films et bouquins
dimanche 8 décembre 2019

wondercash

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GLORIA MUNDI
de Robert Guédiguian

Oups! j'ai réalisé hier avant de m'endormir que j'avais oublié de parler du film... Oui, Robertchounet m'a tellement mis le moral dans les chaussettes que je l'ai carrément zappé! Tout de même, il mérite un peu plus d'égards, hein... On retrouve la bande habituelle , la Guediguian Team, les vieux (on les adore, Ascaride Ariane, Darroussin Jean-Pierre , Meylan Gérard) et les jeunots (Demoustier Anaïs, Leprince-Ringuet Grégoire, Stévenin Robinson, et Naymark Lola -qui a bien grandi depuis Brodeuses-)
En sortant du film on se dit, que, finalement, il vaut mieux être vieux (chez Guédiguian). Les trois en ont vu déjà de toutes les couleurs dans les précédents films du réalisateur, et leur personnages, sont, d'une certaine façon, aguerris (même la situation de chacun n'est pas brillantissime, loin de là : Gérard sort de taule après de longues années et a du mal à trouver ses marques, Ariane fait des ménages la nuit et va se mettre ses collègues à dos en refusant de faire grève, Jean-Pierre conduit les bus et va se faire mettre à pied.. Ils morflent, il sont fatigués, mais ils tiennent bon. Debout. Encore. Et c'est d'ailleurs d'un(e) des trois que viendra le plus beau geste du film (bon, on peut en reparler quand vous l'aurez vu).
Mais en face, les jeunots, ah la la. Aïe aïe aïe. Tout commence pourtant tout doux tout coton tout pastel (comme les teintes de l'affiche) : Anaïs accouche (c'est la première scène du film, avec vrai bébé et tout) d'une jolie petite Gloria, et, comme dit ce cher Victor H.
"Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
(tiens je vais mettre la suite)
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux."

(Oh oh on dirait que Robert G a relu le poème de Victor, car effectivement, dans cette chambre de maternité, il va s'en trouver, des "tristes fronts" et même des "plus souillés peut-être"... deux couples, celui de la jeune mère (en stage de vendeuse) et son mari (qui s'est endetté pour acheter en un million de mensualités une voiture chicos pour trimballer les touristos, et, en face, un autre couple qu'on pressent détestable et qui va le confirmer très vite et dans toute sa splendeur...)
Très vite il s'avère que la petite Gloria elle ne démarre pas dans la vie avec toutes les chances de son côté, et qu'elle devient assez vite comme un petit objet encombrant dont il faut gérer l'existence et la garde, en fonction des catastrophes diverses qui vont s'abattreassez vite  un peu sur tout-un(e)-chacun(e)...
Le film a démarré par une naissance, et je ne vous étonnerai sans doute pas en disant qu'il se clôt sur un décès. Le film sort peu de temps après Sorry we missed you de Ken Loach avec qui il partage une thématique et un désespoir plus que certains...

Si vous enchaînez avec, au hasard disons Les Misérables et, re au hasard, disons Terminal Sud, je vous souhaite un bon courage pour garder la volonté de survivre... Vous ne devirez plus avoir ni moral ni chaussettes d'ailleurs. (Et, en même temps, on ne peut que se mettre à flipper que ces quatre films n'inventent rien, ils ne font que nous montrer ce qui est en train de se passer, de nous mettre, parfois un peu énergiquement, le nez dedans, les films sont violents et sans illusions parce que le monde, autour de nous, est exactement comme ça... comme chante -lucidement- Vald "Ce monde est cruel....")

Un bon Guédiguian, mais un sacré constat uber démoralisant...

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mardi 3 décembre 2019

baguette d'angle

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68, MON PERE ET LES CLOUS
de Samuel Bigiaoui

Et voilà déjà le dernier film de notre Mois du Doc (que j'ai trouvé cette année vraiment d'un excellent niveau), un film que je n'avais pas repéré (qui avait été suggéré par Hervé). Le réalisateur filme son père dans la boutique, Brico Monge, un magasin qui vend du bois mais pas que, qu'il tient depuis plus de trente ans mais qu'il vient de mettre en liquidation... Tout le film se passe dans ladite boutique (ou ses environs immédiats), on fait connaissance du papa, du magasin, des vendeurs (eux aussi là depuis plus de trente ans, les clients, les habitués, et c'est très émouvant. déjà le sujet (un fils filme son père) ne pouvait que me toucher, mais là en plus il est question de quelque chose qui est en train de s'arrêter, qui disparaît irrémédiablement, un petit commerce de proximité, mais aussi une certaine idée de la vie en général et du rapport aux gens en particulier... Il est question de bois, de moulures de voliges de corniches, mais aussi, et surtout, d'humanité. c'est doux, c'est tendre, c'est émouvant, c'est bouleversant. Le père est un personnage d'autant plus touchant qu'il fait tout ça comme il l'a toujours fait : simplement, sans esbroufe (il évoque aussi, de la même façon, sa jeunesse soixante-huitarde).
Un film qui fait du bien (comme a dit Marie à la sortie).
Pudique, subtil, intime, affectueux, tendre, sont les qualificatifs qui fleurissent au long des critiques, et c'est très juste.
Et je terminerai, une fois n'est pas coutume, en citant le Moônde  via allocinoche) : "Le fils filme le père avec ce que leur relation implique de non-dits pudiques et de rugueuse tendresse."
Je n'aurais pas mieux dit.
(En plus, avec Marie, on s'est fait la même réflexion : on a tous les deux pensé plusieurs fois à Coralie : elle aurait été malade en voyant tous les jolis meubles à tiroirs qu'on voit dans le magasin du papa...)

