films et bouquins
samedi 21 juillet 2018

forêt noire

084
THE CAKEMAKER
de Ofir Raul Graizer

Ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion de voir un film germano-israélien (ou israélo-allemand, question de point de vue).Une histoire entre Berlin et Jérusalem, une histoire d'amour entre deux hommes : Thomas, un pâtissier berlinois (tout en rondeur et en blondeur) qu'on étiquette gay, et Oren, un homme d'affaires israélien, marié, en visite à Berlin pour affaires tous les mois ou presque, et bi donc. L'ouverture  du film nous présente le début de la relation entre les deux hommes, de façon assez rapide et pudique (ah ce fondu au noir au moment de leur premier baiser...), comme si ce n'était pas le plus important de ce que le réalisateur voulait raconter, jusqu'à l'annonce, tout aussi rapide, de la disparition d'Oren dans un accident de voiture, à Jérusalem (après qu'il ait oublié, chez Thomas, qui tentera en vain de le rappeler, ses clés et les biscuits à la cannelle habituels pour sa femme...).
La suite ("un an plus tard") nous présente Thomas, à Jérusalem. Après une surveillance assidue et des manoeuvres d'approche, il réussit à entrer en contact avec Anat, la veuve d'Oren, qui tient un café, et va réussir à s'y faire embaucher comme employé. Anat est joué par la touchante Sarah Adler, vue récemment dans Foxtrot, et dont le beau visage triste convient parfaitement au rôle. et là commence véritablement la partie de l'histoire qui intéresse surtout le réalisateur. Comment va évoluer la relation entre ces deux personnages, basée sur tellement de non-dits, d'incertitudes, et de mensonges par omission.
Thomas trouve sa place dans le café d'Anat, ils deviennent de plus en plus proches, en dépit des obstacles. En premier lieu le fait que thomas est non-juif et, étant employé par Sarah, risque de lui faire perdre son certificat kasher. d'autant plus qu'un ami de la famille joue les tontons intégristes et s'occupe du fils d'Oren et, de plus en plus, des affaires de Sarah.
Il sera beaucoup question de cuisine, (pas mal de gâteaux, bien sûr, mais aussi, notamment, une leçon de cuisine sur les poivrons farcis, donnée à Thomas par la mère d'Oren, dont on réalisera que, fine mouche, elle a peut-être mieux compris la situation que les autres...), mais d'amour aussi il sera question, et de sentiments. De Thomas et d'Oren, d'abord, puis de Thomas et de Sarah, sans oublier, triangle oblige, ceux de Sarah et Oren. l'amour, les preuves d'amour, les promesses, les mensonges, les regrets... ("et les regrets aussi..." comme dit la chanson).
Un film élégant, appétissant, qu'on prend plaisir à déguster (comme les gâteaux que fait Thomas, même s'ils ne sont pas kasher) à la petite cuillère, le chocolaté des sentiments, le crémeux du plaisir, le sucré de la romance, une composition gourmande plutôt bien équilibrée qui n'a eu qu'un seul tort, être proposée immédiatement après le superbe Trois visages de Jafar Panahi, qui venait de m'enchanter, et d'avoir, donc, hélas, un tout petit peu souffert de la comparaison.
Hautement recommandable toutefois, je le répète.

