films et bouquins
samedi 19 août 2017

médaille de communion

132
QUE DIOS NOS PERDONE
de Rodrigo Sorogoyen

Un film español, quel bonheur, joder! Un polar, en plus, dont la bande-annonce a suffisamment de cojones pour vous donner envie d'en savoir plus... Et, au Victor Hugo, il était en sortie nationale et j'y suis donc allé (un peu grâce à Emma tout de même). ca se passe en 2011, à Madrid (le film est précisément géo-chrono-localisé puisque 2011 c'est la visite du pape Benoît XVI aux jeunesses communistes oups catholiques madrilènes façon grand-messe "J'ai vu jésus en sortant d'la chapelle..." jouons de la guitare et embrassons-nous youp la boum.
Mais pendant que les cathos effervescent (juste avant pour être plus précis), on fait la connaissance de deux flics, en tandem, (non non ils ne font pas du vélo pffff) qui comme tous les tandems de flics du monde 'enfin, celui des films et des romans dits "noirs") ne sont pas vraiment assortis : d'un côté un bourrin baraqué très très... impulsif (mucho violento, quoi) avec pectoraux apprents sous la chemisette, et en face un partenaire en costard, un peu étriqué, dont on s'aperçoit vite qu'il bégaye (et un peu plus tard qu'il peut lui aussi être sujet à des accès de violence). celui-ci faisant office de cerveau et l'autre étant les muscles de la paire (je n'ai rien dit) qu'ils composent.
Le film démarre très fort, et on sent qu'on va se régaler, et que la bande-annonce ne racontait pas de mentiras. Nos deux lascars vont être amenés à enquêter sur une affaire sordide (une mamie tombée dans un escalier et donc kaputt mais un examen plus approfondi révèle qu'elle a été violée, et par un pénis démesuré en plus...) qui va se révéler reliée à une autre, puis une autre, et une autre encore, et les voilà partis sur les traces d'un fantomatique (et de plus en plus violent) sérial killeur (et violeur) de mamies, chacun avec les méthodes qui lui sont propres, qui le bourre-pif et qui l'examen minutieux à la loupe des fibres du tissu... et la pose de questions à la Columbo ("Mais qui a nourri le chat ?")
Je ne vais pas vous en raconter plus, pour ne pas gâcher votre plaisir, mais dites-vous bien que vous n'êtes pas à l'abri de vos surprises (c'est normal, on est dans un polar, noir, de plus en plus noir, et glauque, de plus en plus glauque aussi). mais le réalisateur est assez malin pour nuancer son propos, et aérer son discours de petites vannes plaisantes (j'avais commencé à taper saillantes, et c'est vrai qu'elles le sont aussi, d'une certaine façon)...
Et il nous balade de droite et de gauche, nous fait valdinguer, nous coupe le soufle dans de brusques accélérations, et même carrément des changements de voie inopinés et des demi-tours au frein à main du scénario. C'est fort, ça roule un peu des mécaniques, c'est noir, et c'est extrêmement violent (très, trop, je suis sans doute chochote mais pour moi deux scènes au moins frisent la complaisance malsaine...).
Mais bon c'est efficace, et du coup on ferme les yeux sur les ficelles du scénario un peu voyantes parfois, en même temps que sur certains excès un peu sanguinolents.
Je ne connaissais pas  Rodrigo Sorogoyen, mais ce film fait plus que nous appâter sur son devenir cinématographique... L'Espagne décidément regonfle son cinéma, avec, ces derniers temps, quelques polars couillus et tonitruants, et mon coeur de Chori ne peut que (triplement) s'en réjouir : J'aime les hommes, j'aime le polar, et j'aime l'España... 

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vendredi 11 août 2017

oppressée

131
ANA MON AMOUR
de Calin Peter Netzer

Je l'ai déjà dit 500 000 fois, j'adore le cinéma roumain, et ce film-ci, encore, ne me fera pas mentir. De ce réalisateur (Calin est un joli prénom, non ?), on avait déjà programmé Mère et fils, qu'on avait déjà beaucoup aimé (vu ma taille, j'ai droit au pluriel dit "de majesté", non ?) Familles je vous hais, pourrait-être un leitmotiv de ce cinéma-là, et Ana, mon amour ne faillira pas à la règle. C'est... chirurgical quasiment dans la démarche. En gros ça va de là :

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à là :

