films et bouquins
vendredi 23 février 2018

deux doigts

030
LA FORME DE L'EAU
de Guillermo Del Toro

Oh le joli film.
En sortie nationale dans le bôô cinéma, avec donc hmmm séances par jour, mais une seule en VO, celle de 18h, à laquelle je suis allé, en ce premier jour d'exploitation, fort étonné d'ailleurs de découvrir faisant la queue devant ladite salle un certain nombre d'ados... Des ados, à une séance en VO ? (smiley perplexe) Oui oui...
De Guillermo del Toro je n'ai vu, il y a longtemps, que Le labyrinthe de Pan (avec Sergichounet Lopez en méchant très méchant), qui ne m'avait pas plus emballé que ça, et HellBoy, (beaucoup plus dans mes cordes celui-là...), autant dire que me font défaut de vastes pans de sa cinématographie... Mais celui-là, allez savoir pourquoi, j'en ai eu soudain énormément envie, n'en connaissant pourtant que le pitch : une femme sourde tombe amoureuse d'un monstre aquatique style L'étrange créature du Lac Noir, un peu en plastoche donc, mais c'est pour ça aussi qu'on l'aime...
Dès les premières images, et jusqu'au bout, le film a pour moi fonctionné - clic clic clic- par associations et résonnances : la très belle scène aquatique initiale me renvoyant -peut-être à tort- à la  pièce immergée où plonge l'héroïne au debut d'Inferno (de Dario Argento), sauf que là c'est beaucoup plus vert et beaucoup plus doux... Et j'ai pensé aussi à un vieux roman de science-fiction lu quand j'étais ado, Verte Destinée...
Ce songe aquatique est celui d'une demoiselle, muette -mais pas sourde- (Sally Hawkins, vue dans le Blue Jasmine de Woodychounet, en frangine "nature" de Cate Blanchett) qui vit dans un appartement (et un immeuble) qui m'ont aussitôt évoqué ceux de Delicatessen (de Jean-Pierre Jeunet), tandis que cet univers évoquait plutôt pour ma voisine celui d'Amélie Poulain (du même Jeunet).
Cette jeune personne travaille, en compagnie d'une copine black qui l'a prise sous son aile, comme femme de ménage dans un Institut Océanographique, où va faire irruption, enchaîné dans un caisson mystérieux, une non moins mystérieuse créature, surveillée par un militaire déplaisant (joué par Michael Shannon, découvert chez Jeff Nichols, occupant ici le rôle du méchant vraiment très très méchant, peut-être un peu systématiquement c'est vrai) et dont s'occupe le professeur Hostetter (incarné par Michael Stuhlbarg, adoré dans A simple man des frères Coen puis dans, tiens lui aussi, Blue Jasmine de Woodychounet)... Ah et j'oubliais le voisin de la jeune fille (au fait elle s'appelle Elisa), un artiste homosexuel "d'un certain âge" (hum hum suivez mon regard), joué par le grand Richard Jenkins, lui aussi adoré dans, entre autres The Visitor, mais aussi en papa fantôme dans la chérie chérie série Six feet under). Voilà pour les références. Y rajouter qu'à l'ambiance Delicatessen du début se substitue progressivement un univers -et une façon de filmer- que je pourrais qualifier de "à la Wes Anderson", qu'ici on adore, avec toute les nuances de plaisir que cela suppose (la fantaisie, le vague à l'âme, les intuitions géniales, la minutie, les surprises etc.)  et tout ça fait qu'on ne peut qu'aimer tendrement ce film. (Autant un sacré beau film de genre qu'un genre de sacré beau film.)
D'autant plus que, comme à son habitude, en plus du récit d'aventures et de l'archétype fantastique, le réalisateur pose un touchant regard sur un certain nombre de laissés-pour-compte dans cette Amérique des années 50/60 -mais qui le sont toujours  dans celle d'aujourd'hui, et pas que l'Amérique d'ailleurs- brossant, via un inventaire des minorités, un éloge de la différence  : la créature aquatique en étant l'omega (le climax) de l'exclusion, tandis que chacun des autres personnages (ou presque) endosse sa singularité comme un costume : celle qui est muette (et qui utilise la langue des signes), celle qui est black, celui qui est gay, celles qui sont femmes de ménage, celui qui est Russe, celui qui est sans-emploi etc.,  comme un touchant catalogue de la déroute de toutes les formes d'exclusion (et donc un plaidoyer en leur faveur).
Et j'ai adoré ça, de a jusqu'à z, surtout qu'il s'agit, d'abord, finalement, d'une histoire d'amour (encore une fois, en écho(s) : si Elisa montre à la créature combien elle l'aime, Guillermo del Toro nous montre, à nous spectateurs, à la fois combien il nous aime, et combien il aime aussi le cinéma) et le réalisateur charge la barque dans un empilement gourmand à plusieurs étages : fantastique, espionnage, chronique sociale, récit d'aventures, polar, vengeance, avec beaucoup d'eau, certes, et sous toutes ses formes, multiple, à l'image de toutes les péripéties inhérentes à ces genres, attendues qu'elles sont dans la stylisation de ce genre de récit.... (Tiens,  à propos d'eau, j'évoquais dans le post précédent mon goût pour les gouttes sur les vitres, eh bien muchas gracias Guillermito, parce que, question gouttes, j'ai été comblé!).
De l'amour, de l'amour, oui, mais tout n'est pas que rose dans ce sucre candide, et ça vire parfois à l'éclaboussant, voire au brutal (et il faudra à plusieurs reprises -brièvement- détourner le regard), mais toujours dans la vision de Guillermo del Toro, avec un genre de petit sourire complice, de clin d'oeil quasiment, (c'est ce qui me faisait évoquer plus haut le cinéma de Wes Anderson) qui vous chuchote affectueusement "ne soyez pas dupe, vous savez bien, ce n'est que du cinéma...".
Et le film repartira  dans l'eau, (très doucement) tout comme il avait commencé...
Re Top 10, il me semble bien, au vu du plaisir procuré.