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jeudi 19 juillet 2018

saltimbanque

083
TROIS VISAGES
de Jafar Panahi

Quel bonheur! Quel grand bonheur que ce cinéma-là. Jafar Panahi on l'a aimé soutenu et programmé dans le bôô cinéma (et même dans le vieux d'avant) depuis le tout début, et on l'a encore plus aimé soutenu et programmé depuis qu'il a été interdit quitter son pays, et de tourner pour vingt ans par les autorités de son pays, en 2010 et n'a plus été hélas chez nous qu'un siège vide à son nom dans les différents festivals où chacun de ses nouveaux films, parvenus de mystérieuse façon, était projeté et applaudi. Et récompensé.
Il y a eu Ceci n'est pas un film, en 2011, puis Taxi Téhéran, en 2015. Et avec ce film-ci, Jafar Panahi boucle symboliquement la boucle, puisque le film évoque irrésistiblement (et jouissivement) Abbas Kiarostami, qui était l'auteur du scénario du Ballon blanc, le premier long-métrage, justement, de Jafar Panahi. Kiarostami qui est aussi un immense réalisateur iranien. A l'univers très spécifique (le réel et le cinéma, le documentaire et la fiction, le goût de l'errance, l'importance de la nature et des extérieurs, le dialogue avec les gens) auquel, justement ce film-ci ne peut pas ne pas faire penser. Et c'est un grand ravissement.
Panahi reste fidèle à son éthique et à sa ligne cinématographique. Il fait, indiscutablement, du Panahi, mais pourtant se dépasse (autant qu'il se déplace) en quittant Téhéran pour le nord-ouest de l'iran, la région des azéris (ethnie dont il fait partie) qui ont la particular_ité de parler iranien et turc aussi.
Comme dans Taxi Téhéran, Jafar Panahi fait le chauffeur, cette fois pour une unique passagère : Behnaz Jafari, une actrice célèbre en Iran (qui joue ici son propre rôle), qui a fait appel à lui après avoir reçu un mms où une jeune fille l'appelle au secours et met fin à ses jours, semble-t-il, en se pendant dans une grotte, décision motivée par le fait que ses parents ne veulent pas l'autoriser à faire des études au Conservatoire de Téhéran. Vidéo authentique, ou mystification ? pour en avoir le coeur net, les voilà partis tous les deux, direction ? (je n'ai pas réussi à retrouver le nom du village, mais c'est vraiment le trou du cul du monde du Turmenistan iranien.
Je ne vais pas vous raconter le film, mais j'ai trouvé ça absolument magnifique. Que ce soit l'histoire qui est racontée ou la façon dont elle est racontée (et la multiplicité des niveaux de lecture qu'elle propose) ce film est d'une beauté et d'une intelligence folles, et l'ami Kiarostami n'a pu que s'en retrourner dans sa tombe de bonheur.
Le fait que chaque personnage porte son vrai nom est déjà intéressant. Car le personnage qu'on voit dans le film et qui porte le nom de l'acteur qui l'interprète n'est pas tout à fait le vrai personnage de la vraie vie qui porte le même nom (plusieurs fois ces derniers temps que je tiens ce genre de propos : Une année polaire, The Rider...) et c'est comme si le "vrai" personnage (celui de la réalité) laissait à son double de cinéma la possibilité de respirer un peu et de vivre sa vie de personnage du film.
Les trois visages du titres représentent, bien sur, les trois personnages d'actrices de l'histoire : celle d'aujourd'hui, la star qui accompagne Panahi, celle de demain (la jeune fille qui a envoyé la vidéo et sait déjà se mettre en scène) et la troisième, peut-être la plus magnifique parce que la plus absente, c'est l'actrice du passé, qui s'est retirée à la campagne, celle qu'on ne verra qu'en ombre chinoise, ou de dos, de loin, dans un pré, en train de peindre... Trois images de femmes, trois facettes d'une même condition féminine, pas si facilement vivable aujourd'hui en Iran (Comme l'a résumé Catherine, "Ils traitent mieux leurs génisses que leurs femmes...").
Le fil conducteur de la recherche de la jeune Marziyeh est le fil blanc qui surpique le récit, et va permettre à Jafar P et à "Madame Jafari" de rencontrer beaucoup de gens de cette communauté azérie, de parler beaucoup, et de croiser beaucoup de petites histoires magnifiquement iraniennes et de personnages incroyablement attachants (même le gros frère hurlant de Marziyeh l'est, attachant).
Une route étroite où on doit communiquer avec celui qui arrive éventuellement de l'autre côté de la colline par un code complexe de coups de klaxons (et tiens, j'ai trouvé incroyablement beau le papy qui gère, justement, le code klaxonnesque), un taureau reproducteur blessé gisant en travers de la route, un prépuce pieusement conservé dans le sel avant d'être confié à qui de droit, trois papys locaux (qui m'ont fait penser aux joyeux fantômes de Milagro) qui souhaitent aider Jafar Panahi décidé à passer la nuit dans sa voiture, une petite maison où on n'entrera jamais "parce qu'il n'y a pas assez de place", mais où on verra les ombres de trois femmes qui dansent, oui chaque scène est un bonheur, un grand bonheur de cinéma comme je l'écrivais en ouverture.
Et le film s'offre une dernière scène  qui touche au sublime, parvenant à évoquer deux fois l'ami Kiarostami : la route et la voiture de Le vent nous emportera, et la course finale de Au travers des Oliviers. Avec une sacrée belle note d'espoir, lorsqu'on voit la jeune fille, partie à la poursuite de son aînée qui marche sur la route, enlever son tchador blanc et le laisser tomber.
Oui j'ai été subjugué.
Et chaque article que je lis me fait aimer le film un peu plus chaque fois. Incontestablement le meilleur film de son réalisateur (qui est pourtant déjà doté d'une filmographie à mes yeux inoxydable...) Où comment, l'air de rien, simplement, avec douceur, avec tendresse, il réussit à parler de plein de choses : des actrices, bien sûr, du cinéma, d'une façon beaucoup plus large, de la situation de son pays aujourd'hui, et de sa propre situation, de politique, de religion, de traditions, et de modernité, et d'espoir... un film où ce que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg de ce qu'il raconte... Eblouissant, quoi.
Non seulement Top 10 mais en plus une place tout en haut...

