films et bouquins
vendredi 19 avril 2019

blanche-fesse et les sept mains

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BLANCHE COMME NEIGE
d'Anne Fontaine

Le titre de ce post a existé "pour de vrai", (Il s'agit d'un porno des années 80) si si, je ne vous raconte pas d'histoires... Anne Fontaine, elle, si, par contre, et c'est tant mieux. Et entre elle et nous, c'est (aussi) une longue histoire (depuis le belfortain et toxique Nettoyage à sec, en 1997). On a programmé presque tous ses films me semble-t-il, chacun d'eux le plus souvent nimbé d'une certaine singularité. Drame, comédie, polar, chronique, cette dame-là a tâté de presque tout, en l'accomodant à sa façon. Et voilà qu'elle nous revient avec un conte...
Blanche-Neige, donc, ou presque : l'héroïne c'est Claire (jouée par la jeune et jolie  Lou de Laâge, vue il y a quelques temps dans Les innocentes, de la même réalisatrice), la méchante reine c'est Maud (Isabelle Huppert dans ses grandes oeuvres), et, si nains ils ne sont pas, ils sont quand même sept à prendre soin de la jeune fille : Damien Bonnard est Pierre et François, deux jumeaux, qui cohabitent avec Vincent Macaigne un violoncelliste platonique, dont le chien est soigné par Jonathan Cohen (Serge le mytho, ça vous dit quelque chose ?) le vétérinaire, Richard Fréchette joue un prêtre québecois, Benoît Poelvoorde un libraire avide de correction, et Pablo Pauly (découvert dans Patients) un champion de sports de combat timide, fils du précédent (sans oublier Charles Berling, entraperçu au début, qui est, un peu le détonateur de tout cette histoire...), quelle distribution, non ? De quoi, vraiment, en faire toute une histoire, ce dont ne se prive pas la réalisatrice.
Anne Fontaine joue avec le mythe et malicieusement nous sème, ça et là des clins d'oeil et références à l'histoire originale (un miroir, des nains, une pomme rouge, du poison, une gisante que vont réveiller des baisers...) et nous livre une histoire décalée autour d'une Blanche-Neige bien moins nunuche que dans la version Disney (et beaucoup plus folle de son corps aussi, d'où le titre de ce post) tandis que la marâtre n'a, elle, rien à envier à son modèle (et Huppert est parfaitement idéale pour styliser le rôle).
Une version très plaisante, dont je ne comprend pas pourquoi elle a provoqué l'ire de tant de critiques (Libé, "ce "Blanche comme neige" se retrouve dès les premières minutes englouti dans un tsunami d’inanité et d’incohérence qui, au vrai, ne laisse aucun survivant", comme c'est parisiennement -et gratuitement- méchant...) à tel point qu'on croirait ça tout droit sorti des Cahiaîs qui n'ont eux  même pas daigné écrire une ligne dessus, et, rien que pour ça (hihi j'avais écrit reine que pour ça) le film mérite qu'on le défende... ce film est une fantaisie, une variation, une interprétation, devant lequel ce serait dommage de bouder son plaisir.

 

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Blanche Comme Neige : Photo Benoît Poelvoorde, Charles Berling, Damien Bonnard, Jonathan Cohen, Pablo Pauly

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mercredi 17 avril 2019

sophia

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EMBRASSE MOI IDIOT
de Billy Wilder

