vendredi 22 avril 2016

dans mon téléphone 8

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jeudi 21 avril 2016

division q

LA MEUTE
de John King

Je viens de le terminer, et j'en reste baba. Il faisait partie de ces livres achetés déjà il y a un certain temps (probablement à la Foire aux livres) mais pas lus immédiatement et donc rangés sur une étagère en attendant. Et là, le temps était venu. Je l'ai pris et je l'ai lu. Trois cent et quelques pages très denses, découpées en chapitres indépendants, chacun muni d'un titre, à la façon d'une nouvelle.
Quasiment un manuel de zoologie. De bourrinologie, pour être précis. L'auteur s'intéresse à un groupe de potes, à Londres, de nos jours, ou presque (un peu juste avant, 90/2000 pour être précis). Des potes nommés (sur-) Balti, Mango, Carter, Will, Harry, unis par des passions communes : le foot, la bière, la baise (et la musique, aussi, allez). oui, des bons bourrins, qui se retrouvent régulièrement au pub pour s'y bourrer la gueule (s'envoyer huit pintes de Guinness ne peut pas s'appeler autrement), refaire le match, faire le point et surtout en surveiller le décompte (des points) dans leur propre championnat, celui de la ligue imaginaire qu'ils sont créée, la division Q. Ils comptabilisent, au fil des semaines, des points chaque fois qu'ils baisent (on peut dans la plupart des cas difficilement parler de faire l'amour), plus ou moins celon ce qu'ils ont réussi à faire (la pipe vaut un point, le rapport vaginal deux, et ainsi de suite...).
Je vois déjà vos mines déconfites...
S'il ne s'agissait que de ça le bouquin serait effectivement aussi cynique que sinistre. Mais l'auteur effectue une véritable immersion dans le quotidien de ces mecs, un genre de radiographie microscopée, une vue en coupe de la vie de ces prolos anglais (londoniens, plus exactement, et encore plus précisément d'un certain quartier de Londres) vue au plus près. C'est attentif, précis, documenté, "haut en couleurs" on pourrait dire (c'est à dire brutal, cru, obscène, violent... oui oui on peut penser à Selby dont le Last exit to brooklyn m'avait un peu produit le même effet), et on n'est pas étonné d'apprendre, quand l'auteur est interviewé, qu'il n'a pas eu à inventer grand chose, qu'il sait de quoi il parle, qu'il a été (et qu'il est sans doute encore) taillé du même bois que ses héros, -plutôt celui dont on fait les battes que celui dont on fait les flûtes-.
C'est un bouquin viril, et c'est peut-être pour ça qu'il me fascine autant, comme me fascinent et m'impressionnent les "vrais" bourrins dans la "vraie" vie.
Ceux de La meute ont (presque) des excuses : ils se sont pris en pleine gueule la mère Thatcher, la crise, le chômage, le climat britton, et John King a l'intelligence de nous présenter un panorama (presque exhaustif) de trajectoires personnelles "en situation de crise" (avec les pensées, les rêves, les délires, qui les accompagnent), on repense bien sûr à Ken Loach, et ses prolos rugueux dans la mouise, ou au Stephen Frears des débuts, ces peintures  d'univers brittons auxquels le cinéma nous a habitués, pubs, fish and chips, cup of tea, hooligans, et même les bouilles de ces mecs, on les imagine, et leurs fringues, et leurs vans pourris, (sauf celui qui a réussi et qui roule en jaguar, mais la jag on se la figure tout aussi bien...) So british, isn't'it ? et John King nous balade de l'un à l'autre de ces (de ses) bourrins magnifiques, et le bouquin est tellement dense (et je l'ai aussi tellement fractionné) qu'il faut un certain temps au début pour se familiariser avec cet aréopage à cheveux ras et à gros bras (et à sang chaud).
Et, plus on avance dans le bouquin et plus on se rapproche d'eux, mieux on s'y sent, mieux on les renifle... Le dernier chapitre ("Biture") est admirable de ce point de vue-là. On revient en détail sur Balti, sans doute mon préféré dans le lot (celui qui a cassé la gueule à son chef de chantier, s'est retrouvé au chômage, s'est re-fait casser la gueule par ledit chef de chantier, s'est re-vengé, a fini par retrouver un job -et l'assurance biffetonnière que cela confère, au pub, avec les potes notamment- et ne va pas hésiter à utiliser in extremis un stratagème pas très reluisant pour bouleverser le classement de la division Qoù il était pourtant plutôt mal barré)  que l'auteur accompagne dans des dernières pages presque lyriques, jusqu'aux trois dernières lignes qui font quasiment sursauter le lecteur.
Un grand bouquin (dont j'apprends qu'il fait partie d'une trilogie, parue à L'Olivier dont le premier s'appelle Football factory et est aisément procurable, tandis que le troisième  Aux couleurs de l'Angleterre n'a visiblement pas été réédité et est donc vendu à des prix prohibitifs (voir )  (et aussi!) par des margoulins sans scrupules... qui mériteraient bien un bon coup de boule, ou un coup de genou dans les couilles, non ?)