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lundi 2 décembre 2019

ça tourne

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STILL RECORDING
de Saeed Al Batal & Ghiat Ayoub

Des images brutes, tirées d'une matière-monstre (4 ans de filmage, 450h de rushes) accumulée par deux jeunes réalisateurs, témoins de la vie au quotidien (et donc, hélas,  de la guerre au quotidien) dans leur pays, la Syrie (et plus précisément dans (et autour de) la ville de Douma. Une immersion saisissante, au milieu d'une ville en ruines, qui zigzague entre bâtiments dévastés et rues trop exposéées. Combattants, snipers, embuscades, explosions rythment le film de leurs scansions sonores et mortifères, la mort est omniprésente, mais la pulsion de vie aussi, qui intervient à proportion égale pour rééquilibrer le propos (et c'est tant mieux).
Vivre c'est parler, manger, fumer, boire, danser, et c'est réjouissant (réconfortant) de voir vivre  cette belle jeunesse syrienne et barbue (ces jeunes gens, en plus, sont indéniablement très beaux, du genre de beauté indéniable -barbounettes, cils de gazelle, et cette toujours touchante façon de danser- que j'affectionne, en tout cas). La vie dans tous ses états. Combattants, snipers, observateurs, interviewés, chacun à sa façon témoigne, s'exprime, et nous bouleverse (j'ai même rencontré des snipers sentimentaux pourrait-on paraphraser). Le montage alterne les moments de stress et d'accalmie, l'adrénaline et la rigolade, et on se sent à chaque instant aux premières loges. Tout près de, au coeur de.
On parle de la guerre, de Bachar, mais aussi (surtout ?) d'art(s) (le film s'ouvre sur un cours de cinéma, il y sera question de sculpture, de peintures murales), de comment s'exprimer, c'est résister.  Un film important, de par sa démarche, et que je ne pouvais donc pas ne pas faire figurer dans mon Top 10 (qui commence sérieusement à déborder.

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"Sois patiente ô ma Patrie..."

Still recording ╕ Tous Droits Réservés (7)

Still recording ╕ Tous Droits Réservés (15)

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les réalisateurs

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dimanche 1 décembre 2019

ouzbek dans l'eau

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AU BOUT DU MONDE
De Kyoshi Kurosawa

Un film qui tombait pile poil pour faire tomber la pression, après avoir vu les Misérables et Still recording. Un film de Kyoshi Kurosawa pourtant, qui nous a jusque là habitué à des ambiances autrement plus anxiogènes (pathogènes). Et bien là non. Ou pas vraiment. Ou, en tout cas, beaucoup moins. Faut-il chercher l'explication dans le fait que le cinéaste s'est délocalisé en Ouzbekistan ? Peut-être.
L'héroïne s'appelle Yoko, elle est présentatrice d'une émission très populaire, et la voici donc qui découvre l'Ouzbékistan et ses merveilles avec une équipe de tournage. Ce qui plait instantanément c'est la dualité entre Yoko devant la caméra (qui dès que ça tourne devient une enthousiaste et rigolarde poupée) et Yoko quand ça ne tourne plus (la même mais en version éteinte et tristoune. Les rapports avec l'équipe ne sont pas folichons, et tous les gars ou presque ont vraiment l'air de cacher leur joie.
Comme dans la série des Martine, on assiste au tournage d'une série de vignettes (Yoko à la recherche du Bramul (le poisson qui n'existe pas), Yoko goûte le plat national (dont le riz n'est pas cuit), Yoko à la fête foraine (qui vomit en descendant de l'attraction), Yoko relâche une chèvre -pardon un bouc- (que ses propriétaires s'empressent de vouloir récupérer dès que la séquence est terminée) où la jeune fille fait vaillamment bonne figure face à la caméra, surjoue l'enthousiasme, quitte à éclater ensuite en sanglots.
Une visite de Tachkent nous donne l'occasion de découvrir le rêve secret de Yoko (que je vous laisse la joie de découvrir), puis une autre du marché couvert qui donne lieu à une scène de poursuite (Yoko et les gendarmes ouzbeks) qui va occuper une longue séquence, clôturée avec bonhommie dans un commissariat local par un commissaire tout aussi bonhomme ("quand on se comprend, tout va mieux!").
A la fin du film, je cherchais la petite bête en me disant que le film ressemblait quand même un peu à un joli guide touristique vantant toutes les ressources locales et beautés autochtones de l'Ouzbékistan (qui l'a cocproduit), mais bon je me suis repris depuis en me disant que ce jugement était quand même un peu cruel et lapidaire, et ne tient pas compte de la qualité de la mise en scène de K.K, qui en fait, même si bluette il y a, un sacré bel objet de cinéma. Et que comme il est peu ou prou dit dans le film, tu aimeras ton prochain comme toi-même (surtout si tu ne comprends pas ce qu'il dit).
Surprenant (et agréable). Comme du plov quand il est cuit comme il faut ? (Mais bon la deuxième version de la chanson, tout à la fin, n'était peut-être pas indispensable in extenso...)

