films et bouquins
lundi 16 mars 2020

dernier concert

Lundi dernier, (j'ai l'impression que c'était il y a des mois) , nous sommes allés, avec Manue, à La Rodia, pour voir le concert des Tindersticks, dont on avait craint d'abord qu'il ne soit annulé, mais non nous avait dit la demoiselle à la caisse, à ce moment-là, on n'interdisait que les manifestations publiques de plus de 1000 personnes.
En arrivant, on a croisé plusieurs personnes qui repartaient, on s'est inquiété, mais non fausse alerte. Le concert avait bien lieu. Le public au bar nous a bien semblé un peu clairsemé, on était en avance, on a pris le temps de boire une bière, ça a sonné pour annoncer le début du concert, on a bu encore un peu nos bières, jusqu'à la sonnerie suivante où on s'est enfin décidé (je ne savais même pas qui assurait la première partie.)
Billet scanné, talon déchiré, et ensuite, surprise, pas l'habituel tampon sur le poignet mais un joli bracelet rose comme dans les festivals (la demoiselle a expliqué à Manue que l'usage du tampon avait été suspendu, cocovirus oblige, et nous a précisé que "le concert était déjà commencé, et qu'elle nous souhaitait une bonne soirée...").
Et à l'intérieur, surprise : ils avaient installé des chaises! Oui, toute la partie basse était emplie de chaises bien alignées, de ces chaises merdiques qui font assez vite mal au dos et au cul, toutes bien rangées, et chacune avec un cul de gens posé dessus... Tous assis bien sagement... Mais c'est là qu'ils étaient, les gens, ils le savaient eux qu'il y aurait des chaises, on les avait prévenus, et ils étaient venu s'y installer...
Heureusement, ils ont construit une petite estrade, au fond de la salle (sous le balcon), et, par chance, on était pratiquement les premiers à s'y installer, assis au bord : on avait la place pour étendre ses jambes, on était pile-poil au milieu (à droite de la sono), bref la vue était parfaite, et on s'est donc installé là, en faisant attention de ne pas renverser nos bières...
C'téait déjà commencé, la première partie je veux dire, il y avait au milieu de la scène un monsieur assis derrière une impressionnante batterie, un monsieur qui chantait, et qui avait une pédale d'effets pour re-enregistrer et re-diffuser ce qu'il chantait, un monsieur accompagné d'un autre monsieur qui jouait qui du violon qui de la scie musicale. J'ai appris par la suite que le monsieur s'appelle Thomas Belhom, qu'il est un batteur talentueux, et a d'ailleurs bossé avec les Tindersticks dans les années 2000. Il joue trente minutes et puis s'en va. La scie musicale est un instrument inhabituel, on va dire, et dont je ne suis pas particulièrement friand. "C'est intéressant..." a conclu Manue au rallumage des lumières avant de retourner chercher des bières (on était tellement bien installés que je n'ai même pas voulu me lever pour aller faire pipi, de peur de perdre ma place, d'autant plus qu'était venu s'installer à côté de moi un charmant nounours solide et barbu avec lequel j'ai même osé engager la conversation le temps que Manue revienne avec les cervoises...)
On a aussi discuté un peu avec le grand Christophe (qu'on voit à peu près à tous les concerts) pendant que les roadies s'activaient sur scène. A 21h et quelques, les lumières s'éteignent enfin  (on en avait quelques rampes juste au dessus de nos têtes), la musique d'ambiance s'arrête (le public fait "aaaaah") et les musiciens entrent sur scène, sous les applaudissements, Manue me regarde en sourient et me chuchote "bon voyage...", tandis que le chanteur (Stuart Staples) commence à susurrer au micro, et j'ai les larmes aux yeux...
Et c'est parti pour une heure trente de musique élégante, romantique, précieuse, classieuse (Manue a dit à la fin qu'elle avait trouvé ça délicieux...), un concert dont je ne connaissais aucun des morceaux (ils ont surtout joué leur dernier album No treasure but hope) à part la chanson Willow -du générique du dernier film de Claire Denis, et que je ne connaissais que chantée par Robert Pattinson- un concert qui fut (tout le monde était unanime à la sortie) un enchantement.
On pouvait sentir dans la salle un certain recueillement, une ferveur, comme si les spectateurs communiaient dans le fait de vivre ce qu'on ne savait pas encore être le dernier concert avant la fin du monde avant longtemps. Les morceaux se succédaient, alternant les humeurs du très doux au -oui oui il y en eut- plus rock (je me souviendrai longtemps du petit guitariste barbu, en fond de scène, qui grattait comme un malade pendant les morceaux en question), sans aucune perte d'énergie, sans aucune faute de goût, rien à jeter tout était juste parfait (bon c'est vrai, il faut le reconnaître que la voix de Stuart Staples est un élément prépondérant de la magie que génère le groupe sur scène...)
Chaque morceau était applaudi avec enthousiasme (mon gentil voisin était visiblement aux anges, ce qui redoublait encore le mien) et on a savouré  ça avec gourmandise, jusqu'au rappel (tout le monde s'était levé et applaudissait à tout rompre pour le réclamer) pour lequel on s'est rassis le temps de deux morceaux.
Pendant tout ce temps, on n'a fait que prendre du plaisir, on ne pensait plus ni cocovirus ni confinement ni contamination (d'ailleurs on était même plutôt rapprochés, bien loin du mètre préconisé dans ce cgenre de situation). Bref c'était du bonheur ce dernier concert
(et jusqu'à quand hein?)
Encore merci à Manue pour ce merveilleux cadeau de Noël!

