mardi 12 février 2019

fica25.02

jeudi 7

une journée un peu entre-deux, puisque grâce à Zabetta j'assiste, plus ou moins au visionnement des films en avant-première concourant pour le Prix des Exploitants, mais comme j'en ai -entregent- vu déjà deux sur les trois proposés ce jour, je vais voir un peu autre chose puis je reviens...)

030
SIBEL ****
de C. Zencirci et G. Giovanetti

Déjà vu en prévisionnement, mais ça m'avait vraiment beaucoup plu et j'y suis retourné. Bon, assis au deuxième rang, la vision n'est plus la même, et même physiquement un peu éprouvante. Mais le film est toujours aussi fort. Un beau film sur la différence (l'héroïne est muette mais s'exprime par sifflements), une belle rencontre dans la forêt (on cherche le loup, et on trouve autre chose) et un plaisoyer vibrant en faveur de l'émancipation des femmes (ce qui, en Turquie, n'est vraiment pas une mince affaire...)

031
LE PORTRAIT INTERDIT****
de Charles de Meaux

c'est un peu le hasard qui m'a amené à voir ce film (le programme de la journée de jeudi était un peu compexe à mettre en place) dont j'ai eu le plaisir d'apprendre que son réalisateur était aussi le producteur d'Apichatpong Weerasethakul (ce qui ne pouvait que me le rendre sympathique) une belle histoire d'amour (multiplement impossible) entre un jésuite (Melvil poupaud, excellent comme d'hab') et une demoiselle joliette qui n'est autre que la femme de l'Empereur (de Chine). Il a été engagé par l'Empereur pour faire de sa femme un "portrait à l'occidentale" (qu'elle a pu obtenir après avoir battu son empereur de mari aux échecs en, c'est lui-même qui le dit, "ayant joué avec malice"). Un film magnifique, un rien obséquieux peut-être (mais rituel empesés de la cour obligent), traversé de fulgurances esthétiques qui émerveillent, rien de moins.

032
WORKING WOMAN ****
de Michal Aviad

Une avant-première encore, un film israélien, où une jeune femme qui "en veut" professionnellement (son époux vient d'ouvrir un restaurant qui a du mal à démarrer, alors il faut des pépettes pour vivre) et trouve un emploi dans l'immobilier, sous les ordres d'un patron qu'on voit venir avec ses gros sabots de libidineux dès les premières fois qu'on le voit, et qui (la jeune femme) se trouve prise dans l'engrenage du harcèlement et des problèmes qu'il génère... Une film bien construit, centré sur un beau personnage de femme

(et je me suis arrêté là, pour cause de foule immense dans le hall qui m'a un peu stressé, et j'ai donc remis à plus tard le visionnage de My beautiful boy que j'avais projeté...)

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lundi 11 février 2019

fica25.01

Clermont ? Vesoul ? Finalement ce fut vesoul, car non seulement c'est sur place, mais en plus c'est l'année où j'ai droit à l'accrédition -oui, on alterne, on a droit à une comme les autres "associations de cinéphiles" (ne riez pas c'est écrit comme ça dans le programme) alors que, hein, mais bon passons, ceux qui me connaissent savent de quoi je parle...

mercredi 6

025
LES CLIMATS ****
de Nuri Bilge Ceylan

c'est important le premier film qu'on voit de la semaine, le démarrage des festivités, cette année, après mûre réflexion, j'ai opté pour un classique (j'hésitais avec le film de Brillante Mendoza en avant-première), un film déjà vu plusieurs fois (dans le bôô cinéma notamment), un film solide, où le réalisateur se met lui-même en scène (avec son épouse) pour raconter l'histoire d'un couple qui se délite (ça commence en plein soleil et ça finit sous la neige) et j'ai une nouvelle fois beaucoup aimé ça...

026
INSIANG ***
de Lino Broka

hésitations, encore, suis allé voir celui-ci parce que je voulais être dans la salle où passerait le suivant (Paradise now) et donc pas parce que c'était le coup de coeur de machine ou machin. Un classique, donc, du cinéma philippin par un de ses pères fondateurs (par lequel Brillante Mendoza, justement, dit avoir été influencé). Un bon mélo flamboyant filmé dans les bidonvilles en caméra à l'épaule, l'histoire d'une fille qui vit avec sa mère et l'amant de celle-ci, qui la courtise en douce et à qui elle finit par céder, après avoir été déçue par son jeune soupirant (à elle) qui avait tourné casaque après que l'amant de la mère (qui a des vues sur la fille) lui ait conseillé de déguerpir... Tout ça va, bien évidemment, très mal finir. Un mélo qu'on peut qualifier de flamboyant, mais qui ne m'a pas enthousiasmé plus que ça.