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Voilà, tout est dit. ou pourrait l'être. L'histoire d'un couple de a jusqu'à z. Où l'on serait à peu près sûr du a mais pas tout à fait du z. Je m'explique : la chronologie du film n'est pas linéaire, ça serait trop facile, mais... bordélique, mélangeant les moments et les époques (le film s'étire en gros sur 10 ans), et le seul indice un peu patent est capillaire, puisqu'il suffit de regarder le garçon pour savoir à peu près à quel moment de l'histoire on en est.
Deux étudiants qui se rencontrent, dans une chambre de Cité-U (la première scène). et au début tout est merveilleux, c'est bleu c'est rouge c'est Broadway, malgré que leurs familles respectives n'y mettent pas vraiment du leur (chacune à son tour), et le fait que la jeune fille semble affligée d'un problème d'angoisse(s) chroniques(s). Et persistant.
Et sil l'histoire de nos roumains tourtereaux est ainsi mille-feuillée, ce n'est pas juste pour le plaisir de faire confus mais parce que (on l'apprendra très vite, hein, donc je ne spoile pas, et de toutes façons le film ne passe plus hihihi) le monsieur a fini, sur les conseils de sa chère, par aller voir un psy (alors qu'elle a terminé la sienne, que c'est lui, d'ailleurs, qui a payée, contrairement à tous les us en usage dans la relation psy/client) et que donc ce qu'on voit c'est ce qui lui passe par la tête, que ce soient des souvenirs, des rêves, ou autre chose encore.
J'aime le cinéma roumain et j'aime beaucoup, aussi, ce film-là. Et j'aurais aimé d'ailleurs pouvoir le revoir, pour tenter d'éclaircir la question, qui, finalement, nous tarauda, Catherinechounette et moi, à la sortie du cinéma. Il a la rigueur clinique du cinéma roumain "habituel" (il appelle un chat un chat, et quand il faut le montrer, il n'hésite pas à le faire, tous fluides corporels confondus...). Les critiques, toujours aussi agaçants dans leur majorité, ont un peu finebouché (surtout les parizzziens : à propos de la psychanalyse, justement, du manque de finesse et d'originalité de ce biais, de la lourdeur des explications psy et des symboles psy, et des maladies psy et autres touche-psypsy (ça n'est pas de moi, c'était dans un vieux Brian de Palma), mais moi je m'en contrefiche.  J'aime bien cette idée, j'aime  beaucoup comme c'est construit, ces va-et-vient mémoriels, cette tapisserie de dix ans de vie faite de fragments plus ou moins bien recousus entre eux, avec tous les blancs, tous les accrocs,  toutes les questions que ça suscite, et les sentiments mêlés aussi (parfois on est joyeux, ou attendri, ou on s'énerve, ou on est ému, ou on s'agace...), c'est comme la vie, sauf que c'est la vie au cinéma, et qu'on vibre sacrément au diapason des deux personnages principaux (mais de tous ceux qui les accompagnent aussi). Un couple c'est ça, ça peut être ça, c'est sans doute aussi autre chose (je suis assez mal placé pour en parler) mais ce film en est, pour moi, une excellente approche, très... roumaine, voilà.

"Nous sommes de l'étoffe dont les songes sont faits, et notre petite vie est cernée par le sommeil."
(William Shakespeare)

"C'est l'amour, c'est l'amour, c'est l'amour-mour-mour..."
(Léopold Nord et vous)

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jeudi 10 août 2017

on 'est pas bien, là, à la fraîche...