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mercredi 18 juillet 2018

dans la brume

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UNA QUESTIONE PRIVATA
de Paolo et Vittorio Taviani

Quatrième film d'une semaine riche en événements, dernière séance (pendant la demi-finale de la Croupe du Monde, dont je préférais ne rien savoir. Avec les Taviani (désormais ce ne sera plus qu'avec le Taviani) on sait en général plutôt à quoi s'attendre, depuis le temps qu'on les connaît (Allonsanfan, 1974, quand même!) : du beau cinéma rital, politique, militant, historique, avec des beaux mâles mal rasés qui en général se battent, entre eux ou contre d'autres pour la politique, ou pour l'amour, ou pour les deux. Avec dans cette filmographie des pics sublimes (qu'ils soient anciens - La nuit de San Lorenzo- ou bien plus récents -César doit mourir-) mais aussi quelques bien plus rares accidents de parcours (l'académique Good Morning Babilonia, le mièvre Contes Italiens) et je réalise d'ailleurs en parcourant leur filmo sur allocinoche, qu'il y en a même plusieurs que je n'ai pas vus, qu'il fut un temps où je les aimai moins... (Les affinités électives, Le mas des alouettes, Le soleil même la nuit). C'est comme avec un certain nombre de cinéastes découverts dans les années 70 (Wenders en restant l'attristant prototype) : au début nous nous sommes tant aimés, et, plus tard, avec le temps va tout s'en va...
Ce film-ci reste un peu dans l'entre-deux. Ni une cime, ni un abîme, juste un pont entre les deux, et c'est un peu dommage. Milton, Fulvia, Giorgio, un triangle amoureux dans l'Italie de 1943, en pleine guerre civile entre Partisans et Fascistes. Et Fulvia qui a dit à Milton qu'elle aimait bien les lettres qu'il lui écrivait, et Milton a découvert qu'elle préférait Giorgio. Et le temps a passé, et Fulvia est partie, et Milton et Giorgio se battent contre les fachos, et Giorgio est capturé par les affreux salopards, et milton entreprend d'aller chercher un remplaçant (facho) pour l'échanger -vivant- contre son ami Giorgio, et ainsi lui sauver la vie.
Un genre de road-movie, donc, le plus souvent à pied, avec une quantité prodigieuse de brouillard (une part conséquente du budget du film a dû y être investie). Mais bon (c'est vrai que j'ai vu le film il y a maintenant une dizaine de jours, et qu'il s'est comme dilué dans l'espace-temps.
Il m'en reste deux images : une maison d'abord, une grande maison, qui m'a fait penser à celle du Jardin des Finzi-Contini, allez savoir pourquoi, qu'on voit à deux reprises au moins dans le film (trois ou plus si on compte les flashes-back), et celle de Milton, à la fin du film, en train de sauter à pieds joints sur un pont qu'il sait être miné, en lui criant "Saute! saute!" car il voudrait mourir, mais le pont fait sa mauvaise tête et refuse de sauter, justement, et Milton, après une dernière apostrophe, tournera les talons et disparaîtra... dans la brume.
Comme ce jolier film des Taviani, reparti dans les limbes, que je m'engage solennellement à revoir, une autre fois, un autre jour. Promis juré craché.

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(et l'affiche est fadasse, je trouve...)

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c'est pour ça

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AU POSTE!
de Quentin Dupieux