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mercredi 20 avril 2016

ronit

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Elle avait co-réalisé, avec son frère, trois films superbes, qu'on a programmés (et aimés) ici, dans le bôô cinéma...
Elle y jouait, comme elle a joué dans d'autres films aussi beaucoup aimés. Je l'avais découverte dans MARIAGE TARDIf , de Dover Kosashvili, puis revue, toujours avec le même bonheur,  dans LES MAINS LIBRES de Brigitte Sy, LA VISITE DE LA FANFARE, d'Eran Kolirin, MON TRESOR de Keren Yedaya...
J'ai appris hier qu'elle venait de mourir.
Ca m'a peiné.

 

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mardi 19 avril 2016

"un fromage d'été, le bleu du maine..."

UNE AUSSI LONGUE ABSENCE
d'Henri Colpi

Loué soit le Festival Play it again, auquel on s'est associés dans le bôô cinéma, pour 3 films et 5€ l'entrée (le cahier des charges a presqu'été respecté dans son intégralité!). Celui-ci était le deuxième projeté (après Le Conformiste, vu la veille, que je ne chroniquerai probablement pas pour cause de sommeil récurrent et de ronchonnage sur les temps de veille).
Il s'agissait d'un film dont je ne savais rien, par un réalisateur dont je ne savais pas beaucoup plus (excepté qu'il était rattaché dans ma mémoire au prénom de Codine) et dont j'ai appris, en préparant les textes pour la plaquette de programmation que le scénario et les dialogues étaient signés Marguerite Duras, et que le film, bien que bardé de distinctions prestigieuses (Palme d'or à Cannes, prix Louis Delluc, Prix d'interprétation pour Georges Wilson) avait été un échec cuisant à cause des aboiements -et détestations proclamées- des réalisateurs dits "de la nouvelle vague".

Et c'est comment, alors ?
Magnifique, juste magnifique.
(J'aurais pu écrire "sublime, forcément sublime" mais c'était déjà pris...)
Une petite ville de province, un quatorze juillet, les vacances qui vont commencer pour la patronne (et les clients) du Café de la Vieille Eglise. Et passe un vagabond (on ne disait plus cheminot, mais pas encore sdf, en 1961) devant le café, chantonnant de l'opéra. Et le jour suivant, et les autres jours. Et voilà que la patronne (jouée par Alida Valli) s'émeut (et davantage) quand le spectateur comprend progressivement qu'elle croit reconnaître son "défunt" mari, arrêté et envoyé en déportation il y a longtemps.
Elle va se rapprocher de lui, essayer d'en savoir plus. Mais il est amnésique, et dit avoir tout oublié de son ancienne vie. Elle va tout faire pour tenter de lui rafraîchir la mémoire... Incontestablement, notre Guiguitte prenait déjà ses marques. dans la conduite du récit, dans la ciselure des dialogues (pendant une grande partie du film, l'homme ne fait que répéter les derniers mots de ce que vient de lui dire son interlocutrice), dans le minimalisme  (la stylisation presque théâtrale) pourtant alliée à un réalisme "bon enfant", populaire et joyeux (apéro, Tour de France, etc.).
Et si le personnage du vagabond est magnifique, celui qui l'incarne mérite tout autant les éloges et les récompenses. il s'agit de Georges Wilson (que j'avais l'impression de n'avoir connu que vieux, mais qui est là en pleine "force de l'âge"). Après les différents "travaux d'approche" de la jolie patronne, le film va culminer dans un huis-clos, troublant : il a fini par accepter l'invitation à dîner, il est venu, elle a fermé les volets, et nous allons partager avec eux non seulement l'intimité de ce repas et de cette soirée, mais l'intensité de ce qui s'y joue : elle qui voudrait tant qu'il se souvienne (des jours heureux où nous étions amis...), et lui qui ne se rappelle de rien, soirée qui va culminer dans une simple danse  devant le juke-box, sur Trois petites notes de musique, chantée par Cora Vaucaire, où l'on ne peut pas ne pas pleurer (bon, sauf si on est un homme un vrai, n'est-ce pas H. ?).
Mais on n'est pas au bout de ses peines, puisque la scène qui va suivre, en extérieur nuit, saura encore faire monter d'un cran l'intensité de l'émotion générée, où va se rejouer en filigrane une autre scène de nuit et de peur, avec pour seul dialogue un prénom et un nom répétés, et pour seul mouvement un homme qui s'immobilise en levant les bras.
"Il faut attendre l'hiver...", oui, et les lumières se rallument dans la salle sur le mot fin et on a les yeux rouges...