CABADZI X BLIER

Grande

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Le titre du concert se lit "Cabadzi fois Blier". C'est, encore une fois, justement, grâce à Catherine qu'on a eu la chance de se retrouver là. Pour ses avant-dernières grandes vacances, lui est venu le goût d'expérimenter les festivals locaux, ou, en tout cas, pas trop loin, et j'ai eu le grand bonheur de jouer à chaque fois les accompagnateurs : Musicoul  (ça, c'est chez nous), Les Estivales (ça aussi ou presque, Les Eurocks, La guerre du son, et, cette fois, Le chien à Plumes.
On y (re) venait plus spécialement pour un concert, celui de Cabadzi, même s'il était annoncé à 1h15. On a assisté à tout, de 17h (Lisa Leblanc, on a pensé à Emma) à 23h (Las Aves, on a pensé à Manue). Il faisait  beau, on était bien, il y avait plein de jeunes gens torse-nu, à la démarche plus ou moins assurée, on a bu des bières locales (au prix quasiment de celles des Eurocks, il faudrait un peu qu'ils se calment, tous, avec le prix de la bière, dans les festivals, non ?).
A la fin de Las Aves, j'ai zappé Matt Bastard sur la grande scène parce que je voulais être sur d'être tout devant pour Cabadzi, contre la barrière, comme pour Fauve il y a deux ans. J'vais envisagé de piquer un roupillon mais j'ai finalement assisté à quasiment toute l'installation du concert à venir (en journée on voit des roadies concentrés et efficaces qui s'affairent, torse-poil, avec l'élastique du calbute qui dépasse du short, j'adôôre ça), l'installation du décor (un cube avec des parois déplaçables en fils parallèles sur lesquelles on peut projeter des choses), les réglages son, lumière, avec même les interventions des deux mecs de Cabadzi en personne, dont un notamment qui passa un long moment à peigner les fils de la structure pour qu'ils soient bien parallèles et impeccables comme il faut.

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Et le temps a passé, et voilà il est déjà 1h30 (je m'étonne moi-même), et ça commence...
On est idéalement installés, bien calés contre la barrière, quasiment au milieu, et c'est un sentiment jubilatoire de n'être, ainsi, qu'à quelques mètres d'eux. Ca démarre et hop tout de suite on est dedans. Quelque chose se passe, qui vous happe, vous enveloppe, vous agrippe et ne vous lâchera plus jusqu'à la fin. Cabazi x Blier, c'est bien plus qu'un concert. C'est Cabadzi qui joue, mais sur des mots de Bertrand Blier (et c'est une excellente occasion de revisiter sa filmo), avec des images des films de Blier, retravaillées façon croquis (et animées lors des projections dont j'ai parlé plus haut, sur les fils), et des voix de ses films, aussi, parfois reconnues (Depardieu) et parfois pas..., dans une scénographie millimétrée, impeccable, imparable, impitoyable pour vous harponner et vous tournebouler, un concert scénarisé, (un scéanr concertisé ?) bref une performance ahurissante* ...
Un show d'une force et d'une intensité (d'un volume sonore) sidérantes, qui enchaîne les morceaux -de bravoure- sans débander ("on bandera quand on aura envie de bander..."), je ne me souviens pas de tout, mais une mention spéciale pour un Danser (pas sûr du titre) d'une si haute volée qu'il m'en fit venir les larmes aux yeux). Au tout début du show, tellement ça tapait fort, -oui on était très près- j'avais pris mes petits bouchons, mais je les ai vite re-otés, pour me sentir mieux dedans, encore plus fort, encore plus profond.
Je pense que la proximité décuple les sensations quand on assiste à un concert (qui vous plaît, bien sur) et là, j'ai retrouvé l'intensité des sensations éprouvées quand on était tout près de Fauve, la même ferveur, même si ce qui se jouait sur scène était complètement différent. Il faut avoir les couilles pour oser, ainsi, faire un spectacle à deux avec juste voix, batterie, électro, et beatbox (on ne verra pas la queue d'une guitare sur scène, ce qui est assez rare pour être souligné!) Et ces deux mecs sont vraiment fabuleux : Victorien Bitaudeau (batterie, beatbox, vocaux) et Olivier Garnier (chant, claviers), et on a juste envie de leur crier "On vous aime les mecs!".
Je me suis rendu compte que je ne (re)connaissais pas si bien que ça les citations de Blier, mais ce qui fait du bien, c'est la façon dpnt les deux Cabadzi se les ont appropriées, les ont intégrées, digérées, recrachées, extégrées... Ce show a été pour moi une véritable grosse baffe, un gigantesque coup de coeur, et la rigueur de la préparation, de la scéno, ne bride à aucun moment la vigueur et l'énergie du propos, bien au contraire...
Une heure qui passe très, trop, vite, j'ai repiqué là la liste des morceaux de l'album, qui sont tous joués sur scène mais, me semble-t-il,  pas dans le même ordre : Bouche /oui / grave / polaroïd / un deux trois / reste / rouge / jamais / fatiguée / bain / dansable

Et, comme pour un vrai film, il faut rester jusqu'au bout du générique (que j'ai récupéré sur le site de La Manufacture) :