027
PARADISE NOW *****
de Hany Abu-Hassad

celui-là on l'avait programmé à sa sortie et  j'avais ensuite carrément acheté le dvd tellement ça m'avait plu. Dans la section "Hommage à Hiam Abbas", même si on ne l'y voit que fort peu, l'histoire forte de deux jeunes hommes, volontaires pour commettre un attentat-suicide, et de la dernière nuit qu'ils passent avant ledit attentat. Deux amis, qu'on voit au début du film vivre "normalement", avant que la mise en route et la préparation de l'attentat ne les transforme (du dehors autant que du dedans). Jusqu'au final, inéluctable, (mais très intelligemment filmé) on se passionne pour les itinéraires et les chassés-croisés (car bien sûr les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu) de ces deux garçons.

028
LEILA ***
de Dariush Merjhui
Ils sont jeunes ils sont beaux ils s'aiment ils ont tout pour être heureux sauf qu'elle décide qu'elle est stérile et ne peut avoir d'enfant, et Leila (la jeune épouse qui donne son titre aufilm) va se mettre en tête (un peu poussée -à bout- par sa belledoche) que pour être vraiment heureux son mari (qui pourtant lui répète qu'il l'aime pour elle-même et s'en fout de ne pas avoir d'enfant) doit trouver une nouvelle épouse pour qu'elle puisse lui donner un enfant... Ou comment construire son malheur bien consciencieusement jusqu'au bout (elle réussit au-delà de ses espérances puisque, à la fin du film, chacun(e) est seul et malheureux. mais bon ça dure deux heures, et on a envie de monter sur l'écran et rentrer dans le film pour gifler la jeune fille, quand même...

029
GARCON D'HONNEUR ***
de Ang Lee

je ne sais pas pourquoi, je ne l'avais pas vu lors de sa sortie, et j'ai donc rattrapé mon retard. Une comédie très agréable, à propos du coming-out et des mensonges qu'on peut faire à sa parents en croyant les préserver. Un jeune homme gay (from Taiwan), qui vit à New-York avec son ami américain décide de se marier ("en blanc") avec une jeune asiatique qui souhaiterait obtenir une carte verte... Les parents viennent pour le mariage, et tout ce monde loge à la même enseigne : le marié, la mariée, le "garçon d'honneur", la maman et le papa... Les choses ne vont pas se passer comme prévu (finalement ça pourrait servir de résumé pour un grand nombre de films, tant il me semble que je l'écris souvent). Un film très agréable, et délicieux en tout cas pour finir en beauté cette première journée...

(cinq films pour cette journée de mise en route)

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jeudi 7 février 2019

in the sauna

024
ENTRE LES ROSEAUX
de Mikko Makela

(entregent) Hasard des visionnages, ce film arrive juste à point, logiquement, oui, juste après Border (Welcome to Finland) et Mon cher enfant (Welcome to Syria). Vu ce matin, grâce à un lien vimeo et le mot de passe adéquat, ce joli film. L'histoire de Leevi et Tareq. Le premier est un jeune Finlandais qui fait une pause dans ses études littéraires parisiennes (il termine sa thèse de poésie comparée) pour revenir quelques jours en Finlande, notamment pour donner un coup de main à son père dans la réfection de leur maison de vacances, avant que celle-ci ne soit vendue, et le second est un jeune (et craquantissime) Syrien, recruté par le père via une agence d'intérim pour donner un coup de main dans lesdits travaux de réfection.
Le père, le fils, et le saint-esprit non, l'ouvrier.
Le père n'est pas commode (un vieux con finlandais pourrait-on dire, non, mieux, un vieux con universel comme il s'en fait -et s'en exporte- partout) et a du mal à accepter le mode de vie de son fils (d'abord qu'il soit gay, ensuite ses études frivoles, et le fait qu'il ne soit pas encore un homme parce qu'il n'a pas encore fait son service militaire -on apprend, incidemment, que la Finlande est, avec la Russie et la Corée du Nord, un des derniers pays à voir conservé cette institution...-).
Et le fils va vite trouver ce nouvel -et joli- ouvrier fort à son goût (etcomme on l'apprendra assez vite, réciproquement). Et comme le père est récemment appelé ailleurs pour régler les problèmes de sa petite entreprise défaillante, les deux jeunes gens vont se retrouver seuls, fort propicement, ce qui va bien arranger leurs affaires affectives et autres (et les nôtres, de spectateurs). Mondialisation gay pourrait-on dire, que cette rencontre finno-syrienne (pas si fréquente, quoique vue il n'y a pas très longtemps, pas tout à fait sous le même angle il est vrai,  dans le délicieux L'autre côté de l'espoir kaurismakien).
Le film est simple, il est juste. Rempli de sincérité. Et plutôt touchant ma foi. J'aime toujours ces histoires de rencontres entre deux gars, où la structure et le déroulement sont connus (premier contact, rapprochement, découverte mutuelle, travaux d'approche, premier baiser, "il faut bien que le corps exulte" (le passage à l'acte), les confidences, le bonheur partagé, et, forcément, la suite des événements -des fois c'est rose, des fois c'est noir, ça dépend du contexte et de la situation des tourtereaux concernés- et la conclusion, bien entendu, avec la même remarque que précédemment) mais dont la représentation fait toujours, oui oui,  du bien à mon coeur de midinet.
Les paysages (Finlande, bois et lacs) sont mêêêrveilleux (arghhhh! Ficâââ sors de ce corps!), les jeunes gens sont au diapason (avec, je le redis, un gros gros faible pour le jeune et viril barbu syrien), le constat est idyllique juste ce qu'il faut, mais réaliste exactement dans les mêmes proportions (principe de roucoulades vs principe du réel), bref, un film qu'on a envie de défendre et de poupouner (de cajoler) parce qu'il modernise (qu'il recycle, c'est dans l'air du temps) des thèmes archi-rebattus en y insérant des éléments résolument (et, parfois, tristement) contemporains.
"Les histoires d'a, les histoires d'amour finissent mal, en général -en généraaaaaal...-" (comme chanté par les Rita Mitsouko)

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0208126
mimi, non ?