Billy Wilder, réalisateur de deux films que j'adore (Certains l'aiment chaud et Stalag 17) et responsable, un dimanche soir, d'un de mes premiers questionnements métaphysico-cinématographiques : Mais comment un monsieur qui est mort et qui flotte dans une piscine peut-il raconter une histoire ? (Sunset Bvd), à l'honneur dans ce nouveau Play it again Festival, pour un film que je ne connaissais que de nom...
Ni l'affiche ni les acteurs principaux (Dean Martin et Kim Novak) ne me semblaient particulièrement attractifs, mais bon, Billy Wilder, quand même, et Play it again festival aussi, deux bonnes raisons, donc.
Tiens, le film est en noir et blanc! (première surprise) Tiens le format est gigantesque ! (dans une petite salle du bôô cinéma, même en étant au dernier rang, on a le sentiment que c'est presque "trop grand", une question de rapport non respecté, me semble-t-il entre la taille de l'écran et celle de la salle...) Tiens mais où est donc Kim Novak , (elle met un certain temps pour apparaître, à peu près le même que mettait attention spoiler ? Janet Leigh pour disparaître (dans Psychose, bien sûr).
Nous sommes donc à Climax (orgasme, en anglais, traduit par Jouy dans le film), petite ville américaine dans la cambrousse  par laquelle passe Dino, chanteur à succès et homme à femmes (Dean Martin, bien sûr, dans un rôle qui ressemble à celui de sa vraie vie) avec sa grosse et belle décapotable, et s'arrête pour prendre de l'essence dans une petite station-service dont le gérant est aussi auteur de chansons dont le compositeur, Orville, est son ami. Orville est professeur de piano et marié à une femme qu'il couve jalousement (et paranoïaquement). Les deux auteurs-compositeurs échafaudent un plan pour immobiliser Dino (en trafiquant sa décapotable pour provoquer une panne) et lui faire passer la nuit sur place (chez Orville) pour lui faire écouter -et acheter- une de leurs compositions, et devenir riches. Or il s'avère que la femme du pianiste est une fan de Dino et que le mari jaloux devient fou de jalousie à l'idée que quelque chose pourrait survenir entre son épouse et Dino, et les deux compères (le pianiste et le garagiste) décident d'envoyer l'épouse chez ses parents en simulant une discute conjugale (à base de jet de pamplemeousse, tout de même!) et de la remplacer par une fausse épouse, une serveuse / entraïneuse incendiaire qui travaille au Nombril (belly Button), une boîte voisine (La serveuse en question étant la somptueuse (et charnelle) Kim Novak) qui jouera une épouse peu farouche prête à payer de sa personne avec Dino afin de lui faire acheter une ou plusieurs chansons.
La mise en place, comme on peut le voir, est assez complexe, (laborieuse ?), Billy Wilder mettant en place méticuleusement chacun des éléments de cette réaction en chaîne, pour aboutir, finalement, à une situation savoureuse -et explosive!- de doubles quiproquos matrimoniaux (ou non) qui se mettent en place dans le dernier tiers du film.
Billy Wilder a toujours ce sens millimétrique de l'impact des dialogues et des situations, et, effectivement, le film est drôle, même si grinçant, et parfois même cruel. Amoral, en tout cas, et délicieusement.
Et tout le monde sort de la salle en fredonnant Sophia, la chanson que Dino a choisie... Qui aime qui, qui a aimé qui, qui a cru aimer qui... Kiss me stupid!
(et le projectionniste - toujours aussi facétieux- du bôô cinéma a rallumé la salle -clic!- juste avant cette fameuse et ultime réplique, l'a réteinte, - devant les grognements et ronchonnements dans la salle ?-, pour finalement la rallumer à nouveau définitivement quelques instants plus tard... Décidément il y en a qui s'y entendent pour vous gâcher votre plaisir!)

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mardi 16 avril 2019

j'ai envie de royco

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RUE DES CASCADES
de Roger Delbez

Merci Play it again! Chaque année on a le plaisir de découvrir des films du passé, en copies restaurées! Quel bonheur...
Rue des cascades, je n'en avais jamais entendu parler avant il y a quelques mois... Un film réalisé en 1963, sorti fin 64, et qui a coûté sa carrière à son réalisateur, suite à l'échec (cuisant) du film et à sa sortie baclée. Quel dommage! Paris, Belleville, 1963, noir et blanc. Un quartier, un bar-épicerie, des gamins. Tout un petit monde (et la vie de chacun) esquissé, croqué, on ne peut ne pas penser aux photos de Doisneau ou de Kertesz et au réalisme poétique. D'abord grâce à (à cause de) la violente nostalgie ressentie à cette vue en coupe quasiment archéologique d'un monde aujourd'hui disparu, mais ici intact, préservé, 1963 comme si vous y étiez. Les vêtements, les tournures, les produits, les réclames, les expressions, on se régale à chaque instant.
Les gamins, au centre de l'histoire, pètent la santé, une bande de copains autour du jeune Alain, dont la mère -célibataire- fait jaser dans le quartier (c'est elle qui tient l'épicerie-bar) depuis qu'elle s'est acoquinée avec un nègre (c'est comme ça qu'on dit dans le film, comme dans le titre du roman de Robert Sabatier dont le film est l'adaptation, Alain et le nègre). La maman est jouée par une Madeleine Robinson dans la fleur de l'âge, touchante et magnifique. Et Vincent, le bel amant africain, par Serge Nubret (un jeune culturiste souriant, alors débutant, mais qui obtiendrait quelques années plus tard le titre de Mr Univers!). Ça m'a ému de reconnaître, dans la distribution, Benjamin Lefèvre et Christine Simon, qu'à l'époque (dans les années 60) je suivais à la télé dans le feuilleton quotidien Vive la vie! Et de découvrir aussi à leurs côtés Suzanne Gabriello, brunette piquante, que je connaissais comme chanteuse fantaisiste (et participante fréquente au Francophonissime, un jeu télé que j'aimais bien) -dont wikipédioche m'a appris qu'elle avait été la maîtresse de Brel!-. Ce qui en rajoutait encore quelques louchées dans  la nostalgie...
Le film, qui était à sa sortie une adaptation contemporaine du roman (qui lui se passait dans les années 30), est devenu à son tour un témoignage sur le passé, avec un décalage temporel encore plus grand. Et c'est le double effet kiss cool, puisqu'en 1963 j'avais 7 ans, et ce film me parle donc de mon enfance à moi (enfin, ce qu'il (m') en reste), c'est ce qui le rend d'autant plus délicieux. Le film a acquis, en plus de 50 ans, une patine attendrissante, que le noir et blanc rend encore plus forte.
Hervé a été absolument enthousiasmé par le film, je le suis dans cet enthousiasme, avec juste un tout petit peu plus de modération... Tout ça est très frais, touchant, les audaces  -pour l'époque- du sujet, et, aussi de la mise en scène (la scène de la chasse à l'éléphant), compensent les quelques maladresses d'interprétation, (de diction), des jeunes interprètes, mais on peut qualifier l'ensemble d'épatant, pour rester dans l'air du temps (d'alors).
En tout cas, encore une sacrée bonne initiative de Play it again!