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jeudi 22 février 2018

madame antelme

029
LA DOULEUR
d'Emmanuel Finkiel

Emmanuel Finkiel est un réalisateur passionnant, que j'ai suivi depuis le premier film de lui que j'ai vu, Voyages, en 1999 (je n'ai pas vu son tout premier, Madame Jacques sur la Croisette, même s'il me semble l'avoir quelque part -un coffret Bref ? à vérifier- ) jusqu'au dernier Je ne suis pas un salaud (avec de grandissimes Nicolas Duvauchelle et, déjà, Mélanie Thierry). Mélanie Thierry qu'on retrouve ici, mais là c'est Duras. Elle joue le rôle de Marguerite Duras, jeune, qui attend, en 1945, le retour de son mari, Robert Antelme, des camps.

Le film est éblouissant.

Par ce qu'il raconte, et par la façon dont il le raconte. (Je me suis plongé dans Les Cahiers de la Guerre, achetés à la FAL il y a deux ou trois ans, que je n'avais pas lu(s), et qui contiennent des "ébauches" de La Douleur, - je connaissais déjà le texte de La Douleur vial le spectacle qu'en avait tiré Dominique Blanc, et que j'avais vu sur scène dans botre bôô théâtre- mais en le (re)lisant  je me suis aperçu que, pour  la voix-off de Marguerite, le réalisateur est vraiment parti de ça, de ses mots, de ses phrases, de ses lignes, et, déjà, rien que ça c'est un ravissement, par cette appropriation / retranscription de la petite musica durassienne -dont je précise que je ne suis absolument pas un idolâtre, que cela soit dit-, une justesse, un équilibre, fascinants).
J'ai toujours admiré le travail cinématographique d'Emmanuel Finkiel, sur la matière même de l'image et de son utilisation (même si parfois -rarement- il a pu me sembler un peu trop théorique, comme dans Nulle part Terre promise, que je trouvais si beau qu'il en était presque abstrait, un dispositif fictionnel) . Il est pour moi l'homme des reflets -c'est une chose que j'adore-,  et se rajoute cette fois un nouvel objet de  fascination : celle du flou. (qui est une autre chose que j'adore, la troisième étant les gouttes sur les vitres mais c'est une autre histoire). De la même façon que le personnage de Marguerite est un peu perdue dans son attente, dans sa douleur, dans sa mémoire, dans son espoir, et finalement ne voit que ce qu'elle veut bien voir, le film se permet régulièrement des jeux de mise au point qui nimbent soudain (ou dissimulent ou diffractent) ce qu'il n'est pas facile de voir (ou de montrer).
Le film débute en 1945, opère un long flash-back en 1944, et se clôt lumineusement (mais un peu douloureusement) sur la lumière de cet été 1945quelque part en Italie. Et j'adore la façon dont Emmanuel Finkiel traite un quotidien somme toute réaliste (pragmatique), celui de l'Occupation, (celui des privations, des tickets de rationnement, de l'omniprésence allemande, des rumeurs, des nouvelles qu'on attend) en le reconstituant -via ce que Marguerite en a dit dans ses petits cahiers- à la fois d'une façon conventionnelle (attendue), mais a minima, quasiment en la stylisant, sans jouer la carte de l'hyper-reproduction à hmmm milliers de figurants.
On est à la fois dans cette réalité-là et dans la façon dont Marguerite D. (à ce moment, encore Marguerite A.) la perçoit et la retranscrit. On est en même temps dans la tête du personnage et à l'extérieur, dans le monde vivant, dans le réel.
Il convient de complimenter Mélanie Thierry pour cette incarnation-là, mais Benjamin Biolay et Benoît Magimel sont tout aussi dignes d'éloges (et même Grégoire Leprince-Ringuet, que j'aime bien mais dont les compositions parfois m'agacent un peu les dents, est très bon, dans oublier -quelle émotion de la retrouver ici, après l'avoir vue dans Voyages- la précieuse Shulamit Adar).
Le film m'a vraiment bouleversé (dès le tout début, j'étais dedans, capturé captivé) et m'a laissé en larmes. Bien plus que les bouquins de la Guigitte, d'ailleurs (ainsi l'appelons-nous, entre nous, familièrement)
Top 10

