samedi 17 novembre 2018

tapis volant

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LE VOLEUR DE BAGDAD
de Michael Powell, Emeric Berger, Tim Whelan (et d'autres encore sans doute)

Prévisionnement Ecole et Cinéma 2 : celui-là je ne l'avais jamais vu en salle (et je crois bien même que je ne l'avais jamais vu du tout).
Technicolor flamboyant, féérie moyen-orientale genre Mille et une nuits (les palais ressemblent à des pâtisseries géantes enveloppées de pâte à sucre aux couleurs pastel (ah ce bleu et ce rose layette/loukhoum) doublage fraçais (le film sera proposé en vf) très connoté années 50 (avec chansons ad hoc), transparences attendrissantes, méchant très très méchant, gentils très très gentils, rien n'y manque...
Les deux héros sont l'ex-calife jeune et beau Ahmad qui a été détrôné par le très méchant vizir Jafar, jeté en prison par le même, ensorcelé (il est devenu aveugle), et son copain Abu, un jeune voleur (de Bagdad, d'où le titre du film) qui, lui, a été transformé en chien (d'aveugle, justement, on pourrait dire), parle même Jafar, en colère de ne pas avoir l'amour de la princesse qui, voyez-vous ça justement, est tombé amoureuse d'Ahmad (qui lui aussi a coup-de-foudré pour elle dès la première fois qu'il l'a vue). Jafarchounet (aux yeux inquiétents qui devraient impressionner quelques têtes blondes) a promis à la princesse que les sortilèges qu'il a lancés à Ahmad et Abu seraient levés dès qu'elle aurait accepté qu'il la serre dans ses bras.
Elle accepte, fin du premier acte (qui permettra notamment de préciser la notion de flash-back).
Mais ça ne fait que commencer...
Cheval volant, automate meurtrièr(e), oeil-qui-voit-tout, génie géant enfermé dans une bouteille, tapis volant, araignée géante, cul-de-basse-fosse avec pieuvres y nageant, mais aussi baiser enfiévré, mariage princier, méchant puni, il ne manquera pas un poil de turban ni une paillette de voile arachnéen à cette production délicieusement kitchissime (je redis l'épithète car il est particulièrement bien adapté...) qui a ravi l'esthète pervers qui sommeille en moi (ah cette scène d'ouverture avec les marins torse-nu grimpant dans les haubans, miam!) et le cinéphile admiratif, tout autant.

Jugez plutôt :

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Ahmad raconte son histoire

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l'arrivée en ville de la princesse

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la princesse

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la même, vue par le reflet de Ahmad

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Jafar et le père de la princesse

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Jafar et Ahmad (qui est le gentil, qui est le méchant ?)

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le génie

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le sanctuaire de la déesse

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l'oeil-qui-voit-tout

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accroche-toi à mes cheveux!

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Ahmad et Abu

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tapis volant

*

attention là je vais un peu vous spoiler la fin :

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aaaah....

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arghhhhh...

*

et l'affiche, quand même :

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vendredi 16 novembre 2018

tondeuse

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SHAUN LE MOUTON
de Richard Starzac et Mark Burton

Prévisionnement Ecole et Cinéma 1:
Quel bonheur de revoir "en vrai", sur grand écran, dans le bôô cinéma,un mercredi matin, les sensationnels moutons de ce film qui me fait toujours autant rire (comme une baleine même parfois).
C'est drôlissime, sans pourtant un seul mot de dialogue intelligible, et toutes ces bestioles (mais les humains aussi) en pâte à modeler (une animation fabuleusement minutieuse -ou minutieusement fabuleuse ? -) se démènent, à la campagne comme à la ville,  pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Oui, c'est drôle, c'est malin, c'est plein de références et de clins d'oeil que chacun à son niveau (le film est entré dans le dispositif Ecole et Cinéma) percevra ou pas, c'est très british (et cet humour très spécifique dont je raffole), bref c'est absolutely fabulous!
Une réussite totale.
Si vous ne l'avez pas vu, allez-y, et si vous l'avez déjà vu, retournez-y!

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une des affiches...