"- Tu viens à la piscine ?
– Non, j’peux pas, j’vais au cathé. Et toi, t’y vas ?
– Pfff…Moi, ch’uis z’athée…
– C’est quoi un zaté ?
– C’est quand qu’on est pour la révolution!"

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la "nouvelle affiche", avec son petit côté "L'argent de poche", de Truffaut, rend tout de même plus justice au film que celle qui avait servi lors de la première -et unique- semaine d'exploitation (le film avait été rebaptisé par son distributeur...

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jeudi 11 avril 2019

grâce a dieu (ou la municipalité de bagnolet ?)

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LA LUTTE DES CLASSES
de Michel Leclerc

En premier lieu, Edouard Baer, chapeau! Autant il était crédible en marquis dans le beau (et empoisonné) Mademoiselle de Jonquières, autant ici il sonne juste en vieil anar rebelle batteur d'un groupe punk (Amadeus 77, clin d'oeil au Ludwig von 88) dont le hit était J'encule le pape (qui a failli d'ailleurs être le titre de cette chronique, mais j'ai abdiqué au dernier moment, craignant l'incident diplo' avec le Vatican...).
La lutte des classes du titre n'est pas forcément tout à fait celle à laquelle on aurait pu croire (quoique) puisqu'en fait le dilemne des parents (Edouard Baer, donc, en branleur chômeur au long cours en cuir fatigué, et la toujours mimi Leïla Bekhti, en jeune avocate rebeu au rouge très rouge -j'adore les filles avec du rouge très rouge...-) concerne la scolarisation de leur fils (Coco) chéri : encore à l'école publique (de la république) de Bagnolet alors que tous ses copains sont partis les uns après les autres en établissement privé, et qu'il reste donc, comme l'affirme le directeur aux parents effarés, le dernier petit "blanc" de sa classe.
Un film où j'ai beaucoup ri au début (il y a des situations et des dialogues qui font mouche) puis un peu moins au fur et à mesure que les choses se déglinguent au niveau du couple, de leur fils, des amis de leur fils, des parents des amis de leur fils, surtout que chaque initiative de l'un ou l'autre des deux parents se solde plus ou moins immanquablement par une catatastrophe plus ou moins gênante. Suivie non moins immanquablement par une autre du même acabit ou encore pire, dans l'espoir de redresser la barre, mais qui fait encore plus tanguer le bateau.
Le film est plutôt agréable mais aussi (un peu) inégal (je l'ai trouvé parfois même ambigu), à louvoyer ainsi entre comédie classique, chronique sociétale, utopie sociale, histoire d'amour, satire gentillette, voire utopie croquignolette. A, finalement, ne pas toujours savoir sur quel pied danser (tiens je repense à Ligne de crête). Par exemple, certaines caractérisations de personnages un peu monolithiques et donc excessives (celle de l'institutrice, par exemple) m'ont un peu dérangé. Et la scène du repas avec les parents de Redouane aussi.
Mais on sent que la réalisateur les aime, ces personnages, (et qu'eux, du coup, le lui rendent bien) et c'est comme si il refusait de trancher, chacun gardant dans son camp la balle du j'ai raison et renvoyant le c'est toi qui as tort dans le jardin du voisin (cf l'ultime échange, après la scène dite "de varappe").
Moi j'ai bien rigolé (surtout au début) devant ce Petit Nicolas à Bagnolet. Point ne boudons notre plaisir, et trop ne cherchons la petite bête. Ménageons, et sachons nous contenter de plaisirs simples...

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lundi 8 avril 2019

freud, marx, zidane, le pape, et les autres...

