films et bouquins
vendredi 30 juillet 2021

double séance 2

OLD
de M. Night Shyamalan

Bon, celui-là, j'en avais envie, j'ai passé outre mon snobisme de la VO (il ne passe partout qu'en VF! Je n'allais tout de même pas me payer un billet de train pour l'aller voir en VO à l'UGC Les Halles!) Obtenir une place a été un peu difficile, mais j'ai réussi, pour entrer dans une salle beaucoup plus remplie que "nos" salles habituelles. Shyamalan a réalisé, incontestablement, un grand film, son premier, LE SIXIEME SENS (oups dont allocinoche m'apprend que ce n'est pas du tout le premier, mais qu'il y en a eu deux autres auparavant), et après il a eu une carrière en dents de scie (tous les autres films que j'ai vu de lui : INCASSABLE, SIGNES, LE VILLAGE, PHENOMENES, ne m'ont jamais complètement convaincu, tandis que j'ai trouvé le dernier que j'ai vu, THE VISIT, un peu plus convaincant et efficace (parce que beaucoup moins ambitieux au départ).
Celui-là démarre plan-plan (il faut bien présenter un chouïa, en plus de la famille vedette : Papa, Maman Fiston et Soeurette, tous les différents personnages qui vont ensuite se retrouver piégés avec eux sur la plage diabolique où le vieillissement s'accélère et dont ils ne peuvent plus s'échapper.)
Puis ça continue de façon assez prévisible à partie du moment où ils arrivent sur la fameuse plage, et que tout ce qu'on a vu plus ou moins annoncé dans la bande-annonce commence à se produire... et que se rejoue  sous nos yeux une comptine à élimination (comme dans les Dix Petits Negres d'Agathie Christie, qu'il ne faut d'ailleurs plus appeler comme ça...) où chacune/chacun va joyeusement (et plus ou moins violemment) y passer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que quatre (devinerez-vous lesquels ?). Puis que deux, et tadam! jusqu'au twist final (on reconnaît les films de Shyamalan à ce qu'ils ont TOUJOURS un twist final) qui  -bof- m'a laissé un peu de glace, mais nous permet d'assister au cameo du réalisateur (dans un rôle qui lui va comme un gant).
Un épilogue malin (et ouf! tout est presque bien qui finit bien, les méchants vont être punis, mais bon ça n'est pas ça qui va ressusciter les gentils qui sont morts, hein...) et les lumières de la salle peuvent se rallumer, (un poil trop tôt, comme d'hab').

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LA SAVEUR DES COINGS
de Kristina Grozeva et Petar Valchanov

Un film bulgare, ça n'est pas si fréquent (ne serait-ce même pas le premier pour moi ?). Vu après le tonitruant OLD, ce qui faisait un sacré décalage, et que, du coup, au début, j'ai trouvé ça un peu tiède et mou. Double originalité : les génériques de debut et de fin se déroulent chacun suivant une trame sonore : une oraison funèbre pour le début, et la réalisation d'une recette de cuisine pour la fin (sans aucun mot). Ah, question dépaysement, on apprend que là-bas (en Bulgarie) la confiture de coings s'assaisonne avec du géranium!
L'enterrement au début, c'est celui d'une femme qui était l'épouse de notre héros numéro 1, et la mère de notre héros numéro 2. Père et fils (déjà, c'est une thématique qui me plaît). Qui vont se retrouver lancés sur les routes bulgares parce que la brave morte a envoyé un message téléphonique a une des tatas qui assistait à l'enterrement, et que le papa est absolument persuadé que le message lui est destiné, parce que la dernière fois qu'il l'a appelée à l'hôpital, juste avant sa mort, la communication a été coupée alors qu'elle s'apprêtait à lui confier quelque chose... Les choses se compliquent lorsque le père décide de faire appel à un gourou, qu'il disparaît, et que le fils doit jongler au téléphone avec un commercial (il a une pub à réaliser) et avec sa femme, avec laquelle il s'est enferré dans un énorme mensonge (il n'a pas osé lui dire qu'il était à l'enterrement de sa mère).
Un film très plaisant, à pied à cheval en voiture (avec même des pauses en cellule ou en clinique psychiatrique) dont les deux éléments récurrents seraient la fameuse confiture de coings (bien sûr faite maison et au géranium), qui revient à plusieurs occasions (j'aime beaucoup la scène chez les flics...) et d'autre part le téléphone, par qui tout arrive et, finalement, aussi, se conclut ("Bon alors, continue d'émincer...").
Comme quoi un film dans lequel j'avais eu un peu de mal à m'immiscer s'est révélé au final bien plus savoureux et goûtu que le fade machin prédigéré américain vu juste avant...