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shaun le mouton

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... et quelques photos

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jeudi 15 novembre 2018

comme le mec à la télé

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YOMEDDINE
de A.B. Shawky

Tous les ans on a la chance d'avoir le directeur du Festival Lumières d'Afrique, qui vient de Besançon, pour nous présenter un film en avant-première dans le bôô cinéma. Cette année c'est un film de Cannes 2018, qui sortira en salle fin novembre, et est vraiment... impressionnant puisqu'il a pour héros Beshay, un lépreux, qui prend la route après la mort de son épouse pour tenter de retrouver son père, qui l'avait abandonné jadis à la léproserie en lui promettant de revenir le chercher. Beshay part avec son âne et sa carriole pour un road-movie à travers l'Egypte en compagnie d'un jeune nubien surnommé Obama.
On peut qualifier le projet de culotté, dans la mesure ou Beshay est un vrai lépreux, et que c'est vrai qu'on n'a pas l'habitude, en tant que spectateur occidental chouchouté, d'affronter la vision -frontalement donc- de séquelles de cette maladie sur un visage et sur un corps qui soient des "vraies" cicatrices et non des effets spéciaux de maquillage. Le réalisateur y va progressivement, "en douceur" mais n'hésite pas à nous le montrer, comme n'importe quel acteur principal de n'importe quel film, sous toutes les coutures. Beshay est un sacré bonhomme, doté du sens de la répartie et d'un  humour certain, et la paire qu'il constitue avec son jeune partenaire est tour à tour drôle, attachante, émouvante...
Dans une Egypte dont le réalisateur ne nous épargne rien de la marge (et des laissés-pour-compte), dans un indéniable souci de réalisme. On comprend bien ce qu'il a voulu tenté de dire, (de faire) mais le film n'est pas forcément toujours à la hauteur des ambitions revendiquées par le réalisateur (Elephant man) et sa sélection en compétition officielle à Cannes peut-être un peu (affectivement) surévaluée.
Reste un film juste, simple, respectueux envers ses personnages et les acteurs qui les incarnent.

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lundi 12 novembre 2018

singapour vaut bien un bouillon

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LA SAVEUR DES RAMEN
d'Eric Khoo

Celui-là il fallait de la chance et de l'acharnement pour réussir à le choper, vu qu'il ne passait plus qu'une fois par semaine au Victor Hugo. Ce fut fait en ce premier novembre pluvinasseux (vous voyez l'ambiance...). Eric Khoo est un réalisateur singapourien (le premier du genre) et auteur d'un film que j'ai adoré, BE WITH ME, en 2005 (rhhhhhha... souvenirs souvenirs, tout me revient, les bozarts, le jeune homme au t-shirt vert, ma jeunesse...). Puis il y avait eu MY MAGIC qui m'avait moins touché (ce magicien qui croquait du verre me mettait mal à l'aise) et un HOTEL SINGAPORA où il me semble avoir dormi hélas d'un bout à l'autre, et donc j'attendais ce RAMEN en espérant que le miracle BE WITH ME se reproduise. et que je f&asse une petite danse de joie en sortant du cinoche.
Les critiques étaient... mesurées, mais je voulais me faire mon propre avis.(les critiques hein je m'en méfie et je devrais avoir de la corne sur la paume des mains après toutes les fessées que j'ai eu envie de distribuer, qui aux Cahiaïs, qui à Libé, qui aux Inrocks -par ordre de fréquence on va dire-).
Bon, c'est vrai que, par rapport à l'éblouissement de Be with me, le plat ici (puisqu'il sera énormément question de cuisine) est un peu sage, un peu fadasse, un peu lisse... une histoire de famille, de cuisine et de géographie (la Chine, le Japon, Singapour) où un jeune cuisinier très mimi (fils d'un mariage mixte singapourien-japonais) fait le déplacement à Singapour  pour apprendre à cuisiner local, mais aussi pour en savoir plus sur l'histoire de sa mère. Il est spécialiste des ramen et veut apprendre à préparer le bak kut teh, qu'il assimilera, lorsque tous sera arrangé, à sa sauce en ramen tek.
Le film est agréable, se consomme sans déplaisir, mais hélas - reparlons cuisine- on l'a nappé d'une sauce écoeurante de musique violonnante et sirupeuse qui en dénature hélas la saveur. (j'aime le sucroté mais trop c'est trop...)
Tiens, je vais faire le fainéant, et vous renvoyer directos à la critique de Llibé (ici) que j'ai trouvée, cette fois, très drôle et très juste.
On en parlait avec Michèle, à la sortie  (surtout après le film kazakh, la comparaison ne jouait pas vraiment en faveur de Singapour). Un film... honnête, (sans plus), "pas indigne" a-t-on conclu d'une même voix... Mais pour qui se souvient de Be with me, ça n'est pas suffisant.