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mercredi 21 février 2018

quéquettes à l'air (et fesses aussi)

le premier film grâce à Uncut, le deuxième grace à Dominique, et le troisième grâce à Arte et Court-Circuit)

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A LA RECHERCHE DE L'ULTRA-SEXE
de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet

Proposé par Uncut cette semaine, ce long-métrage court (ou ce court-métrage long) -1h tout compris- m'avait déjà fait de l'oeil à plusieurs reprises, sans que je puisse jamais réussir à concrétiser... C'était donc l'occasion de pouvoir enfin jeter un oeil sur cet opus interdit au moins de 16a, dû aux qutre mains du duo responsable du Message à caractère informatif (qui je l'avoue ne m'enthousiasmait pas plus que ça, et me faisait parfois même grincer des dents et changer de chaîne...) On baigne dans les mêmes eaux (bidouillage et re-post-synchro de tout un tas de films Z à X (X', puisqu'il s'agit de soft, et, si on voit quelques -sympathiques- quéquettes visibles, érotomanes divers, passez votre chemin ou mettez la en berne : c'est aussi soft que feu un téléfilm du dimanche soir de M6) avec un panachage entre nanars de sf ultra-fauchés, japoniaiseries à la Bioman, et films sexy voire hardcore mais vertueusement softcorés. C'est plutôt drôle, le doublage non-sensique fait son effet, et le duo de réalisateurs sait faire habilement flèche de tout bois (certaines qui font plus mouche que d'autres...)

027
VIHTA
de François Bierry

C'est dominique qui l'a mentionné dans la conversation, évoquant "un film où on voyait plein de quéquettes, ce qui a bien entendu piqué ma curiosité et m'a fait le rechercher ce matin sur le ouaibe, où je l'ai assez vite retrouvé car D. avit pris soin de me donner le bon titre. Et, coup de chance il était re-visible sur arte, mais seulement jusqu'à aujourd'hui (dernier jour, ouf!).
Un bus avec cinq personnes dedans, sonorisées par un gugusse qui leur annonce qu'il les emmène dans un centre de balnéo pour passer un "week-end d'entreprise". (la boîte vient d'être reprise). Le premier écueil est qu'ils ne savent pas vraiment s'il s'agit d'un test pour savoir qui va être gardé et qui va être viré, et le second c'est que le centre balnéo en question est naturiste. D'où les quéquettes visibles annoncées, et d'où les difficulté de d'aucuns à se mettre le kiki à l'air. Et celui qui a le plus de mal est joué par le très aimé Wim Willaert, qui est un peu aux films belges ce que Ricardo Darin est aux films argentins... Et le film se regarde avec grand plaisir, simplement en nous narrant les efforts de notre héros pour ne pas la montrer ou pas. Wim Willaert est parfait (comme d'hab')  la prolifération de QV est plaisante -que demander de plus-, et le film a d'ailleurs été récompensé à Clermont 2018...

028
URSINHO
de Stéphane Olijnyk

Et j'aurais dû m'arrêter là, mais j'ai vu ce film annoncé sur la même page, et lui aussi visible pour la dernière fois ce jour. J'ai commencé à regarder, attiré par une image, (deux hommes couchés dont un gros nounours mulâtre, l'ursinho -ça veut dire nounours en brésilien- du titre). Ce jeune homme vit avec son père handicapé dans un quartier défavorisé, et travaille comme homme de ménage chez des gens riches (les pauvres et les riches / un thème récurrent dans les films brésiliens). Un film très prenant, puisque, si les toutes premières scènes me firent me dire "Ohlala il a un peu chargé la barque, quand même, je ne vais peut-être pas regarder jusqu'au bout, va...", la suite est suffisamment bien goupillée pour que, plus on progresse et plus on est touché (attendri, fasciné, ému), par ce personnage central, aussi massif que mutique, qui mène sa tristoune vie (de merde) sans se plaindre, sans rechigner, vaillamment, tendu dans sa quête obstinée de contact (de tendresse ?), son désir perpétuel. Il va rencontrer, chez le riche vieux pédé chez qui il fait le bonnichon (c'est le masculin de bonniche, eh!) un jeune gigolo (coiffeur pour dames!) dont il va s'enticher... l'amour c'est gai l'amour c'est triste, comme dirait Jean-Daniel Pollet. Le film est très attachant tellement il reste dans une simplicité frontale, dans un émoi mesuré. Sans complaisance ni commisération. Et notre nounours de héros y est sans doute pour beaucoup. Plus ça va et plus on l'aime. Le réalisateur a eu l'intelligence de ne pas étirer les choses au-delà du raisonnable (le film, trapu, fait 50'), et c'est parfait comme ça...