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vendredi 13 mars 2020

tonie & didier

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Tonie Marshall, déjà, d'abord, c'était la fille de Micheline Presle.
Je l'ai d'abord connue actrice, dans les années quatre-vingt, dans les très aimés films de chez Diagonale : d'abord le -pour moi- mythique QUI TROP EMBRASSE, de Jacques Davila, en 1986, puis, la même année, le touchant BEAU TEMPS MAIS ORAGEUX EN FIN DE JOURNEE, de Gérard Frot-Coutaz, puis, en 1989, toujours Diagonale, LE CHAMPIGNON DES CARPATHES, de Jean-Claude Biette, et encore Jacques Davila, en 1990 pour LA CAMPAGNE DE CICERON...
Puis ce fut la découverte de Tonie Marshall réalisatrice, avec le sympathique PENTIMENTO (1989, avec Antoine de Caunes), puis l'intriguant PAS TRES CATHOLIQUE (1994, avec la grande Anémone en détective) avant l'emblématique (et très réussi) VENUS BEAUTE INSTITUT, (1999, Nathalie Baye Audrey tautout et Mathilde Seigner, et un casting en béton armé -et fémisinissime- coté clientes) qui lui valut quatre César (et le statut particulier d'unique réalisatrice récompensée dans ladite cérémonie, hihi)
J'ai toujours eu beaucoup de sympathie pour cette dame.
Elle est morte hier, "des suites d'une longue maladie"...

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Hier aussi, et lui aussi "des suites d'une longue maladie" est décédé Didier Bezace, acteur de théâtre, habitué des seconds rôles au cinéma (LES VOLEURS d'André Téchiné, CA IRA MIEUX DEMAIN, puis C'EST LE BOUQUET de Jeanne Labrune, ) mais surtout cher à mon coeur cinéphile pour sa solide -et très juste- prestation dans le magnifique L.627 de Bertrand Tavernier...

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samedi 29 février 2020

"there's a bomb in centennial park..."

(arghhhhh! post effacé malencontreusement, et, m'explique canalblog, voilà que cette opération est hélas irréversible... je vais donc essayer de le réécrire de mémoire...)