Vu à la séance de 22h30, au bôô cinéma, pour profiter une dernière fois des tarifs de la Fête du Cinoche. On était peu dans la salle, et, c'est vrai, la journée avait été longue et riche, et j'ai un peu dormi.
J'aime bien Dupieux, j'aime bien Poelvoorde, et j'aime bien l'idée de départ du film : un mec est interrogé par un flic, tout au long d'une longue nuit... Un peu, donc, comme dans l'inoxydable Garde à vue, de Claude Miller, avec Lino Ventura, Michel Serrault et Guy Marchand (et Romy Schneider! poelvoorde serait Lino, Ludig serait Serrault, et Marc Fraize Guy Marchand. Et Demoustier remplacerait Romy). mais bon un Garde à vue sous acide et/ou psychotropes divers.
Sauf que l'affiche, quand on la voit, provoque une drôle de sensation de déjà-vu, comme si on la connaissait déjà, comme si on l'avait toujours vue, qu'elle faisait partie de notre inconscient collectif... Et j'ai fini par retrouver : Benoît Poelvoorde prend la place (et la pose) de Bebel sur  l'affiche de Peur sur la ville, d'Henri Verneuil. Sauf que l'ambiance du commissariat de Dupieu est singulièrement planplan, on pourrait dire 90% de mots pour 10% de gestes. Un homme qui a appelé la police pour prévenir qu'il avait trouvé un cadavre en bas de son immeuble est auditionné en garde à vue par un flic plutôt bonne pâte, même si plutôt procédurier et tatillon. Qui lui fait re-raconter les faits qui l'ont fait appeler les secours, et leur enchaînement, et les causes de, etc.  Ca cause ça cause, et pour le reste, c'est un peu bof il me semble (pour ce que j'en ai vu)

(un blanc)

Allez, on s'y remet. J'y suis retourné mardi avec Marie, (et le ticket ciné orangemuche). Et là bonheur  je n'ai pas dormi. Et j'ai révisé mon jugement, parce je me suis aperçu qu'il m'en manquait quand même un sacré bout (tous les flashes-back ou presque, en fait) pour pouvoir me faire une opinion équitable. C'est incontestablement du Dupieux, et pas forcément si édulcoré que j'avais pu le penser de la première vision.  Un presque huis-clos (le bureau de Poelvoorde et ses environs immédiats) entre un flic et un témoin (un suspect ?) Un qui pose les questions et l'autre qui répond. Un qui raconte et l'autre qui tape la déposition à la machine à écrire. Et commente. Comme si on était revenu une quarantaine d'années en arrière.
Et voilà que la narration commence à se tortiller furieusement et à interférer avec elle-même. voilà que les gens du niveau 1 (le bureau) interviennent dans le niveau 2 (les flash-backs) et on que le spectateur s'emmêle de plus en plus en plus les pinceaux (qui est qui, et quand et où), jusqu'au twist presque final qui a agacé Hervé mais que j'ai trouvé assez drôle. j'aime beaucoup ces réalités-gigogne qui s'emboîtent comme dans le précédent  Réalité du même Quentin Dupieux.
Et les comédiens sont excellents : le couple-vedette, d'abord : Poelvoorde impeccable dans un registre qu'on pourrait qualifier de sous-régime  quand on connaît l'animal, mais qui est juste parfait dans le ronrornnement fliquesque, avec un Grégoire Ludig tout tout aussi bien (avec une moustache très 70 aussi...). C'est Ping et Pong se renvoient la balle au commissariat, et on adore ça... D'autant plus que les comparses sont plaisants : Philippe Duquesne avec son attelle, Anaïs Demoustier avec sa perruque rousse, Marc Fraize et son équerre dans l'oeil, et même Orelsan, avec sa gameboy préhistorique...)
Un Dupieux plaisant, à défaut d'être son meilleur, et qui a l'avantage d'être court.

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le neuf...

peur_sur_la_ville

et le vieux...
(y a quand même un air de famille, non ?

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mardi 17 juillet 2018

femme des montagnes

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WOMAN AT WAR
de Benedikt Erlingsson