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samedi 30 novembre 2019

drone de drame

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LES MISÉRABLES
de Ladj Ly

Dans le bôô cinéma, à la séance de 16h15, ils avaient décidé de le programmer dans la plus petite salle : résultat, des gens assis jusqu'au premier rang ou presque, et vu la taille démesurée de l'écran, risque de dénuquage si on veut suivre ce qui se passe d'un bout à l'autre du scope. Deuxième trop bonne idée : le projectionniste (toujours facétieux) a fait démarrer la séance direct, sans pub (alors que d'hab' on s'en tartine une bonne vingtaine de minutes), et donc c'est pas tout à fait de bonne humeur que je me suis assis, à tâtons, dans le noir, devant un film déjà commencé...
HEUREUSEMENT
tout ça s'est évaporé tout de suite, tellement le film vous embarque et ne vous lâche plus, instantanément... En plus au bout de quelques minutes, qui vois-je débarquer sur l'écran ? Jeanne Balibar en... commissaire (?) (cest comme ça que s'appelle le chef, chez les keufs, non ?) tout à fait plausible... Bonheur mais bon on ne la reverra plus (au générique c'est bien précisé  "avec la participation de").
On assiste donc à l'arrivée d'un nouveau keuf, qui fait connaissance avec des deux partenaires (équipiers? ) de la BAC. Lui c'est Stéphane (Damien Bonnard, vraiment excellent), aussitôt baptisé Pento par Chris, le chef de meute, un peu bourrin juste ce qu'il faut (Alexis Manenti, plus vrai que nature). Le troisième pied-nickelé de cette team, c'est Gwada, un grand black débonnaire (Djebril  Zonga, parfait). Le nouveau, le cow-boy et le coolos, voilà notre trio parti dans la téci  dans sa voiture de patrouille...
Ca démarre plutôt décontracté, roulage de mécaniques en prime, et on va les suivre, (c'est le premier jour de Stéphane dans sa nouvelle affectation, et ses collègues ne se privent pas de le chambrer gentiment, en lui faisant découvrir sur le tas tous les intervenants de cette "zone sensible" : les adultes, chacun avec son territoire de pouvoir, les ados (les adotes), les parents, et les gamins aussi -ça m'a rappelé quelques petites choses-).
Chris fait le cow-boy devant quelques "responsables" du quartier qu'il présente au petit nouveau, puis effectue un contrôle un peu rentre-dedans pour des beurettes en train d'attendre le bus, bref se la (sur)joue un chouïa en expliquant, entre autres, 1) qu'un flic a toujours raison, 2) qu'il ne doit jamais s'excuser, et autres axiomes de "savoir-vivre" urbain du même tonneau... D'autant plus que la situation semble perpétuellement instable (explosive) entre les différents âges et les différents clans (et même au sein de chacun d'eux).
Les esprits vont commencer à s'échauffer à cause d'un lionceau qui a été chouré (dans un cirque qui vient de débarquer) par un ado, les mecs du cirque débarquent énervés avec des battes de base-ball et des gros muscles, et jouent à qui criera le plus fort, en promettant de revenir tout casser si la bestiole n'est pas retrouvée d'ici le soir, et voilà nos trois "baqueux" lancés sur les traces de Johnny (c'est son petit nom)...
A partir de là une chose va en entraîner une autre (je ne vais rien vous en dire de plus) puis une autre encore, mais en même temps que le ton monte et que les choses s'aggravent, le film lui-aussi se tend de plus en plus,  va monter encore en puissance, inéluctablement, et démarrer comme une fusée (il en a vraiment la puissance) jusqu'au point d'orgue d'une dernière partie quasiment apocalyptique...
Un film fort, que son distributeur a souhaité sortir dans un grand nombre de salles (beaucoup plus que pour une sortie "normale" de film d'auteur) mais visiblement, le public a suivi... Un film qui a la bonne idée de prendre pour héros (à la fois ogres et petits poucets) nos trois flics dans leur bagnole (le parallèle avec La haine est justifié, le film en est le symétrique). Un film qui m'a laissé comme désemparé quand les lumières se sont rallumées, tellement cette dernière partie est sidérante (c'est seulement à ce moment-là que les larmes sont montées).
Un film surpuissant (polar, thriller, constat social, drame).
Top 10.

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je ne comprenais pas le sens de cette affiche, jusqu'à ce que Marie m'explique que c'était la première scène du film, que donc j'avais ratée (merci le projectionniste facétieux!)

 

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vendredi 29 novembre 2019

entrevues 2019.5

(c'était le tout dernier jour, et je n'ai pas pu m'empêcher d'y revenir, pour en profiter encore un peu maintenant que c'est plus calme. Je suis venu avec Jacky, nous avons très bien roulé et nous avions donc trois quarts d'heure d'avance sur le timing que nous nous étions fixé, d'autant plus qu'il n'y a presque plus besoin de faire la queue tellement il reste peu de monde...)