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l'affiche d'origine

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et la nouvelle...

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dimanche 17 avril 2016

whisky japonais

MARIE ET LES NAUFRAGÉS
de Sébastien Betbeder

Vu juste après Les Ardennes (choc frontal qui nous laissa le souffle coupé) avec l'espoir de se changer les idées. Pari réussi (smiley avec un large sourire). Betbeder avait déjà réussi son coup avec le magnifique Deux automnes, trois hivers (sorti, si je me souviens bien, le 25 décembre 2013) et son joli trio Vincent Macaigne / Bastien Bouillon / Maud Wyler, et on n'est donc pas trop étonné de le revoir mettre en scène un autre trio : Pierre Rochefort, Vimala Pons et... Eric Cantona (qui vieillit -se mature- de plus en plus bonifieusement...)
Il reprend aussi le procédé de fabrication du précédent film : adresse au spectateur de la part de chacun des sommets du triangle, qui nous raconte à chaque fois un peu sa vie (et je continue d'aimer beaucoup ça). Mais du coup on ne peut pas s'empêcher de comparer, et c'est un peu au détriment de celui-ci. Pierre Rochefort est lunaire à souhait (et n'est-ce pas qu'il est très mimi, Mimi ?), Vimala Pons est très mimi aussi, et Cantona ombrageux et embroussaillé à merveille (et même le coloc de Pierre R. est délicieusement somnambule). Les personnages sont tous très attachants (ce n'est qu'au générique de fin que j'ai identifié la jeune rappeuse qui joue la serveuse), c'est assurément un film de gens (plutôt que de genre), c'est fantaisiste, gentiment, improbable, sympathiquement, attachant, fragilement.
Sébastien Betbeder fait sans conteste partie des réalisateurs que j'aime, autant par la forme que par le fond (l'âme de fond ? hihi). De Paris jusqu'à Groix, comme une chanson de marins. Amour, jeunesse, rencontres, bières qu'on partage (une scène de bar, délicieuse, au début, un improbable karaoké en duo avec Pierre Rochefort et le belgissime - Quand la mer monte, Je suis mort mais j'ai des amis- Wim Willaert, qui faisait juste le joint avec le film vu juste avant - Les Ardennes- en parlant d'Anvers), création, (littéraire et musicale), somnambulisme (Paranormal activity numéro n) pour un film paradoxalement d'abord intemporel mais soudain -par à-coups- très contemporain (tournage de clip, fond vert, action de googler, nombre de vues sur y*utube).
Un peu hétérogène aussi lorsque vient s'y greffer, un peu à la façon dont un bernard-l'hermite (avec ou sans h me dit justement  g**gle) -ici en l'occurence plutôt un andré-l'ermite-, vient squatter -parasiter- un logement qui ne lui appartient pas, une histoire "supplémentaire" dont il pouvait a priori se dispenser, vient s'y greffer donc (je termine cette phrase sinueuse) une autre ramification de l'histoire, qui aurait presque pu constituer un court-métrage parallèle et autonome mais que vient in fine justifier (légitimer) la très charmante scène finale de chorégraphie (qui est d'ailleurs celle qui m'a donné en premier envie de voir le film).
Il ne s'en serait fallu que d'un chouïa de complexification narrative (et d'imbrication des relatives vérités de chacun -mais peut-on débattre de la vérité ? hihihi) pour que le film atteigne le réjouissant et total nonsense de Reality de Dupieux, et ses interférences qui donnent mal à la tête entre le réel et l'onirique, à moins que ce ne soit le contraire (le film porte le titre du livre écrit par Canto, le clip recrée l'histoire de Cosmo, le morceau musical utilise les images enregistrées par la caméra) mais Betbeder reste plus sage, et du coup le film perd un chouïa en folie ce qu'il gagne en "décalage".
Macaigne, Bouillon, Wyler étaient tellement attachants dans leurs 2 autones, 3 hivers que le trio Rochefort, Cantona, Pons (auquel il ne faudrait pas oublier le très réjouissant Damien Chapelle, que je soupçonnerais d'apporter le seul SSTG (sous-sous-texte-gay) du film -mais bon, avoir envie de poser la tête sur l'épaule de Cantona quand on a (hihi) envie de piquer un roupillon, c'est tout à fait excusable, non, les copines ?) même s'il est agréable (grosso modo l'au-delà de Cantona venant compenser l'en-deça de Rochefort, Vimala restant quant à elle un pôle magnétique délicieusement ponsien), reste pourtant toujours un peu en-deça...
Un peu, hein.C'est vraiment un film que j'ai envie de défendre, de câliner, de poupouner.