Waouh! Encore un film venu d'Islande qui vous fait passer un grand coup de vent dans la tête. Quel bonheur! encore grand merci à Dominique, qui nous a emmenés le voir, alors que je n'étais pas forcément très chaud au départ. Une excellentissime surprise, donc, mais c'est vrai que les films islandais nous font le coup à chaque fois.
L'histoire d'une femme en guerre contre l'industrie de l'aluminium (qui vient saccager son pays), et qui emploie donc les grands moyens pour se battre...Une femme épatante, Halla, qui, par ailleurs, dirige une joyeuse chorale, se déplace en vélo, salue les passants avec le sourire, et est dotée d'une soeur, professeur de yoga, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, (normal, elles sont jumelles...)
Halla cache bien son jeu, elle est aussi douce et avenante dans la vie de tous les jours qu'elle est efficace, déterminée, et organisée lorsqu'elle part faire sauter les pylones ou dézinguer les lignes à haute tension, un genre d'iron Woman, à mi-chemin entre Rambette et Robine des bois, bref une terroriste aussi déterminée que suréquipée, qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Non seulement commettre des attentats, mais, surtout, après, réussir à échapper à ses poursuivants.
C'est bien le premier atout du film, ce personnage de femme magnifique, interprété par la toute aussi magnifique Halldora Geirhardsdottir (vue il n'y a pas si longtemps dans l'impressionnant -et islandaisissime- Des chevaux et des hommes, que nous passâmes dans le bôô cinéma -et dont Marie vient d'ailleurs de m'apprendre qu'il est du même réalisateur-...)
Ensuite, ce qui m'a infiniment séduit dans le film, hormis les paysages sublimes à tomber (normal, on est en Islande...) c'est la musique, ou plutôt les musiciens : un trio (piano, batterie, vents et percussions diverses) qui répond complètement à l'appellation de "musique vivante", puisqu'ils apparaissent régulièrement à l'écran pour produire la musique qu'on entend à ce moment-là dans le plan, à la façon du choeur dans les pièces antiques (ils commentent l'action sans jamais vraiment y intervenir) et c'est grandiosement plaisant (l'Islande, évidemment...)
Tout ça au service d'un discours écologique militant (et justifié) qu'on ne peut qu'applaudir et défendre (j'ai des copines, comme ça, passionnées, et ardentes défenseuses de la cause, que je soupçonnerais d'être tout à fait capables de passer à l'action de la sorte...) Halla fonctionne pourtant toute seule et abat le boulot d'un commando aguerri. Avec le matériel adapté. Et il lui faut faire preuve d'autant d'efficacité dans le job que d'ingéniosité pour échapper aux nouveaux moyens de détection sophistiqués (ah les drones...) que "les autres" emploient pour la repérer et l'identifier (et l'arrêter, bien sûr).
Mais Halla n'est pas seulement une militante aguerrie, c'est aussi une femme au coeur tendre, et voilà qu'elle apprend qu'elle va bientôt pouvoir adopter une fillette, en Ukraine, qui "attend une nouvelle maman"... Émotion, enthousiasme, puis frustration lorsqu'elle réalise qu'elle ne pourra pas prendre l'avion le jour prévu, à cause du tour nouveau qu'a pris l'enquête.
Plus l'étau se resserre, et plus Halla résiste, avec l'énergie du désespoir... Heureusement, elle dispose de quelques appuis, au travers de personnages heureusement (et savoureusement) prêts à l'aider.
Le film, paradoxalement, se rapprocherait du conte "traditionnel", mais avec pourtant technologie de pointe embarquée, et ce grand écart, ironique d'une certaine façon, est absolument jubilatoire. ("Islande, entre tradition et modernité", sauf que c'est beaucoup plus drôle...)
Oui, électrisant, comme l'a écrit la pub (islandais, quoi...)

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jeudi 12 juillet 2018

quarante pompes

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VOLONTAIRE
d'Hélène Fillières

Profité de la Fête du C. pour l'aller voir. Les films sur l'armée, les bidasseries, les bourrineries, ça n'est pas d'habitude trop ma tasse de thé (même si c'est une bonne raison d'y voir, en général une collectivité testostéronée s'y ébattre, je dois le reconnaître). Et voilà qu'on découvre, dès l'affiche, que "le" (qu'on supposait) Volontaire du titre en est une, en réalité. On découvre son beau visage ses cheveux blonds et ses yeux clairs, dans une image qu'on croirait tirée d'une pub  " engagez-vous, l'armée à besoin de vous" belle comme tout, idéalisée, sur papier glacé. Puis on découvre, de la même manière, que le réalisateur en est une, qu'on connaît depuis belle lurette tant on l'adora comme actrice (le passé simple étant de rigueur puisque ça fait un certain temps qu'on n'a pas eu le plaisir de la voir, justement, en tant que telle).
Hélène Fillières cultivait une singularité en tant qu'actrice, qu'elle a conservé en changeant de casquette : non seulement elle réalise, mais elle joue aussi le rôle du commandant adjoint (féminise-t-on les titres à l'armée ?) de la base où notre jeune recrue de l'affiche a été affectée (dans la marine, on dit "marin", on ne dit pas "soldat") après s'être engagée un peu sur un coup de tête, pour "voir ce que c'était", au grand dam de ses parents (maman Balasko, actrice de théâtre, et papa Marcon, metteur en scène, perfect tous les deux) puis de son copain Philippe (Jonathan Couzinié, adoré en son temps dans un court à Clermont, que j'ai eu du mal à reconnaître je l'avoue).
ON va suivre le parcours de cette jeune Laure (Diane Rouxel, parfaite) sous les ordres du strict Commandant Rivière (Lambert Wilson, qu'on a beaucoup de plaisir à revoir ici) arc-boutée dans sa volonté d'intégrer une unité d'élite après la participation à un stage-commando dont son supérieur, justement lui refuse l'accès car pour lui c'est "réservé aux hommes".
Laure a sympathisé avec un jeune aspirant (Corentin Fila, découvert chez Téchiné et retrouvé chez Civeyrac) qui souhaite intégrer le même corps d'élite.
Bon, c'est vrai, il y a beaucoup de militairerie dans ce parcours (hiérarchie, ordres, tenues règlementaires, garde-à-vous, brimades et une-deux une-deux (j'ai mis un peu de temps à reconnaître Alex Descas dans le bourrin entraîneur, tellement juste et crédible qu'on croirait qu'il n'a fait que ça toute sa vie...), mais ce que j'ai adoré, c'est que, sous tous ces uniformes, battent des petits coeurs, et la réalisatrice est assez forte pour, justement, retranscrire les frémissements (l'affleurement) des sentiments(et leur multiplicité)  dans le conditionnement strict du kaki.
Ce n'est pas La ronde ni Le plaisir, mais presque, quasiment, tant le catalogue raisonné des affects en milieu militaire est soigneusement et affectueusement feuilleté par Hélène Fillières. Une très belle surprise, dont il faut souligner l'homogénéité et la puissance du casting, qu'on peut qualifier d'inoxydable (ce qui en ce moment, pour moi, signifie le top du top...)