 

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mercredi 14 février 2018

crochon

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CRO-MAN
de Nick Park

La nouvelle création des studios Aardman (et de Nick Park) avec une variante : à la place de Wallace et Gromit (qu'on adore), nous voici face à Doug et Crochon, son fidèle animal de compagnie qui est euh... un ancêtre du sanglier, puisque Doug est un homme des cavernes et que le film se passe à l'ère préhistorique. Doug vit avec sa tribu dans une vallée paradisiaque dont des vilains plus évolués (ils en sont déjà l'âge du bronze) vont les spolier, les reléguant à la place sur des terres nulles dont personne ne veut. La clé de cette histoire, Manchester oblige (mentionné dès le premier intertitre du film), est le football, et tout va dépendre de l'issue du match qui va, justement, opposer les "Brutes" (ceux de l'âge de pierre) aux cadors de l'équipe de Bronze...
Et ça pourrait donc quasiment être un remake préhisto de Plein la gueule de Robert Aldrich (The longuest yard en vo) et de son match entre gardiens et prisonniers, ou une variation de Le football c'est la guerre continuée par d'autres moyens (un titre que j'adore -et que je trouve très juste- d'un bouquin de Pierre Bourgeade qui m'avait mis plus que mal à l'aise) tant il est question ici de lutte des classes. Je précise que je déteste le foot, ou, plus justement, que je m'y inintéresse aussi fort que je peux.
Mais ce foot là, c'est très drôle. D'autant plus que ce match est est accompagné des commentaîres benêts de deux acolytes comme en a a connu par chez nous (le film est produit pas Canal, tout à fait Thierry!). Comme, d'ailleurs l'est tout le film : les personnages (les gentils sont moches et attendrissants, les méchants sont moches et arrogants -et bêtes-), les situations (le massage du cochon restera pour moi un gran moment de rire), les animaux (le lapin malin, le canard-saure, l'oiseau qui fait office de mésangerie-express, et, bien sûr le cro-chon rouquin et malin) . C'est plein de trouvailles, de gags, on sourit, on éclate de rire, bref, on est comme des gosses.
Le film passait en vf, mais ça ne m'a pas plus gêné que ça (c'est sans doute la première fois que je voyais un film étranger en vf dans mon Victor Hugo chéri...).

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dimanche 11 février 2018

gourmandises dominicales 2

... Pas convaincu par le foot roumain, je remonte d'une semaine (toujours dans la programmation d'Uncut) et j'enchaîne sur

ENNEMIS INTÉRIEURS
de Selim Azzazi (2016) 27'
Un court-métrage efficace et tendu -et glaçant- sur l'affrontement entre deux hommes, un algérien venu demander la régularisation de ses papiers pour obtenir la nationalité française, et, de l'autre côté du bureau, le fonctionnaire chargé de son dossier, d'origine maghrébine lui aussi... Nous sommes dans les années 90, et il est, déjà, question de terrorisme... Un dispositif minimal pour une efficacité maxi.
Le film a été multi-récompensé dans les festivals et était même en lice pour l'Oscar du meilleur court-métrage 2017.

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*

Ayant arrêté de regarder l'ordi et je suis descendu zapper.

Et j'ai terminé ce programme de réjouissances cinéphiliques par un imprévu
PORTRAIT D'ALAIN CAVALIER
de Vincent Dieutre
qui commençait juste (ou presque) au moment où je me suis posé sur le canapé
-et qui s'appelle aussi FRERE ALAIN (ou encore FRERE ALAIN EA5)-
(EA pour Exercice d'Admiration)
Vincent Dieutre, à Florence, parle de son admiration pour Alain Cavalier, dans une forme très "Cavalière" (mais très Dieutresque aussi) : mini-dv, monologue, objets filmés, peintures religieuses, et "St François d'Assise et la problématique du renoncement, sa pratique de l'ascèse et son désir de transcendance" (je cite eh oui le figar*.fr qui résume ça bien mieux que moi.), en parallèle avec les choix cinématographiques d'Alain Cavalier.  Dont il pourrait s'agir d'un portrait en creux (en reflet, en surimpression, en transparence) à travers, notamment les images de ses films. Et qui n'apparaîtra dans celui-ci qu'in extremis, et de fort simple et belle manière (last but not least).
Malin, ce vieux roublard de Dieutre, qui, s'il parle d'Alain Cavalier, et s'adresse même à lui, réussit en même temps à nous parler (surtout) beaucoup de lui-même, de ses propres choix, mais on ne se refait pas, n'est-ce pas, et, comme j'aime beaucoup son cinéma, celui de l'esthétique et de la pâmoison, du baroque et de l'omniprésence du désir via l'observation du quotidien (ici, par exemple, le camion des éboueurs chaque matin) il lui sera grandement pardonné, à Frère Vincent (qui constate, tout de même qu'il y a très peu d'allusions à l'homosexualité dans les films d'Alain Cavalier : il n'y en a même qu'une, et une seule, dans Le Plein de Super...)
Une belle suite florentine...

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samedi 10 février 2018

gourmandises dominicales 1

Oui, la flemme, sans doute, de me rendre au Ficââââ.
J'en profite pour lézarder devant mon ordi, et mettre à jour les films à voir de mon offre Uncut : Bouchées doubles cette semaine : une sélection de courts (Clermont-Ferrand oblige, tiens, là aussi j'ai eu la flemme...) + une sélection "Sport"
J'en profite pour voir (ou revoir)

TRAM
de Michaela Pavlatova (2011) 7' Un film d'animation rigolo où une conductrice de tram plutôt gironde est portée à l'incandescence par une rêverie à propos de ses voyageurs mâles...