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samedi 16 avril 2016

seize autruches

LES ARDENNES
de Robin Pront

Un film vu "entre copines" (Mimi, Pacoune, Dominique) dans une salle où il y avait très peu d'autres gens (pour une première séance). Mais pas vraiment un film de fillettes. Un premier film, donc, terriblement efficace. Sur une trame archi-classique de film noir, mais archi-bien fichu. Une atmosphère poisseuse, des trognes, de la tension, un engrenage implacable,(le doigt, la main, le bras...), tout est fait pour vous clouer sur votre fauteuil (j'en ai eu un peu mal au bide pendant tout le film). Dès le début on se dit que tout ça va mal finir, et on n'est pas déçu sur ce point.
Dès l'exposition, bluffante, fulgurante, on est happé. Un montage sec, sur une musique électro qui colle parfaitement. Un hold-up qui foire (une très belle image de chute dans une piscine), deux frangins, un qui va en taule, l'autre pas. Et quatre ans plus tard, les mêmes, un qui sort de taule et l'autre venu l'attendre. Et celui qui sort semble très émotionnellement instable. Il voudrait reprendre sa vie juste comme avant, mais le temps a passé, et les choses ont changé. Et il est tellement énervé, tellement à cran, que son petit frère (celui qui est venu le chercher) n'ose pas lui avouer tout de suite que euh eh bien oui il s'est mis en ménage avec sa copine de l'époque, avec laquelle Kenny (l'énervé) souhaiterait justement se remettre en ménage.
Ca va déjà mal, et ça va aller, bien sûr, de plus en plus mal.
D'autant qu'on a les oreilles dressées (comme un lapin, la nuit, pris dans les phares) quand on voit, au début du film, avec qui le frère énervé est placé en cellule : pour les connaisseurs, il est en taule avec Borgman! (enfin avec l'acteur qui jouait Borgman, dans le film malaisé du même nom, mais qui a gardé exactement la même tête... D'où re-malaise. On se dit que aïe ça ne peut pas être juste une coïncidence, et qu'il va fatalement réapparaître. Et on ne se trompe pas, et fatalement est bien le mot...)
Deux frères, une femme entre les deux, autour desquels gravitent des satellites narratifs pittoresques (la mère, le patron du lavomatic à voitures, le garde forestier, les clients du bar) et/ou inquiétants (le fameux Stef, son étrange copain), sans oublier un cadavre dans un coffre, plusieurs flingues, un nécessaire à découper, y a pas, la nuit promet d'être sauvage, avec en prime seize autruches en cavale ...

