dimanche 2 juillet 2017

gros chien noir

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AVA
de Léa Mysius

On voulait voir Ana, mais la séance était à 15h30, et donc, à 13h30, on a eu Ava. Un film dont j'avais découvert la bande-annonce quelques jours plus tôt, et dont Mimi m'avait dit qu'il ne devait pas être mal... Munis de ce viatique, nous voici 'Dominique, pacoune et moi) installés dans cette salle du Victor Hugo, où il ya avit plutôt pas mal de monde (pour une séance de mercredi 13h30). La bande-annonce bande-annonçait un film estival, le pitch l'histoire d'une gamine qui devenait aveugle, et donc à qui sa mère (jouée par Laure Calamy, qui nous ramenait vers le très estival et apprécié du mère/fille d'Un monde sans femmes) promet le plus merveilleux et le plus inoubliable des étés avant qu'elle ne perde définitivement la vue...
Le film est curieux et attachant, comme l'est l'interprète principale, une adolescente à cet âge où on n'est pas encore complètement sorti de l'enfance, mais pas du tout non plus complètement rentré dans l'âge adulte. Chrysalide, nymphe, les métaphores entomologiques ne manquent pas. Un zeste de Pauline à la plage, certes (la jeune fille, un soupirant envisageable, puis un second) où Rohmer serait talonné par Raul Ruiz, puis rattrappé par Tony gatlif (pour schématiser beaucoup beaucoup).
Il y a la vie d'Ava, il y a ses rêves et ses cauchemars récurrents, il y a ses aventures, ses fugues et ses révoltes, et la narration fait un petit pas de polka entre le naturalisme réaliste qui file tout droit, et les séquences fantas(ma)tiques qui virevoltent de ci de là (et, parfois aussi, cahin-caha va chemine va trottine)

Mais mais mais mais

comme pour son prédécesseur jarmuschien, j'ai le regret et la honte d'avouer que j'y ai beaucoup dormi. irrépressiblement, et surout au début, ce qui m'en a donc un peu haché (et gâché) la compréhension.
Me restent quelques jolies scènes  (celle de l'affiche, notamment), une très jolie QV nocturne ("On dirait une petite bête...") et le goût salé d'un film de plage et d'été (et de jeune fille en fleur et en révolte) un peu brouillon mais enthousiaste. (de ce que j'ai pu en voir, bien sûr).