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jeudi 29 juillet 2021

"le jeune homme brun"

(... C'est ainsi qu'il apparaît au générique de BARROCO)

je viens d'apprendre la mort de Jean-François Stévenin, à 77 ans, et c'est encore un beau pan de ma jeunesse qui s'écroule et s'éboule dans la mer gelée de la mémoire...
Stévenin je l'ai découvert comme acteur en 1976 dans le BAROCCO (BARROCO ?) d'André Téchiné (je me souviens que j'étais resté à deux séances consécutives, c'était au Grand Vox à Besac....), où j'étais un peu tombé amoureux de lui au premier coup d'oeil, puis quasi consécutivement dans L'ARGENT DE POCHE de François Truffaut (où il jouait un instit'), puis comme réalisateur (et acteur aussi) dans PASSE-MONTAGNE (1978) qui fut une des grande découvertes mythologiques de mes jeunes années d'adolescent cinéphile er adepte de la vacance*. Puis rétrospectivement, plus tard, dans LA NUIT AMERICAINE, de François Truffaut, que je n'étais pas allé voir à sa sortie... (mais je me suis rattrapé par la suite, c'est sans doute un des Truffaut que je préfère...)
J'avais eu la chance, un peu plus tard, de le rencontrer brièvement "en vrai" à Locarno, où il était venu présenter DOUBLE MESSIEURS, et de boire un café en sa compagnie (à l'initiative de Fred ou de Mimi, je ne sais plus), il était tout seul à une table, je me souviens juste qu'il était un peu embêté pour une histoire de sous-titres qui n'étaient pas présents dans toutes les langues demandées, et que j'avais trouvé qu'il avait vraiment des yeux bleus magnifiques...
J'ai continué de le suivre au cinéma : MAIS OU EST DONC ORNICAR ? de Bertrand van Effenterre (1978), LA TORTUE SUR LE DOS de Luc Béraud (1978), DEUX LIONS AU SOLEIL de Claude Faraldo (1980), LE PONT DU NORD de Jacques Rivette (1980), NEIGE de Juliet Berto (1981), UNE CHAMBRE EN VILLE de Jacques Demy (1982), POUSSIERE D'EMPIRE de Lam Lé (1983), Y A BON LES BLANCS de Marco Ferrei (1988), PEAUX DE VACHE de Patricia Mazuy (1988), LUNE FROIDE de Patrick Bouchitey (1991), LES FRERES GRAVET de René Féret (2002), THE LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch (2009), jusqu'à LES BEAUX JOURS (2013) de Marion Vernoux, où il fallait bien se rendre à l'évidence -et s'habituer au fait- qu'il jouait désormais les papys..., puis JEUNESSE de Julien Samani (2016) que je n'ai pas encore réussi à voir...

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C'est -bien sûr- à PASSE-MONTAGNE que je continue de vouer une indéfectible tendresse (une histoire d'amitié entre deux hommes, la musique de Philippe Sarde (en fait, celle qu'il avait composée pour BAROCCO, et qui colle en fait parfaitement avec les combes jurassiennes et la nuit hivernale, et reste donc pour moi davantage rattachée à ce film qu'à celui de Téchiné...), le Jura, l'ombre tutélaire de Cassavettes, une expérience de cinéma très novatrice, dont on peut retrouver l'ambiance dans le très beau LE POINT DE VUE DU LAPIN, le bouquin de Yann Dedet, le monteur du film...

et j'ai trouvé encore ça :

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et ça

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(ça aurait fait une sacrée belle carte d'adhérent, non ?)

* après avoir vu PASSE-MONTAGNE, Michel m'avait écrit "notre combe à nous c'est la vacance", ce qui m'avait touché et fait très plaisir, parce que la vacance, c'était "mon" truc...

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mercredi 28 juillet 2021

double séance

(oups! j'avais oublié de poster...)