049
LE CAS RICHARD JEWELL
de Clint Eastwood

Au début, il faut le reconnaître, personne n'est vraiment sympathique , parmi les personnages présentés : un agent de sécurité lourdaud et tatillon (procédurier), un avocaillon arrogant, un mec du FBI déplaisant, et une journaliste arriviste (ambitieuse). On se demande comment on va bien pouvoir s'intéresser à eux (surtout qu'on est dans le terrain marécageux du "d'après une histoire vraie"), mais cette chère vieille baderne (réac') de Clintounet est un vrai réalisateur, il sait y faire, et nous voilà embarqués, lorsque l'agent de sécurité, (toujours zélé), découvre accidentellement sous un banc un sac à dos qui pourrait bien contenir une bombe (on a vu auparavant une main anonyme l'y déposer), et ce dans l'enceinte bondée d'un concert public pendant les festivités des JO d'Atlanta, il fait ce qu'il peut pour faire dégager un maximum de gens, et devient un genre de héros national pour avoir signalé ledit sac à dos suspect aux autorités compétentes (qui, au début, s'en foutaient d'ailleurs assez royalement, mais ont changé d'avis lorsqu'a été reçu un appel anonyme signalant la bombe dans le sac et l'explosion imminente), bref Richard Jewell devient famous du jour au lendemain, hélas pour lui, car le FBI du coup s'intéresse à lui (il faut bien pouvoir désigner un coupable), et, suite à une fuite de l'agent du FBI énervant au creux de l'oreille de la journaliste chaudasse, le journal dès le lendemain fait ses gros titres (et ses choux gras) en le désignant en toutes lettres comme le coupable potentiel, alors, du coup, Richard J. n'a plus qu'à faire appel à l'avocat (tiens, qui est joué par l'acteur qui jouait le "gentil nazi" dans Jojo Rabbit) pour qu'il le défende, dans la partie compliquée qui s'engage...
Affolement des médias, magouilles dégueulasses des gars du FBI (décidément il semblerait que Clintounet ne puisse pas les encadrer), manipulation de l'opinion, mauvaise foi, coups bas, mensonges, acharnement des journalistes, on se retrouve a priori dans un récit "procédural" classique, tandis que Richard est de plus en plus mis à mal (malgré le soutien de  sa maman, jouée par l'excellente Kathy Bates). Mais notre bon vieux Clint va faire encore mieux que ce qu'on attend de lui, dans une montée impressionnante de la tension, qui va culminer dans une dernière partie impeccable (qui va aligner plusieurs morceaux de bravoure, la déclaration de la mère de Richard, puis l'audition de Richard par le FBI (une séquence que j'ai trouvée magnifique, et qui justifierait à elle seule d'aller voir le film), et enfin la scène dans le diner où le salopard du FBI apporte la lettre à Richard...) avant une coda très happy-end.
Il faut insister sur le fait que  la force du film, et l'émotion ressentie ont beaucoup à voir avec la qualité (et l'intelligence) de la  prestation de Paul Walter Hauser, qui incarne Richard Jewell. Cet homme-là est très fort.
Téléramuche a publié un classement de la quarantaine de  films de Clint Eastwood, du pire (Le 15h17 pour Paris) au meilleur (Impitoyable), et, sans trop se mouiller, range celui-ci à la 20ème place... N'ayons pas peur de le reconnaître, je trouve que ce Richard Jewell fait indiscutablement partie des "bons" films de Clintounet.

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mercredi 26 février 2020

marinade

(oh oh en faisant le ménage je retrouve ce post que j'ai oublié de publier ...)