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CLEO DE 5 A 7
d'Agnes Varda
depuis le temps qu'on voyait cette image sur l'écran(Cléo descendant les esacliers avec son boa) , il fallait quand même que je finisse par voir ce film, dont j'entends parler depuis si longtemps. Qui commence en couleurs et continue en noir et blanc. Une femme Cléo -une chanteuse- (Corinne Marchand) marche dans Paris, en "temps réel", (le film est divisé en chapitres numérotés, qui donnent l'heure -le minutage- et le nom de la (ou des) personne(s) qu'on y voit), en attendant le résultat de ses analyses (savoir si elle a le cancer ou pas). Nouvelle vague, liberté,Varda, années 60, bref tout une époque (on y voit même Michel Legrand jeune, c'est dire!) pour un film plaisant.

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(je voulais initialement voir le film de Lumet dans la section Chasse à l'homme, mais Michelle D. et Jacky m'ont fait hésiter en évoquant ce film est-allemand magnifique qui était projeté en même temps, et en utilisant le fait que j'avais beaucoup plus de chance de revoir le film sur les chaînes cablées que cet incunable (en copie restaurée) venu de la Cinémathèque et y retournant inexorablement après cette ultime projection... après avoir (un peu) hésité, je suis leur conseil)

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LES ASSASSINS SONT PARMI NOUS
de Wolfgang Staudte
Le film a été tourné en 1945, à Berlin, en décors réels (la ville bombardée). l'histoire d'une jeune fille qui, rescapée des camps de concentration, revient dans sa ville, et trouve son appartement occupé par un "Docteur" visiblement assez tourmenté, fuyant dans l'alccol un passé qui nous sera progressivement reconstitué... Les voici qui cohabitent, les choses s'apaisent un peu jusqu'à ce que le Docteur se retrouve face à une figure qui le ramène à ce passé qu'il souhaite fuir... Un beau mélodrame avec de l'amour, de la culpabilité, de la guerre, de la vengeance (ou pas), dans une copie magnifique (très beau travail sur la lumière les contrastes et les cadrages) et magnifiquement restaurée. (Le titre original est le même que celui de M le Maudit).

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COPS/ FIANCES EN FOLIE
de Buster Keaton
Bonne idée de réunir dans un même programme ces deux films emblématiques de l'art (et de la folie froide) de Buster Keaton : dans le premier il est poursuivi par des dizaines, des centaines, des milliers de flics, et dans le deuxième par des dizaines, des centaines, des milliers de mariées!

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(et c'était très bien, pour la dernière séance, de finir en beauté avec ce film-ci que j'avais trèsenvie de voir, mais que je n'avais pas pu voir le prmeier jour pour cause de séance de 14h complète)

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J'AI ENGAGÉ UN TUEUR
d'Aki Kaurismaki
Londres (ce qui n'est pas si courant chez Kaurismaki), un Jean-Pierre Léaud grandiose, qui vient de se faire licencier (un job comme celui des fonctionnaires qu'on voir à l'oeuvre dans Brazil), qui essaie vainement de se suicider, et, comme l'indique le titre, finit par engager un tueur pour qu'il fasse le boulot à sa place. Sauf qu'entretemps il a fait la connaissance d'une jolie british girl blonde à lèvres rouges (qui vend des roses dans les bars le soir), et donc n'a plus vraiment envie de mourir, mais le tueur qui doit se charger de lui est singulièrement obstiné (en plus il ne lui reste plus non plus beaucoup de temps à vivre...) et donc les choses se compliquent, mais... simplement, comme toujours chez Kaurismaki.  Un film superbement kaurismakien (personnages, décors, dialogues, couleurs, musiques et chansons) une gourmandise, bref, on se régale d'un bout à l'autre...

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(et puis voilà  Entrevues 2019, c'est finito!)

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jeudi 28 novembre 2019

entrevues 2019.4

(deuxième journée, un peu effrangée des rencontres exploitants : un film le matin, puis une table ronde ouverte au public  avec des réalisateurs et des exploitants et des distributeurs sur le thème "Qu'est-ce qu'un film qui marche ?" et les organisateurs sont malins puisqu'e, à la même heure, ils n'ont mis aucune autre séance, ce qui fait que la salle était plutôt agréablement remplie, et la table-ronde s'est avérée très intéressante)

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SOLO
de Artemio Benki
Le "coup de coeur de l'acid" à Cannes 2019, un film extrêmement touchant (franco-argentino-tchèque) autour d'un personnage que Thomas Choury (programmateur de l'acid que j'étais très content de rencontrer "en vrai" avoir beaucoup échangé par mail) définit comme "bigger than life", martin, musicien, pianiste et schizophrène. le personnage est véritablement très impressionnant, et le façon de le filmer qu'a choisie le réalisateur aussi, alternant les moments d'enthousiasme et ceux d'abattement. Martin n'aspire qu'a une chose "tocar el piano" et c'est fort émouvant la façon dont il le fait. Un film qui parle de maladies mentales, et de malades mentaux, montres "in situ" (lieux de vie collective et de soins) mais aussi lorsque Martin vole de ses propres ailes (pas toujours de la plus joyeuse des façons, il faut le préciser)... Plusieurs fois j'ai eu les larmes aux yeux... Merci l'acid! (et merci Thomas!)
(pas de sortie prévue pour l'instant, parce que pas de distributeur!)