HOSPITALITÉ
de Kôji Fukada

Un film japonais sympathique et plutôt souriant (on ne peut pas ne pas penser à PARASITE), dans une petite salle du bôô cinéma, (avec tout de même une douzaine de personnes...) sympathique mais hélas un peu mollet (j'étais sans doute fatigué j'ai un peu beaucoup dormichouné, et quand je ne dormais pas je gigotais parce que ma jambe faisait des siennes et je ne savais pas comment la mettre et j'avais très envie de gratter sous la chaussette de contention...)

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KAAMELOTT Premier Volet
d'Alexandre Astier

Et là par contre je n'ai pas dormi du tout (séance à 22h15 pourtant, dans une grande salle pas mal remplie où je devais être sans problème le plus VIEUX, je pense qu'aucun(e) ne devait avoir plus de, disons... 30 ans) avec plein de belle jeunesse donc, qui en short, qui à barbounette, qui à chignon de samouraï, qui avec tout en même temps, dont une grande partie entraient dans la salle lestées de jattes de popcorn et de diverses boissons en bouteille, mais qui, passés les applaudissements après le gimmick sonore intial qui dans le noir annonce en dolby stéréo a donf le début des réjouissances, se sont très sagement tenus (sauf les deux tourtereaux juste devant moi dont j'ai trouvé qu'ils discutaient un peu beaucoup mais comme le son était TRES FORT je ne les entendais pas trop) jusqu'à la fin.
(Il y a quand même des rebelles -ils sont jeunz c'est normal -qui se la sont jouée sans masque... -sans masque du tout, même pas avec le masque sous le menton, non- est-ce bien raisonnable ?)
Je n'ai pas dormi du tout, parce que pendant les deux heures, je me suis régalé (il n'y a pas d'autre mot) devant le grand spectacle que nous présente Alexandre Astier... Je suis un assidu de la série qui repasse en boucle sur W8 et c'est fréquent que, en zappant je tombe dessus et j'en regarde une palanquée, et donc la bande-annonce, déjà jouait sur l'effet "Coucou c'est nous, tu nous reconnais ?", donc j'y suis allé (j'ai préféré) dès l'avant-première...
Ca se passe dix ans après grosso-modo... Lancelot est devenu roi, avec un look assez réussi de méchant à la Bilal, car c'est un méchant très méchant, qui a enfermé Guenièvre "dans un endroit où personne ne la retrouvera jamais" et qui depuis dix ans a envoyé obstinément ses sbires à la recherche d'Arthur obstinément disparu, que d'aucuns disent morts mais mieux vaudrait en être sûr, car Excalibur attend toujours un (nouveau) prétendant qui la sortira (à nouveau) du rocher.
Tout le monde est là ou presque, et c'est comme des potes qu'on serait ravi de retrouver après un certain temps, et les retrouvailles sont aussi complices que joyeuses. Elles/ils ont tous vieilli (comme nous) de dix ans aussi dans l'intervalle, certain(e)s pour qui c'est un petit peu plus visible, et d'autres pas du tout.
Oui, grand spectacle (on sent que ça a dû coûter bonbon) et pendant deux heures, on ne s'ennuiera pas une seconde, (on n'aura pas le temps) : visuellement (j'avais écrit visiblement, ça marche aussi) c'est très réussi, les costumes (j'ai un -gros- faible pour les Burgondes et leurs panoplies fluo chamarrées clinquantes orientalisantes, mais les autres ne sont pas en reste... les soldats de Lancelot, par exemple, sont magnifiques) et les décors idem.
Pour ce qui est des péripéties on est un ptit peu en terrain de connaissance, (il s'agit quand même de réussir à intégrer tous les personnages qu'on a vu(e)s dans la série) tout comme les dialogues, qui régulièrement vous font claquer à la face quelques formules bien senties, du plus pur jus astérien. ("Y aurait moyen de réduire un peu la voilure sur la connerie ?") On revoit à peu près tout ceux qu'on aime.
Celle qui a le plus changé (et c'est très bien) c'est Guenièvre (interprétée par Anne Girouard) dont le personnage acquiert un peu plus d'épaisseur et de force, comme si elle avait mûri (quelque chose d'à peine différent au niveau de la voix et des intonations), et la scène "de la tour" (la dernière) confirme que quelque chose de... nouveau avec elle pourrait -enfin ?- s'envisager...
Bref, tout ça est plutôt bien goupillé, plié, ficelé, jusqu'au clinquant packaging publicitaire offrant une affiche à chacun des personnages principaux. les grands moyens, vous dis-je...