 

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mercredi 6 février 2019

jarabulus

023
MON CHER ENFANT
de Mohamed Ben Attia

On avait projeté dans le bôô cinéma, en 2016 et en avant-première, le premier film du monsieur, Hedi, déjà produit par les Frères Dardenne, et, coïncidence, j'avais déjà donné à mon post un titre en nom de ville (Kairouan). Et on a programmé celui-ci en catastrophe, en remplacement de A bread factory 2, qu'on devait projeter mais que finalement non, l'exploitant dont nous dépendons s'étant soudainement mis en froid avec le distributeur dudit film...)
J'avais beaucoup aimé Hedi, le portrait d'un jeune homme qui était soudain amené à faire un choix et à se sortir de la gangue de sa torpeur existencielle. Un jeune tunisien, tiens, et cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, puisque celui-ci pourrait être aussi cela. Le portrait d'un jeune homme (19 ans) qui va bientôt passer le bac et qui souffre de terribles migraines. Un jeune homme à rpopos duquel sa mère et son père se font beaucoup de souci. Vraiment beaucoup. (son papa ne le lâche pas d'une semelle, tant il éprouve pour son rejeton une sollicitude et un attachement manifestes, au grand dam, visiblement, du jeune homme homme en question).
Jusqu'à ce que, à quelques jours du bac, se produise un événement qui va bousculer de fond en comble ce qui était jusque là le portrait craché d'une famille modèle (pour reprendre un titre qui me revient comme ça et colle plutôt bien au sujet) et fait redémarrer le film dans une direction qu'on n'attendait pas vraiment.
On conserve les mêmes éléments (le père, la mère, le fils) mais dans une configuration différente, qui va à nouveau être bouleversée et re-configurée dans une dernière partie où les cartes sont redistribuées somme toute logiquement, mais dans une logique cruellement jusqu'au-boutiste (en même temps que très simple, inévitable pourrait-on dire)
Mohamed Dhrif est bouleversant jusqu'au bout (car contrairement à son titre français, Mon cher enfant, le film est bien davantage le portrait d'un père, plutôt que elui d'un fils) et la mise en scène de Mohamed ben attia, avec son sens du détail et sa proximité des personnages, rend encore plus poignant ce portrait en creux d'une famille "normale".
J'avais un peu regretté que la fin de Hedi soit vraiment trop ouverte (oui, j'ai un problème avec les fins ouvertes) et la fin de celui-ci est à peine moins abrupte. Mais le film confirme la confiance qu'on peut accorder à  ce jeune réalisateur...

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mardi 5 février 2019

coup de foudre

022
BORDER
d'Ali Abbasi

En quinze jours deux réalisateurs iraniens nous auront offert deux films qui ne ressemblent pas à grand-chose de connu : Pig la semaine dernière, et Border cette semaine-ci. Border qui avait été vu à Cannes par Zabetta et Hervé, qui nous l'avaient recommandé tous les deux, mais restaient, au sujet du film, mystérieusement elliptiques, évasifs.
Hervé avait raison, c'est un film qu'il faut voir en en sachant le moins possible au préalable (dommage pour moi, qui ai dû lire au préalable un certain nombre de critiques pour choisir celle(s) qui figureraient dans notre prog papier, que, dans le lot, il y en ait eu au moins un(e) (je ne sais plus qui) qui a "vendu la mèche", d'un seul mot d'un seul (en général Téléramuche ou les Cahiaîs sont assez doués pour ça...) et je savais donc hélas plus ou moins le fin mot, justement, de l'histoire...).
L'héroïne s'appelle Tina, elle est douanière, et a un flair infaillible pour détecter les contrevenants... Un jour elle voit passer Vore, qui la déstabilise en mettant, en quelque sorte, son pouvoir en échec. C'est vrai que Tina n'est pas très jolie. C'est vrai que Vore ne l'est pas vraiment non plus. et comme dit le proverbe, qui se ressemble... Tina et Vore vont sympathiser doucement.
Voilà à peu près tout ce que je peux raconter.
C'est un film incroyable, bouleversant, tiré d'une nouvelle du monsieur qui avait aussi écrit Laisse-moi entrer, le bouquin dont a été tiré Morse, autre beau et singulier et touchant film suédois de Tomas Alfredson. Dans Morse il était question de vampires, mais pas du tout ici. On est en Suède, aujourd'hui, mais il s'agit d'autre chose.
Le récit est fait de telle façon qu'on est toujours plus ou moins en alerte, aux abois, aux aguets, et qu'on ira effectivement de surprise en surprise (je me suis caché les yeux plusieurs fois mais je suis un peu chochotte, juste quand il était question d'asticots -chose qui me répugne viscéralement-).
J'ai pensé à Corps et âme (de Ildiko Enyedi), j'ai pensé à The voices (de Marjane Satrapi), et à Elephant Man, et au Lobster de Lanthimos, (je pourrais continuer la liste...) pour l'inquiétante étrangeté qui nimbe le film, pour cette histoire d'amour d'exception que j'ai trouvée bouleversante. Entre douceur et violence. Entre caresses et grognements. Et aux différentes significations du mot border ("frontière") qui sert de titre (et de garde-fou, j'avais écrit garde-boue hihi ce qui n'était finalement pas si faux) au film.
Un film indéniablement fascinant, avec deux magnifiques performances d'actrices-teurs (Tina c'est Eva Melander et Vore Eero Milonoff, qu'on avait découvert -merci allocinoche- dans le finlandais et réjouissant Olli Mäki) et qui font vraiment tous les deux un boulot extraordinaire.
C'est ça l'amour...