LIGNE DE CRÊTE
Chorégraphie de Maguy Marin

Décidément, (en danse tout du moins), comme on dit, c'est dans les vieux pots...
Après Georges Appaix il y a quelques semaines (et son jubilatoire Vers un protocole de conversation ?), voici une autre "vieille de la vieille"  de la danse chère à mon coeur, cette chère très chère Maguy Marin (que j'aime depuis Cortex*, découvert en 1991) et de sa Compagnie, dont j'ai vu un certain nombre de spectacles (à chaque fois que je le pouvais).
Salves, la dernière pièce d'elle, vue en 2014 à L'Espace (Besançon) avait laissé certain(e)s sceptiques (pas moi) et avait été déjà considéré par ces mêmes certain(e)s comme un peu clivant. Et la danse dans tout ça ? Et donc j'étais très curieux (et impatient) de découvrir cette nouvelle pièce à propos de laquelle je n'ai absolument voulu rien lire (même pas le texte explicatif distribué à l'entrée) Rien, je n'en savais rien...
Eh bien ? Eh bien, Maguy, elle a poussé le bouchon encore (bien) plus loin...
Sur scène, des cubicules de plexiglas dans lesquels, au début, le public se reflète. Ca a l'air inoffensif et gentillet, comme ça. Quand les lumières s'éteignent débute alors la "musique", un bruit "industriel", celui d'une machine-outil, peut-être dans l'impression**, en tout cas un bruit mécanique, implacable, répétitif, agressif, à propos duquel chacun(e) réalise, au bout d'un temps plus ou moins long, qu'il ne va (plus) jamais s'arrêter. Déjà, rien que ça a été jugé insupportable par certain(e)s.
D'abord, dans une semi-pénombre apparaissent les interprètes, sapés comme des travailleurs/euses, executive men and women, qui vont et viennent, entre et sortent, partent et reviennent, déambulent, se rencontrent (ou pas), s'entrecroisent,  zigzaguant entre ces structures de plexiglas, des genres d'open spaces. Qu'ils vont alors commencer à meubler, à remplir, à occuper, progressivement, obstinément, répétitivement, de plus en plus, en y apportant des choses, à boire (packs d'eau, de lait, de boissons aux fruits, de soda américain) et à manger (ils vont beaucoup grignoter de cochonneries) et des choses du quotidien (du pq, des paquets, des cartons), et des choses à afficher (des images de gens connus ou d'événements ayant marqué) pour habiter leur espace, et d'autres choses encore, de plus en plus, un bric-à-brac inimaginable, un étalage de vide-grenier, le déballage d'une vie, en une une mécanique in(c)lassable, impitoyable, jusqu'à saturation de chacun de ces espaces individuels, puis de l'espace scénique tout entier.
C'est au moment où il (l'espace) sera devenu impraticable et ne permettra plus la moindre circulation que clac! la lumière s'éteint et ouf! (quelqu'un dans la salle l'a exprimé) la "musique" s'arrête. Noir. The end.
Une heure et quart (m'a dit Jean-Luc, j'avais coupé mon téléphone et n'avais donc pas d'heure) de circulations, de transports et d'entassements d'objets, des plus banals aux plus incongrus (et encombrants), selon une trajectoire implacable, radicale, détabilisante. Jusqu'auboutiste. (des gens d'ailleurs ont quitté la salle, et j'ai trouvé les applaudissement à la fin plutôt mesurés).
J'ai trouvé ça parfaitement fascinant (et tout aussi parfaitement politique). Le texte de de présentation évoquait Spinoza (mais je ne l'ai lu qu'après, comme d'hab') mais il n'était pas obligatoire de passer sous les fourches caudines de la philosophie (que je n'aime toujours pas) pour se faire sa propre grille de lecture. C'est vrai qu'on peut juger qu'on est assez loin de la "danse" mais l'ensemble de la création est bel et bien une chorégraphie (qu'on peut raisonnablement penser rigoureuse et millimétrée, tellement est sidérante la perfection de ces déplacements et croisements coordonnés.
Le spectateur, soumis au régime du trop-plein, est confronté à tellement de choses à regarder, entre les personnages, les mouvements, les reflets, les objets, les actions, et est donc forcé de faire des choix (à peu de choses près, on pourrait penser aux Championnats de France de n'importe quoi, des 26000 Couverts, pour la multiplicité des choses à voir, et l'obligation de faire des choix, sauf que Les Championnats... étaient surtout drôles, tandis que cette Ligne de crête serait plutôt oppressante et malaisée, et la chorégraphe reconnaît d'ailleurs avoir fait ce choix délibérément...).
On comprend pourquoi, avant que ça commence, le public est confronté à son reflet. Parce que le spectacle entier n'en sera que la continuation (de cette réflection initiale). Maguy Marin nous tend un miroir de la taille de la scène, de la taille de nos vies (sans oublier la duplication fascinante supplémentaire, aléatoire, que génèrent  les reflets des danseurs sur les parois de plexi), la manière dont les choses nous conditionnent et nous ensevelissent, la permanence de l'inanité (et de l'absurdité) de vivre, d'être sur scène, d'avancer, de recommencer, avec, dans le même temps, par-ci par-là, des moments "de grâce", légers, volés, des duos fugitifs, réduits à leur plus simple expression, des collaborations fugaces, des connivences, des échanges (qui rappellent de loin comme c'était bien le plaisir de les voir ces danseurs, danser "vraiment", dans d'autres pièces, sur de "vraies" musiques et d'aussi "vraies" chorégraphies).
Entre immersion et submersion...
Le monde a changé, (et la danse aussi), mais l'acuité du regard de Maguy Marin n'a pas baissé d'un iota. Sans pitié (sans doute), mais le monde d'aujourd'hui ne l'est pas moins. Et ça fait parfois du bien de se l'entendre dire, et de se prendre tout ça bam! bam! et re-bam! en pleine figure. C'est, comment dire... salutaire ?
Les discussions, après, dans le hall, étaient passionnées, chacun réagissant avec énergie dans un sens ou dans l'autre (Patrick G. parlait de "foutage de gueule intégral", je répondais "radicalité", "extrême limite de la danse", puisque c'était, en principe, de la danse que tous ces gens étaient venus voir...)
Je pense que c'est un des spectacles les plus forts vus lors de cette saison 2018/2019.