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samedi 17 juillet 2021

bal des pompiers (et cérémonie de clôture)

TITANE
de Julia Ducournau

De façon plutôt inattendue, nous est tombé du ciel en sortie nationale. Et je dois dire que j'appréhendais un peu. Et j'avais raison. Je suis allé à la séance du soir du mercredi, le film était en salle 1 (la plus petite), c'est dire la confiance que lui prêtait le programmateur, et, de plus, les spectateurs n'étaient pas DU TOUT les mêmes que les spectateurs habituels (on était 7, ce qui, par contre, était plutôt habituel.)
Cinéma donc dit "de genre" ? A voir donc (je gardais un assez bon souvenir de Grave, et de la performance de Garance Marillier, même si les quelques éclats gore m'avaient un peu... affecté). Bon là, aussi, incontestablement performance d'actrice il y a : la nouvelle venue s'appelle Agathe Rousselle, et c'est rien de dire qu'elle impressionne... Mais de la violence aussi (de l'"ultra-violence" même, à la Orange mécanique, avec une série de meurtres, en ouverture ou presque, qui ont d'ailleurs failli me faire quitter la salle illico -ce que j'ai d'ailleurs failli faire plusieurs fois pendant la projection, me disant que "ce film n'était pas vraiment pour moi"-, mais bon, je suis tout de même resté jusqu'au bout, jusqu'au bout du bout, seul dans la salle puisque les autres spectateurs avaient jailli de leurs sièges dès les premiers mots du générique).
Ca commence en voiture, tiens c'est Bertrand Bonnello qui conduit! Avec un enfant à l'arrière (je pensais un garçon, mais il semblerait que ce soit une fille). Et un premier choc. Bam! Ensuite, après un passage à l'hôpital,  un bisou à une voiture, et on enchaîne encore sur les voitures, mais c'est un genre de spectacle underground où des jeunes filles se trémoussent lubriquement contre des berlines plus ou moins customisées (les bagnoles, mais les filles aussi) sur de la musique techno, et on fait la connaissance d'Alexia (Agathe Rousselle, donc), qu'on identifie, (à cause du drôle de machin qu'elle a autour de l'oreille), comme l'enfant de la première scène (et aussi parce qu'on reconnaît son papa (Bertrand Bonnello) quand elle rentre à la maison).
On va la suivre un moment (avec, en route, deux ou trois scènes où il faut s'accrocher) jusqu'à ce qu'elle finisse par croiser la route de Vincent (Lindon, il ne semble pas être nommé dans le film, ou alors je n'ai pas fait attention), qui cherche désespérément son fils disparu... (et, accessoirement capitaine des pompiers -ce qui nous donnera l'occasion de deux scènes -pour moi- extrêmement plaisantes, surtout la première, de teufs chez, justement, les pompiers...) avec qui va se nouer une relation étrange qui donne corps à la seconde moitié du film.
Il sera question (en plus du bruit et de la fureur) de feu, de cambouis, de sang, d'huile de moteur, dans ce qui m'a évoqué une approche cronenbergienne de la représentation du corps et de ses mutations. Deux personnages principaux qui se font mal (à eux-mêmes) et qui nous font mal à nous aussi, spectateurs, mais on est emporté par un tel tsunami de violence qu'on a depuis un moment lâché la rampe, prenant juste le soin de fermer les yeux à quelques moments choisis...
Julia Doucournau a dit avoir tourné ce film pour procurer un choc au spectateur, et pour ça, c'est réussi : c'est comme si on était assis face à une machine à gifles qui, régulièrement,  vous décoche des beignes. Et pif et paf! On sort de la sonné (vraiment), comme après le passage d'un ouragan en cinémascope. Lessivé.
Je n'ai pas regretté d'être resté jusqu'au bout, pour voir ce qu'il y avait à voir, justement, au bout de tout ça, comment la réalisatrice allait-elle réussir à refermer ce paquet-surprise agité, brutal, contondant, délétère, expérimental, foutraque, glauque, halluciné, iconoclaste, (je pourrais comme ça continuer l'alphabet...) qu'elle s'est amusée à nous faire exploser à la figure de multiples façons...