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dimanche 11 novembre 2018

ami entends-tu

soldats bisou

Les deux oncles

C'était l'oncle Martin, c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons
Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi, qui n'aimais personne, eh bien ! je vis encor

Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
Que vos veuves de guerre ont enfin convolé
Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun
Les étoiles ternies du maréchal Pétain

Maintenant que vos controverses se sont tues
Qu'on s'est bien partagé les cordes des pendus
Maintenant que John Bull nous boude, maintenant
Que c'en est fini des querelles d'Allemand

Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain
Qu'ils se soucient de vos batailles presque autant
Que l'on se souciait des guerres de Cent Ans

On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

En dépit de ces souvenirs qu'on commémor'
Des flammes qu'on ranime aux monuments aux Morts
Des vainqueurs, des vaincus, des autres et de vous
Révérence parler, tout le monde s'en fout

La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits
Elles ne font plus beaucoup d'ombre, vos deux croix
Et, petit à petit, vous voilà devenus
L'Arc de Triomphe en moins, des soldats inconnus

Maintenant, j'en suis sûr, chers malheureux tontons
Vous, l'ami des Tommies, vous, l'ami des Teutons
Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
C'est vous qui chanteriez la chanson que voici

Chanteriez, en trinquant ensemble à vos santés
Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées
Des idées comme ça, qui viennent et qui font
Trois petits tours, trois petits morts, et puis s'en vont

Qu'aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Qu'il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas
Que prendre, sur-le-champ, l'ennemi comme il vient
C'est de la bouillie pour les chats et pour les chiens

Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami
Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main
Mieux vaut toujours remettre une salve à demain

Que les seuls généraux qu'on doit suivre aux talons
Ce sont les généraux des p'tits soldats de plomb
Ainsi, chanteriez-vous tous les deux en suivant
Malbrough qui va-t-en guerre au pays des enfants

O vous, qui prenez aujourd'hui la clé des cieux
Vous, les heureux coquins qui, ce soir, verrez Dieu
Quand vous rencontrerez mes deux oncles, là-bas
Offrez-leur de ma part ces "Ne m'oubliez pas"

Ces deux myosotis fleuris dans mon jardin
Un p'tit forget me not pour mon oncle Martin
Un p'tit vergiss mein nicht pour mon oncle Gaston
Pauvre ami des Tommies, pauvre ami des Teutons...

Georges Brassens

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samedi 10 novembre 2018

cadres et tableaux

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LA TENDRE INDIFFÉRENCE DU MONDE
de Adilkhan Yerzhanov