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Ligne-de-crête

 

* dont vous trouverez ici une "recréation vidéo" de 32 minutes (que je vous conseille...)
** selon Christine ma voisine, il s'agirait d'une photocopieuse

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dimanche 7 avril 2019

nazareth

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WAJIB
de Anne-Marie Jacir

Un film palestinien (déjà pas si courant) dû à une réalisatrice (encore moins courant) et interprété par un vrai père et un vrai fils qui jouent le rôle de père et fils de fiction (encore encore moins courant), et donc me voilà au Kursaal ce mercredi pluvieux à 16h.
Unité de temps (un jour), unité de lieu (Nazareth), unité d'action : un père et son fils distribuent les invitations pour le prochain mariage d'Amal, fille de l'un et soeur de l'autre.
L'histoire est simple, prétexte à un road-moviechounet (minuscule) entre papa et fiston dans la vieille bagnole fatiguée et les rues de Nazareth (qui, comme le faisait remarquer Dominique, ressemble à un village puisque le père semble y connaître à peu près tout le monde...). Le père est toujours resté là, le fils est parti étudier (et pratiquer) l'architecture en Italie (et non pas la médecine à New-York comme son père semble s'être amusé à le faire croire à tout le monde. Le fils revient quelques jours à l'occasion du mariage de la soeurette qui va se dérouler en hiver, à l'étonnement de tout le monde, mais on comprendra le pourquoi de ce choix : c'était la seule date possible pour que la mère (qui est partie à l'étranger depuis longtemps et y a refait sa vie, abandonnant mari et enfants à leur triste sort palestinien) puisse venir assister au mariage. mais voilà-t-y pas qu'elle a téléphoné au fils pour l'avertir qu'elle ne pourrait peut-être pas venir à ce fameux mariage, car son nouveau mari est malade... c'est le plus gros suspens du film, qui roule, assez planplan (mais de très plaisante façon), jusqu'à une antépénultième séquence, marquante, d'engueulade entre le père et le fils, celui qui est resté et celui qui est parti, celui qui a fui et celui qui supporte, une bonne vieille engueulade des familles, c'est le cas de le dire, avec ceci de particulier que le spectateur est devant cette empoignade comme l'observateur international devant les territoires occupés : on a du mal à comprendre tout ce qui se joue vraiment, qui a raison et qui a tort (et c'est très bien qu'à ce moment les choses se jouent ainsi : on comprend le père, on comprend le fils, on comprend l'attitude de chacun, on pourrait donner, justement, raison à chacun.) Et on assiste à cet affrontement, et on est content, en tant que spectateur, qu'il ait in extremis donné un enjeu dramaturgique au film.
Avec, en prime, une très jolie scène finale de cigarette crépusculaire père/fils.
Très plaisant.