Je suis sorti de là à la fois tétanisé (c'est ça l'effet-Titane!) et perplexe, avec une seule certitude : celle que je ne reverrai jamais ce film. Même si doté d'évidentes qualités de mise en scène. Mais mises au service d'un récit tellement nihiliste et tellement barbelé que toute tentative d'approche (de rapprochement) est quasiment impossible.
Un prix d'interprétation pour la demoiselle ? Elle le mériterait, au vu de la façon dont elle paye de sa personne...

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(correction a posteriori, à 21h18 : Eh bien non... Pas de prix d'Interprétation, le film a carrément obtenu la PALME D'OR! J'en reste sans voix... Julia Ducournau, visiblement très émue, a dit "Merci au jury de laisser entrer les monstres...")

Cette cérémonie de clôture a été carrément bordélique, Spike Lee semblait avoir du mal à comprendre ce qu'il devait faire, les membres du jury potichaient, Doria Tillier ("dans sa robe malabar") ramait mais essayait, en direct et sans filet, de maintenir le truc à flot, il n'y avait qu'une seule palme pour les ex-aequo (Nadav Lapid a dû partager avec Apichatpong Weerasethakul pour le prix du Jury, Asghgar Farhadi avec Juho Kuosmanen pour le Grand Prix), Tahar Rahim a dû jouer les interprètes, il a fini par venir s'asseoir à côté de Spike Lee, qui a fini par poser sa main sur l'épaule de Tahar (mimi...), mais bon quand même, ça fait plaisir, c'est une femme qui a été couronnée (ce qui arrive rarement, Jane campion et c'est tout), et ça c'est très très bien, qui plus est pour un film dit "de genre" (ou de transgenre...) ce qui est encore plus étonnant, non ? Son discours a été magnifique... ("le besoin viscéral qu'on a d'un monde plus inclusif et et plus fluide...")
C'est la première fois de ma vie que je vois la Palme d'Or sans savoir que c'est la Palme d'Or...

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jeudi 15 juillet 2021

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sut tw*tter, des affiches de Cannes

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et des affiches dans notre  programmation à venir

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 préparez vos "Pass sanitaires"...

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mercredi 14 juillet 2021

griottines

Bon. une fois de plus la preuve qu'il ne faut pas (trop) se fier aux critiques, ni les écouter. Cette Cerisaie de Tiago Rodrigues dans la cour d'honneur du palais des papes, avec la papesse Isabelle Huppert, cette pièce que les criticaillons ont accueillie tièdement avec des bouches en cul de poule et des petites mines contrariées, cette Cerisaie dont je connais pratiquement par coeur (pour des raisons personnelles) la totalité des deux premiers actes, cette Cerisaie que j'avais tant envie de voir, eh bien j'ai finalement pu y assister, non le 9 à 22h15 sur France 5, date de sa diffusion "en direct", mais le lendemain, chez moi, devant mon ordi, sur france télévision (où elle sera encore visible jusqu'au 17/07, pour ceux que ça intéresse).
Là-aussi, souvenirs souvenirs...
La pièce commence par une arrivée (on revient à la maison, on défait les bagages) et finit, en mouvement inverse, par un départ (on a refait les bagages, on quitte la maison).
Tiago Rodrigues remplit la scène de LCD'HDPDP avec des chaises, pas toutes de la même couleur, celles qui, justement, avant la rénovation étaient installées face à la scène, sur les gradins, pour accueillir les séants des spectateurs, chaises qu'on va successivement ranger, déranger, aligner, bousculer, jeter, entasser, re-ranger etc. Et ces chaises vont accueillir toute la troupe de La Cerisaie, qui, hormis la toute première scène (entre Lopakhine et Douniacha) restera toujours à vue, même si pas "en jeu" (dans ce cas ils resteront simplement assis et immobiles). Avec, "en plus" -mais ce sont certains des acteurs qui l'assurent-, une partie musicale qui courra tout le long de la pièce, (notamment une superbe guitare électrique), et des chansons, et même des danses...
J'adore le dernier acte de La Cerisaie (à partir de l'annonce de la vente) et la façon dont alors les choses se défont (et je la trouve, ici, simplement magistrale -autant que magistralement simple-). Et dans cet acte, j'ai un faible pour une courte scène, celle entre Lopakhine et Varia (où se joue tout à fait autre chose que ce qui s'y dit). Elle est, ici, parfaite.
Et cette phrase* de Firs, qui conclut : "La vie, elle a passé, on a comme pas vécu..." que j'aime toujours autant.