Un film kazakh, je ne sais pas pourquoi, ça me fait toujours envie. La bande-annonce de celui-ci était suffisamment bien fichue pour m'appater encore un peu plus, et donc hop! direction Besac et le Victor Hugo en ce début novembre pour voir cette tendre indifférence (juste avant La saveur des ramen). Après en avoir vu quelques-uns lors d'une rétrospective au FICÄÂÂ, on pourrait faire l'assimilation film kazakh = réalisé avec trois roubles six kopeks et quelques bouts de ficelle, et on n'aurait pas tout à fait tort.
Celui-ci en tout cas est absolument magnifique. Par ses choixde mise en scène, qui font de chaque plan (cadrage, composition, couleur, lumière) un tableau à part entière (comme quand on visite un musée, qui mériterait qu'on s'arrête devant et qu'on prenne le temps de le contempler), avec une volonté formelle persistante (insistante, mais ça j'adore, ça devient presque comme un jeu entre le réalisateur et le spectateur),de faire figurer dans le cadre un autre cadre qui remet en jeu le ou les personnages de la scène, bref de re-cadrer,.
L'histoire en est simple (a priori). La jeune Saltanat, dont le père vient de mourir laissant la famille criblée de dette et menacée de faillite et de saisie de ses biens, est envoyée par sa mère "en ville" pour y rencontrer -et épouser- un vieil "oncle" qui serait prêt à éponger toutes les dettes, à condition qu'il y ait "un rapprochement" (ah qu'en termes galants ces choses-là sont dites...). Elle y est accompagnée (en vile) par Kuandyk, un jeune homme amoureux d'elle, qui la protège et la conseille, tout en tentant de se faire sa propre place sur le marché du caïdat local. (Comme l'explique le réalisateur, le Kazakhstan n'a rien connu d'autre que le système féodal et le socialisme, et que, exit le socialisme, on en est revenu au système féodal, le vassal et ses suzerains, le pouvoir du petit chef de clan local au niveau social, et celui de la famille au niveau individuel. Et le pouvoir donc, de l'argent. de la violence, de la corruption, et du mensonge.)
Saltanat est une jeune fille au caractère affirmé, Kuandyk est un viril jeune homme, et c'est visiblement entre eux deux que le "rapprochement" semble se faire. Le marivaudage entre les deux jeunes gens donne lieu à une série de scènes exquises (l'avion imaginaire, le musée imaginaire) qui sont comme le léger coeur battant du film....
Saltanat refuse dans un premier temps les propositions du vieux grigou, mais il faut bien vivre, et parfois faire des concessions à son éthique... Du côté de Kuandyk et de son ascension sociale, les choses se compliquent aussi...
Et elles ne vont pas aller en s'arrangeant, l'amour n'étant pas visiblement de taille à lutter contre la corruption (qui semble être un sport national kazakh), et le film va obliquer et prendre un peu la tangente, glissant vers une conclusion un tout petit peu trop stylisée à mon goût (mais somme toute logique).
En tout cas, on se sent bien dans ce film qui vient de très loin, beau comme un coeur, où l'on cite Camus, Stendhal, Jean-Paul Belmondo, les Impressionnistes, le Douanier-Rousseau, où l'importance de la culture est brandie haut et fort, revendiquée, par rapport à celle du pouvoir ou de l'argent, et qui fait, justement,  des merveilles avec peu.
Un réalisateur à suivre, donc...

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vendredi 9 novembre 2018

c'est la première fois qu'on me dit que j'ai raison d'avoir tort

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EN LIBERTÉ!
de Pierre Salvadori