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ABOU LEILA
de Amin Sidi-Boumediene
De ce film je ne savais absolument rien, et ça a donc été une belle claque. Un film en scope à la croisée de plusieurs genres, qui débute par une scène d'attentat (un terroriste flingue à bout portant un notable dans sa voiture, les flics arrivent et des coups de feu sont échangés de part et d'autre), continue en road-movie (deux mecs dans une bagnole, dont on nous fait comprendre que l'un des deux au moins ne va pas très bien dans sa tête, et qui ne sera d'ailleurs jamais nommé dans le film, juste par S.), puis bifurque vers le fantastique via des scènes successives de rêves et/ou d'hallucinations et/ou de souvenirs qui s'enchaînent comme les dunes dans le désert( désert très présent dans le film,et, comme souvent, extrêmement cinégénique), s'imbriquent et se mélangent de plus en plus (j'adore ce système de rêve dans le rêve dans le rêve ou le spectateur est de plus en plus égaré). Un vrai bonheur de cinéma, même si de temps en temps un peu trop... démonstratif.
(sortie prévue le 4 mars 2020)

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ADOLESCENTES
de Sébastien Lifshitz
On change complètement d'univers et de genre avec ce très beau film d'un réalisateur que j'aime énormément et dont j'ai vu presque tous les films (depuis Presque rien, en 2000), qui a réalisé des films documentaires et d'autres de fiction, toujours avec la même acuité (etn pour moi, avec le même bonheur). Sébastien Lifshitz est un cinéaste précieux parce qu'attentif. Ici, document, puisqu'on s'intéresse, comme le titre l'indique, à deux demoiselles, Anaïs et Emma, deux "meilleures amies", qu'on va suivre de la quatrième à la terminale. Deux jeunes filles assez différentes, par leur physique et par leur milieu (et aussi leur façon de vivre les choses même si elle sont saisies à un moment -l'adolescence- où le rapport avec les autres (la famille surtout) vire généralement à la guerre de tranchées.) Un film d'autant plus touchant que le réalisateur, ayant opté pour un déroulement linéaire et chronologique, insère l'histoire de ses deux héroïnes dans la "grande", nous permettant de revivre quelques moment particulièrement marquants de l'histoire de france de ces dernières années. Et un film (paradoxalement ?) d'une grande douceur, idéal pour clôre en beauté cette journée. C'est juste c'est simple, c'est tendre, c'est drôle...
(sortie prévue 29 avril 2020)

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(et peut-être aussi, pour moi, cette édition d'Entrevues. Je n'ai pas voulu rester pour le film suivant, ni même -je le regrette un peu, -finalement je n'étais pas à cinq minutes- la discussion avec Sébastien Lifshitz -Le bonhomme a l'air adorable (et il l'est effectivement, comme me le confirmera plus tard une des organisatrices.)- tellement j'appréhendais le retour de nuit et en voiture. heureusement, pas de pluie, presque pas de brouillard, presque plus de travaux, mais un trajet plutôt éprouvant (je n'y vois bien qu'en plein phares, je déteste rouler de nuit...)

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mardi 26 novembre 2019

entrevues 2019.3

nous voici enfin arrivés aux fameuses "Journées Exploitants", le sacro-saint noyau dur de ce séjour à Entrevues, cinq films prévus pour la journée -je zappe comme d'hab' le repas de midi à la salle des fêtes-)

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LA FILLE AU BRACELET
de Stéphane Demoustier
Du beau linge : Rochdy Zem et Chiara Mastroianni sont les parents d'une jeune fille, Lise (Mélissa Guers, impressionnante) accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie de sept coups de couteau... Un "film de procès" (et, tiens, Anaïs Demoustier joue l'avocat général, et, re-tiens, c'est la première fois qu'elle interprète un personnage pas folichonnement sympathique...). Un film de prétoire et de plaidoiries, d'interrogatoires et de témoignages de spécialistes, de beaucoup de questions et pas forcément de réponses, bref un film solide, un beau portrait de jeune fille, un constat (celui du fossé de plus en plus grandissant entre les adultes et "les ados"), un très touchant dernier plan, bref un film qui tient ses promesses... (Sortie prévue le 5 février 2020)

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NUESTRAS MADRES
de
Guatémala. Un jeune homme est employé à reconstitue les squelettes des victimes de massacres organisés, retrouvées dans des charniers,  pour les rendre à leur famille. Et aussi à recueillir les témoignages de celles qui ont perdu un proche lors de ces mêmes exécutions sommaires. Mais ce jeune homme est aussi à la recherche de son père, à propos duquel sa mère n'a jamais été très bavarde. L'audition d'une femme lui donne un espoir, il va suivre cette piste qui lui est donnée... Un film magnifique, impressionnant, touchant. Poignant (sortie prévue le 8 avril 2020)

(pause de midi au Bistroquet avec Mimi et sa cousine, jambonneau/lentilles, avant le retour aux projections, mais nous sommes désormais dans des salles avec des "projections publiques", donc il faut anticiper et faire la queue tô si on veut être sûrs d'avoir des places...)