Distribution
Cabadzi (Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau)
Texte/auteur : Bertrand Blier
Musique : Cabadzi
Conception lumière et scénographie : Cyrille Dupont
Régie lumière : Noémie Crespel                
Régie sonore : Patrice Guillerme
Régie plateau : Antony Revon / Vincent Potreau
Illustrations : Adams Carvalho
Conception vidéo : Maxime Bruneel pour Eddy (animation) et Marian Landriève

Oui ce concert fut pour moi une vraie secousse, une déflagration, un absolu condensé de plaisir puisque mêlant la voix, l'électro, l'émotion, la percussion,l'énergie,  le cinéma, l'émotion encore, le cul, l'amour, la tendresse, la colère, l'émotion toujours, oui, quelque chose qui m'a vraiment submergé (et, visiblement, Catherine était à peu près dans le même état).J'étais tellement sous le choc et j'avais tellement envie d'en profiter directement (d'en jouir), de rester dedans,  que j'ai complètement oublié de filmer (je n'ai du coup que quelques secondes...).

l'album sortira fin septembre (est annoncée une édition luxueuse, avec cd, carnet, cartes postales, affiche, tote-bag, tout ça fait à la main, amoureusement, dans cet esprit artisanal qui caractérisait déjà les editions de leurs cd précédents -pour Des angles et des épines ils ont écrit 6000 mots doux à la main, chacun glissé dans un des coffrets, oui, de l'amour vous dis-je!-

* (éblouissante, incroyable, invraisemblable...)

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mercredi 2 août 2017

tout le monde, applaudissez bien!

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NOTHINGWOOD
de Sonia Kronlund

Bigger than life. Il y a des personnages, comme ça. Salim Shaheen en est un. Un réalisateur (et acteur) afghan, auteur de 111 films (au moment où celui-ci -un documentaire à lui consacré- a été tourné). 111 films! Et tout ça sans un kopeck*(je ne sais pas quelle est l'unité monétaire de l'Afghanistan) mais avec beaucoup d'ingéniosité (j'ai failli écrire ingénuité, et on n'en serait, finalement, pas si loin...) de sens des affaires, de roublardise, (la liste pourrait s'allonger encore).
Sonia Kronlund (une dame de France-Cu, que donc je ne connais pas puisque je n'ai plus la radio depuis belle lurette) a décidé de tourner un film sur ce monument national à côté duquel , nous explique-t-elle en ouverture, elle avait le sentiment d'être passée, après avoir couverts maints reportages auparavant sur maintes choses épouvantables du quotidien afghan. Car Salim Shaheen est une véritable méga-star là-bas (enfin surtout chez les hommes, car de femmes on ne verra quasiment figurer à l'écran que la réalisatrice, quand même dûment foulardée, "Mais toi tu es un homme!" lui tonitruera d'ailleurs Salimchounet, qui provoque l'enthousiasme des masses partout où il passe, et sait l'entretenir, dans un savant mélange d'exhubérance et de sens-du-poilisme.
C'est un véritable ouragan, qui gesticule, danse, vocifère, boude, roucoule, interpelle la caméra, rabroue les acteurs, soulève les voitures, bref produit beaucoup de vent, sous ses multiples casquettes de réalisateur, d'acteur, mais aussi, surtout, de personnage central du film que lui consacre Sonia K.
Et le film nous entraîne sans nous laisser le temps de dire ouf, et tourbillonne lui aussi, entre les films que S. a déjà tournés, ceux qu'il est en train de tourner (quatre en même temps, nous précise la réalisatrice, au moment de son tournage à elle), entremêlant de jubilatoire façon (l'adjectif est ici parfaitement mérité) la réalité de l'illusion et l'illusion de la réalité. Comme un délirant tricot afghan, une maille à l'endroit, une maille à l'envers, récit, conte, allégorie, hagiographie, témoignage, tout ça enchâssé dans la (dure) réalité du pays. Oui, dans ce pays ahurissant a germé ce personnage abracadabrant, qui ne pouvait donner qu'un film tout aussi esbaudissant (l'adjectif n'existe pas, mais le film le mérite). Un film qui ragaillardit d'autant plus que le gaillard, justement, a su s'entourer de personnages à sa hauteur, entre un co-scénariste dialoguiste mais acteur aussi au look de Sébastien Tellier local et un acteur principal... qui joue à merveille les personnages efféminés ("Même un soldat efféminé ne saute pas comme ça..." lui fera remarquer, lors d'un des tournages, un vrai gradé du cru). Moi je dis ça je dis rien, et d'ailleurs rien n'est dit.
Un film "viril", donc, où tout un chacun semble traîner tout naturellement sa kalachnikhov (ce sont d'ailleurs de vraies armes qui sont utilisées sur les tournages), dont on est d'autant plus content (et fier) qu'il ait été réalisé par une femme.
Avec en prime, cet omniprésent fatalisme à l'afghane ("Je n'ai pas peur de mourir. A quoi ça sert d'avoir peur d'un truc dont on sait qu'il va arriver ?"), entre insouciance et inconscience.
Bref, un (gros) bonheur de film. (Qui ne sera hélas projeté que 3 fois dans le bôô cinéma).