Enthousiasmant!
J'adore sortir comme ça d'un film (et ce n'est pas si fréquent). Radieux, comme flottant au-dessus d'un petit nuage. Avec Catherine et Marie, on y est allé le premier jour, dès la première séance, dans le bôô cinéma. Et on en est sortis tous les trois dans le même état. Ce qui est plutôt bon signe.
Adèle Haenel, Pio Marmaï, Audrey Tautou, Damien Bonnard composent le quadrille de choc de cette histoire (avec Vincent Elbaz en joker dans sa propre bulle fictionnelle, son film dans le film). Soient Yvonne, une fliquette veuve depuis deux ans de Jean, un flic qu'elle croyait modèle, Antoine, un innocent tout juste libéré après après huit ans de prison, Agnès, sa femme qui l'a attendu pendant huit ans, et Louis, flic aussi, collègue d'Yvonne, ex-collègue de jean et amoureux d'Yvonne. Yvonne  qui apprend accidentellement que Jean n'était pas le superflic dont elle raconte les aventures à son fils chaque soir pour l'endormir, mais un sale ripou, qui a notamment envoyé un innocent en prison. Elle décide donc de tenter de réparer un peu les choses (de veiller sur Antoine et de lui venir en aide...) mais les choses ne vont pas être aussi faciles...
Le film démarre pleins gaz, avec une scène d'action survitaminée (et surenjolivée), une intervention policière pétaradante comme un quatorze juillet (qui reviendra plusieurs fois dans le film, avec de jouissives variations sur le motif) introduisant le personnage de Jean, puis enchaîne sur une scène de comédie dans un commissariat (présentant Yvonne et Louis, au milieu de toute une pittoresque faune encuirée et masquée raflée dans un bordel sm), avant de poursuivre (bifurquer) sur Antoine sortant de prison et revenant chez lui, pour une scène sublime d'émotion avec Agnès, sa femme (qui m'a mis oui oui la larme à l'oeil). Avant de redémarrer à fond les manettes en zigzaguant, en vrombissant (mais je ne vais pas tout vous raconter hein.). Ca ne va plus s'arrêter. L'"action", l'humour, l'émotion, Pierre Salvadori va jouer (superbement, subitilement) de ces trois curseurs, qu'il poussera plus ou moins loin, pour construire son histoire.
On a vu à peine dix minutes de film et on est déjà passé par tous les états. Et ça ne fait que commencer...
Pierre Salvadori (qu'est-ce qu'on l'aime cet homme) a façonné un bijou de comédie noire, ciselé les dialogues, poncé les situations au papier de verre double zéro (le plus doux) au petit poil, pour "mettre le spectateur dans un état de bonheur permanent" (c'est lui qui l'évoque dans une interview).
Et on l'est (et on le reste : ça faisait des lustres que je n'avais pas eu envie comme ça  de retourner voir un film juste quelques heures après l'avoir vu...). Plaisir, euphorie, jubilation, devant un scénario millimétré qui ne laisse pas une minute de répit, ni à ses personnages ni à ses spectateurs. Et les acteurs, tous, sont à la hauteur du film. et ça vole très haut je vous assure. Le "couple-vedette" (Adèle Haenel / Pio Marmaï, mamma mia, magnifiques) fait des étincelles, pyrotechnique, pétarade, mais toujours avec le (grâce au) contrepoint -aimant-, indispensable de leurs "moitiés" respectives (Damien Bonnard et Audrey Tautou re-mamma mia, tout aussi excellents). Le contrepoids. Chacun est indispensable à l'équilibre de l'histoire. Mais tout se joue (comme très souvent chez Salvadori) à coup de mensonges (ou de pas tout à fait la réalité) dans une galopade scénaristique où le spectateur a juste un peu d'avance sur chacun de ses personnages -et en profite d'autant plus-.
Le film est un cataclysme, un tsunami, mais qui ne vous veut que du bien. Un genre de train fantôme, comme celui, d'ailleurs qu'on y voit dedans. On s'y installe, ça démarre, on est emporté, ça fonce dans le noir, ça zigzague, ça virevolte, on sait que tout ça, même ce qui est censé faire peur, c'est pour de rire, mais on y va, on est transporté, on hurle quand il faut hurler, on reprend sa respiration au cours des pauses, on éclate de rire et on a les larmes aux yeux, et des fois tout ça en même temps... En liberté! est bien le plus juste des titres, pour qualifier le film lui-même, et son réalisateur.
Un manège coloré, bariolé, qui tourne joyeusement dans la nuit et vous laisse redescendre, étourdi et chancelant, la tête remplie d'étoiles...
A la sortie, avec Catherine et Marie on partageait notre bonheur, on échangeait les répliques, les situations. J'avoue qu'une de mes scènes préférées est celle des vigiles contemplant sur leurs écrans la scène du braquage. tout y est parfait. (mais je pourrais en dire autant de tout le reste du film).
Jamais un film n'aura mieux mérite ce qualificatif de perché. Et très haut.

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jeudi 8 novembre 2018

nez rouge et re

(un post daté du 30 décembre 2005, que j'ai cherché et retrouvé, dans ce blog, parce qu'il était mentionné dans mes "statistiques", pour avoir été re-lu plusieurs fois, que j'ai relu aussi, qui m'a touché, et que je livre donc tel quel... - Et vous, que faisiez-vous il ya treize ans ??)