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jeudi 4 avril 2019

négliger les frottements

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TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION
de Judith Davis

D'abord j'ai confondu avec l'actrice américaine qui a quasiment le même nom, mais non non, rien à voir, Judith Davis est (parfaitement ?) française, elle joue dans le premier film qu'elle réalise, s'attribue comme soupirant Malik Zidi et comme maman de cinéma la divine Mireille Perrier (qu'on ne verra que très tard dans le film pour causes de scénario).
Une jeune fille donc, (parfaitement) révoltée, comme le titre l'indique. Fille d'un couple de militants maoïstes purzédurs qui avaient décidé de sauver le monde en commençant d'abord (pléonasme ?) par nos frères opprimés les ouvriers. Des vrais maos, intransigeants et doctrinaires, dont elle a visiblement hérité du patrimoine génétique alors que sa soeur pas vraiment. Elle a perdu depuis des années tout contact avec sa mère, qui du jour au lendemain a décidé d'abandonner sa famille et le militantisme, mais est contrainte, au début du film, de revenir vivre chez son père, qui lui est resté mao mais  tendance adoucie bohème et babos...
Une comédie politique, tirée (merci allocinoche) d'une pièce de théâtre que Judith Davis avait précédemment créée (à laquelle on doit peut-être cette belle qualité d'écriture des dialogues).
Angèle veut tout changer, est contre tout (surtout en ces consuméristes et egoïstes années 2010), mais refuse aussi en bloc toute proposition de rapprochement affectif (le fameux Courage, fuyons!). Avec sa copine elle crée des actions qui s'apprentent autant à la performance qu'un geste politique, crée un groupe de discussion (la partie la plus savoureuse du film) où il est surtout question de théoriser, justement, cette discussion, en libérant la parole de chacun.
Parallèlement s'esquissent deux trames narratives, deux axes, qu'on pourrait nommer Angèle et sa mère (par ici) et Angèle et Saïd (par là) qui pourraient presque finir par se rejoindre.
Un film délicieux, dont j'ai beaucoup aimé les dialogues et les situations -j'y ai beaucoup gloussé- (même si la pénultième partie  (le repas en famille) est, à mon sens, un peu moins convaincante que le reste - surtout la scène du beau-frère, j'ai du mal avec la violence, même si -et peut-être surtout- verbale-). heureusement le dernier plan (le retour du groupe d'échanges) vient remettre tout ça d'équerre.
Un film que, sans savoir vraiment pourquoi, j'aime vraiment beaucoup, à ma grande surprise...

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mercredi 3 avril 2019

prévisionnement gray

077
L'ADIEU A LA NUIT
d'André Téchiné

Le nouveau film de Téchiné, avec Catherine Deneuve... Après une série de films en demi-teinte du réalisateur (que j'aime passionnément depuis plus de quarante ans, ah Souvenirs d'en France (Moreau, Pisier) aaaaah Barroco (Adjani, Pisier, Surgère) les premiers joyaux de ma jeune et fiévreuse cinéphilie...) j'étais à la fois plein d'espoir et tout autant d'appréhension... Et là, bingo, sur toute la ligne. Et re-bingo, même. retrouver Deneuve, en éleveuse de chevaux et grand-mère d'un jeune homme (Kacy Mottet-Klein, aimé dans Quand on a 17 ans... du même Téchiné) qui revient la voir avant de partir soi-disant pour le Canada mais on apprend vite que la réalité est toute autre... Le jeune homme s'est en effet comme on dit aujourd'hui "radicalisé" par le biais de sa copine (jouée par Oulaya Amamra, découverte dans Divines), prête à partir avec lui. Le film est furieusement (grandiosement) romanesque, c'est, pour moi, vraiment, du "grand" Téchiné, passionné, lyrique, et, si sa construction est plutôt classique, reste passionnant d'un bout à l'autre grâce à un scénario superbement agencé. J'ai adoré.

078
90'S
de Jonah Hill

Jonah Hill je le connais, c'est le petit rondouillard découvert dans Supergrave, et qu'on a vu ensuite revenir régulièrement dans les films de la tribu Judd Appatow / Seth Rogen (que j'adore). il signe là son premier film en tant que réalisateur, une chronique américaine située dans les années 90, autour d'un gamin, Stevie, agé de 13 ans (et donc à peine plus âgé que le réalisateur à l'époque, un kid, donc, qui voudrait grandir, et est fasciné par une bande de jeunes branleurs skaters dont il souhaite  faire sa nouvelle famille (la sienne, "vraie" étant composée d'une mère jeune et un peu déboussolée et d'un frère aîné un peu bourrin et concon -pléonasme ?-) Le film ne fait qu'1h25 mais m'a semblé durer des siècles, tellement ce qui s'y passe ne m'intéresse pas vraiment (Gus Van Sant dans Paranoid Park et, surtout, Larry Clark dans Wassup Rockers ont déjà fait beaucoup mieux), parce que je n'arrivais pas à m'attacher ni à ce personnage de teen-ager trop ricain, ni à ces jeunes "rebelles" tellement agaçants... Déçu, donc.