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samedi 1 juillet 2017

juin 2017

jeudi 1er (en voiture)
un trajet Coulevon Bellou sans encombre, en suivant l'itinéraire rédigé avant Noël par Dominique sur un papier retrouvé sur le siège arrière (parfait une fois déchiffré)
vendredi 2 (Bellou)
un orage de grêle carabiné qu'on vivra depuis l'intérieur du supermarché (le bruit est impressionnant, les effets visibles dans la rue, lorsqu'on rentrera, aussi)
samedi 3 (sms)
sollicité l'aide de Zabetta pour des suggestions d'accompagnement pour le vitello tonnato réalisé par Malou (on retiendra les courgettes confites)
dimanche 4 (Moulicent)
Etant le seul pas vraiment de la famille, j'assure vaillamment le barbeuk' pour 12 de midi (agneau, saucisses, et lard). Et j'y prend des couleurs
lundi 5 (à l'apéro)
découvert le -très très tendance- spritz : Prosecco, Aperol, rondelle d'orange, et deux glaçons (comme à Venise)
mardi 6 (chez Malou)
j'adore ce coin, au fond du jardin, on s'assied ce banc sous les arbres au bord de l'eau, on  laisse ses pensées aller au fil du courant en écoutant les oiseaux
mercredi 7 (en voiture)
L'aller s'était fait sans encombre, le retour le fut moins : perdu (beaucoup de temps) dans Chartres (la direction Etampes n'était pas indiquée), donc, je hais Chartres, provisoirement
jeudi 8 (fjt)
le plaisir de retrouver à midi mes chères collègues (et aussi, soyons honnête, un nombre impressionnant de joyeux et virils  travailleurs en short et parfois même débardeur)
vendredi 9 (à la cuisine)
en l'honneur de Malou, confectionné une énorme soupe, avec légumes frais et lentilles (l'épluchage et la découpe sont des exercices très zen)
samedi 10 (orange tv)
enchaîné l'avant-dernier épisode de The Leftovers (que j'avais déjà vu, mais sans sous-titres) et le dernier (qui est très beau et plutôt très calme)
dimanche 11 (sfr)
faute de pouvoir lui souhaiter de vive voix, envoyé en pièce jointe un pdf contenant trois rébus de bon anniversaire pour Régis
lundi 12 (parking)
sur la table, une paire d'escarpins rouges  comme dans Le magicien d'Oz (mais approximativement de taille 45), et, dans la poubelle, une grosse boite en métal décorée de fleurs, marquée "vermicelles" d'une main de grand-mère (et contenant en effet quelques vermicelles encore)
mardi 13 (Authoison)
La jeune Martha m'a re-expliqué (pour la seconde fois) quelle était l'utilité de connecter mes données, sur mon téléphone
mercredi 14 (plate-bandes)
"à la fraîche", j'ai repiqué ce matin une dizaine de plants d'ipomées bleues, aimablement fournis (avec leurs petits tuteurs) par mes gentils  voisins
jeudi 15 (parking)
chaleur extrême, j'avais décidé de rester jusqu'à ce que l'orage éclate, pour que la pluie nettoie mon pare-brise, mais quand il s'est -enfin- mis à pleuvoir, mes essuie-glace, avec un sens parfait du timing, ont tout d'abord refusé de fonctionner
vendredi 16 (pharmacie)
le joli pharmacien m'a extrait une tique installée sur mon bras, avec le tire-tiques qu'il m'a  ensuite vendu
samedi 17 (Coulevon)
Il y avait tout de même beaucoup de viande saoule et/ou enfumée sur le site du Festival, quand nous l'avons quitté, à la fin du 3ème (et très apprécié), concert, celui d'Outrage
dimanche 18 (mycanal)
Ne me suis habillé que vers 18h (Marathon Le bureau des légendes saison 2 dont j'ai vu sept épisodes sur les dix, quasiment d'affilée)
lundi 19 (LSF)
On avait rarement entendu autant les gens parler, et ce depuis le premier cours (perspectives pour l'année prochaine)
mardi 20 (plate-bandes)
c'est tout un art que d'accompagner les ipomées dans leur croissance jusqu'à ce qu'ils puissent enfin s'accrocher aux barreaux de la grille et vivre leur vie d'ipomée
mercredi 21 (Besac)
avant d'arriver à l'Ermitage, croisé une nuée -appétissante-  d'ouvriers plus ou moins torse-nu qui quittaient leur ouvrage pour s'en aller manger
jeudi 22 (dans la cuisine)
excellente idée que de cuisiner un cake (deux, même) par un jour de canicule : lorsqu'on sort de la cuisine, les autres pièces de la maison semblent tout à fait tempérées
vendredi 23 (plate-bandes)
le minuscule plaisir acidulé de manger la première (et unique) groseille rescapée de mon bébé-groseiller planté l'année dernière
samedi 24 (Gy)
une soirée estivale d'anniversaire entre amis comme on les aime, encore plus lorsqu'un cadeau tombe pile-poil parce que vous en aviez tout spécialement envie : Les branleurs, de Larcenet (merci Pépin)
dimanche 25 (en face)
profité pour la première fois de l'année de la piscine des voisins, à 28° (formule dite "complète" avec okey + apéro + repas)
lundi 26 (devant la MDA)
le plaisir de rester là à discuter, après le dernier cours de LSF, sous cette bruine aussi ténue que bienvenue
mardi 27 (préau d'école)
l'illusion, le temps d'un pot de retraite, que l'entité Montmarin 2 s'était soudain -et joyeusement- reconstituée, tout comme avant
mercredi 28 (parking)
lu, sous un soleil raisonnable, mon premier manga, prêté par Christine : le premier tome de Le mari de mon frère
jeudi 29 (en voiture)
Sur le trajet vers la MDA, une très violente averse, mais dans la voiture je me sens parfaitement serein. A l'abri, en référence aux événement récents
vendredi 30 (même préau d'école)
un autre pot de retraite, à trois jours d'intervalle, plutôt joyeux et surtout désencombré de conventions académiques...