017
THE LIGHTHOUSE
de Robert Eggers

Re. Je voulais absolument le revoir dans le bôô cinéma (la salle 3 du Victor Hugo n'étant tout de même pas "optimale"...) et voir si je comprenais mieux ce qui se passe (ou si d'autres hypothèses se vérifiaient -ou pas-). S'il est un film pour lequel l'expression "dans son jus" s'applique, c'est bien celui-ci. Marinade virile à deux poiscails saisis dans leur quintessence mâle (le réalisateur ne nous épargne rien, jus de chique, alcool, pets, pots de chambre, branlette, et n'hésite jamais à en remettre une louche pour faire plus que bonne mesure (comme chez le boucher : "Y en a un peu plus... je vous le mets quand même ?").
Un film sacrément secoué (dans tous les sens du terme) et Dafoe autant que Pattinson y font merveille. A deuxième vision, c'est sûr que le film ne fait pas "peur"... Il incommode, il dérange, il interroge, avec ce sentiment d'être redevenu un gamin, entre frayeur et émerveillement, en train de lire un Contes et légendes de la mer et des marins.
On s'en prend plein la figure, tout de même : de la flotte, des noyé(e)s des sirènes des tentacules des mouettes agressives des chansons de marin du poisson avarié, et encore quelques rabasses d'eau salée, un chouïa de tempête, une bonne rasade de tord-boyaux, et c'est reparti pour un tour de manège maritime (tempête sous un crâne) : qui est mort, qui est fou, qui a tué qui, qui veut voir la lumière et qu'est ce qu'il y a bon de dieu de bon dieu dedans.
Sacrément secoué, oui.

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lundi 24 février 2020

vive le vent vive le vent...

048
ECHO
de Rúnar Rúnarsson

J'aime beaucoup le cinéma islandais. Et je ne suis pas surpris d'aimer aussi beaucoup ce film, même s'il obéit à une logique différente de la plupart des autres. On part d'un carwash pour finir sur le pont d'un bateau en haute mer. Entre les deux (il s'agit à chaque fois d'un plan fixe, la caméra est posée et enregistre la scène qui se déroule) on aura presque une soixantaine d'autres plans-séquences, chacun racontant une petite histoire - sa petite histoire-, sans rapport avec celle qui précède ni celle qui suit, à part le lieu (l'Islande), l'époque (le "temps des fêtes", de Noël au Nouvel An grosso-modo), et une vague chronologie qui relie entre eux les micro-événements de cette saga nordique.
Le film est court (1h19) et on aurait adoré qu'il continue encore, tant ce coq-à-l'âne est plaisant. Il est sorti (quelle drôle d'idée du distributeur, qui s'appelle, justement, Jour2Fête !) le 1er janvier, a donc été peu -et mal- chroniqué, le plus souvent même "expédié" en quelques lignes, entre le boudin blanc et les huîtres (la palme de l'acidité gastrique, de la mauvaise foi,  et du n'importe quoi "juste pour le plaisir de dézinguer" à une "journaliste" des Zinrocks, qui aurait mérité qu'on fasse le déplacement pour aller la gifler).
J'ai d'autant plus adoré ces presque soixante historiettes que j'honnis ce, justement, fameux "temps des fêtes", et que le réalisateur nous en offre autant d'éclats (de miroir), qui nous renvoient chacun, à sa manière, à notre triste et humaine condition. La structure (et la situation géographique) font évidemment penser à Roy Andersson (de la Suède à la Norvège il n'y a qu'un pas) et à son Nous les vivants (que j'avais, déjà, adoré en son temps), à la seule (petite) différence qu'ici, chez Rúnarsson, on joue plutôt sur le flottement entre réalité et fiction, entre documentaire et scénario (alors que chez Andersson tout relevait clairement de la scénarisation). Et que c'est la plupart du temps beaucoup moins caustique (cynique) a priori. Si méchanceté il y a, c'est davantage celle des personnages entre eux que celle du réalisateur envers ses personnages, qu'on sent même parfois -souvent ?- empreint  d'une certaine bienveillance -ou objectivité ?- à leur égard.
C'est un peu le principe, aussi des Microfictions de Régis Jauffret, mais, encore une fois, en beaucoup beaucoup moins méchant. Cinquante et quelques histoires qu'on saisit, comme ça, au vol, certaines dont on ne fait qu'une bouchée, d'autres qu'on savoure plus longuement. Des plans magnifiques, aussi, certains "typiquemen" islandais et d'autres plus anonymes... Mais tout ça fait du bien à l'oeil, indiscutablement.
Encore, donc, une excellente nouvelle de là-bas...