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* (J'en ai relevé une autre, (qui me concerne d'une certaine manière) : "Quand on propose un grand nombre de remèdes pour guérir une maladie, ça veut dire que la maladie est incurable...")

Je viens de revoir encore une fois ce fameux dernier acte, pour prendre les captures d'écran, et j'en ai encore eu les larmes aux yeux...

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mardi 13 juillet 2021

chapka

IBRAHIM
de Samir Guesmi

Du bonheur. Séance de 20h30 (ce qui est très inhabituel pour moi). Samir Guesmi ça fait longtemps qu'on le connaît et qu'on l'aime en tant qu'acteur surtout depuis 2011  (coup sur coup Queen of Montreuil, Camille redouble, la série Les revenants, Je suis supporter du Standard) où il gagne encore des galons dans le capital-sympathie... Le voilà qui réalise son premier long-métrage, (d'après C'est Dimanche! son premier court), pour lequel la critique est unaniment louangeuse, et c'est donc très normal qu'on ait envie de le voir (et donc qu'on le programme dans le bôô cinéma. Ibrahim (le jeune Abdel Bendaher, parfait) est un jeune homme avec une chapka (qui lui va d'ailleurs très bien), il traîne avec son pote Achille (Rabah Nait Oufella, qu'on découvrit dans le sublime Nocturama de Bertrand Bonello puis dans le non moins impressionnant Grave de Julia Ducournau), qui incarne un peu son "mauvais génie" (le diablotin rouge assis sur votre épaule et qui vous souffle toutes les conneries à faire). C'est aussi le fils d'Ahmed (Samir Guesmi, qui reprend le rôle tenu dans le court-métrage par l'excellent Djemel Barek, (depuis disparu), qui fait d'ailleurs une apparition dans Ibrahim), un mec qui bosse comme écailler dans une brasserie, dont on comprend assez vite qu'il galère... ). Poussé par Achille, Ibrahim va faire une connerie, qui compromet en même temps l'avenir professionnel de son père et la relation qu'il a avec lui, et va donc faire tout ce qu'il peut (y compris des choses que la (sa) morale réprouve) pour essayer de réparer la connerie qu'il a faite, en en enchaînant d'autres (de conneries). Il va aussi faire une rencontre décisive : la jeune Louisa (Luàna Bajrami, lumineuse, magnifique, découverte dans Portrait  de la jeune fille en feu).
Un fils et son père. Un père et son fils. Samir Guesmi avoue avoir réalisé ce film pour pouvoir montrer l'image d'un père qui pose la main sur la joue de son fils. Et cette chronique sociale, filmée en couleurs froides, trouve effectivement son instant de grâce -toute en pudeur et en retenue, comme en apnée) lors de cette fameuse scène. C'est comme un cheminement de Petit Poucet dans une forêt plutôt hostile, un parcours marqué, à intervalles réguliers, de petits cailloux blancs affectueux (les apparitions -pourtant pas forcément affectueuses- de Djemel barek, de la divine Florence Loiret-Caille, de la non moins divine Maryline Canto, Philippe Rebbot dans un rôle très inhabituel, et, cerise sur le gâteau, Rufus, dans une scène magnifique, aussi brève que silencieuse, sans oublier la dédicace à Solveig Anspach).
Bref, un beau bonheur de film, incontestablement. (Ce n'est pas si souvent qu'une prothèse dentaire est le ressort dramatique principal d'un film...)