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vendredi 30 juin 2017

ce tout (de jeu)

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GIMME DANGER
de Jim Jarmusch

Que dire ?
D'abord que j'ai très honte d'avoir beaucoup dormi...
(pardon Jim, pardon Iggy...) Iggy raconte et se raconte (et ce papy du rock en a eu une existence "mouvementée" : sex, drugs and rock'n'roll à donf... Surtout les deux derniers, à vrai dire, le susdit étant plus discret sur le volet "sex".)
Comme les histoires du Père Castor, finalement : ici le Papy Iguane, assis dans son fauteuil, nous balance benoîtement ses histoires, à nous minots émerveillés par les hauts et les bas et les cahots de sa vie, et pas seulement musicale. Son enfance, le mobile home jaune où il vivait, son adolescence, les débuts des Stooges, et tout un pan au parfum nostalgique mais enthousiasmant de l'histoire ricaine, des années 70, tout ça revisité sous nos grand syeux de gamins ébahis par la voix d'iggy (qui ne s'appelle pas du tout Iggy), par les documents d'époque (et quelle époque!) et par la patte et l'oeil de cinéaste du grand Jim (qui évoque tout de même à propos des Stooges "le plus grand groupe du monde"...) qui enjolive régulièrement le récit de quelques animations délicatement (et faussement) naïves
Mais voilà, mais voilà, j'ai dormi, j'ai dormi, une grande partie du film (comme d'hab', et plutôt inexplicablement, d'ailleurs, au début) et j'en suis fort penaud.

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dimanche 25 juin 2017

saisir le perche

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mercredi 21 juin 2017

brimborions (avril/juin)

 

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mardi 20 juin 2017

"ça n'a rien à voir avec le réel..."

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LE JOUR D'APRES
de Hong Sang-Soo

Allé à Besac tout spécialement pour le voir, quand j'ai appris qu'on ne pouvait pas l'avoir aux dates prévues dans le bôô cinéma. J'vais prévu de voir sans doute un autre film à la suite, mais j'étais tellement ravi en sortant de celui-ci que j'ai préféré rester sur le goût délicieux qu'il m'avait laissé.
Soyons clair : avec HSS, il s'agit d'une belle histoire d'amour qui dure... Avec, ça et là, des sommets, et parfois aussi, re-ça et re-là des petites baisses de forme. Là, on est au-dessus. Tout au-dessus.
D'abord parce que j'étais avec Mimichounette, qui a changé de film pour m'accompagner *, ensuite parce que je n'y ai pas -ô, prodige!- dormi une seconde, ce qui prouve à quel point j'étais captivé. Le film est dans un trés beau noir et blanc (j'ai pensé à Nuits calmes à Séoul, que j'avais adoré), utilise peu de décors (une cuisine, le bureau d'un éditeur, une restaurant chinois), et consacre beaucoup de plans (fixe) à des champs/contrechamps sur des hens qui parlent, qui discutent, qui échangent... voire qui philosophent (c'était justement le jour du bac de philo, et vous devez savoir la sainte horreur que j'ai de, justement, la "philosophie"), il sera successivement question de l'adultère, de la lâcheté, du réel, de Dieu, même (si, si), et, forcément, d'amour, et, forcément, de mensonge, d'échec et de tristesse aussi. Mais tout ça est léger et craquant et délicieux comme la plus fine et la plus exquise des gaufrettes.
Il est surtout question, finalement, de la pusillanimité (ce mot n'est pas dans la film, mais il me semble plutôt juste pour le décrire) du personnage masculin principal, qui tente (mollement) de se débattre, entre son épouse qui le soupçonne d'avoir une maîtresse, sa maîtresse, justement qui l'a quitté pour un autre, et la remplaçante de sa maîtresse, qui, le premier matin de son nouvel emploi, va être prise par l'épouse pour la maîtresse en question.
C'est un régal, il n'y a pas d'autre mot.
Comme d'hab' ça a l'air tout simple, fait avec deux bouts de ficelle et trois coups de cuillère à pot, ça ne paye pas de mine, mais c'est admirable. je vous l'ai déjà dit, je n'en ai pas perdu une miette.
Au début, comme d'hab' aussi j'étais extrêmement attentif, essayant de dénombrer avec précision combien il ya avait de femmes et combien d'hommes, et qui faisait quoi. Et le film progresse, finalement, d'une façon plutot linéaire (avec comme d'hab' des ellipses assez brutales, qui font croire parfois, à tort qu'il s'agit d'un souvenir, ou d'un fantasme, ou de je ne sais pas moi... mais non c'est juste l'histoire qui suit son cours, et les acteurs qui expérimentent diverses choses. l'impression très nette de déjà vu qui se dégage de l'avant-dernière scène se justifie, , en fin de compte, à la perfection. Et c'est la deuxième fois qu'on voit, dans le dernier plan d'un film d'HSS, une demoiselle qui s'éloigne, de dos, sous la neige... (petit jeu -dont je ne connais pas la réponse : c'était dans quel film, l'autre fois?)