Oui, c'est archi-bien fichu, et on baisse régulièrement la tête (les yeux) tellement on s'attend au pire. C'est violent mais pas juste ça. Les publicistes de l'affiche évoquent Coen et Tarentino "des débuts" (pour situer la "jeunesse" du réalisateur , que d'aucuns pourraient qualifier de "verdeur". Il y a de ça, sans aucun doute (les publicistes savent appâter) mais il y manquerait alors la touche d'humour (noir), au moins pendant un certain temps, jusqu'à certaine chanson d'Adamo, par exemple. J'aurais, si j'avais été publiciste sur l'affiche, évoqué la parenté avec Alex Van Warmeerdam, mais c'est certain que ça n'aurait pas rameuté grand monde...) C'est archi-bien fichu (je le répète) le réalisateur est doué, il sait parfaitement styliser fragmenter et séquencer son histoire,  il sait filmer de très beaux arbres la nuit, il sait utiliser la musique pour en rajouter une couche et rendre les scènes encore plus fortes, encore plus mordantes, encore plus hargneuses. Et tendre la corde impitoyablement jusqu'au dénouement final (où elle vous reviendrait méchamment dans la figure, mais tadam! pour une fois je dois avouer que je m'étais doué de quelque chose... Vous me direz pour vous quand vous irez le voir, car vous allez aller le voir, bien sûr, et plus vite que ça, même, sinon je vous envoie en vacances chez le tonton Stef dans les Ardennes, hein., alors vous feriez mieux d'y filer doux..)

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l'affiche française

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et l'autre... (ou il a davantage la grosse tête)

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jeudi 14 avril 2016

manger du beurre

(bouts de rêve)

Oui, je dois manger du beurre (j'ai dans la main une demi-plaquette, dans son papier d'emballage, qu'on m'a donné pour que je la mange, afin que mon organisme résiste à l'expérience... Je vais faire un test qui a peut-être rapport avec l'astronautique, ou la pression, je ne le sais pas précisément) et une autre fille mange du beurre aussi (elle va faire la même expérience que moi).

nous sommes dans une pièce immense, avec au centre une table, immense aussi (je n'en vois pas les bouts), beaucoup de choses dessus, et beaucoup de gens assis (un banquet à perte de vue) mais moi je dois manger ma demi-livre de beurre et je m'y applique, par petites bouchées  (et curieusement ce n'est pas vraiment déplaisant, ni au goût ni à la texture)

je répète avec Pépin (je ne sais pas quoi) et je m'ouvre à lui d'un projet qui me tient à coeur, une idée que je viens d'avoir : écrire (et monter) un texte qui ne serait fait que de morceaux de chansons connues, mais dits, et replacés dans un contexte (et une trame) qui fasse sens, il me répond que ça lui semble a priori plutôt difficile, mais je me dis que je peux tenter de le faire

il est question d'essayer des costumes ? j'ai pris un vieux jean d'Adèle avec des pattes d'eph' assez gigantesques (comme celui de Jane Birkin sur la pochette de Melody Nelson) mais il est déchiré (découpé, plutôt, tant la coupure est nette, comme faite aux ciseaux) sur tout le long de la cuisse droite

(plus tard) Adèle m'explique en voix-off qu'elle s'est fait ça (crrrrc! bruit et geste de la déchirure) en voulant porter un grand nombre de tasses en même temps (je pense que je ne vois pas trop le rapport).

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mardi 12 avril 2016

"peut-on débattre de la vérité ?"

L'AVENIR
de Mia Hansen-Love

J'adore Isabelle Huppert, et là, chouette , elle est hyper-Huppert (ou über-Huppert ?). et elle joue le rôle d'une prof de philo. et crac! mon beau rêve se brise : la philo me rebute (j'allais écrire qu'elle m'emmerdait, peut-être était-ce plus juste et plus vrai, justement) elle aurait été chercheuse en physique nucléaire ou spécialiste de la mécanique quantique que cla ne m'eût pas été plus étranger, mais bon c'est comme ça allons-y : donc elle est prof de philo, et avec son mari (André Marcon, délicieux) prof de philo aussi, elle vit dans un bel appart' rempli de livres de philo (on pourrait dire que la philo est l'essence de ce film, oui, le carburant qui fait pétroler le véhicule de sa fiction) elle a des enfants sympathiques (non philosophes), une mère tyrannique (Edith Scob, grandiose), et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes philosophiques jusqu'à ce qu'une série d'incidents fâcheux ne viennent perturber la trame de sa vie, ce qu'on pourrait, somme toute, résumer grosso modo en suivant le plan d'une dissertation, philosophique, justement :
1) thèse : elle n'est pas libre
2) antithèse : elle est libre
3) synthèse : p-t'être bien qu'elle est libre, p-t'être bien que non