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CE N'EST PAS UN FILM DE COW-BOYS
de Benjamin Parent (2011) 12'
celui-là, la première fois que je l'avais vu, je n'avais pas remarqué qu'y figuraient (pour la première fois ?) Finnegan Olfield (revu bien plus tard dans Nocturama, Marvin, etc.) et Garance Marillier (revue bien plus tard dans Grave), tous deux encore enfants... Attendrissant. En plus il est question de père gay et de Brokeback Mountain...

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puis je me lance dans

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MATCH RETOUR
de Corneliu Porumboiu (2014) 1h37
mais il s'agit vraiment de cinéma pointu pointu pointu : Le réalisateur et son père (Adrian Porumboiu) regardent ensemble et commentent un match de foor de 1988, arbitré justement par le père du réalisateur. On ne voit que le match, en qualité vhs d'époque, et qui a la particularité de s'être déroulé entièrement sous la neige, et qui sera d'ailleurs diffusé en intégralité, les commentaires du père et du fils sont en off, évoquent le foot, l'arbitrage, la notion d'"avantage", le communisme, la police secrète, les informateurs... C'aurait pu être la première fois de ma vie que je suivais un match de foot dans son intégralité, mais j'ai regardé patiemment la première demi-heure, puis j'ai sauté aux cinq dernières minutes, ou non non rien n'avait changé...
Pas ma passe de thé, donc, et je me suis alors  amusé ensuite à regarder les critiques dans allocinoche : je cite in extenso :

"C’est tout vu : outre ses attraits anecdotiques (…) Match retour recèle, nichée dans la nudité de son dispositif, une séduisante allégorie, à la fois primitive et radicale, de la mise en scène de cinéma." (Libé)

"Match Retour pense donc ensemble le football, la politique et le cinéma, avec cette ironie très roumaine selon laquelle tout ce qui est représenté tombe sous le coup d'une fatale illusion." (Le Monde)

"Un coup de maître conceptuel et ludique. (...) Match retour est tout sauf chiant : un excellent contrepoint au mondial brésilien, un film aussi simple, ludique, enfantin que puissamment conceptuel." (Les Inrocks)

"Porumboiu signe un film sobre, froid et stérile, mais auquel il accorde in fine une extase cinématographique : le ressentiment en violons de L'Hiver de Vivaldi. Il ne nous montre pas un match de foot. Il donne un requiem." (Positif)

... Waouh, les parisiens, mais qu'est-ce qu'ils ont fumé, tous ?
Téléramuche redescend un peu sur terre :

"Pour les cinéphiles qui sont ­aussi amateurs de foot vintage, nostalgiques des exploits techniques de Hagi ou de Lacatus, c'est un régal. Les autres risquent de trouver le temps long."
En effet. Bien vu...

et le coup de sifflet final est pour aVoir-aLire.com:

"Vaste plaisanterie que ce commentaire audio d’un match de football roumain datant de 1988. Ou comment repousser les limites du néant cinématographique."

 

(à suivre)

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vendredi 9 février 2018

ali-baba

il y a des jours où les choses s'enchaînent à la perfection.
Je passais juste faire un tour chez F*rum, voir si l'intégrale Varda était toujours là (à 50 %), déception plus d'Agnès V., mais voilà que le chef de rayon me montre les écriteaux : tous les dvd à -70%!
Waouh, oui, tous tous, et l'offre vient juste de débuter le matin même, et donc il reste encore pas mal de stock...
Re-waouh!
Ils ont aussi déjà réduit en rayon les prix de pas mal de dvd (les faisant passer de 19,99 ou plus à 9,99, soit, m'explique le gentil chef de rayon barbu, grosso modo, après réduction,  3€ le dvd... Et j'ai justement un avoir de 75€ à dépenser, pour services rendus... Oh oh oh je frétille et commence à fouiller... heureusement j'avais une demi-heure avant not rdv au restau, ça tombe bien...
Résultat des courses : Je repars avec

- les films que j'ai adorés et que j'avais envie d'avoir (et de revoir)
CITOYEN D'HONNEUR de Mariano Cohn et Gaston Duprat
CORNICHE KENNEDY de Domnique Cabrera
JE ME TUE A  LE DIRE de Xavier Serron
LA SOCIOLOGUE ET L'OURSON d'Etienne Chaillou et Mathias Thery*

LETTRES DE LA GUERRE de Ivo M Ferreira*
L'AMANT D'UN JOUR de Philippe Garrel
MYSTERIOUS SKIN de Gregg Araki

-les films que j'avais envie de voir mais qu'on n'a pas programmés
ALBUM DE FAMILLE de Mehmet Can Mertoglu

A MON ÂGE JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER de Rayhana
DANS LA FORÊT de Gilles Marchand

- les films qu'on avait programmés mais que je n'avais pas pu voir
FELICITE d'Alain Gomis
LES FLEURS BLEUES de Andrzej Wajda
UNE FAMILLE HEUREUSE de Nana et Simon (que j'ai eu l'occasion de voir il y a peu de temps)

- les "beaux objets"
LES POINGS DANS LES POCHES de Marco Bellochio
MORTELLE RANDONNEE de Claude Miller