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lundi 12 juillet 2021

we love each other so much

ANNETTE
de Léos Carax

Normalement si vous avez vu le film, le titre en question devrait automatiquement s'enclencher dans votre tête et y jouer toute la journée (un critique a parlé de Mary Poppins -mais était-ce bien à propos de ce film ?- mais c'est tout à fait ça, ça reste dans la tête comme "C'est le morceau de sucre qui aide la méd'cine à couler, la méd'cine à couler, la méd'cine à couler..." -et bien sûr alors que je l'ai lu(e) ce matin, je n'arrive pas à retrouver la critique en question...-)
DONC j'étais fort agacé qu'il ne soit pas dans le bôô cinéma comme nous l'avions annoncé (et que le programmateur nous l'avait annoncé), et donc j'ai pris le bus pour aller le voir à Besac à la première séance (erreur : le bus était PLEIN because premier jour des vacances et j'ai voyagé sur un strapontin dans la zone handicapés mais bon je m'en foutais...)
J'ai retrouvé Emma comme prévu, et donc en route pour ce film à propos duquel tous les échos papillonnaient unzniment de louanges... Ca démarre plutôt très bien (la mise en route du film est vraiment très réussie), ça continue un peu moins, avec vraiment des hauts et des bas, des moments magnifiques d'envol et des plages d'ennui monumentales aussi, un coup en l'air un coup en bas, et hop! on continue, haut/bas chaud/froid, jusqu'à ce que je me dise à un moment "Bon là ça devient grotesque", et que, si le film s'était arrêté là j'en serais ressorti vraiment de fort méchante humeur, seulement, malin, ça ne s'arrête pas là, et voilà que, surprise, la fin du film est aussi incontestablement réussie que l'était son entrée en matière, ce qui fait que je me sens retourné comme une crêpe, et que lorsque les lumières se rallument je suis au contraire fort réjoui (avec ce petit rajout fort plaisant que ne verront pas les gens qui sortent au début des génériques, et ce sera bien fait pour eux...)
La musique et les chansons sont assez formidables (j'ai toujours bien aimé -même si parfois d'un peu loin- les Sparks) et efficaces. Du grand spectacle, c'est vrai. mais, contrairement à ce que raconte la pub, le film n'est pas "entièrement chanté"... Et de grands pans du film s'abîment dans les flots noirs de l'ennui.
Donc, pour résumer, Carax = Mauvais Sang et Boy meets girl. A tout jamais.

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les trois protagonistes principaux

(Le pékin moyen peut-légitimement- s'étonner de ne voir aucune photo de cette fameuse Annette. Il comprendra pourquoi en allant voir le film.)

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samedi 10 juillet 2021

diabolo grenadine

SEIZE PRINTEMPS
de Suzanne Lindon

Cette demoiselle, j'en ai déjà parlé, et je le confirme, est vraiment d'une grâce... émouvante. Avec son petit jean, sa chemise blanche aux manches roulées, ses cheveux lâchés, sa vois par instants étrangement rocailleuse (est-ce que les jeunes filles muent ?) J'ai attendu jusqu'à la dernière séance pour aller voir le film, y suis allé parce que je souhaitais avoir des nouvelles d'ANNETTE, soudain disparue de l'affiche, ai trouvé la salle étonnamment remplie pour un de "nos" films (au moins 10 personnes!) et j'ai trouvé le film... charmant. Une chronique adolescente, écrite par, jouée par, (et réalisée par) une adolescente, on pouvait à priori s'insuiéter un peu (la jeunesse, l'inexpérience...) Mais non mais non. Rêves de jeune(s) fille en fleur, certes, mais le traitement del'histoire est plutôt plaisant. Bon, cette adolescence-ci (c'est valable autant pour le personnage du film que pour la réalisatrice) est une adolescence très... protégée, famille irréprochable, milieu social bcbg, pas de problèmes ni financiers ni affectifs, alors autant s'étendre (s'épancher) sur une bluette délicieuse, et, quand on s'appelle Suzanne  qu'on a seize ans et qu'on s'ennuie au lycée, tomber amoureuse éperdument d'un mec bien plus âgé, un théatreux, avec qui on va vivre une romance platonique et joliette. Le film aussi est plutôt gracieux, de cette grâce un peu maladroite qui caractérise à la fois les jeunes filles (bon, les jeunes gens en général) et les faons, et la mise en scène aussi est à ce diapason bambiesque,  avec par exemple,  plusieurs jolis moments  chorégraphiés (un solo / trois duos, c'est vrai on danse souvent dans ce film), mais, et c'est un peu dommage, pas grand-chose d'autre.
Il faut vraiment avoir la chance de s'appeler Suzanne L., d'avoir pour parents des vedettes de cinéma, (donc d'avoir été élevée "dans le sérail"), d'être -déjà! une nouvelle égérie de Ch*nel (remercié à plusieurs reprises au générique) pour avoir la chance de pouvoir tourner ainsi son premier film (adapté de son propre scénario). Ca n'est pas donné à tout le monde de pouvoir le faire, elle l'a fait, alors autant s'extasier autour du berceau, comme les bonnes fées marraines de (Cendrillon ? La belle au bois dormant ?).
Oui, charmant.