Huppert fait ça avec sincérité, avec énergie, avec justesse. Avec un incontestable brio. Qu'est-ce donc qui a fait que le film ne m'a pas plus enthousiasmé que ça ? Peut-être parce que je ne savais pas vraiment sur quelle étagère le ranger, peut-être parce que ça a quelque chose de monstrueux, cet univers philosophique à 99%, peut-être parce que la présence d'Isabelle H. est si forte qu'on a parfois le sentiment qu'elle serait le seul personnage en couleurs dans un univers en noir et blanc ?

Et, en fouillant sur all*ciné.freu (qui range le film dans la catégorie "drame", ce qui me paraît être un contresens), voilà que je tombe sur une critique, tiens, que je trouve excellente, et... juste, oui, une critique de Libé, où la dame synthétise judicieusement  tout ce que j'essayais péniblement d'écrire ci-dessus, et que je vous mets donc .

(je projetais de continuer mon post en utilisant le maximum d'épithètes philosophiques : platonique -pour l'histoire avec le jeune philosophe-, cynique, -pour les jeunes de la maison d'édition-, dialectique -pour les jeunes aux fromages de chèvre-, stoïque -pour Isabelle H. face à l'adversité- et je ne serais pas allé beaucoup plus loin parce que je n'en connais pas beaucoup plus.)

A la sortie, on en a discuté, les autres avaient l'air très enthousiastes, je me suis ouvert à eux des bémols que provoquaient mon aphilosophisme, et j'ai fait mon malin en le résumant d'un "finalement c'est l'histoire d'une femme qui veut se débarrasser de la chatte de sa mère" - ce qui est exactement le sujet du film, mais qui avait davantage à voir alors avec la psychanalyse qu'avec la philo, mais je ne l'ai réalisé qu'après.-

Bon, allez savoir pourquoi, c'est pourtant un film que je reverrai avec un grand plaisir, ça, j'en suis sûr

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(peut-être juste pour le bruit clac clac clac des talons d'Isabelle, allez savoir...)

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lundi 11 avril 2016

cabaret tchekhov

LES OGRES
de Léa Fehner

Celui-là j'étais curieux de le voir, puisque deux de mes amies l'avaient, l'une adoré et l'autre détesté, et que j''avais envie de savoir de quel côté j'allais me ranger (bien qu'en ayant déjà une toute petite idée...).
Une nouvelle catégorie de films : le film forain (catégorie où je pourrais ranger, par exemple, Sous le plus grand chapiteau du monde, qui était rediffusé à chaque Noël ou presque, ou Dumbo, qui l'est à présent tout aussi souvent). Sauf qu'ici il ne s'agit pas de cirque mais de théâtre. oui, de théâtre itinérant, sous chapiteau, avec une troupe bigarrée et haute en couleurs qui va de ville en ville -j'aligne les clichés, sauf qu'ils ne sont plus en roulotte mais en caravanes et camping-cars- pour présenter un spectacle tout aussi bigarré et haut en couleurs à partir de textes de Tchékhov.
Léa Fehner (dont on avait beaucoup aimé le Qu'un seul tienne et les autres suivront, avec Réda Katebchounet) s'est inspiré ici d'une tradition familiale (plusieurs acteurs au casting portent le même nom qu'elle) qu'elle a visiblement connue, et nous invite donc à la suivre (à les suivre, plutôt). A la rejoindre. A monter en marche. Qui dit forain dit manège, et, au départ, c'est un peu comme ça qu'on le ressent. on se retrouve embarqué sur ce truc qui virevolte assez joyeusement, mais il faut s'accrocher sur son cheval de bois, qui monte et qui descend, pour bien suivre le rythme. C'est filmé de près, voire de très près, à l'épaule, et ça donne au début un peu le tournis.