On vit, c'est facile (je parle de moi) oui, vu d'ici on n'a pas (je parle de moi) trop de raisons de se plaindre, on a un logement (pour lequel on ne paye pas de loyer puisqu'il est dit "de fonction") chauffé (avec plus ou moins d'efficacité,mais bon, les radiateurs le prouvent!) , on a de l'argent (virtuel) sur un compte en banque (avec une autorisation mensuelle de découvert qu'on utilise mensuellement jusqu'à son extrême limite) pour acheter à manger et à boire tout ce qu'on a envie (même si on n'en sent pas trop le goût ni l'odeur) pour acheter aussi des choses culturelles (des livres et des cédés et des dévédés) qu'on range sur des étagères qu'un ami gentil (on n'est absolument pas bricoleur) a installé dans l'appartement, pour acheter aussi une voiture (on a une vieille 306 bleue vaillante de 150 000 bornes) et aussi le téléphone et un ordinateur pour rester sans interruption en contact avec le monde et les autres gens (même si on abuse plus de l'un que de l'autre) , on est en plutôt bonne santé physique (on va à peu près une fois par an chez le toubib) même si depuis quelques temps on se trouve en légère surcharge pondérale (c'est pas grave, on a été "trop maigre" si longtemps) au niveau du bedon et qu'on se dit qu'on devrait faire un peu de sport (mais on n'en a pas vraiment envie alors on le fait pas, on dit en rigolant qu'on "cultive son infarctus") et mentale aussi (on trouve qu'on est "dans une bonne moyenne" de hauts et bas, d'angoisse et d'exaltation, sans avoir recours ni aux psys ni aux médocs) on a des amis proches, attentionnés, qu'on voit souvent (même si c'est bien souvent eux qui appellent, on n'est pas un dingue du téléphone) on a encore un peu de famille, juste une soeur, si loin si proche (qu'on aime beaucoup même si on a du mal à se le dire, handicapés de l'affection qu'on est tous les deux) on a des loisirs culturels (on est un peu de la famille télérama même si on n'y est plus abonné depuis belle lurette : on sort, ciné, théâtre, danse) on a un magnétoscope pour garder la trace des images qui bougent qu'on aime (et aussi un ordinateur qui permet la même chose mais il paraît que ce n'est absolument pas légal) on a une vie intérieure plutôt intense (si si), et on se considère comme un créatif (sans toutefois savoir précisément si on est davantage un artiste ou un bon exécutant) on a des souvenirs (dont on use et abuse) on a des rêves (ceux qu'on fait la nuit et ceux qu'on fait à d'autres moments) on a des projets (on est capable de se projeter dans l'avenir avec la facilité avec laquelle on se projette dans le passé) bref oui quand on regarde autour de soi, on se dit on vit, c'est facile mais il reste juste une chose à écrire, oui (on a l'impression qu'on y pense toujours sans la nommer cette chose) et au moment d'écrire le mot on hésite un peu (on trouve ça un peu ridicule) on tergiverse (on se dit alors qu'on pourrait l'écrire en tout petit dans un coin), on se racle mentalement la gorge oui on pourrait juste dire (et tous les amis du monde, et toutes les images du monde, et tous les livres du monde n'y pourront rien), qu'on a un peu manqué d'amour (pourquoi au passé ? c'est pas manqué mais bien manque qu'on doit écrire), oui, d'amour (mais, d'un autre côté, ça fait tellement longtemps -presque 50 ans, vous vous rendez compte ?- qu'on devrait y être habitué, merde!) alors bon on se dit (comme d'habitude) "ça doit forcément être de ma faute" on regarde à droite on regarde à gauche, personne n'a rien remarqué ouf bon alors on remet son chapeau pointu, on souffle dans sa langue-de-belle-mère pouet! et on retourne trinquer avec les amis. Le champagne, on aime bien ça...

(si je devrais le réécrire maintenant, il n'y aurait je crois pas grand-chose à changer... tiens, si je tentais le coup...)