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elle a le bon goût de s'être choisi Frédéric Pierrot comme papa de cinéma...

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le premier duo

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l'affiche en anglais

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jeudi 8 juillet 2021

nicolas, françois, et adrien

(fête du cinéma 2)

PRÉSIDENTS
de Anne Fontaine

Une Fête du Cinoche plutôt joyeuse : deux comédies hier et deux aujourd'hui.On a commencé par celui d'Anne Fontaine, qu'on avait en sortie nationale, et dont la bande-annonce (appétissante) passait depuis un certain temps dans le bôô cinéma. Dujardin en Nicolas S. (assez bluffant, plus encore au niveau de la voix que de la gestuelle) et Gadebois en incarnation parfaite de François H. Nicolas en marre de l'inactivité et va chercher François dans son refuge de la Creuse pour l'inciter à se relancer en politique et à fonder un parti avec lui pour se présenter ensemble aux prochaines présidentielles...
Le pitch est sympathique, les deux acteurs donnent le meilleur (je connais quelqu'un qui a encore plus ri à la scène des lunettes qu'à celle, d'anthologie, des deux mecs dans la voiture,  des Démons de Jésus, qui reste jusque là son mètre-étalon du fou-rire au cinéma), les dialogues  font mouche, et j'avoue que j'ai pas mal rigolé (et Emma aussi, à côté de moi).C'est bucolique comme du Daudet : au lieu du Sous-préfet aux champs, on a deux présidents. l'un qui manipule et l'autre qui pète les plombs. Oui, les acteurs s'en donnent à coeur joie, et ça fait plaisir à voir. Mais était-ce la peine d'avoir ainsi mis en scène à leurs côtés leurs épouses respectivesessives, tellement raisonnables et exemplaires qu'elles en deviennent ennuyeuses (ce qu'est aussi la dernière partie du film) et plombent sérieux la légèreté de l'entreprise ? (La fin est calamiteuse). Par contre j'ai un faible pour les deux gardes-du-corps respectifs (même si je les trouve un peu sous-employés). Mais bon, pour moi, un essai pas vraiment transformé... Quand la lumière s'est rallumée dans la salle (bien trop tôt, comme d'habitude) Emma était beaucoup plus souriante que moi.
Emma 1 et moi 0.

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LE DISCOURS
de Laurent Tirard

Pépin m'avait prêté le bouquin de Fabrice Caro, que j'avais plutôt bien aimé, et le film en est l'adaptation très (trop ?) fidèle. Un peu le même principe (la même structure) que le film précédent. Adrien (Benjamin -dit "de la Comédie Française"- Lavernhe, très bien) assiste à un repas en famille où son beau-frère (Kyan Khojandi) lui demande soudain d'écrire un discours pour le mariage de sa soeur. Un dispositif très théâtral (le film est, comme l'était le bouquin, un monologue dit "en discours intérieur" avec adresse au spectateur (qui est régulièrement pris à parti par les personnages) qui part de -et revient toujours à- cette fameuse scène de repas, avec alternance de souvenirs et d'extrapolations de la part du narrateur, (et pas seulement  à propos de ce fameux discours), de chacun des personnages attablés (le ère, François Morel, la mère Guylaine Londez, la soeur, Juklia Piaton), avec une "présente/absente" (puisque nous sommes quasiment au théâtre) : Sonia (Sarah Giraudeau) la copine d'Adrien, qui a souhaité "faire une pause", à qui Adrien vient d'envoyer un sms, et dont il attend -fiévreusement- la réponse. Beaucoup de scènes délicieuses (c'est très fidèle au bouquin), beaucoup de regards-caméra et d'adresses au spectateur (ça peut destabiliser), beaucoup de détails qui frappent juste aussi (ah... ceux qui étaient toujours choisis en dernier pour les équipes de foot...). Tout ça pour conclure -mais le bouquin pêchait aussi dans ce sens-  par un discours un peu convenu et lénifiant, mais bon c'est pas grave, qu'en bon midinet j'ai trouvé juste très bien. Là c'était le contraire du film précédent, au rallumage des lumières dans la salle (prématuré, bien sûr), c'était moi le plus souriant. J'ai beaucoup plus apprécié (je me suis plus amusé à) ce film qu'au précédent.
Emma 0 et moi 1.

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Posté par chori à 07:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]