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(et j'aime beaucoup l'affiche, en plus...)

* (même qu'au début nous étions seuls dans la salle et que nous avons chanté "les fiancés d'Auvergne")

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lundi 19 juin 2017

les bambous en fleur

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SAYONARA
de Koji Fukada

Emigrés
Retour au Japon pour ce second film de Koji Fukada. Si on ne change pas de pays on change d'époque (un futur proche) et de genre (s-f ? uchronie ?) On apprend aux infos que 13 centrales ont été sabotées et ont pris feu en même temps, et donc le pays doit être évacué. On est au Japon, et donc tout cela va se faire dans l'ordre et la discipline, en commençant, bien, sûr, par les privilégiés, et en continuant de descendre dans la liste...  il est juste question de numéros et de tirage au sort. Chacun partira en son temps, mais certains plus vite que d'autres...
Une femme qui dort
L'héroïne du film n'est pas japonaise : c'est une blondinette maigrichonne à la peau pâle, et l'autre non plus d'ailleurs, enfin, pas au sens strict puisqu'il s'agit d'un (e?) androïde. Elle est jouée, d'ailleurs, par un(e?) vra(e) androïde. On fera leur connaissance dans un magnifique plan fixe sur un canapé devant une fenêtre ouverte, avec des rideaux qui volettent (je pourrais regarder ce genre de plan pendant des heures, et j'ai eu le sentiment que le réalisateur le savait...)
Un film lent et contemplatif (et peut-être complaisant avec cette lenteur et cette contemplativité (des critiques ont évoqué l'ombre de Tarkowski) tant on a parfois le sentiment que le réalisateur pousse la durée de son plan au-delà du bout du bout.) sSur une histoire pas très guillerette ("et à la fin, elle meurt" -ou plutôt, "et à la fin, elles sont mortes". Comment peut mourir un(e) androïde ? Je vous laisse le découvrir) Koji Fukada réalise un film très doux, à la lumière et à la douceur estivales (un univers qui, étrangement, m'a évoqué par ses ambiances -et son extrême tristesse ?- l'adoré Never let me go de Mark Romanek).
Un pays qui se vide, inéluctablement, après avoir cramé, une femme qui meurt, tout aussi inéluctablement. Des compositions apaisées, (comme anesthésiées), des plans d'ensemble (une voiture sur une route qui coupe en deux un paysage) aux points de détail (des graminées ondulant sur fond de ciel bleu). Ne cachons pas notre enthousiasme : j'ai adoré tout ça. Et la façon dont, à intervalles réguliers, apaaraît une déchirure dans la trame de ce quotidien atone (j'ai parfois pensé à Duras, façon india Song, pour la teneur et la tonalité des échanges entre femmes, ah Delphine Serig, fermons la parenthèse...), une déchirure bienvenue qui vient tonifier l'ensemble (les jeunes dans la voiture, le concert improvisé avec le groupe de rock dans la nuit....)
Anamorphosée
J'aurais presque envie de parler de manifeste esthétique.  Encore bien plus que dans Harmonium, le réalisateur a soigneé la forme, et en poussant un peu l'expérimentation jusqu'à la zone rouge des potentiomètres, il peut parfois donner l'impression de prendre la pose (mais, encore une fois, j'adore ça). Ainsi, une longue scène, anamorphosée (= filmée de traviole) est venue ramener à mon coeur le souvenir -un peu pénible- de Mère et fils de Sokourov, qui lui l'était, (anamorphosé) de bout en bout, et avec ce souvenir la question de l'utilité du procédé. Certes, elle va mourir, certes elle en est toute chamboulée, mais là on aurait envie de parler de procédé, presque.
Les bambous en fleur
J'avoue que l'échange avec Hervé a -un tout petit peu- tempéré mon enthousiasme (quand on aime, on n'a pas envie de voir les défauts), et je pense qu'il a tout à fait raison à propos des "fins successives". On a un plan fixe, dans la fameuse pièce avec le fameux canapé devant la fameuse fenêtre, qui se clôt avec un fondu au noir tellement étiré et tellement prégnant qu'on se dit que le film est fini (et plutôt impeccbablement, d'ailleurs, je le répète). Et pourtant on enchaîne avec une nouvelle scène, solaire et douce, ce qui provoque un genre de choc thermique sensoriel.
Puis une autre encore (qui n'a pas convaincu Hervé alors que moi si). Je trouvais l'idée de la toute dernière scène, cet entêtement du personnage d'aller jusqu'au bout, tout à fait impressionnante, et somme toute, logique (justifiée, en partie, par les discussions qui l'avaient précédée).
Et je suis resté jusqu'au bout du bout du générique, pour réussir à reprendre pied sur la terre ferme du réel (et forme humaine par la même occasion).
Grandiose
Top 10 ?