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Vore et Tina

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lundi 4 février 2019

alors on danse genre

021
PREMIERES SOLITUDES
de Claire Simon

J'aime beaucoup les films de Claire Simon. On les a tous  ou presque programmés dans le bôô cinéma (et même déjà avant dans le vieux moche) et on a même, grâce à l'entregent de cette chère Zabetta, eu l'occasion déjà à plusieurs reprises de l'inviter à venir accompagner ses films (et même encore mieux, après, à partager un aligot, toujours chez cette chère Zabetta).
La dernière fois qu'on a pu parler (et que j'ai réussi à articuler quelques mots, je suis un incorrigible émotif) c'était après avoir vu Le bois dont les rêves sont faits, qui m'avait vraiment fait forte impression. Avec sa caméra, la réalisatrice arpentait les sentes et les chemins de traverse du Bois de Vincennes, à la fois dans l'espace et dans le temps, et nous en faisait découvrir les coins et recoins, les mystères, la poésie, la magie,mais aussi les habitants, les autochtones et les visiteurs, et tout ça avec attention et curiosité bienveillante(s).
Et voici cette fois qu'elle défriche un nouveau territoire, une terra incognita bien plus vaste et mystérieuse que ce bois de jubilatoire mémoire : l'adolescence. Mais, cette fois, sans presque se déplacer.
Il y a quelques années elle avait réalisé un film magnifique, Récréations, circonscrit dans l'espace de la cour d'une école maternelle, et ce film-ci pourrait presque en êtreen quelque sorte le prolongement, une dizaine d'années après. A l'école maternelle succède le Lycée Romain Rolland d'Ivry-sur-Seine, et (zoomons) plus spécialement la classe de Première, spécialité cinéma et (zoomons encore un peu plus) dix élèves de cette classe, partie prenante dans un projet initié par une de leurs professeures.*
Huit filles et deux garçons qui parlent entre eux (hormis une séquence d'ouverture à l'infirmerie, entre une des demoiselles et une infirmière scolaire), dans un atelier destiné à "mieux se connaître". Une parole libre, spontanée, des échanges avec une vraie qualité d'écoute que la réalisatrice filme de très près (les visages, certains détails vestimentaires) mais dans une proximité qui n'a rien d'intrusif (je pourrais reprendre exactement l'expression utilisée plus haut -attention et curiosité bienveillante(s)-). La parole de ces filles (en majorité) et de ces garçons (juste quelques) est importante.
Et de quoi parlent-ils ? De famille(s), d'abord. De familles bien souvent monoparentales, le plus souvent gérées par les mères (les pères sont souvent absents, -partis, congédiés, ou simplement pas là-) des familles où il n'est pas toujours facile de s'exprimer, de communiquer. J'étais étonné du nombre de familles dites "dysfonctionnelles" apparaissant dans les confidences de ces jeunes gens.
Le dispositif mis en place par Claire Simon permet des échanges en tout petits groupes, souvent à deux, à trois, rarement à plus. Dans le cadre d'un espace scolaire suffisamment vaste pour que ses différents espaces (ses coins et ses recoins) permettent de s'isoler un peu, de se mettre à l'écart. De s'épancher, de partager. Simplement.
On parle de familles, on parle d'amour, on parle d'avenir aussi (et de la peur, parfois, justement de cet avenir) comme le résume très bien le Alors on danse (de Stromae, que la réalisatrice utilisera judicieusement) pour tracer les grandes lignes d'un avenir a priori pas forcément très rose  :

"Qui dit études dit travail,
Qui dit taf te dit les thunes,
Qui dit argent dit dépenses,
Qui dit crédit dit créance,
(...)
Qui dit Amour dit les gosses,
Dit toujours et dit divorce."