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mardi 10 juillet 2018

jus de raisin (des français)

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RETOUR A BOLLENE
de Saïd Hamich

J'ai attendu la Teuf du Ciné pour aller voir ce film de notre programmation (un euro de moins, hein, c'est toujours ça...) et je l'ai donc vu dans une salle inhabituellement remplie (mais ça, ça faisait plutôt plaisir).
Un film ramassé (1h15), sec, tendu, autour d'un fils, prénommé Nassim, ayant quitté sa famille pour aller travailler à Abu Dhabi, et décidant soudain de revenir les voir, (pour leur présenter sa fiancée ?), en France, à Bollène plus précisément, où il a passé son enfance, et où sont restés tous les siens.
Il revient sur des lieux qu'il a quittés (qu'il a fuis) depuis longtemps, et va devoir se confronter à son passé. Il passe voir son frère, ses soeurs, sa mère, mais refuse obstinément de rencontrer son père, avec lequel on comprend qu'il est fâché depuis un certain longtemps, sans espoir de rémission (de pardon). Nassim voit beaucoup de monde, donc, échange sur la religion, le respect du Coran, le chômage, les petits boulots, les petits trafics, la fumette, le rap, l'extrême-droite et les fascistes, les gâteaux faits maison de sa mère... C'est passionnant, jamais théorique ou systématique.
On observe, en même temps que Nassim, la situation catastrophique (pathétique) de la ville et de ses habitants.
Nassim est joué par Anas El Baz, un acteur imposant, impressionnant, à double visage pourrait-on dire, puisque le réalisateur nous le présente d'abord sous bon profil droit (son "bon" profil) avant qu'un plan suivant ne nous face découvrir son profil gauche, et de découvrir qu'il a quelque chose (peut-être un accident, qui a laissé des traces) au niveau de l'oeil et de l'arcade sourcilière, et nous le rend, du coup, encore bien plus attachant.
Le film aborde les problèmes, comme nassim, assez frontalement et poursuit vers sa destination (enfin, celle que le spectateur envisage), qu'il atteindra dans une scène qu'on aurait pu craindre climaxique (celle de la rencontre avec le père) mais qui reste, curieusement, assez dépassionnée, traitée à juste distance, au mileu d'une serre, un couteau à la main, mais juste pour cueillir des salades. Un genre de Du passé faisons table rase de notre héros. une rencontre qui ne changera finalement pas grand chose pour Nassim (ni pour son père d'ailleurs).
Et on se quittera sur cette scène magnifique (oui, qui justifie à elle-seule de voir le film) où Nassim, seul dans sa bagnole, enregistre un message téléphonique pour sa copine, qui est repartie, message où il se "déboutonne" et se laisse aller. puis l'efface et en enregistre un autre, moins touchant. Qu'il efface à son tour pour en enregistrer un troisième bien plus neutre, où il a reboutonné sa cuirasse.
Très fort.
Top 10, sans doute.