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TOUTES LES VIES DE KOJIN
de Diako Yazdani
Un film qui m'a laissé un peu perplexe : le réalisateur, kurde iranien, exilé à Paris depuis 2011, retourne au Kurdistan irakien pour y faire un film sur Kojin, un jeune homosexuel de 23 ans (et de ses amis). C'est très courageux d'avoir le projet de parler de l'homosexualité dans un pays où officiellement, elle n'existe pas. Mais deux choses me posent problème : le fait que le réalisateur ait choisi un personnage bien trop "emblématique" qui dans un premier temps évoque plus un trans qu'un gay, et aussi, plus gênant, que ce même réalisateur prenne à plusieurs reprises ses distances avec son sujet, "je ne suis pas comme ça" affirme-t-il (paradoxalement ?) en farsi sur une pancarte joyeusement colorée, lors d'une gay pride parisienne. un film qui a le mérite d'exister et le revendique (l'évocation des traitements réservés aux gays est proprement terrifiante) mais qui donne un peu le sentiment que le réalisateur s'est un peu fourvoyé, en parlant finalement davantage de lui (sans que pourtant toutefois toutes les choses soient dites) que de Kojin (qui est abandonné à son sort en quelques lignes à la fin du film). une sacrée sensation de malaise en tout cas. (sortie prévue le 12 février 2020)

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(on change de salle et hop! on y retourne...)

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APRES LA NUIT
de Marius Olteanu
un film roumain en compèt', forcément j'étais curieux. un film en trois parties, sur l'histoire d'un couple. Part 1 : Dana, l'histoire de la femme. Part 2 : Andrei, le mari. Si le film s'était arrêté là, ou à peine un peu plus loin, je lui aurais mis la note maximale, tellement je trouvais ça magistral. Mais il y a, c'est dommage, une part 3 : Monstres (mari et femme), qui n'en finit plus de s'étirer de sinuer et de louvoyer (et de s'apesantir), avec le -pour moi- tragique syndrome dit "des fins successives", où à la fin de chaque plan on se dit "là, ça y est, c'est fini", ou plutôt "ça serait bien que sa foit fini" mais non hélas ça dure dure dure... Dommage, j'ai vraiment adoré les deux premiers tiers, le premier -la femme et le chauffeur de taxi- très "Drôle d'endroit pour une rencontre" est juste parfait, et le second -le mari et Alex- plutôt "drôle de rencontre", drôlement et idéalement roumain (glaçant et grinçant sous ses apparences cliniques). Avec un bout en moins (le film fait presque 2h) oui vraiment  c'eût été parfait...

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(nous ne sommes pas allés voir Solo, le dernier film prévu, puisque nous savions que nous le verrions le lendemain matin "en privé"... C'est moi qui ai plus ou moins proposé le film de remplacement, parce que j'avais vu qu'y figurait au générique ma chérie-chérie Françoise Hardy...)

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UNE BALLE AU COEUR
de Jean-Daniel Pollet
Le film annonce en tête de générique Sami Frey et Françoise Hardy, et on pourrait presque parler d'escroquerie : si Sami Frey est quasiment de tous les plans, françoise hardy (alors tout jeunette) n'apparaît qu'au bout de 45 minutes (et, encore furtivement, la première fois on la voit trente secondes) et n'a droit ensuite  qu'à quelques scènes par-ci par là (alors que c'est l'autre interprète féminine du film, jenny Karezi , qui aurait mérité d'être créditée en tête de générique, mais c'eût sans doute été moins vendeur... Dans la section "chasse à l'homme", une histoire avec des tueurs à gages qui poursuivent le pauvre Sami, (nobliau dépossédé (spolié)de son vieux chaâteau par un affreux maffieux) et beaucoups de bouzoukis. Mais cher Mikis Theodorakis (qui a composé la musique) vous n'êtes pas sans savoir que trop de bouzouki tue le bouzouki... Folklorique, vous avez dit ? Allez, dansons un petit sirtaki, sirotons un petit ouzo et oublions...

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(et rentrons à l'hôtel pour la -déjà- dernière nuit de ce belfortain séjour...)

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lundi 25 novembre 2019

entrevues 2019.2

(Deux films hier, aujourd'hui ce sera au moins quatre si tout va bien, en fait ce sera trois et demi. Comme je suis très en avance pour la séance de midi où j'ai rdv avec Michelle, je vais voir la première moitié du film de Rohmer.)

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LE BEAU MARIAGE
d'Eric Rohmer
Béatrice Romand, Arielle Dombasle vraiment jeune, idem André Dussollier, pour un marivaudage très rohmérien : une jeune fille décide soudain qu'elle va se marier , sans savoir encore avec qui, mais sa meilleure amie (Arielle D.) joue les entremetteuses en lui présentant un jeune avocat... (Je suis sorti au bout de quarante-cinq minutes, pour pouvoir faire la queue pour L'amour à la mer, mais presque à regret, tellement le film -encore une belle copie remastérisée- fonctionne à merveille et donne envie de revoir tous les films d'Eric R.)