Oui, alors on danse. J'aime bien l'idée d'avoir repris ce morceau qu'on peut croire très enjoué si on ne fait pas attention aux paroles. Ca ressemble à l'adolescence, oui. Ca ressemble à la vie.
On peut juste regretter (certains critiques l'ont fait) que tout ça finalement soit un peu lisse, que cette vision de l'adolescence reste un peu trop proprette (pas de sexe, pas de drogue, pas d'alcool), que le dispositif ne reste qu'un dispositif, mais bon je m'en fous. Telles que, toutes ces histoires constituent un bel objet de cinéma, et c'est surtout ça qui compte

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* (qui avait, dans un collège précédent, initié un autre projet cinéma avec une autre classe, une rencontre avec le cinéaste Olivier Babinet qui avait débouché sur le film Swagger)

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dimanche 3 février 2019

le tiers des étoiles

020
6 PORTRAITS XL 3 : PHILIPPE BERNARD
d'Alain Cavalier

Le temps passe (trop) vite et finalement je ne pourrai en voir qu'un sur les trois présentés (mais c'est justement celui que j'avais le plus envie de voir). Des portraits XL (de 50' environ chacun), réalisés par ce cher Alain Cavalier (qui continue de tracer affablement son chemin singulier dans les marges du cinéma français), réunis deux par deux (il serait bien de savoir qui a fait le choix de ces appariements) dans trois films qui sont sortis chacun à une semaine d'intervalle.
Alain Cavalier filme Philippe (Labro) puis Bernard () et se dévoile un peu (et l'inverse aussi se vérifie : Alain dévoile Philippe et Bernard, et se filme un peu aussi) et c'est comme s'il nous tendait un fauteuil pour nous asseoir en leur compagnie, passer un peu de temps avec eux : l'un fait de la radio et l'autre du théâtre. L'un rédige des portraits pour les invités qu'il va recevoir ensuite (il fait des fiches) et le second se met en scène, tout seul, et joue un texte qu'il a lui-même écrit et mis en scène ("Motobécane"). le portrait du permier est composée de deux parties, séparées par 10 ans, le second n'est pas découpé temporellement aussi nettement. Tous les deux sont des gens que le réalisateur connaît depuis longtemps (le second a été acteur sur Le plein de super et monteur sur Libera me, c'est dire s'il est proche de l'univers de Cavalier et si la connivence entre eux est indiscutable.
Les deux portraits sont, chacun à sa façon, un exercice d'admiration de la part du réalisateur (d'ailleurs le deuxième portrait -et le film, donc, se clôt sur cette phrase chuchotée sur un rapide fondu au noir, tandis que Philippe s'apprête à entrer en scène  "Mon dieu comme j'aimerais être à sa place...") et on le remercie (Alain) de nous faire découvrir comme  ça simplement ces deux hommes en pleine "création", de très près, dans la plus proche intimité (qu'elle soit familiale ou professionnelle).
Le temps passe vite en compagnie d'Alain Cavalier, et le regret est d'autant plus vif de ne pas pouvoir voir les deux autres parties -avec l'espoir que dans un avenir assez proche paraîtra le dvd...-

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samedi 2 février 2019

late bloomer

019
LA MULE
de Clint Eastwood

Du grand art.
Il aura quand même fallu aller jusqu'à Besac car le bôô cinéma ne le programme hélas qu'en VF, pffff...). j'avais fait un peu l'impasse sur les derniers films du Monsieur (Le 15h17 pour Paris, Sully, American Sniper, que je reniflais comme lourd(aud)ement patriotiques) mais je gardais de bons souvenirs de Jersey Boys, Au-delà, et, surtout, Gran Torino (2008, quand même!), suffisamment pour céder à l'unanimité des critiques (ce que je ne fais pourtant généralement pas) et y aller. Clataclop, juste après Continuer, c'était rigolo de filer la métaphore équine...
Pas de cheval ici, mais  un vieux pick-up hors-d'âge, à l'image de son conducteur, Earl (Clintounet, bien sûr), un horticulteur que le hors-d'âge ne semble pas avoir spécialement bonifié puisque, avec presque quatre-ving-dix ans au compteur, il continue de faire le désespoir de ses proches (proches étant pris ici au féminin puiqu'il s'agit de sa femme, de sa fille -jouée d'ailleurs par la propre fifille de Clint- et même de sa petite fille -non, elle, elle continue de le défendre et de le soutenir, mais juste jusqu'à un certain point...) Earl, au début du film, s'occupe de ce qu'il préfère : ses lys (il est horticulteur), et le film, ironiquement, se terminera sur le même personnage cultivant d'autres lys... Il est horticulteur mais il est sans le sou (internet l'a, dit-il, ruiné), et les hasards de la vie (et ceux du scénario, mais c'est tiré d'une histoire vraie nous assure-t-on) le fait entrer en contact avec des chicanos jeunes tatoués et violents (les petites mains hargneuses d'un gros bonnet de la drogue -délicieusement incarné par Andy Garcia- où chacun est près à marcher sur la tête du voisin pour s'élever un peu dans cette structure pyramidale dite "du cartel") qui le chargent d'un premier convoyage.
Et voilà Earl qui fait la mule. Il conduit prudemment, n'a jamais eu de pv, mais fait les choses à sa façon, comme il l'entend, en tête de mule qu'il est, justement. Au point de provoquer, au fil des trajets (qui sont numérotés), l'ire croissante de certains membres du cartel, en même temps que la complicité souriante d'autres (qui l'appellent par des petits noms gentils, viejito, abuelito).
Clint filme Clint dans un rôle qui lui va comme un gant (il pourrait être le frérot "comme deux gouttes d'eau" du vieux con réac mysogine et misanthrope de Gran Torino, avec dix ans de plus, et comme les choses ne s'arrangent pas en vieillissant vous imaginez...) et compose un personnage touchant, avec une bonne dose d'humour et d'auto-dérision qui le rendent curieusement (furieusement) sympathique.
Il y a Earl et sa famille, il y a Earl et sa nouvelle famille (les tatoués avec des gros flingues) et il y a Earl et le flic des Stups qui le pourchasse, avec qui va se mettre en place une touchante relation quasi filiale).
Et Eastwood, le réalisateur, arrive à combiner tout ça (la famille, la vieillesse, la came, la violence, les p'tites pépées, même) et dose son cocktail avec un doigté et une précision incroyables (l'humour l'action le suspense la tendresse l'émotion) lors de bifucation de scénarios qu'on n'aurait pas forcément vues venir. Entre tord-boyaux et liqueur de dame, délicieusement.
Oui, du grand art.