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dimanche 8 juillet 2018

cascade

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SENSES
de Ryûsuke Hamaguchi

Bon, résumons : à l'origine, un film de plus de cinq heures. Projeté à Locarno, où les quatre actrices principales ont été collectivement récompensées pour leur(s) interprétation(s). Idée marketing : le saucissonner pour une exploitation en salles plus facile (et plus rentable : trois entrées au lieu d'une seule!). Le film étant lui-même subdivisé en cinq parties (correspondant à chacun des cinq sens, d'où le titre), il sera donc exploité en trois films, de taille décroissante (2h20, 1h30, et 1h15), et présenté, marketing toujours, comme "la première série cinéma" Et hop! Chacune des trois parties étant programmée, sur trois semaines consécutivement, début mai (oui, il faut le temps que ça parvienne jusqu'au bôô cinéma, je sais bien).
J'ai trouvé plus facile (et plus conforme, ou judicieux) de les chroniquer toutes les trois ensemble, puisqu'il ne s'agit, finalement, que d'un seul film.
Quatre parcours, quatre histoires individuelles, celles de Jun, Akari, Funi et Sakurako, qu'on suivra, ensemble ou séparément,  assez longuement dans le premier film (2h20), avant que l'une d'entre elles ne disparaisse, in extremis, justement à la fin de cet opus, comme elle l'avait annoncé d'ailleurs à ses copines.
Le film s'appelait à l'origine Brides (Epouses) en référence au Husbands de John Cassavettes, dont il pourrait être, dixit le réalisateur un genre de version féminine. mais le film est surtout né lors d'ateliers d'improvisation auxquels participaient les quatre actrices (dont c'est d'ailleurs, pour chacune, si j'ai bien compris, le premier rôle au cinéma.)

Je viens de voir le troisième (et dernier) film, et j'en suis enchanté. impeccable. Comme dans les deux autres le réalisateur procède par plans-séquences, personnages assis, immobiles, caméra statique aussi, sauf exception (notamment une très impressionnante scène de boîte de nuit et de danse de plus en plus frénétique, dont on se demande à un moment comment, rire ou larmes,  elle va bien pouvoir se terminer...). dans cette dernière partie (un seul "épisode" sensoriel : "Goûter"), 1h15, les fils narratifs sont censés se dénouer, sauf qu'à la faim on restera sur notre faim : Jun a disparu, mais on n'en saura pas beaucoup plus sur ce qu'elle devient, est devenue, deviendra... on aurait bien aimé, en spectateur occidental habitué au confort narratif, la revoir juste un peu, histoire de lui dire au revoir... J'ai énormément aimé cette dernière partie, où on est, en tant que spectateur, un peu secoué : une qu'on pensait morte mais qui ne l'est pas, une qui ment à son mari en lui racontant qu'elle a rencontré un homme, une qui croit que son mari va réchapper de son accident alors que pas vraiment, un autre mari qui tombe mais qui ne se fait pas trop mal, mais qui plus tard va s'acroupir dans la rue pour pleurer... Chacun des personnages, et donc chacun des couples (sauf l'infirmière qui est un couple à elle tout seule) nous (re)présente une situation affective (sentimentale) précise (avec les problèmes générés, y compris souvent au niveau de la communication...) et l'éventail proposé est assez complet (et joliment déployé, de surcroît) pour qu'on suive l'évolution de leur(s) histoire(s), et qu'on ait envie à chaque fois de savoir la suite.

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samedi 7 juillet 2018

y a une pie dans l'poirier...

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BECASSINE!
de Bruno Podalydès