On vit, c'est plutôt facile (je parle de moi) oui, vu d'ici on n'a pas (je parle de moi) trop de raisons de se plaindre, on a un logement (une maison) (pour lequel on paye un loyer pas trop excessif) chauffé (avec plus ou moins d'efficacité,mais bon, les radiateurs en témoignent!), on a de l'argent (virtuel) sur un compte en banque (avec une autorisation mensuelle de découvert qu'on n'a plus utilisée depuis 2014) pour acheter à manger et à boire tout ce qu'on a envie ou presque (même si on n'en sent pas trop le goût ni l'odeur) pour acheter aussi des choses culturelles (des livres et des cédés et des dévédés) qu'on range sur des étagères qu'un ami gentil (on n'est absolument pas bricoleur) a installé dans l'appartement (un autre ami gentil a même installé une bibliothèque magnifique sur le palier), pour acheter aussi une voiture (on a une vieille Twingo de 120000 bornes, achetée neuve il y a longtemps) et aussi le téléphone (un fixe et un portable) et un ordinateur (et un abonnement internet) pour rester sans interruption en contact avec le monde et les autres gens (même si on abuse plus de l'un que de l'autre), on est en plutôt bonne santé physique (ça fait un an ou deux qu'on n'est pas allé chez le toubib) même si depuis un bon moment on se trouve en surcharge pondérale (c'est pas grave, on a été "trop maigre" si longtemps) au niveau du bedon et qu'on se dit qu'on devrait faire un peu de sport (mais on n'en a pas vraiment envie alors on le fait pas, on dit en rigolant qu'on "cultive son infarctus") et mentale aussi (on trouve qu'on est "dans une bonne moyenne" de hauts et bas, d'angoisse et d'exaltation, sans avoir recours ni aux psys ni aux médocs) on a des ami(e)s proches, attentionné(e)s, qu'on voit assez souvent (même si c'est bien souvent elles qui appellent, on n'est pas un dingue du téléphone, mais on trouve que les sms ont été une invention vraiment très pratique) on a encore un tout petit peu de famille, juste une soeur, si loin si proche (qu'on aime beaucoup même si on a du mal à se le dire, handicapés de l'affection qu'on est tous les deux) on a des loisirs culturels (on est un peu de la famille Télérama même si on n'y est plus abonné depuis belle lurette : on sort, ciné, théâtre, danse, concerts) on n'a plus de magnétoscope ni même de graveur depuis des lustres -mais encore 400 vhs dans le grenier- (mais on utilise toujours  l'ordinateur pour récupérer des vidéos même s'il paraît que ce n'est absolument pas légal) on a une vie intérieure plutôt intense (si si), et on se considère comme un "créatif" (sans toutefois savoir précisément si on est davantage un artiste ou un bon exécutant), on fait des photos, souvent, (soit avec son appareil (à zoom x30) soit avec son téléphone) on a des souvenirs (dont on use et abuse) on a des rêves (ceux qu'on fait la nuit et ceux qu'on fait à d'autres moments) on a encore des projets (on est capable de se projeter dans l'avenir avec la facilité avec laquelle on se projette dans le passé), on a un blog dans lequel on écrit (on s'écrit)  depuis déjà un paquet d'années, on a encore une montagne de livres à lire et de films à voir et de posts à écrire et tout ça pour un paquet d'années,  bref oui quand on regarde autour de soi, on se dit on vit, c'est facile, on repense -bien sûr- à Tchekhov, on se dit "la vie elle a passé, on a comme pas vécu...", et on se dit que mais si, on aura vécu, comme les autres, ni mieux ni moins bien, on aura vécu à feu doux, à demi-mots, couci-couça, en pointillés...on regarde à droite on regarde à gauche, personne n'a rien remarqué ouf bon alors on remet son chapeau pointu, on souffle dans sa langue-de-belle-mère pouet! et on retourne trinquer avec les amis, avec son faux nez rouge de clown en plastique. Le champagne, on aime bien ça...

(de l'art du recyclage toilettage...)

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mercredi 7 novembre 2018

micro181

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tiens, l'été est fini!

*

les lobbys du sucre préconisent de ne pas abuser du gras
et les lobbys du gras recommandent de ne pas forcer sur le sucre!

*

tarte aux glands

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samedi matin (très tôt), en rejoignant la nationale depuis Authoison, aperçu deux faons au bord de la route, comme attendant pour traverser

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 Si j'étais allé aux Eurocks le dimanche 3 juillet 1994 j'aurais pu assister au concert de Swell puis à celui des Thugs!
(regrets, mais bon je devais être en train de déménager...)

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 "On va essayer de faire passer l'Impératrice comme une espèce d'apnée..."
(dernière phrase de mon rêve, sur laquelle je me suis réveillé)

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"Elle l'avait bien rangé, c'est pour ça qu'elle ne le trouvait pas..."
(le voisin, sarcastique, à propos de son épouse)

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Un cochon en train de défiler en douce (avec un masque de cochon)
 dans une manifestation vegane

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(non non, l'été n'était pas du tout fini!)

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 "et monter une échelle avec deux seaux de ciment..."
(deux mecs devant moi discutent des difficultés inhérentes à certains jobs)

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Marie a re-refleuri!
(22 octobre)

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quand il faisait chaud (la semaine dernière) on souhaitait qu'il fasse moins chaud et qu'il pleuve
mainteant qu'il fait froid et qu'il pleut, on aimerait qu'il re-fasse soleil et plus chaud

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 lundi 29 octobre, 17h45 : mon dieu il fait nuit noire!

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 Le lambeau, de Philippe Lançon a reçu le Prix Fémina
(j'eus préféré qu'il obtint le Médicis...)

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 oh oh on m'a offert un pot de chrysanthèmes!