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L'AMOUR A LA MER
de Guy Gilles
C'est Mimi qui m'en avait parlé, et j'ai suivi son conseil. De Guy Gilles je ne connaissais que Le jardin qui bascule -quel beau titre- et je ne suis même pas certain de l'avoir vu, et donc je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Encore le début des années 60, et si, hier, le héros d'Adieu Philippine partait pour la guerre d'Algérie, le héros de celui-ci en revient... Mon gros coup de coeur découverte pour cette édition d'Entrevues. Un jeune marin un peu déboussolé (de retour, donc, de cette fameuse guerre non dite) sympathise avec une jeune fille et ils passent un peu de temps ensemble, mais il doit partir pour Brest pour sa dernière année de service. Les jeunes gens vont s'écrire, sauf que, si Geneviève aime Daniel, Daniel n'aime pas vraiment Geneviève. Intervient alors dans le récit Guy (joué par Guy Gilles) un autre marin, camarade de Daniel, qui raconte un epu de son histoire... Une forme très libre, flottante, graphique, alternant très simplement (naturellement) les prises de vues en noir et blanc et celles en couleur, riche d'une violente mélancolie mais d'une poésie tout aussi intense. Splendide. (avec le petit bonheur supplémentaire de voir passer en coup de vent le jeune Jean-Pierre Léaud).

 

l'amour à la plage

 

(Je n'ai pas pu voir J'ai engagé un tueur, avec pourtant le même Jean-Pierre Léaud, car la séance était complétissime, et, surtout, c'était un sacré beau bordel dans le hall... donc j'en ai profité pour faire une pause sandwich/bière, assis à côté d'un couple de jeunes tourtereaux qui picoraient elle une gaufre chocolat-chantilly et lui un café gourmand...)

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LE BONHEUR
d'Agnès Varda
Autre film suggéré par Mimi, que je ne connaissais que de nom -je suis venu à Varda assez tard- vu à la 15 ce qui était plutôt bon signe car je n'ay ai vu que des choses excellentes, qui, à ma grande surprise est en couleur (je le croyais en n&b), et a pour vedette Jean-Claude Drouot (l'interprète de ce cher Thierry la Fronde) qui est venu dans le film avec armes et bagages (sa vraie femme et ses vrais enfants de la vraie vie. Un film en couleurs, donc, et c'est tant mieux, un film solaire qui s'ouvre sur des tournesols (le film sera très champêtre et fleuri) et de la musique "classique" (adagio et fugue en ut mineur de Mozart) et une famille (papa maman les enfants) qui vient vers nous main dans la main à travers les sous-bois. La même famille (ou presque, le détail à son importance) repartira dans le même mouvement, à la fin du film. Car entretemps le papa menuisier aura fait la connaissance d'une jeune et blonde postière (et du bonheur -"ajouté"- d'une relation extra-conjugale). Un film qui pourtant à sa sortie fut interdit aux moins de 18 ans pour immoralité (ce qui fait doucement rigoler). Un film où fait merveille l'oeil de photographe d'Agnès V. et son sens du détail "juste". Encore une excellente découverte.

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(j'avais tellement peur de louper le film suivant que j'ai fait la queue une heure à l'avance, et c'est d'ailleurs là que j'ai retrouvé Hervé, et fait un peu plus ample connaissance avec le jeune et sympathiquement barbu Vincent, le -gentil- cerbère (il en faut bien un) de ces lieux), celui qui gère l'accès aux salles (le paradis du premier étage))

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LES SIFFLEURS
de Corneliu Porumboiu
Le cinéma roumain, pour moi, c'est une longue histoire d'amour (et tout particulièrement Corneliu Porumboiu) et donc c'est dire si je frétillais à l'annonce de ce nouveau film. C'est extrêmement roumain (le héros est un impassible -on pourrait le supposer atteint de paralysie faciale- flic, qui va vite se révéler -ah, Roumanie!- archi-archi-pourri plus corrompu que lui tu meurs) pris dans une spirale de film noir très noir, avec flics, mafieux, femme fatale, tueur mystérieux, gros flingues) et pourtant totalement surprenant dans la manière dont le réalisateur met en place -et en chapitres, chacun avec son intertitre coloré- cet gangstèrerie (le flic corrompu, la mafia, la femme fatale, les grosses bagnoles, les gros flingues, le tueur mystérieux) en lui adjoignant une autre singularité scénaristique : ledit flic est amené -mais il n'a pas vraiment le choix- à apprendre la langue sifflée qui se pratique sur l'île de la Gomera (c'est même le titre original du film), la même langue sifflée pratiquée dans le film Sybil, vu en début d'année, ceci dit pour la petite histoire... Un flic pourri siffleur communiquant ainsi (entre autres) avec sa dulcinée... Un polar à la fois roumain et exotique, donc, doté en plus d'un final quasiment apocalytique à Singapour (mais ça j'ai a-do-ré!)