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version us

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version french

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vendredi 1 février 2019

janvier 2019

mardi 1 (à la télé)
en rentrant de Gy, à trois heures et quelques, j'ai allumé la télé et  je suis tombé sur une scène de Xenia, où les deux jeunes frères prennent leurs aises dans un hôtel désaffecté et dansent, notamment, en slip, (qui est justement ma scène préférée dans ce film) et j'y ai donc vu un signe positif pour démarrer cette année-ci (on fait ce qu'on peut, hein)
mercredi 2 (Navenne-sur-mer)
ai rendu visite à Michèle, de retour dans cet endroit qu'elle a ainsi affectueusement rebaptisé, (la hanche, après le genou), avec un livre d'énigmes cinématographiques et une sucette au chocoçlat avec une effigie de père noël dessus (on a beaucoup ri)
jeudi 3 (ici et là)
les fêtes de fin d'année, les réveillons, les vacances tout ça c'est bien beau mais il faut bien redémarrer : ai donc envoyé un sms à Catherine pour le repas de midi au fjt, et un autre à Marie pour un scrabble en début d'après-midi (oui, reprendre les bonnes habitudes)
vendredi 4 (Authoison)
cette année c'est moi qui ai dégainé la -rituelle- galette le premier, une à la crème d'amande, qu'on a partagée avec Manue et son neveu Charles, en buvant du cidre rosé (offert par la boulangerie pour l'achat de la galette) et c'est moi qui ai trouvé la fêve (une mignonne toupie de porcelaine, et qui fonctionne!)
samedi 5 (Cuse)
re-galette mais cette fois en deux déclinaisons, comtoise et pistache/griottines, mangée à la mi-temps entre deux manches de scrabble (nous étions huit ce jour chez Catherine, sept jouaient -une table de quatre et une table de trois- et un lisait...
dimanche 6 (de bon matin)
ça fait un drôle d'effet d'être réveillé à 5h45 par le bruit de la sonnette et la lumière des gyrophares (descendre précipitammant, pieds nus, et ouvir la porte à un pompier qui me demande si c'est moi qui ai appelé les pompiers -non non-) finalement c'est chez la voisine qu'ils allaient, mais je n'ai pas réussi à me rendormir ensuite
lundi 7 (à l'hôpital)
enfin il est arrivé le jour de ce rendez-vous tant attendu chez l'ophtalmo, à l'heure dite je suis entré dans la salle d'attente C dont je ne suis reparti que deux heures et demie plus tard (quel plaisir qu'une "vraie" consultation, par une jeune interne attentive, délicieuse)
mardi 8 (priceministruche)
on m'informe qu'un de mes souhaits est réalisé (un livre que je cherchais est en vente à trois euros et quelques chez Gibert, mais comme le port est gratuit à partir de 15€ je fouine dans les rayons pour atteindre cette somme et je tombe sur les soldes dans la collection Rivages Noir, que j'affectionne particulièrement ; le temps de faire mon choix parmi les multiples propositions puis de finaliser mon panier et de valider mon achat, j'apprend que le premier livre en question (le souhait réalisé) a été retiré de mon panier  parce qu'il a, entre temps, été acheté par quelqu'un d'autre...
mercredi 9 (opticien)
je suis allé chez celui-là sur les conseils de Marie et parce que je croyais qu'un de mes voisins y travaillait (renseignement pris, ça fait plus de dix ans qu'il a quitté la boutique), je suis entré en souhaitant acheter une paire de lunettes bleues avec des verres qui foncent (photochromiques) plus une paire de solaires (à verres progressifs) pour 1€ supplémentaire, et c'est exactement ce que j'ai acheté
jeudi 10 (au ThéV')
reconnu successivement, dans cette mise en scène de Marivaux par Podalydès (vue en compagnie de Coralie grâce à Pépin) plusieurs acteurs : celui qui joue le juge and Engrenages, celui qui jouait dans Memory Lane de Michael Hers, et celui habitué des films de Podalydès (le frère), sans oublier celui aux côtés de qui Pépin avait joué à Bussang...
vendredi 11 (entre St Loup et Conflans)
en revenant du funérarium, avec Catherine, on a trouvé que la neige sur les arbres ça enchantait le paysage (et qu'il y en avait plus que chez nous) et on s'est arrêté sur un parking pour prendre des photos de troncs d'arbres enneigés
samedi 12 (NPA)
Le Bureau n'ayant pas daigné nous accueillir juste pour y boire une bière après La tendre indifférence du monde, on a du repartir en ville (c'est Manue qui nous a conduits) pour pouvoir la boire, cette fameuse bière, dans ce troquet qui me rappelle invariablement mes jeunes années (et les petits vélos qu'on y buvait)
dimanche 13 (chez les voisins)
cette fois on était six pour le okey, et on a donc joué avec un mort (celui qui gagnait laissait la place et faisait le service pour l'apéro) mais je suis le seul à n'avoir pas quitté ma chaise de la soirée : oui oui j'ai tout perdu!)
lundi 14 (repro system)
trés compliqués à boucler, mes voeux 19 (19 voeux uniques dans 19 enveloppes dont les adresses sont collées seulement après -laissons faire le hasard-) et à les faire imprimer (et massicoter) -je n'en avais pas assez, mais 19 c'est 19- (je me dis que j'en referai d'autres)
mardi 15 (la prog)
bien du mal à la boucler, celle de février! ça m'agace, encore une fois, de faire la remarque que il n'y a qu'ici (dans le bôô cinéma) que  les vacances scolaires de 15 jours durent trois semaines