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* ca y est, je le sais, je viens de chercher, c'est l'afghani!

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lundi 31 juillet 2017

quand on s'est connu, quand on s'est reconnu

...

pourquoi s'perdre de vue, se reperdre de vue ?

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Quand on s'est retrouvé,
Quand on s'est réchauffé,
Pourquoi se séparer ?

 

 

(oui, je suis triste...)

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lapin blanc

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TOM OF FINLAND
de Dome Karukovski

Troisième et dernier film de la journée dans la salle 3 du Victor Hugo (21h40). J'avoue que j'étais un peu affriolé par le titre et le sujet (je connais plutôt bien les dessins de l'artiste en question, les sujets qu'ils traitent et le genre d'émois qu'ils procurent...) De plus, comme un clin d'oeil amical, le film précédent se terminait (ou presque) au sauna Finlandia,  la transition me semblait logique, et m'engageait à y aller. A cette séance (la dernière), il n'y avait (tiens donc) que des mâles dans la salle, tous solitaires avant le début de la séance, sauf un qui fut rejoint in extremis par deux copines (clic clic) dont je craignis aussitôt qu'elles ne jacassassent pendant toute la séance mais heureusement non.
Peut-être commençais-je à être fatigué mais
1) Je n'ai pas tardé à papillonner et à somnoler
2) Je me suis même demandé si je n'allais pas quitter la salle avant la fin, pour, justement, pouvoir rentrer chez moi plus tôt (et m'endormir idem).
Je dois avouer que la déception était patente, d'abord, avouons-le, parce qu'il ne s'agit pas du tout, contrairement à ce que pouvait laisser présager son sujet, d'un FAQV (même les dessins sont assez soigneusement émasculés) et c'est dommage. Ensuite parce que le biopic est ici trop soigneusement repassé et amidonné, assagi, affadi, mettant surtout l'accent sur l'importance du lien dudit Tom avec sa soeur, elle-aussi artiste.
D'un plat a priori sauvage et épicé (fantasmatique) le réalisateur a tiré un plat joliet mais singulièrement fadasse. Un documentaire sociétal sur les gays, sur l'ostracisation et le harcèlement (la persécution, l'charnement) dont ils ont fait l'objet jusqu'à une date relativement récente, sur le sida aussi, bref un survol peut-être bienvenu pour rafraîchir certaines mémoires, mais je suis sûr que le prochain 120 bpm de Robin Campillo le fera de plus énergique façon.
(A noter la coïncidence minutieuse entre certaines scènes (notamment celles nocturnes de drague dans les parcs) avec les mêmes scènes, mais écrites cette fois, dans l'ahurissant Histoires parallèles de Peter Nadas, que je viens de reprendre...)
Oui, oui, je sais, peut-être n'était-ce pas très raisonnable, non plus, de m'enquiller, comme ça, trois films d'affilée, je sais je sais...
-Fin de la journée dans la salle 3 du Victor Hugo-

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dimanche 30 juillet 2017

diabla

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UNE FEMME FANTASTIQUE
de Sebastian Lelio