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mardi 6 novembre 2018

rain and tears

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CHACUN POUR TOUS
de Vianney Lebasque

Tiens! Encore un film qui parle de sport,  et d'une équipe masculine, et qui se termine sur une compétition internationale, et avec une médaille d'or pour l'équipe en question... (je ne spoile rien du tout). Ici le sport c'est le basket, l'entraîneur c'est Gérard Darroussin et l'équipe est celle de déficients mentaux qu'il souhaite présenter aux Jeux Paralympiques de Sydney. Sauf que, plusieurs de ses joueurs habituels lui ayant fait défaut, le voilà bam! qui conçoit un stratagème : engager des faux handicapés mentaux pour que l'équipe puisse figurer à Sydney (et assurer la pérennité de la subvention pour sa fédération qu'on menace de lui retirer.) Et va donc procéder à un casting pour constituer sa nouvelle équipe.
Dans l'équipe définitive (qui passe avec succès l'épreuve de la visite médicale grâce à un coaching intenif) ne figurent plus que deux "vrais" déficients mentaux (Freddy et Yohan, joués par de "vrais" acteurs déficients mentaux), tandis que tous les autres jouent : notamment la paire-vedette, Stan (Ahmed Sylla) et Pippo (Olivier Barthélémy), deux amis d'enfance, un black et un grand balèze barbu, peut-être un peu con-cons, dans la bonne moyenne quoi, mais pas déficients (enfin, mesurés officiellement en tant que tels). Evidemment, il sera question au début du film de moralité et de scrupules,vite repoussés sous le tapis, évidemment ils vont tous partir à Sydney, évidemment ils vont aller jusqu'en finale, et, évidemment ils vont la gagner, cette finale... On est, une fois encore, dans un feel good movie, donc on feel good, et ça fait plaisir de revivre, à quelques jours d'intervalle après Le Grand Bain, une finale victorieuse pour nos héros, avec tout autant d'émotion (j'ai même versé ma larmichette, si si...) même si les enjeux sont tout à fait différents.
Une comédie qui évoque le handicap, c'est un dosage délicat à réussir a priori. Du genre nitroglycérine.Il s'agit de faire rire avec et non au détriment de. Précisément. Encore plus lorsqu'il s'agit de mecs "normaux" censés simuler la déficience. Corde raide. Et ma foi Vianney Lebasque s'en sort plutôt avec les honneurs. A la paire-vedette "déficients" (Freddy et Yohan) répond l'autre paire-vedette "efficients" (Stan et Pippo), dans un certain souci d'équité (chacun ses qualités, chacun ses problèmes), de leur confrontation naîssent les étincelles -les crépitements- de la comédie, avec le toujours bon Darroussin entre les deux. L'ensemble des personnages secondaires rajoute encore du baume au coeur de la fiction (à quoi ça tient d'être "normal" ou presque, hein ?) et contribue à la réussite -et à la justesse- du film. Bon, on peut regretter que le casting féminin joue un peu sur le banc des remplaçantes (Camélia Jordana dans un rôle un peu joliment "décoratif", et deux "esquisses" : une splendide athlète jamaïcaine en chaise roulante pour une idylle avec Pippo, et une jeune fille surnommée Paprika par Freddy, qui lui aussi a droit à son idylle...) dans ce qui est surtout, comme Le grand bain encore une fois, une histoire d'hommes (mais qui roule un peu plus des mécaniques que le film de Lellouche, ce qui n'est pas forcément une bonne chose).
Le film a un peu de mal a démarrer (histoire de ton, d'abord, ce qui serait comme un échauffement un peu laborieux) puis trouve son rythme, à partir de l'arrivée au village olympique, les choses vont de mieux en mieux (le dosage déconne/émotion), en même temps que la cohabitation déficients/efficents s'affine et s'approfondit, jusqu'à cette fin en point d'orgue (jamais je n'avais été aussi ému par une chanson de Démis Roussos promis juré...) et le retour (de bâton) à la réalité qui suit. (Le film est inspiré d'une histoire vraie, la même grosso-modo, qui est arrivée à l'équipe d'Espagne (où 10 joueurs sur 12 n'étaient pas déficients mentaux, et ont perdu leur médaille d'or, que seuls les vrais déficients ont pu conserver...))
I feel good... (un cran en-dessous du Grand bain, mais feel good quand même...)

5615607

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