mercredi 16
(au cinéma)
égalité des sexes : à la séance de Doubles vies, je suis le seul homme parmi cinq femmes dont l'une, assise juste derrière, ne verra pas grand-chose du film (et va assez vite m'agacer), puisqu'elle se met à ronfler aussi sonorement qu'un homme (son attitude disloquée entr'aperçue en me retournant  suggère un sommeil incommode)
jeudi 17 (en allant à Thann)
heureusement que c'est Hervé qui conduit : j'aurais eu du mal à négocier correctement ces deux séries de lacets et de virages en épingle à cheveux très serrés , qui montent et  tournent beaucoup (et dont le gps confirme en temps réel la configuration)
vendredi 18 (au bar du Théâtre)
ça me fait toujours quelque chose lorsque, après un spectacle, on est resté suffisamment longtemps ("Tu veux boire un coup ?") pour voir arriver les acteurs dudit spectacle, on leur dit bravo bravo, ils répondent merci en faisant mine de rosir, et commandent un verre de rouge (ce sont des hommes et des femmes comme vous et moi, simplement, et j'ai un peu de mal à faire le lien avec ceux qui quelques instants avant virevoltaient sur scène)
samedi 19 (La Femme du Boulanger)
Mimi avait pris une "permission longue" et nous sommes donc allés manger là ce midi de façon fort plaisante ma foi (deux jeunes serveurs attentionnés dont un d'origine turque avec une ombre de moustache qui m'évoquait un ancien élève) car étant arrivés les premiers ou presque nous y fûmes servis sans attente ou presque
dimanche 20 (devant le bôô cinéma)
j'arrivais pour voir La prière, elles venaient de voir Leto et nous nous sommes croisés devant les portes, je les ai trouvées tellement mimi toutes les deux avec leurs manteaux à capuches bordées de fourrure -fausse ou vraie- (il faisait frisquet et même ça neigeouillait) que je n'ai pas pu résister au plaisir de les photographier
lundi 21 (bulletin de santé)
à quoi ça tient hein : hier tout allait bien, et voilà que ce matin je suis tout cagneux, comme une envie de gerber, puis la sensation de froid, et ce gros ganglion qui pousse sous l'oreille mon dieu l'après-midi de pire en pire me voilà quasiment mourant (les mecs détestent être malades)
mardi 22 (médecin)
j'avais obtenu un rendez vous à 19h ("le docteur a une heure de retard..." m'avait dit la secrétaire), et je suis passé une heure plus tard ; comme a dit une jeune qui entrait (et ressortait) avec son copain pour la troisième ou quatrième fois "Il fait des heures supp!" (en fait il m'a diagnostiqué je n'ai pas trop compris quoi, et il avait surtout envie de me parler un peu des gilets jaunes...)
mercredi 23 (météo)
de toutes façons il falllait que je sorte pour aller chercher mes médicaments, j'ai donc pris la voiture, valeureusement, au moment où il neigeait le plus fort (si si) et que la route n'était pas vraiment dégagée (re si si), et du coup j'ai poussé jusqu'au Super U pour aller faire des provisions, des fois que ça ne s'arrête jamais (mais quand je suis re-sorti, ça commençait déjà à fondre!)
jeudi 24 (entre Dijon et Gray)
la surprise et le plaisir de voir soudain apparaître dans la lumière des phares, au bord de la route, un jeune faon immobile, comme s'il attendait sagement de pouvoir traverser sans encombre
vendredi 25 (transport)
suis allé chercher Dominique (qui venait de Besançon en Mobigo à 1,50€) au "Pôle Multimodal" (en vrai, ça veut juste dire "la gare routière") à11h05, et l'ai ramenée au même endroit, après le cinéma, pile-poil pour 15h50
samedi 26 (prévisions)
météofrance avait lancé une alerte orange pour pluies verglaçantes pour quatre départements dont le notre et, du coup, j'ai attendu la fin de l'après-midi pour oser sortir et aller faire des courses (et me rendre compte qu'il n'y avait rien)
dimanche 27 (recettes)
me suis interrogé en trouvant sur internet les mille variations d'une recette pourtant simple : le gratin d'endives au jambon (par exemple ceux qui coupent le bout, ceux qui coupent en deux en long, ceux qui coupent en rondelles, ceux qui cuisent 10' ceux qui cuisent une heure, ceux qui font égoutter une heure, etc. -Perec se serait régalé et nous aurait un peu organisé tout ça-)
lundi 28 (Vesoul-Besac & back)
ça y est je l'ai enfin pris ce fameux bus à 1,50€, même si ça s'annonçait mal : les horaires annoncés sur Internet ne coiïncidaient pas avec ceux du panneau sur le quai, mais si si le bus en question (celui qui part à 11h25 et arrive à 12h20) existait bien, même si son horaire n'était (malencontreusement) pas mentionné (retour conseillé : 19h10 ou 20h10)
mardi 29 (fjt)
mangé avec Catherine, mais pas de tour de lac ensuite, notre emploi du temps "habituel" est un peu bousculé tous ces derniers temps, et j'aspire au retour de notre aimable routine
mercredi 30 (Gabriel)
presque déçu, finalement : les chaînes météo avaient annoncé l'apocalypse, deux flocons sur les tableaux prévisionnels, jusqu'à cinq centimètres au sol, des vents violents... et ici, rien, à peine quelques floconnets qui n'ont même pas blanchi la route
jeudi 31 (coïncidence)
à midi en dessert il y avait (entre autres) justement le dessert dont j'avais cherché hier des recettes sur le ouaibe : un gâteau de crêpes (et celui-ci était au chocolat) (et j'ai préféré le garder pour le goûter)