Deuxième film dans la salle 3 du Victor Hugo (19h40). Au Chili, cette fois, avec un couple mixte : Orlando, un homme d'âge mûr (dire un papy n'est pas politiquement correct)  et Marina, un(e) plus jeune transexuelle,  qui vivent une tendre histoire d'amour, qui serait paisible et sans histoire si le papy ne venait brutalement à décéder et les ennuis, tout aussi brutalement, à commencer pour la jeune Marina.
La famille d'Orlando est une famille "mauvaise pioche", bien-pensante cul-serré et moue méprisante pour ce qui ne lui semble pas, justement, "politiquement correct". Et qui n'a toujours pas digéré que leur cher Orlando se soit entiché d'une telle "créature", à qui ils entendent bien faire payer cette situation, en récupérant tous les biens que le défunt partageait avec Marina : la voiture, l'appartement, (même le chien!), puis en lui refusant la possibilité d'assister tant à sa veillée mortuaire qu'à son enterrement. Le film suit, de près, les efforts de Marina pour obtenir ce qui lui est dû, et récupérer notamment sa dignité et assumer son statut de femme (pas encore complètement abouti au moment où commence le film).
(Je viens d'apprendre le mot cisgenre (et son abréviation cis) en fouillant sur le web pour retrouver le titre du très beau film de Sébastien Lifhshitz (Wild side) et je suis. tombé, ,  sur la page "les 10 meilleurs films trans", avec, après la liste, un long échange de commentaires sur la question "Un personnage de trans doit-il être joué par un trans ?", question à laquelle j'aurais envie de répondre "Oui,question d'honnêteté", mais le débat semble loin d'être clos.) Ici, Marina est jouée par la magnifique Daniela Vega, qu'on avait déjà vue dans le beau La Visita, et qui compose ici un personnage aussi riche que complexe.
Sebastian Lelio réussit le bon dosage entre mélo et "film politique", ne se contente pas des attendues scènes d'humiliation et de violence, mais justement, en faisant de Marina une battante (les occurrences du punching-ball) se démarque des clichés qu'on a "habituellement" d'un personnage de transexuel. En y faisant cohabiter des dynamiques contraires (la boxe / le chant lyrique), il nous la rend encore plus attachante (troublante ?), exactement de la façon dont il la filme. Una mujer fantastica, si!

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samedi 29 juillet 2017

au revoir hervé

Hervé Le Roux, un cinéaste discret qui s'est éteint tout aussi discrètement (le 26 juillet 2017 mais je viens seulement de l'apprendre par une notulette de Libé que je n'avais pas pris le temps de lire hier...)

 

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Trois films, ce n'est pas beaucoup, mais, ici, on l'aimait, justement beaucoup... On en passé deux, me semble-t-il (et il me semble me souvenir qu'à la séance de Reprise, qui était justement une séance de reprise, dans le vieux cinéma, on n'était que deux dans la salle : Hervé (l'autre) et moi... Et peut-être que On appelle ça le printemps on ne l'a vu qu'à... Luxeuil (?) en présence du réalisateur aussi, me semble-t-il...

 

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corbs plorat

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ETE 93
de Carla Simon

Une journée cinéma au Victor Hugo, dans la salle 3. En premier, un film qui appartient à la famille pas si nombreuse des films tournés en catalan. L'histoire de Frida, une fillette, et de l'été qu'elle va vivre, justement, en 1993, dans la famille de son oncle, après le décès de sa mère.
Un beau personnage de fillette, un visage grave, des yeux noirs, une plus jeune (demi-) soeur blondinette, l'été, des jeux, le monde des adultes vivant et disant des choses qu'on ne .comprend pas forcément, des petits rites magiques, le souvenir d'une mère morte, et un film qui se termine juste la veille de la rentrée. Ne manquerait plus qu'un ritournelle écoutée sur un mange-disque ("Todas las promesas de mi amor si iran contigo mi olivideras mi olvideraaaaaas"), non ? Je n'ai pas pu m'empêcher de retrouver un certain parfum d'un des mes films préférés, le très cher Cria cuervos, de Carlos Saura (dont le titre de ce post est d'ailleurs la traduction en catalan), qui, comme celui-ci, trouvait d'autant plus de force qu'il était situé à hauteur d'enfant. A la bonne hauteur, ni trop mièvre ni trop théorique.
La gamine (Laia Artigas) est très impressionnante (comme avait pu l'être Ana Torrent en son temps), beau visage grave la plupart du temps, de temps en temps éclairé par un sourire. Ce fameux été 93, on le revit avec elle, au même rythme qu'elle (le spectateur n'en sait jamais plus que la fillette, et reconstituera l'histoire au fur et à mesure en fonction des éléments dont il dispose.) Elle n'a que ses armes de gamine pour trouver sa place, et les choses sont parfois difficiles, pour elle mais aussi pour les autres.
L'oncle la tante et la nièce qui deviennent les nouveaux parents et la nouvelle soeur, la grand-mère qui laisse échapper des choses qu'elle ferait mieux de garder pour elle, nouveaux repères, nouveaux lieux, nouvelles émotions, non tout n'est pas toujours rose pour Frida. Mais la réalisatrice, si elle la place au centre de son récit, ne l'idéalise pas non plus. Il y a des moments où , maman morte ou pas, on se dit qu'il y a des gifles qui se perdent. Les plans-séquences découpent le film en longues plages où les personnages (les fillettes notamment) prennent le temps de s'épanouir et les tensions de s'exacerber.