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dimanche 23 février 2020

le fez à sigmund

024
UN DIVAN A TUNIS
de Manele Labidi

Et voilà. Ce que je craignais. Avec le ficâââ ce film, vu "entre les gouttes" à Besac, j'ai oublié de le chroniquer. Une comédie tunisienne vue, il faut bien l'avouer, pour les beaux yeux de Golshifteh Farahani (que j'ai toujours du mal à écrire juste du premier coup). La belle revient à Tunis pour y ouvrir un cabinet de psychanalyste. ce qui nous vaut une comédie sympathique avec des personnages parfois un peu "trop" typés (la coiffeuse trop heureuse, le boulanger qui découvre sa part féminine, l'employé au ministère revendeuse de lingerie) mais le ton bon enfant de l'ensemble porte à l'indulgence. Le noeud du problème étant Golshiftehounette réussira-t-elle à obtenir son autorisation d'exercer ? Le petit défaut du film étant, pour moi, d'avoir fait incarner le putatif amant de la belle (le personnage du flic intègre) par un acteur un peu trop transparent.
Freud est ici et Freud est là, dans la sympathique scène d'ouverture "il est juif, et c'est mon boss..." puis dans un scène de voiture elle aussi plutôt sympathique. Et même, en filigrane, dans la toute dernière scène du film. on sort de là plutôt joyeux. Le film est, finalement, à l'image du véhicule que le garagiste (ami de son père) a refilé à Golshifteh : une guimbarde qui souvent pétarade et  ne paye pas de mine, mais qui tient, finalement, plutôt bien la route...
Oui, bon enfant.

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samedi 22 février 2020

chorégraphies

021
LES ENFANTS D'ISADORA
de Damien Manivel

(ohlala j'ai pris du retard)

Un film d'un extrême élégance : autour d'une chorégraphie créée par isadora Duncan après la mort de ses enfants, quatre femmes qui dansent, dans un récit en trois parties dont un voisin a dit in fine "Mouais, c'est quand même un peu intello...", tandis que je trouvais ça juste parfait.
Dans le premier segment, une jeune fille (Agathe Bonitzer, très agathebonitzérienne) répète la chorégraphie en question dans un studio de répétition immaculé, après s'être beaucoup documenté sur l'histoire et de isadora duncan et de cette danse en particulier (et de son codage)
Dans la deuxième partie, une chorégraphe fait répéter le même solo à une touchante demoiselle  qui peut être qualifiée de "déficiente légère" jusqu'au soir de sa représentation, dont on ne verra que les spectateurs attentifs, et la caméra à la fin s'attardera sur une spectatrice en particulier, une vieille mama black qui a du mal à se déplacer mais qu'on suivra jusque chez elle (dernier tiers), où, après avoir allumé une bougie devant un petit autel où est posé la photo d'un jeune garçon, et fermé les rideaux de l'appartement, réexécutera "pour elle-même'" (et donc, pour nous) cette même chorégraphie, à sa façon (et je pense que c'est impossible à ce moment de ne pas pleurer...)
Après Le parc et Takura, Damien Manivel confirme la singularité (et, je le répète, l'élégance) de sa démarche (j'ai appris qu'à l'origine il est danseur)
Bouleversant.

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vendredi 21 février 2020

ficâââ 2020


022

A DARK, DARK MAN *****
de Adilkhan Yerzanov
par le réalisateur de La tendre indifférence du monde, un vrai bonheur de cinéma dans une histoire où ils sont tous plus pourris les uns que les autres

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023
HOTEL BY THE RIVER ****
de Hong Sang-soo
la nouvelle livraison de Tonton Hong sang soo, en noir et blanc avec de très jolies images de neige, entre un vieux poète, ses deux fils et deux jeunes filles, beaucoup de mots et autant de soju... Bavard (et un peu confus)

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(non fica)

journée "des exploitants" :

025
DANS UN JARDIN QU'ON DIRAIT ETERNEL ****
de Omori Tatsushi
le film qui a fait se pâmer et roucouler de contentement touts les dames du festival, sur la cérémonie du thé, très zen, très charmant (avec "la" mamie du cinéma japonais)

 

026
WET SEASON ****
de Anthony Chen
"le soja en herbe" à Singapour entre une prof de chinois malheureuse dans son couple et un de ses jeunes élèves (il n'y a pas que la season qui est wet...)