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jeudi 31 janvier 2019

l'entrave

018
CONTINUER
de Joachim Lafosse

Kacy Mottet-Klein a, depuis Quand on a 17 ans de Téchiné, pris une belle amplitude. il joue ici le fils de Virginie Efira qui elle aussi fait montre d'une belle intensité dramatique. Une mère emmène son fils au Kazakhstan ? Kirghizistan ? (les critiques ne semblent pas avoir réussi à se mettre d'accord sur le sujet mais c'est bien, finalement le Kirghizistan dont il est question), faire une longue virée à cheval cataclop cataclop pour lui remettre un peu les idées en place (et à elle-même aussi un peu, d'ailleurs). D'après le roman de Laurent Mauvignier du même nom (dont le réalisateur a gardé les prénoms des deux personnages, Sybille et Samuel), que je n'ai pas lu mais que le film donnerait justement envie de.
Une mère et son fils, des difficultés de communication (un carnet mon cher journal pour l'une, un i-pod dans les oreilles pour l'autre) Joachim Lafosse est coutumier de l'observation de ces structures viciées façon familles je vous hais (Nue Propriété, A perdre la raison, L'économie du couple), d'habitudes filmées de très près, dans des espaces très réduits -les appartements- mais il a cette fois abattu les cloisons, pour en faire, justement, une histoire sans limites.
Les paysages sont vraiment mêêrveilleux (gare! je ressens les premiers symptômes de la fièvre habituelle aux spectateurs du Ficâââ) et donnent au récit des allures de vrai-faux western comme aurait pu en filmer Kelly Reichardt (ceci est un compliment). Si le réalisateur a élargi les espaces, il a en revanche amenuisé les dialogues, et c'est pas à pas que se (re)construit la relation entre ces deux personnages qu'au départ tout sépare. Samuel est rempli de colère (comme l'était, récemment le Thomas de La prière). Il aime les chevaux, beaucoup plus qu'il n'aime les gens (ou même lui-même). Sybille a vécu une histoire complexe qui l'a multiplement meurtrie, et semble, au début du film, avoir perdu tout espoir.
C'est la chevauchée des bannis, le galop de la dernière chance. Le film est un peu court, un peu sec. Comme si l'acuité habituelle de Joachim Lafosse se diluait un peu dans l'immensité de l'espace environnant. Mais affirme la force incontestable de ses deux interprètes (Virginie Efira et le jeune Kacy Mottet-Klein y sont vraiment extraordinaires).

0428920

 

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