- les films que je ne connaissais pas
REVUE/ THE EVENT de Sergei Loznitsa*
SALT AND FIRE de Werner Herzog

(tous à 3€ sauf ceux marqués *, à 6 ou 5)

+
Le coffret Collector "BORO" édition limitée
(l'essentiel de Walerian Borowicz) (8 dvd + 2 album) : 21€

 

 

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après-midi dans la salle 2

Ayant eu la fainéantise d'acheter une carte 5 places et de devoir élaborer  une programmation personnelle digne de ce nom, j'ai juste utilisé les deux entrées gratuites que m'a gentiment fait passer Catherine, surtout pour aller voir 1) le film que nous avions déjà programmé mais que je n'avais pas pu voir, (et dont Jacky me chantait les louanges), et, 2) tiens, le film qui le suivait immédiatement dans la même salle, et qui était en plus, ô joie, un Naruse...

14h
023
UNE FAMILLE HEUREUSE
de Nana et Simon

Oh qu'il est beau ce portrait de femme géorgienne qui décide de prendre un appartement en quittant (celui de) sa famille et de vivre sa vie. Oh qu'elle est touchante cette photo de famille in vivo (j'ai irrésisitiblement pensé au Sieranevada de Cristi Puiu pour la surpopulation de cette chronique  en appartement, il y a régulièrement une douzaine de personnes dans le cadre!). Manana n'en peut plus, en ce jour de son anniversaire, où son mari a invité -sans rien lui demander- une quinzaine de personnes, dans leur appartement où s'entassent déjà ses parents et ses enfants. On l'a vue, dans la scène d'ouverture, visiter un appartement, dans lequel elle va aller s'installer. L'annonce de ce départ provoquera quelques éclats de voix et autres vociférations au sein de la famille, mais Manana, sous ses dehors de petite bonne femme calme et peu bavarde, tiendra bon et concrétisera son projet : aller vivre ailleurs, seule, au calme. Même si c'est difficile de couper ainsi les liens. Ou, du moins, de tenter de les desserrer. Profiter du plaisir simple d'être assise, dans son fauteuil, devant la fenêtre ouverte en écoutant simplement le bruit du vent dans les branches (c'est un bruit extrêmement agréable, et qui reviendra à plusieurs reprises dans le film : y a-t-il tant de vent que ça, en Géorgie ?). Manana respire, elle est enfin seule, elle n'a pas besoin que quelqu'un d'autre veille sur elle (et pourtant ce ne sont pas les candidats qui manquent, le système patriarcal a encore de beaux jours devant lui, que ce soit en Géorgie ou ailleurs...) C'est... magnifique (à l'image du regard final de notre héroïne vers son (ex ?) mari, coupant court à l'interrogation du spectateur : Va-t-elle lui en parler ou pas ?). Jacky avait raison, c'est un film fort, élégant, bien construit, et c'eût été dommage que je ne le visse point...

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16h
024
QUAND UNE FEMME MONTE L'ESCALIER
de Mikio Naruse

"Ca n'est pas son meilleur..." a sobrement résumé Catherine lorsque les lumières se sont rallumées. Et j'étais  d'accord avec elle. C'est pourtant un très beau portrait de femme. Elle s'appelle Mama, elle est hôtesse dans un bar, et elle se démène pour pouvoir vivre mieux. l'argent et les hommes sont les deux problèmes principaux auxquels elle doit faire face (le film parle beaucoup, et comme obsessionnellement, d'argent). La copie est magnifique, rien à dire, mais bon j'ai trouvé le film longuet. Les femmes japonaises n'ont pas vraiment de place, et juste le choix entre bobonne à la maison ou femme aux moeurs légères dans un bar (ou ailleurs), mais toujours et partout au service de l'homme. c'est comme ça, seigneur et maître ondit, et malheur à celle qui voudrait s'éloigner un tantinet de la voix qui est toute tracée. J'aime bien la fin, ce défilé de mâles plus ou moins penauds (celui qui lui a fait croire qu'il voulait l'épouser mais qu'elle n'aime pas, celui qu'elle serait prête à épouser mais qui ne veut pas briser son ménage, et d'ailleurs est nommé dans une autre ville, et celui qui aimerait l'épouser mais ne le fera pas...) Oui, pauvre Mama...

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jeudi 8 février 2018

prix des exploitants

79-320x450

020 (à 10h, salle 2)
DAKINI
de Dechen Roder (sortie juin 2018)