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027
BALLOON ****
de Pema Tseden
premier film thibétain de la sélection, une histoire de famille et de capotes (et de limitation des naissances) gentiment folklorique et aimable (ah le thé au beurre rance...)

028
MISHIMA **
de Paul Schrader
déception (mais j'y allais surtout pour la musique de Phil Glass) une rutilante ineptie qui se voulait d'avant-garde à l'époque mais a pris un sacré coup de vieux

029
JAFFA ***
de Keren Hedaya
j'ai réalisé très vite que je l'avais déjà vu et j'ai trouvé que le film avait vieilli (un mélo mollasson autour d'un personnage de pauvre jeune fille qui n'a vraiment pas de chance)

après-midi "changement(s) de salle(s)" :

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030
JONCTION 48 ****
de Uti Aloni
un film puissant autour d'un rappeur palestinien, avec toute la fougue et l'energie de la jeunesse, mais non dénué d'une certaine candeur

031
INVISIBLE ****
de Michal Aviad
un inédit avec la grande Ronit Elkabetz, autour de deux femmes qui s'intéressent au serial violeur qui les a violées et vient d'être libéré... Touchant

032
ALA CHANGSO ***
de Sonthar Gyal
deuxième tibéthain vu par la force des choses (changements de salle), un peu comme le premier, avec une famille dont la maman part en pèlerinage à lhasa à pied mais meurt en route, et son mari contiue à a place avec son fils et un âne... Très "tibéthain".

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033
LE HEROS *****
de Satyajit Ray
un film long du matin, noir et blanc, dans une copie impeccable, sur une star de cinéma (un monsieur) dans un train qui se rend à Delhi pour y recevoir une récompense, et rencontre des gens (dans le train) Impeccable

après-midi "inconnus au bataillon 1" :

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034
MILLENIUM ACTRESS *****
de Satoshi Kon
Un film d'animation vu "par la force des choses" et pourtant une excellentissime surprise (une histoire d'actrice, un hommage au cinéma japonais, j'ai même pleuré à la fin) Splendide

035
DUNIA ***
de Jocelyne Saab
(quand rien ne me vient au moment d'écrire, c'est mauvais signe... ah oui, la poésie soufie, la danseuse du ventre, le poète aveugle qui recouvre la vue inch'allah... je m'y suis un peu ennuyé oui oui)

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036
ZAYA SAMURAI ****
de Matsumoto Hitoshi
conseillé par Isabelle, un film parfaitement délirant, autour d'un samouraï à lunettes, entre Kitano et les Monty Python, à l'humour très noir, et qui va jusqu'au bout de son propos (seppuku). Très déjanté

journée "inconnus au bataillon 2" :

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037
LES SALAUDS DORMENT EN PAIX *****
d'Akira Kurosawa
autre film (long) du matin, un polar au noir et blanc sublime dans une copie qui l'est tout autant, autour de patrons sans scrupules poussant leurs sous-fifres au suicide, et c'est le super salaud qui s'en sort... Incroyablement d'actualité

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038
ATTENTE *****
de Rashid Masharawi
je pense que je l'avais déjà vu dans un autre ficâââ mais j'ai vraiment beaucoup aimé (un réalisateur désabusé qui part en repérage et en casting en Jordanie, Syrie, Liban, etc. avec une assistante et un troisième larron qui ressemble à Joaquin Phoenix) Métaphorique.

039
PIROSMANI ***
de Georgui Chenguelaia
un souvenir de mes premiers émois en lisant La revue du cinéma Image et son, un film georgien et mythique qui a fait se pâmer beaucoup de spectatrices mais m'a hélas copieusement ennuyé...