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dimanche 18 juin 2017

mirabelles belles belles

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CESSEZ-LE-FEU
d'Emmanuel Courcol

J'y suis allé pour deux raisons (allez, trois...) :
1) il y était question de LSF (langue des signes)
2) Grégory Gadebois y joue un soldat qui rentre muet de la guerre de 14
3) Céline Sallette y joue une professeuse de LSF (là, signer "comme Martine")

Toutes les promesses ont été tenues. Le film s'ouvre par une scène de tranchée très violente et très forte. Mais le personnage principal, au générique, n'est pas "le soldat qui rentre muet de la Guerre de 14" (Grégory Gadebois), mais son frère (Romain Duris) qui a préféré s'expatrier en Afrique pour se laver des horreurs de la guerre. Nous suivons donc en alternance le premier en France et le second en Haute-Volta. L'un muet, entouré de femmes (sa mère, sa prof de langue des signes, puis, bientôt, une jeunette qui pourrait bien devenir sa fiancée), l'autre en aventurier broussard un peu folklorique entre Daktari et Crocodile Dundee (la partie africaine n'est pas celle qui m'aura le plus intéressé) mais qui parle aussi de la guerre et de la France, via un vieux fusil et un pendentif en forme de tour Eiffel.
Puis le frangin rentre en France. Retrouvailles, puis étonnement suivi d'incrédulité (à quoi bon apprendre la langue des signes, puisqu'il est persuadé que son frère va finir par reparler, que tout ça n'est que temporaire ?) Mais les choses suivent leur cours, tout le monde ou presque apprend, plus ou moins, à signer (le réalisateur a choisi un peu la facilité pour ne pas avoir à sous-titrer la LSF en tant que langue étrangère, puisque, chaque fois que les personnages signent, ils oralisent en même temps -sauf Marcel- et il faut reconnaître que Céline Sallette est plutôt convaincante en professeuse (ça m'a permis de réviser et même de découvrir des signes nouveaux)).
Le film, très soigneusement reconstitué, prend alors des airs -bien agréables- de Maupassant ou de Renoir, guinguettes, canotiers, fil de l'eau, herbe tendre, et le frangin bien entendu va tomber amoureux de la prof, mais les choses bien entendu sont plus compliquées que ça... et le film va soudain prendre un virage feuilletonnesque et mélodramatique, avec rebondissements tsing! et tsing encore! qui ne s'imposaient peut-être pas vraiment...
L'interprétation n'est pas en cause (Gadebois, est -comme à son habitude- phénoménal, Céline Sallette est parfaite en costumes d'époque (donc enfin sans veste de treillis ni kro à la main) et toujours aussi merveilleusement triste en demi-teinte, Julie-Marie Parmentier aurait mérité qu'on la vit davantage (cette actrice est, c'est bien dommage, sous-employée, rappelez-vous pourtant de sa force dans Les blessures assassines), et Romain Duris fait virilement le job.
Un film sans doute trop anecdotiquement patriote (tout autant que patriotement anecdotique ? juste pour le plaisir de l'inversion) dont les maladresses et les lourdeurs -voules ou non- de la dernière partie barbouillent un peu le plaisir qu'on avait pu y prendre au début.