Waouh! Un polar bouthanais! C'est vraiment rare qu'on puisse voir un film de ce pays (on avait passé La Coupe,une jolie comédie, il y a... un certain temps) et, ce qui est encore plus rare, par une réalisatrice. Le film nous a été présenté par son enthousiaste distributeur, le monsieur de Jupiter Films (ce monsieur-là est véritablement passionné par ce qu'il fait). Un polar, dites-vous ? Il faut un certain temps pour en être convaincu (au début ça ressemble plutôt à une histoire d'amour, entre un policier qui mène l'enquête sur la mort d'una abbesse à laquelle serait mêlée une très belle jeune fille, en fuite, et donc soupçonnée de meurtre. Ca se passe au Bouthan, et c'est forcément dépaysant (et oui, les paysages sont grandioses, allez osons le mot "mêêêrveilleux" qu'on entend si souvent accolé à celui de "paysages"dans les couloirs du Ficâââ, et qui finit par me faire penser que la majorité des spectateurs ne viennent là que pour ça, et donc pas forcément pour voir un film, ni encore moins forcément un bon film fermons la parenthèse). Dakini est un film magnifique, et le rythme qu'il adpote (je l'ai qualifié pendant que le le regardais de "joliment languissant") fait intégralement partie de la couleur locale. Une belle fuyarde, un policier en civil qui voyage avec elle -coaché au téléphone par son chef- pour être sûre qu'elle est vraiment coupable et de quelle façon, une abbesse morte, et, plus l'histoire progresse (à pas lent dans la première partie), plus les choses se compliquent (la deuxième partie du film va faire cavaler notre policier de rebondissement en rebondissement, de révélations en questionnements, et on finit par craindre que, comme l'horizon, le dénouement de son enquête ne cesse de reculer au loin, de plus en plus loin. S'autant plus que la réalisatrice inclut dans son récit, régulièrement) (trop?) des scènes de rêves mettant en scène, justement, la mystérieuse et belle jeune fille - et c'est vrai qu'elle est très belle-) qui hachent le récit, avec le dessein d'égarer un peu plus le spectateur). Le film fait 2h10, tout de même, et le spectateur est content que toute la lumière soit faite sur cette ténébreuse affaire dont le fin mot (en hors-champ) serait "corps de lumière"... Vous y voyez plus clair ? En tout cas, régalez-vous!

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021 (à 14h, salle 2)
LES DESTINÉES D'ASHER
de Matan Yair (sortie 28 mars 2018)

Et nous voilà en Israel pour un film beaucoup plus... couillu (et testostéroné) centré sur un lycéen de terminale, Asher (dont la particularité est qu'il s'agit d'un personnage réel et qu'il est joué par lui-même), dans une classe de grands gaillards (il s'agit des Terminale 3, mais ils ont l'air d'avoir 10 ans de plus que leurs homologues français, tous poils barbes et muscles dehors, on se croirait presque dans un film gay, si si. On pencherait plutôt pour les "Fins d'étude", ceux qui ont redoublé assez de fois pour qu'on ne puisse plus les compter, et qui n'attendent que d'avoir passé le bac pour quitter le système scolaire sans regret.)
Asher a un père (divorcé) vieillissant, qui compte bien que son grand gaillard de fils va très bientôt reprendre les échafaudages (c'est le titre original du film, Scaffoldings, plus fort je trouve que le mièvre titre fransouze) et la direction de l'entreprise paternelle, dans laquelle il (le fils) travaille déjà d'ailleurs très régulièrement. On peut dire qu'Asher se partage entre les échafaudages et le lycée, ou plus précisément les cours du prof de littérature, Rami, avec qui il va nouer une relation particulière (non non non on n'est pas dans un film gay, arrière bandes de hyènes lubriques) qui lui fait découvrir autre chose que le goût du ciment et le poids des planches.
Même s'il a le défaut (le jeune Asher) d'être trop hérissé (c'est son prof qui le lui dira) et de péter les plombs pour un oui pour un non, testostérone quand tu nous tiens. Bon je dois avouer que j'ai adoré ça (et hmmm peut-être pas vraiment tout à fait pour les bonnes raisons -smiley avec les joues rouges et qui baisse les yeux-, mais bon il faut le reconnaître, ce jeune homme-là, est, je ne peux le dire autrement, bandant, et ça joue dans hmmm l'appréciation d'un film). Asher est un bourrin, un beau bourrin à qui soudain une imperceptible fissure dans son bloc de certitudes (un beau bloc, je le redis) fait entrevoir autre chose. Le film est réalisé par un prof, qui dit avoir vécu ce genre de situation et avoir souhaité en parler, et, en tant qu'enseignant (même retraité), on ne peut qu'être touché... Cercle des poètes disparus, tout ça... (ici c'est Antigone qui va mettre le feu aux poudres...).
(Et j'étais trop heureux de pouvoir voir enfin ce film qu'on avait raté à Belfort à cause de la neige...)

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022 (à 16h, salle 4)
LA CAMÉRA DE CLAIRE
de Hong Sangsoo (sortie 7 mars 2018)