Film itinérant, mais film choral, film familial. Il y a au centre de cette famille, le père, (le metteur en scène, le directeur, le boss) autour de qui gravitent femme, filles, maîtresse et les autres mâles de la collectivité dont un (Marc Barbé, rencontré dans le Sombre de Grandrieux, et qui semble avoir été depuis un peu cantonné depuis dans les roles dits "tourmentés") qui n'a pas l'air d'aller très (trop) bien et accumule les conneries et/ou provocations. C'est la vie d'une troupe, la vie d'une famille, avec ses petites et grandes histoires du quotidien d'une troupe (d'une famille aussi) : les problèmes de fric, bien sûr, les problèmes entre les gens (amour, jalousie, affrontements, rivalités, complicité) avec les sentiments qui vont avec (colère, regrets, enthousiasme, inquiétude, tristesse, exaltation) dans un éventail aussi varié et versicolore qu'un nuancier pantone.

Aux côtés de Marc Barbé se tient celle qui porte son enfant, jouée par une Adèle Haenel en très grande forme, et, bientôt, à très gros ventre, qui ne suit pas vraiment d'ailleurs les conseils de Régine Pernoud -ouah c'est une rebelle, une vraie de vraie, une pure et dure- et elle fait bien la paire avec Marc B., et c'est l'histoire de leur couple qui sert de fil conducteur (et de contrepoids à celle(s) du patriarche/metteur en scène de la troupe) au film.

Qui dit film choral dit film à plusieurs voix, et on n'en manquera pas, ici, de voix. Ca chante ça gueule ça rigole ça hurle ça murmure, et ça tonitrue et ça fanfare et ça canonne aussi (dans tous les sens du terme : à plusieurs voix et à plusieurs bouteilles, car si les nuits sont courtes, elles sont intenses et dévastatrices). Qui se clôt d'ailleurs sur une très belle scène polyphonique. C'est vraiment un film qui est du côté de la vie, et qui le revendique. A gorge(s) déployée(s). C'est vrai que, je le reconnais, ce n'est pas forcément un univers et une façon de vivre qui m'attirent ou que je connais très bien, mais ça fait sacrément du bien de s'y plonger et de se laisser porter... Mieux vaut trop d'excès que pas assez de manque, non ?

"Viens voir les comédiens
Voir les musiciens, voir les magiciens,
Qui arrivent, viens.."
(Charles Aznavour, bien sûr, qui n'est pas forcément non plus ma tasse de thé mais qui là colle vraiment au thème, et à la façon dont il est traité)

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ps : je me dis aussi que je n'aurais peut-être pas autant aimé si je n'avais pas su que ma copine Dominique avait autant détesté...

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samedi 9 avril 2016

la technique

c'est elle qui nous a lâché hier soir...
pourtant le réalisateur était là, venu de Paris pour accompagner son film
mais pour des raisons de "mise à jour des drivers" il n'a pas été possible de voir le film

le film c'était le très fort DE L'OMBRE IL Y A, et le réalisateur Nathan Nicholovitch
Alors on est quand même allé manger dans le restau du bôô cinéma histoire de se consoler
(Bon, je n'avais pas anticipé, et j'avais déjà mangé, mais je les ai accompagnés...)

nathannikolovic

Voilà le monsieur en question -photo pas de moi mais du ouaibe- (oui oui il est aussi beau en vrai, même davantage si c'est possible, j'essayais donc d'avoir un discours intelligible, de ne pas trop baver et d'empêcher ma mâchoire de se décrocher et de tomber misérablement sur mes genoux)

on a parlé de cinéma, beaucoup de cinéma, surtout de cinéma, et mon coeur était encore plus exalté lorsque nous avons parlé de PASSE-MONTAGNE, qui est un film culte du Monsieur (et tiens, justement, de moi aussi) dont le scénario va être publié en septembre, accompagné d'un looong entretien avec J-F Stevenin, qu'il a lui même réalisé...
Je buvais mon Irish Coffee en souriant benoîtement...
(parfois on peut dire merci à la technique qui défaille, d'uatant plus qu'il a promis de revenir quand on prendrait le film à sa sortie officielle...)

 

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