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mercredi 14 juin 2017

soufflerie

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HARMONIUM
de Kôji Fukada

Nous programmons la même semaine deux films du même réalisateur, un très récent (Sayonara) et un plus vieux (celui-ci), qui n'est sorti pourtant qu'il y a quelques mois. Un film très... japonais, avec excès de politesses, courbettes, non-dits, scènes de repas qui font très envie (tous ces petits bols, ces soupes, ces plats, ces choses qui croquent...), et un certain sens de la cruauté, lui aussi incontestablement nippon.
Soit une famille "moyenne", papa, maman et leur fille. papa travaille dans son atelier, Maman s'occupe de la maison, et la fillette bosse son harmonium pour un concours qu'elle va bientôt présenter (et pour lequel sa maman est en train de lui coudre une splendide robe rouge). Tout va pour le mieux dans le plus japonais (et lisse) des mondes, jusqu'à ce qu'un grain de sable vienne érafler cette surface idyllique et bien polie. Le grain de sable s'appelle Yasaka, il a une chemise blanche impeccable et un pantalon noir idem. Il débarque dans l'atelier du papa, s'y fait engager, puis se voit offrir l'hébergement dans l'appartement de la jolie famille, chambre et repas.
On apprend successivement qu'il est un "vieil ami" du papa, qu'il sort de prison, qu'il a commis un meurtre, qu'il n'était pas tout seul au moment du meurtre, qu'il n'a jamais dénoncé son complice, etc. (arrêtons là les révélations). A la façon de Théorème, Yasaka prend possession des lieux et des personnages qui les habitent. Discussions ambiguës avec le papa, manoeuvres de séduction avec la maman, et cours d'harmonium pour la fillette. Ceci pour la première moitié du film, jusqu'à l'incident grave qui va y mettre fin.
La seconde partie s'ouvre huit ans plus tard. Les personnages ont vieilli, tous ont gardé des séquelles plus ou moins visibles (et plus ou moins graves). La vie de la petite famille continue, mais n'est plus  aussi lisse qu'au début du film. Le nouveau grain de sable qui va à nouveau précipiter le drame est un jeune homme, le nouvel assistant du papa à l'atelier. Il va s'avérer, rapidement, qu'il est le fils de Yasaka, qu'il n'a jamais connu son père (dont il sait juste qu'il a travaillé quelques mois avec le papa), et qu'il a un faible pour la demoiselle de la maison.
Les parents n'ont toujours pas abandonné les recherches, et Yasaka, disparu est comme la pièce manquante, centrale, d'un puzzle, indispensable pour comprendre l'intégralité de ce qui se joue. Les malaises et les souffrances des un(e)s et des autres vont interférer et atteindre leur paroxysme lors d'une virée en voiture à 4, vers l'endroit où le détective pense avoir localisé Yasaka...
Rien ne finira très bien (nous sommes bien dans un film japonais) et le film se clôt, au noir, sur un bruit de respiration qui renvoie ironiquement à celui de l'harmonium qui en faisait l'ouverture.
Le film est particulièrement soigné (certaines critiques parlent d'élégant, ils ont raison), et je trouve que le travail sur le son est vraiment magnifique (de par sa précision et son intelligence). Un thriller virtuosement calligraphié, donc, (une eau-forte, plutôt) avec exactement ce qu'il faut de malheur (de violence) et de la juste distance critique nécessaire pour l'observer.

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lundi 12 juin 2017

foyer

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DE TOUTES MES FORCES
de Chad Chenouga

La bande-annonce semblait sympathique (et racontait quasiment toute l'histoire), et on y voyait Yolande Moreau, en directrice de Foyer, c'est sans doute ce qui m'a décidé. Il s'agit quasiment d'autobiographie, et on comprend que le réalisateur ait eu l'envie/le besoin de raconter tout ça.
Le jeune héros est sympathique, mais tout le monde autour de lui souffre de rester cantonné à des silhouettes plus ou moins convenues. Yolande Moreau est toujours aussi attachante, particulièrement dans ce rôle de mère-poule, et toujours aussi juste aussi.
Le film est attachant, mais peut-être un peu trop sage. Il se regarde avec plaisir, mais pour ce qui est de la stylisation, je préférais celle de Ma vie de courgette, qui raconte un peu la même histoire.

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