Et on a terminé cette journée (dite "du prix des explotants") non pas en Corée (Hong Sangsoo oblige) comme on aurait pu le croire, mais dans les rues de Cannes (hors-champ du Festival), avec Isabelle Huppert (à qui appartient la camera du titre, qui est d'ailleurs plutôt, en fait, soyons rigoureux, un appareil-photo) et la belle Min-Hee Kim, la jeune et belle nouvelle copine du réalisateur, avec qui il n'arrête plus de tourner depuis Un jour avec, un jour sans (quatre films, quand même, depuis 2015!). A part le fait qu'on est à Cannes (et donc que le soju y coule moins à flot qu'à Séoul)), le spectateur habituel de Hongchounet ne sera pas déboussolé : un réalisateur en goguette au festival (il s'appelle So Wan Soo! hihihi) est pris en tenaille entre sa productrice (qui en est amoureuse) et l'employée de celle-ci (avec laquelle il a couché). Celle-ci a été licenciée par celle-là au début du film pour malhonnêteté, sans comprendre vraiment de quoi il retournait. Elle aurait du rentrer à Séoul mais est restée à Cannes "parce qu'elle n'a pas pu changer son billet pourri". Et donc ça marivaude, ça rohmérise et bien sûr ça boit. Isabelle Huppert joue la quatrième roue du quadrille, en prenant les photos elle "change les gens" et modifie donc, me semble-t-il, peut-être, d'une certaine façon, le cours des choses, ou pas. Le dossier de presse évoque aussi le rôle du tunnel de la plage (sans que je puisse formellement dire que j'avais compris qu'il avait raison).
C'est très ... plaisant (j'avoue, j'adore Hong Sang-Soo, et c'est surtout pour ce film-là que j'étais venu passer la journée) mais bon "c'est un peu court, jeune homme..." Ok le film a été tourné en quelques jours, à l'arrache, improvisé dans les rues de Cannes, mais bon. Il fait à peine 1h06, et c'est dommage.... c'est comme pour le short de Min-Hee Kim, à propos duquel So Wan-Soo lui fait des reproches, on est en droit de lui dire, que, oui oui, on trouve ça vraiment vraiment trop court.
On est frustré, on voudrait en voir un peu plus, en avoir un peu plus pour ses sous...
Reste à attendre Seule sur la plage la nuit, du même réalisateur, avec la même belle jeunette (mais sans Isabelle H.) que nous passerons dans le bôô cinéma d'ici quelques semaines (la séance était complète -dans la salle 4 pourtant- et je dois dire que je me prépare d'ores et déjà à pleurer de rire  (nerveusement) devant les x pelés et les y tondus qui clairsèmeront l'assistance lorsque nous le passerons, "hors- festivâââl" (tout ces gens qui disparaissent dans leur trou jusqu'au Ficâââ suivant je dois reconnaître que ça m'agace un peu...) oui, je suis prèt à prendre les paris...) et dont j'attends beaucoup.

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mercredi 7 février 2018

pyromane

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WONDER WHEEL
de Woody Allen

Troisième film d'affilée de l'après-midi (enfin, là j'ai eu droit quand même à 20 minutes de battement). Le dernier Woody Allen. Qui ne passera que dans un mois dans le bôô cinéma, alors autant faire affaire ici tout de suite.
Un Allen presque en costumes (les années 50 ? 60 ?) qui parle beaucoup (c'est habituel), avec un narrateur face caméra (interprété par Justin Timberlake, ce qui ne m'a pas paru une très bonne idée tellement je trouve le monsieur lisse et fadasse -on me rétorquera "mais c'est le rôle qui veut ça..." mais ouais n'empêche-). Heureusement il a en face de lui des actrices/teurs plus conséquant(e)s : (c'est un quadrille amoureux pourrait-on dire) Kate Winslet dans le rôle de l'épouse de la mère et de la maîtresse (presque aussi excellente que Cate Blanchett dans Blue Jasmine, allez, aussi bonne on va dire), James Belushi dans le rôle du mari et du père (que j'ai beaucoup aimé et trouvé très juste) et Juno Temple (que je ne pense pas connaître) dans le rôle de la fille, de l'épouse et presque de la maîtresse (ne vous inquiétez pas, ça a l'air confus comme ça, mais vous pigerez assez vite le mécanisme).
Il y a aussi des gangsters (qui cherchent une personne pour la tuer) et, bien au centre de l'histoire, mais en même temps tout à fait à côté, un gamin qui partage fifty fifty son bonheur entre le cinéma et la pyromanie (un très singulier et attachant personnage).
Il sera question de fête foraine (ah le manège -ou ici, la grandre roue- comme métaphore de l'amour et de ses vicissitudes...), mais, aussi,  beaucoup question de théâtre, celui qu'on lit, qu'on a joué, des pièces qu'on aimerait écrire pour devenir célèbre, et d'autres reliées en volume qu'on prête ou qu'on offre, mais surtout, méta-truc (je ne sais pas mieux expliquer : le réalisateur parle exprès théâtralement de la théâtralité - coucou Anton T.- et fait, mine de rien, rejouer à ses personnages des scènes d'un théâtre qu'on pourrait parfois presque reconnaître...
Il y a une lumière très belle, très pétante et très joyeuse (pas l'horrible lumière jaunasse qui m'a rostoboqué les rétines dans quelques précédents opi du Maestro), oui très... intense (parfois presque d'une précision excessive)qui vient donner du peps à toutes ces palabres, ces hésitations, ces mensonges et ces trahisons...
Et il y a surtout ce qui a achevé de me convaincre (alors qu'au début du film ça n'était pas du tout gagné et je commençais à -pffff- soupirer) une fin parfaite, très noire, -plaf!-, brutale quasiment. Sarcastique. Cruelle. Oui, soyez rassurés ça finit mal pour presque tout le monde.

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