Film "A" de la semaine de notre programmation (ils en ont de la chance, les films A : 31 séances hebdo pour celui-ci, et, en plus, en sortie nationale, ceci expliquant cela..). Les films de Bruno Podalydès, on les a tous vus, et quasiment tous programmés (si ce n'est pas dans le bôô, c'était dans le vieueueux cinéma) depuis Versailles Rive Gauche (1992, tout de même), ce qui représente une dizaine de longs-métrages nous ayant apporté chacun leur dose de bonheur cinématographique.
Les films de Bruno Podalydès, c'est d'abord un système (Bruno derrière et souvent devant la caméra, et Denis, le frérot souvent devant et de temps en temps, en plus, à coté  au scénar) bien rôdé, avec une tribu de comédien(ne)s qu'on a toujours grand plaisir à retrouver, (un peu comme la bande à Guédiguian), chacun(e) avec, d'une film à l'autre,  des casquettes différentes : Michel Vuillermoz, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Philippe Uchan, et, en guise de cerise sur le Podalydès cake, pour chaque opus, une invitée de marque : (Agnès Jaoui, Valérie Lemercier, Jeanne Balibar, Sandrine Kiberlain...), ici c'est la toujours bien Karin Viard qui s'y colle.
Je n'ai pas souvenir d'avoir "vraiment" lu Bécassine, pourtant je connaissais au moins Clocher-les-Bécasses (le village) et Loulotte (la fillette). pour le reste je pensais juste que Bécassine était le prototype de la nunuche, de la cruche, alors que pas vraiment (enfin, pas tout à fait exactement).
Le film démarre de plain-pied avec Bécassine enfant, plusieurs scènes s'enchaînent, avec des gags qui tombent -un peu- à plat (rétrospectivement après on se dit, c'est normal, la BD n'a que deux dimensions) et à maintes reprises j'ai été tout seul dans la salle à en rire (bon, on était six) mais par exemple les parents de Bécassine avec la tête dans le potage à la fin du repas, j'ai adoré ça... Oui, avec en plus un genre de faux-rythme moumou qui fait se tortiller sur son siège un peu le spectateur moyen (il m'a d'ailleurs semblé voir s'allumer un portable...) qui ne sait pas trop sur quel pied danser.
Puis, après ces coups de manivelle filmiques, la mécanique pétarade et démarre, et on est ravis soudain d'être ainsi transportés, et d'ailleurs on l'est de plus en plus au fil du voyage. Et c'est rudement bien. Bruno Podalydès a su trouver le ton ad hoc, et c'est très plaisant, on a un film qui épouse merveilleusement les contraintes de la bande dessinée. A la simplicité "obligatoire" des cases de la BD il a su adapter une façon de filmer parfaitement adaptée.
Les personnages ont des noms rigolos, jeux de mots, et les acteurs qui les incarnent sont traités façon délicieusement "ligne claire", et agissent en sorte, et  plus le film progresse, oui, plus on est séduits... On s'étonne, on sourit, on est ému, on tremble, on espère, on s'indigne, comme les gamins au spectacle de marionnettes : on joue le jeu, et on y prend plaisir, et c'est très bien comme ça...

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mardi 3 juillet 2018

les graines, ça prend du temps...

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CORNELIUS LE MEUNIER HURLANT
de Yann Le Quellec

Séance privée à 18h dans la salle 2.
Ca commence par une chanson, un duo (en français!) entre Iggy Pop et Anaïs Demoustier! Après un joli ballet de crabes ensablés, on assiste au désensablement, justement, de Cornélius, le fameux meunier du titre, (dont on suppose qu'il vient de réchapper d'un naufrage), et qui se met illico en route, marchant obstinément en suivant les indications de l'anémomètre qu'il trimballe...
Cornélius est interprété par Bonaventure Gacon, qui "vient du cirque" (il a créé un personnage mi clown-mi ogre), et est doté d'un physique... remarquable (on a l'occasion de le voir d'abord -de loin- se doucher sous une cascade, et c'est vrai qu'il a un corps magnifique, muscles et cambrure, qu'on a l'occasion de revoir -brièvement- d'un peu plus près, lors d'une autre scène de douche, où il nous révèle une quéquette visible aussi plaisante que vigoureuse...).
Cornélius, donc, finit par arriver "au bout du monde" et décide de s'y installer pour construire un moulin, et, donc, devenir le meunier du village en contrebas. village dont on découvre le maire, Cardamome,  (Gustave Kervern), pas hostile à la proposition de Cornélius,  et sa fille, Carmen (Anaïs Demoustier), pas insensible aux charmes du même. Cornélius, muni de son titre de propriété, va donc construire son moulin, et tout irait bien dans le meilleur des contes possibles s'il n'y avait un petit hic : chaque nuit, il est pris d'une sorte de folie furieuse qui le pousse à hurler le plus vigoureusement du monde, empêchant les braves villageois de dormir, et générant donc une hostilité croissante de la populace à son égard...
Pour être atypique, le film l'est. Mélangeant allègrement le conte de Grimm, le western, la chronique paysanne, la bluette sentimentale, la comédie terrifiante. Un genre de bric-à-brac instable (au sens chimique du terme), à la fois bordélique, émouvant, maladroit, efficace, lourdaud. Des fois ça feu d'artifice, et des fois ça pschiiiitte comme un pétard mouillé. En même temps réussi et raté, alternant le "très" et l'à-peu-près", aussi fort visuellement qu'il peut être faiblard, parfois, au niveau des dialogues (mais bon, si on est dans un conte ou un western, c'est normal que le dialogues soient nunuchons).
C'est hétéroclite, c'est un joyeux foutoir, ça ne ressemble pas à grand-chose de connu, mais, c'est incontestable, on y retrouve le joyeux grain de folie de la fable originelle d'Arto Pasaalina, dont le film est l'adaptation. A-t-on déjà qualifié un film d'hirsute ? En tout cas ça pourrait tout à fait convenir à celui-là.
Et un film avec une si jolie (et vigoureuse) QV mérite absolument d'être (vigoureusement, donc) défendu!

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