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(trois films et demi, pas mal pour cette journée, je pouvais donc ce soir rentrer à l'hôtel la tête haute...)

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dimanche 24 novembre 2019

entrevues 2019.1

Entrevues a été avancé, Entrevues a été un peu ratiboisé aussi (moins de jours, moins de films, moins de séances) et comme l'an dernier je me suis pris trois nuits d'hôtel (à l'ibis Budget aux chambres petites mais au petit-déj' copieux, ceci compensant cela).Mes amis n'arriveront que demain.
On commence par la Journée du Pôle Image (de Montbéliard) qui fête ses vingts ans, avec un spectacle sympathique Silence on tourne! pour deux acteurs et une table mashup (avec notamment des trucages aux petits oignons).
J'arrive juste à l'heure (10h15) de début du spectacle, pour cause de fort et long ralentissement à cause d'un accident mortel (2h pour faire 60km)

Repas ensuite en groupe au Bistroquet, puis

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UN FILM DRAMATIQUE
d'Eric Baudelaire

un film qui a priori ne me faisait pas forcément envie mais que Sacha a su me vendre (et il a fort bien fait) : le réalisateur a suivi un groupe d'élèves du collège Dora Marr de St Denis (de la 6ème à la 3ème), dans le cadre d'activités plastiques extra-scolaires hebdomadaires, (une heure en plus après les cours) autour du cinéma, du film, de la caméra, de son maniement, et de tout ce qu'on peut bien faire avec. Au début ils sont petits, (on se demande un peu ce que va devenir le film sur la distance) et, pendant les presque deux heures du film, on va les voir grandir, s'approprier l'outil, filmer, se filmer, et faire apparaître, comme dans l'obscurité d'un labo-photo, dans le premier bac (celui du révélateur) apparaître progressivement ce je ne sais quoi de mystérieux qui s'appelle l'identité... Au sein des jeunes gens, un certain David (qui m'a fort rappelé un de mes anciens élèves) crève vraiment l'écran lors de plusieurs séquences pourtant fort différentes (le racisme, le son disparu, l'auto-portrait) mais tout aussi touchantes. Le film était suivi d'une discussion avec la productrice du film et deux des jeunes gens du film, avec souvent des poses et des maladresses de faons. Oui, touchant. Le film a obtenu le Prix Marcel Duchamp.

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(Je ne vais pas à la séance suivante pour pouvoir aller m'installer à l'hôtel, où je suis cette année dans une chambre encore plus minuscule que l'année dernière, mais au rez-de-chaussée...)

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ADIEU PHILIPPINE
de Jacques Rosier

Je ne l'avais jamais vu, c'était l'occasion. surpris de voir qu'il s'agit d'un film en noir et blanc alors que je le pensais en couleur. Un jeune homme qui va bientôt partir en Algérie pour son service militaire, un titi parigot assez gouailleur, qui vient d'acheter une voiture avec trois autres godelureaux pour aller frimer et draguer les minettes... Elles sont deux, justement, Liliane et Juliette, rencontrées à la porte du studio-télé où lui n'est que machiniste, mais se fait mousser devant elles pour les mettre dans sa poche. Les voilà qui partent en vacances (ou, pour mon plus grand bonheur, en vacance, c'est beaucoup plus troublant) avec des histoires de coeur, de draguouille, de disputes, de jalousies, des dialogues et des situations très authentiquement sixties, très nouvelle vague (avec, assez loin derrière en filigrane mais tout aussi omniprésente, la guerre d'Algérie...). Comme un Jules et Jim, mais en négatif (un homme et deux femmes). Un film libre. Touchant, frétillant, revigorant, et qui plus est dans une copie restaurée magnifiquement... Sensass, quoi!

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(pas pu voir ensuite Coming out, film est-allemand dont la séance -unique- était archi complète, et donc retour à l'hôtel, après avoir mangé une salade dans le seul truc qui était encore ouvert, un peu la queue basse mais bon ce n'est que le premier soir...)

*

Dans l'ouvrage (coordonné par Emmanuel Burdeau), qui lui est consacré en 2001, Jacques Rosier évoque la genèse du projet : "Ce qui me frappait, c'était la ligne de séparation existant alors entre ceux qui avaient vingt ans, concernés par la guerre, et le reste de la population française qui semblait ne pas trop d'en soucier. A ce décalage s'ajoutait, vers 58, l'apparition des premiers "bienfaits" de la société de consommation. Mais pour mon histoire de conscrit, j'avais très peu de documentation sur ce que représentait l'arrivée dans une caserne. Je me suis dit en plus qu'il n'y avait aucune chance d'obtenir l'autorisation d'y filmer. Donc lorsque je rencontre Georges de Beauregard, mars-avril 60, je songe à faire plutôt une comédie frivole, avec un titre provisoire de comédie américaine légère, Embrassez-nous ce soir. L'histoire d'un garçon avec deux filles : il sort avec l'une, avec l'autre, à la fin elles restent toutes les deux, seules. J'ai soudain réalisé, en me demandant où pourrait partir ce garçon, qu'il pouvait fort bien être appelé sous les drapeaux, et croiser ainsi les deux idées, le film léger et le scénario plus grave." (merci allocinoche)

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