
La partie "reconstitution" est bien moins intéressante que l'autre.
Mais tout ça tourbillonne et vous envoie valdinguer le coeur le ventre et le reste, et on ne peut que  réagir comme le gamin du début (et de la fin) et courir de toutes ses forces derrière les roulottes, pour les accompagner. (En plus -ceci n'est absolument pas cinématographique mais plutôt esthétique-  qu'est-ce qu'ils sont beaux! Ce sont vraiment des farouches guerriers, oeil de braise et barbe hirsute... Hmmm celui qui a les petites nattes de chaque côté...)

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(tiens et je vous rajoute une tite photo pour vous montrer comme ils sont beaux... mon préféré c'est celui tout à gauche..)

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samedi 24 avril 2010

sol y sombra

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