040
LES ENFANTS DU TEMPS ****
de Shinkai Makoto
recommandé par une connaissance, un plaisant manga écolo où une fille-soleil se sacrifie pour arrêter la pluie, au grand dam de son jeune amoureux. Très mignon (mais doté d'une musqiue agaçante à la longue)

après-midi chinois(e) :

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041
VIVRE ET CHANTER *****
de Johnny Ma
peut-être la meilleure surprise de cet année (un film dont je ne savais absolument rien) qui m'a ému jusqu'aux larmes, sur une troupe de vieux acteurs d'opéra dont le théâtre va bientôt être détruit (ah le ballet des pelleteuses...) Magnifique

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042
THE ASSASSIN *****
de Hou Hsiao Hsien
Revu et c'est toujours aussi parfait (un enchantement à regarder) et mystérieux (comme une calligraphie dont on admirerait la perfection du tracé sans en comprendre vraiment le sens)

043
SOEURS DE SCENE **
de
ouh la... un mélo édifiant presque en couleurs (en marron et lie-de-vin plutôt) qui suit sur plus de ving ans deux "soeurs" dans le milieu de l'opéra (deux fois le même jour...) plus que chiche en sous-titres, mais bon... édifiant, oui

044
JUST LIKE THAT ****
de Kislay
une spectatrice amie m'a dit "C'est comme la vieille dame indigne..." un joli portrait de veuve et de la façon dont elle s'en sort, insérée dans un histoire de famille où chacun a son problème spécifique, et que le réalisateur a voulu donc traiter... Touffu (et donc frustrant)

après-midi "Ronit en famille" :

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045
ZION ET SON FRERE ****
de Eran Merav
Ronit a deux fils, qui s'entendent comme chien et chat (j'aime ces ambiances testostéronées de jeunes gens  en débardeur ou torse-poil qui s'insultent et se grimpent dessus pour un oui pour un non) le grand est chiant mais le petit aussi...

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046
MABUL****
de Guy Nattiv
terrain connu : Ronit a deux fils, un qui est mentalement déficient et l'autre qui fait des trafics de devoirs dans les toilettes (et un mari aviateur suspendu pour fumage de pétards)

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047
PRENDRE FEMME****
de Ronit et Shlomi Elkabetz
le premier de la trilogie de Ronit et Schlomi, qu'on avait pas passé mais que j'ai beaucoup aimé : Ronit est marié à Simon (Abakarian) qui est très pieux (et donc très chiant), ils mettront d'ailleurs 10 ans pour divorcer!

(et fin du ficâââ 2020)