"L'enfance
Qui peut nous dire quand ça finit
Qui peut nous dire quand ça commence
C'est rien avec de l'imprudence
C'est tout ce qui n'est pas écrit..."*

L'enfance, dans tous ses états : la joie quelquefois, la tristesse souvent, les attentes, les espoirs, les désillusions, sans oublier, parfois, la violence. Un beau film d'enfance, un beau film d'été, un beau film catalan (on saisit au générique de fin que tout ça est autobiographique), bref un beau film tout court.
Un premier film très maîtrisé, des interprètes (les fillettes) au diapason (mais mmm le "nouveau papa" barbu est ma-gni-fi-que!), récompensé à Berlin.

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* Je la préfère chantée par Gréco que par Brel

 

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vendredi 28 juillet 2017

piqûres (de rappel)

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CREEPY
de Kyoshi Kurosawa

Juste deux petites séances dans le bôô cinéma. On y était donc, avec Catherine. La bande-annonce, inquiétante à souhait, nous y avait appâtés. (Revenir brièvement sur les critiques, qui racontent vraiment n'importe quoi, l'un parlant de choses qui n'existent pas (et que j'ai donc attendu en vain pendant tout le film) et l'autre spoilant à la truelle en deux lignes (exposant comme un fait établi ce que le spectateur est censé  mettre un petit moment à comprendre), lever les yeux au ciel en faisant pfffff..., et clôre ici le chapitre).
J'en savais donc hélas plus que je n'aurais dû, et ça m'agaçait un peu  (comme quand Télérama m'avait spoilé Les Autres en écrivant "comme dans Le 6ème sens" re pffff)  mais bon je  me suis laissé faire et j'ai plongé dans ce Creepy que le titre et l'affiche nous incitent d'ailleurs à prendre pour ce qu'il n'est pas vraiment. Manipulations, donc. Ce qui tombe plutôt bien puisque c'est le sujet du film.
Un flic (enfin, un ex-flic, qu'on a vu à l'oeuvre avec un serial-killer dans la scène d'ouverture) emménage avec sa jeune et souriante épouse dans une nouvelle maison. Leur "visite de courtoisie" pour faire connaissance avec leurs nouveaux voisins va leur faire rencontrer une voisine acariâtre d'un côté et un étrange bonhomme de l'autre. Cet étrange bonhomme est le Creepy du titre, on va s'en rendre assez vite compte. Sous des apparences de bonhomie et/ou de bizarrerie,  il cache d'horribles secrets, que le spectateur va découvrir peu à peu, tandis que commencent à se succéder les disparitions bizarres dans le quartier. 
Le film ne m'a pas entièrement convaincu, allez savoir pourquoi. Peut-être parce que je l'ai trouvé longuet. La bande-annonce est réussie parce qu'elle est montée nerveusement (c'est toujours drôle d'ailleurs de voir, après, comment sont goupillés ensemble des événements qui n'ont pas forcément de liens dans le film) elle raconte son histoire, elle fout les jetons, elle est efficace. Le film l'est moins. parce qu'il dilue sur la durée le même sentiment de malaise diffus..
Et surtout, ce qui me gêne le plus, c'est le nombre de questions qui restent sans réponse à la fin du film (je suis pourtant très bon public, en général, pour ce genre de truc, mais là, j'en avais trop qui me restaient sur les bras.)
En demi-teinte, donc. Je n'ai pas adoré autant que le MMonde, les Cahiaîs, ou Téléramuche
(en plus je reconnais que j'ai été négligent, et que j'ai laissé filer trop de temps entre la vision du film et la rédaction du post (déjà, c'était un signe.) Oui oui tout est de ma faute)
Dans le même registre (ou presque) j'avais été beaucoup plus impressionné par le très flippant  Borgen d'Alex Van Waremerdam

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Posté par chori à 06:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]