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LE BON MÉTIER
de Mathieu Peset

Changement complet, avec un film documentaire réalisé par le "régional" de l'étape, un film donnant la parole, et suivant des élèves de SEGPA du Collège Delaunay à Gray, lors de l'année de 3ème où ils doivent se déterminer pour leur futur métier... choix pas facile mais pourtant crucial, qui les engage pour la suite de leur vie d'adulte... Mathieu Peset suit un groupe de jeunes en train de chercher leurs stages, en apprentissage, en cours, des gars et des filles attachants, dans leurs prises de paroles, leurs espoirs, leurs doutes, parfois même leurs désillusions... Un film très attachant par son propos (donner la parole à des élèves de SEGPA, par définition ostracisés et "mis au ban") et qu'on a donc envie de défendre (on passera donc sous silence les réserves techniques...) en grdant l'image de ces jeunes en action et leur belle spontanéité (on penserait au premier court-métrage de Samuel Collardey, L'apprenti, qu'on avait tant aimé...)

080
MAIS VOUS ÊTES FOUS
d'Audrey Diwan

Du dernier film je ne savais rien ou presque... oh oh Pio Marmaï, oh oh Céline Salette... Pour un amateur de cinéma, on voit un peu ce qui se dessine : il va y a voir de la bonhomie (et peut-être de la dégaine, Pio...) et de la tristesse (et peut-être des larmes, Céline...) et, effectivement, cette anticipation n'était pas très loin du compte. Un jeune dentiste, Roman, marié, deux filles, a tendance à un peu trop se poudrer le museau (en douce) jusqu'au jour où une des gamines fait une crise et que les analyses révèlent des traces de coke dans son organisme. Aïe. Et pareil pour la maman, Camille, et l'autre soeur. Re-Aïe. Le papa est arrêté, soupçonné de droguer ses enfants voire bien pire, la maman est souçonnée d'être complice, aïe aïe aïe... C'est écrit "d'après une histoire vraie", et on en apprend de belles sur la contamination à la cocaïne, via l'avocate du papa (Valérie Donzelli, que j'ai toujours le même plaisir à revoir...). Ce n'est pas tant l'aspect juridique qui intéresse la réalisatrice que la façon dont le couple va être mis à mal par cette histoire, et ça c'est c'est plutôt bien vu question vraisemblance (avec juste un petit bémol sur la façon quasi magique qu'a Roman de se sevrer de la coke : une peu de tisane, quelques verres d'eau et hop le tour est joué! Mais bon, c'est Pio Marmaï, alors on lui pardonne...)

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mardi 2 avril 2019

minnesota

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NOS VIES MERVEILLEUSES
de Fabienne Godet

Première de nos quatre soirées "Diversité", en présence de la réalisatrice et de sa co-scénariste / actrice principale. Avec une nouvelle fois (mais on devrait commencer à avoir l'habitude) le sentiment que nos adhérents bien-aimés (et les autres aussi) ont eu un peu de mal à se déplacer (à peine une petite trentaine de personnes) et qui me confortent dans l'idée que ça ne sert à rien de faire venir des cinéastes ici (d'une part parce qu'on n'est pas "exploitants", juste un groupe d'amateurs et cinéphiles, et d'autre part peut-être parce qu'on ne sait pas "vendre" l'événement en tant que tel et lui faire la pub qu'il mérite pour attirer les clients...).
Un film sur l'addiction, et la façon de la traiter (d'essayer de la traiter) qui m'a tout de suite fait penser à l'impressionnant  La prière de Cédric Khan et à son touchant personnage central de Thomas (interprété par Anthony Bajon que j'aurais aimé voir récompensé de quelque chose aux Cesar mais bon...).
Ici il est question de Margot (interprétée par Julie Moulier, qui était ce soir là avec nous, aux côtés de Fabienne Godet), qui arrive dans un "centre de réhabilitation" pour une cure de désintox, et qu'on va suivre, depuis le premier jour, chronologiquement, en suivant le calendrier de son "traitement". Elle est entourée d'une vingtaine d'autres hommes et femmes, de tous âges et conditions, dans la même situation qu'elle.
Le traitement passe par des quotidiens "groupes de parole" (méthode Minnesota : "l’addiction doit se considérer comme une maladie chronique qui peut être traitée par la parole et une certaine dynamique de groupe, s’inspirant en cela des douze étapes des Alcooliques et Narcotiques Anonymes, délivrées de leur discours religieux. La dynamique de groupe se transforme en dynamique de soutien, les séances confrontent chacun à ses limites, faisant émerger les lourds refoulements, sans pathos ni apitoiement."*)
Comme Margot/Julie le spectateur est soudain confronté à ce groupe et chacune de ces individualités qu'il va devoir apprendre à reconnaître. Je connaissais un ou deux noms d'acteurs : Johan Libéreau, Bruno Lochet, et je pensais qu'il y avait peut-être un mélange d'acteurs et de "vrais" toxicomanes jouant leur propre rôle... Que nenni! Je l'ai appris pendant la discussion, ce sont tous des acteurs SAUF le thérapeute qui anime les séances et est un "vrai" thérapeute. La réalisatrice a passé des mois en immersion dans des "vrais" groupes et en a retiré une masse d'histoires personnelles qu'elle a remises en forme (elle ne prenait jamais de notes pendant les réunions) pour confier à chacu(e) des acteurs/trices le "background" du personnage qu'il/elle était censé(e) jouer... Et ça fonctionne merveilleusement, tellement ça sonne juste et tellement on y croit...
On est attentif à l'évolution de Margot, à la façon dont elle se "déploie", lentement, progressivement, avec le soutien des autres, et dont elle réussira à sortir enfin de son mutisme pour réussir à exprimer l'inexprimable... Les choses ne sont pas faciles, les progrès parfois hasardeux, rien n'est jamais acquis, mais de cette communauté sort une énergie formidable, salvatrice, qui force l'admiration.
Julie Moulier est formidable, mais tous les autres le lui rendent bien.