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jeudi 20 février 2020

paquetes

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TAEKWONDO
de Marco Berger

J'ai fini par commander ce dvd (en me demandant pourquoi je ne l'avais pas fait plus tôt, je craignais même, allez savoir pourquoi, de l'avoir effectivement acheté et de l'avoir revendu parce que ça ne m'avait pas plu... mais non, je m'étais fait un film...) pour pouvoir le voir, avant qu'on ne prenne éventuellement le nouveau (Le Co-locataire en français et El Rubio -le blond- en argentin) pour notre prochaine semaine latino... (du 1er au 7 avril prochain).
Marco Berger et moi, c'est une  histoire qui dure, depuis le délicieux Plan B, son premier film, en 2010. Avec ses plans qui m'avaient fort... ému de jeunes gens endormis en slip côte à côte (en tout bien tout honneur, bien sûr) mais filmés de façon à ce que l'objet du délit (de mon émotion, je voulais dire) se retrouve toujours au premier plan, présenté comme un vrai fruit de la passion... Passons. Mes lecteurs gays quiont eu l'accasion de dormir ainsi, en slip (et en tout bien tout honneur) avec un pote hétéro comprendront mon émoi...
Marco Berger, c'est toujours plus ou moins ça : deux (jeunes) hommes, qui font copain-copain, (en tout bien tout honneur), et qui n'hésitent pas à traînasser en slip dans des postures indolentes, si bien qu'à la fin les pré-supposés hétéros ne le sont plus autant que ça... Avec ce côté  des Argentins à la fois très viril et en même temps hétéro flexibl e (tout pourrait arriver, et en général, juste, ça arrive. Et ça finit généralement avec, oui, un baiser... Et j'adore ça.
Il y a eu ensuite Absent, (2011) puis Hawaï, (2014, mais sorti direct en dvd) qui reprenaient la même thématique, jeunes gens, postures indolentes, regards, frôlements, sous-vêtements (en tout bien tout honneur) pour, je l'avoue, mon plus grand plaisir (coupable, bien sûr). Marco berger aime les hommes, en tout cas il aime filmer leurs corps, et il nous le montre. L'attraction et la circulation du désir.
Et voici donc ce Taekwondo (sorti en dvd en 2017), avec deux garçons, Fer (Fernando) et Ger (German), pratiquant tous deux le même sport (qui donne son titre au film), et le premier a invité le second à l'accompagner en vacances dans la maison -de vacances, donc- qu'il partage avec ses potes... Mmmmh, ok, on devine déjà le tableau, on sait assez vite que l'invité est gay et qu'il se demande si l'autre n'est pas insensible à son charme ou l'a juste invité en tout  bien tout honneur, sauf que les deux garçons se retrouvent au milieu d'un groupe de potes, donc, en vacances eux aussi, avec toute l'indolence et le lâcher-prise qui caractérise les groupes mâles (surtout en vacances) : avec tout ce soleil, la piscine, le jacuzzi, difficile de rester tout le temps habillé, hein ?
Et donc le réalisateur nous fait partager l'intimité de ces jeunes gens...
Le scénario a, lui aussi, une certaine indolence estivale, mais le spectateur sait très bien qu'il n'est pas venu là chercher une intrigue shakespearienne. Des garçons en bande, en short en maillot de bain (ou sans rien du tout) qui traînent, qui plaisantent, qui s'amusent, (les vacances, quoi...) avec une minusculissime interrogation du spectateur :  ils s'eLe scénario a, lui aussi, une certaine indolence estivale, mais le spectateur sait très bien qu'il n'est pas venu là chercher une intrigue shakespearienne. Des garçons en bande, en short en maillot de bain (ou sans rien du tout) qui traînent, qui plaisantent, qui s'amusent, (les vacances, quoi...) avec une minusculissime interrogation du spectateur : "Bon, ils s'embrassent quand, hein ?", à laquelle le réalisateur répondra tout à la fin, in extremis, comme s'il s'acquittait d'une formalité.
Mais bon Marco Berger filme toujours aussi bien les hommes, et moi je me suis régalé...

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mercredi 19 février 2020

laver le carrelage

019
ROMA
d'Alfonso Cuaron

(petite larme d'émotion : mon premier film Netflix, hihi). Un beau film en noir et blanc, primé à Venise en 2018, et bardé de médailles et de récompenses, 3 Oscars tout de même!). Un plan d'ouverture impressionnant dans son minimalisme et sa répétitivité (un sol qu'on lave à grande eau, en gros plan, le reflet sur ce sol mouillé d'une fenêtre, et dans le rectangle blanc, un avion qui passe... Tout pour me plaire.
Le film entier sera à l'image de ce premier plan-séquence : virtuose, brillant, impeccable, irréprochable. Cuaron nous raconte l'histoire d'une famille bourgeoise à Mexico dans les années 70, famille au service de laquelle travaille la jeune fille qu'on va découvrir, à la fin du générique, en train de laver le sol... Elle s'appelle Cleo, et c'est un peu son histoire qu'on va suivre, parallèlement à celle de la famille qui l'emploie. Cuaron ne cache pas que le film est autobiographique et que sa matière provient des propres souvenirs du réalisateur.
J'ai été en même temps, comment dire, subjugué et un peu déçu.
Le film est long (2h15) et j'ai fractionné son visionnement parce que je le regardais toujours le soir, et comme chaque fois que je m'assoie sur le canap' devant la télé, eh bien irrémédiablement je m'endors, et donc, à chaque fois (j'ai du le regarder en quatre ou cinq fois) je m'endormais devant (une des premières fois, je me suis réveillé en sursaut -sixième sens ?- devant une scène splendide de QV -une démonstration d'arts martiaux en chambre, si je me souviens bien...).
Oui, le film est absolument magnifique, et pourtant je m'y suis un peu ennuyé.
Comme s'il avait quelque chose de désespérément parfait.

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