2102219

 

* extrait de la critique parue sur culturopoing.com,

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dimanche 31 mars 2019

manteau moutarde

075
SYNONYMES
de Nadav Lapid

Premier jour, première séance au Victor Hugo, j'y étais! (Il est programmé dans le bôô cinéma mais pas avant quatre semaines, alors je ne pouvais pas tenir jusque là vous imaginez bien...). Nadav Lapid, on a déjà passé ses deux premiers films  (Le policier et L'Institutrice), il pratique un cinéma pas forcément confortable mais toujours impressionnant. celui-ci nous arrive avec l'Ours d'Or qui l'a couronné à Berlin, et une critique assez dithyrambique dans l'ensemble (quoique souvent un peu absconse).
C'est l'histoire de Yoav, un jeune homme qui fuit son pays, Israel, et débarque à Paris avec l'intention de couper avec ses racines, en ne parlant, par exemple, que le français (et si c'est déjà sexy pour moi d'entendre d'un israélien parler en hébreu, ça l'est encore plus de l'entendre parler en français). le voilà tout seul dans un appartement immense et vide (qu'on lui a visiblement prêté) dans un immeuble cossu, et les choses commencent mal puisque, alors qu'il se lève la nuit pour aller pisser, on lui vole toutes ses affaires : le voilà à poil, en hiver, dans un appartement sans chauffage... Il sera secouru par un couple de jeunes bobos de l'étage du dessous, Emile et Caroline. Lui est joué par Quentin Dolmaire (qu'on a découvert chez Desplechin) et elle par Louise Chevillotte (découverte chez Garrel), et c'est donc comme si Yoav (joué par Tom Mercier, dont c'est le premier rôle au cinéma, et qui se révèle impressionnant à plus d'un titre, j'y reviendrai) était accueilli / recueilli par la (jeune) fine fleur du cinéma d'auteur art & essai français...
Pour apprendre la langue, Yoav s'est acheté (chez Gibert) un "dictionnaire léger", dont il apprend les mots qu'il restitue souvent sous forme de liste de synonymes.
Le film ? Luc Chessel en a fait, dans Libé () une critique que je trouve extraordinairement pertinente (et juste), et que j'aurais pu recopier dans son intégralité (mais que je préfère vous laisser lire). Nadav Lapid fait du cinéma de la même façon qu'il fait exister son personnage : rageusement (pendant la projection, je m'amusais à dresser moi aussi une liste de synonymes à propos du film : désarmant, désarçonnant, dérangeant, perturbant, provoquant, irritant...) mais ce cinéma instable, qui tient du précipité (et de la réaction) chimique a tout d'un vrai choc. Lapid pratique un cinéma peu aimable mais qui dit "aime moi" en vous regardant droit dans les yeux. Et c'est très juste (je me répète) ce que dit Chessel à propos de l'entre-deux dans lequel se trouvent à la fois le film de Lapid et son personnage principal (qui est aussi lui).
Tom Mercier porte le film par son corps d'abord (la scène de l'appartement nous le révèle dans sa splendeur virile, et filmé comme tel par le réalisateur, un corps objet de désir -dois-je préciser que le film est à QV, et que celle de Yoav l'est de façon assez imposante-...) par sa voix (déjà évoquée plus tôt) dont le ton (la déclamation) tirerait plutôt le film vers l'irréalisme, et par sa façon d'occuper l'espace (celui de l'appartement comme celui de la ville) en en restant toujours le centre.
Un film absolument fascinant, peut-être encore plus parce qu'il est difficile de le raccrocher à quoi que ce soit d'autre (et, dans son récit même, d'avoir parfois du mal en tant que spectateur à se raccrocher à quelque chose de sûr, ou de rassurant, ou de etc. ) Un film qui ne raconte pas (une histoire) mais qui parle de. Un film, enfin, qu'il me tarde de revoir dans le bôô cinéma sur un écran de la taille qu'il mérite (clic clic)...
Top 10 ?

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Posté par chori à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]